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DOSSIER NUMERIQUE : LE PAPIER, IL N'Y A QUE CA DE VRAI

Ce matin, en chemin vers l'audience des ventes, je m'arrête au Tribunal administratif pour déposer un recours en matière de marché public. Une montagne de pièces en trois exemplaires.

Volontiers frondeur voire provocateur, je déclare à la réception que ce serait bien au Tribunal administratif de faire comme je viens de faire au Conseil constitutionnel, ce jour même à qui je viens d'adresser un mémoire d'intervention avec mes pièces par courriel. Tout bête.

Réponse horrifiée, vous n'y pensez pas. Et puis il faudrait que chaque partie ait une adresse de courrier électronique. Je lui réponds qu'il faudra bien y arriver un jour ou l'autre en rendant obligatoire cette adresse.

Alors, mon fonctionnaire superbe. Voyons, mais avoir une adresse de courrier électronique, ce n'est pas gratuit. Il faut avoir un abonnement à Internet. Tandis qu'une boite aux lettres suffit.

Moi le lui rétorquer : observation absurde. Quand on a une boite aux lettres, c'est qu'on a un logement, et pour avoir un logement, il faut payer, pour l'acheter, pour le prendre en location, et même pour payer la taxe d'habitation (dont la compétence est justement du Tribunal administratif).

Imperturbable, mon interlocuteur attaque alors le tamponnage de chacune des 24 pièces (en tout 300 pages) des trois dossiers que je viens de déposer.

Sic transit ...

Commentaires

Nom: 
MCD
Site: 
http://

Tout fonctionnaire, sauf exception très rare, souffre d'addiction sévère au papelard.

La désintoxication doit au surplus être menée avec infiniment de précautions eu égard à l'angoise extrême provoquée par le "manque" d'un "matériel" perçu comme sécurisant et valorisant.

Car le papelard fonde leur utilité, à leurs yeux et à ceux des autres, chefs et usagers.

Ah! le plaisir de soupeser les pages, de les tamponner pour les "tracer", les dater, les marquer, les signer, de les "dupliquer", de les empiler dans les dossiers ad hoc étalés sur le bureau comme une preuve du travail fourni, de "ventiler" les dossiers aux "services" en charge de les traiter, de les contrôler, de les archiver etc...

Une journée n'y suffit pas...on n'est pas assez nombreux!

J'ai ainsi vécu dès 1970 les premières missions des bureaux "organisation et méthodes" en hôpital public, composées à part égale d'ingénieurs et de psychologues , les seconds intervenant en soutien psychologique des agents et de leurs chefs invités "à simplifier leurs tâches" à leur avantage et profit. Impossible d'exprimer clairement la lutte contre l'absurdité...

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