Jun
30
EUROPE : LA DEBANDADE DES ESPRITS, OU LE BROUILLARD D’AIX EN PROVENCE

EUROPE :  LA DEBANDADE DES ESPRITS, OU  LE BROUILLARD D’AIX EN PROVENCE

J’étais hier soir l’invité,  avec d’autres d’une association de juristes européens,  à AIX EN PROVENCE, et bien sur le Brexit était à son ordre du jour. Du soir.

Ma venue en a étonné plus d’un, car la composition de cette honorable assemblée est celle de confrères très distingués, genre social bobo,  pas de populisme chez nous, et du genre à se dire : KUCHUKIAN est là, ouille.

Ca a valsé,  au bon sens du mot, en ce sens justement qu’il a bien fallu que mes hôtes reconnaissent la situation : rien ne va plus du tout et on n’a pas de solution.

Leur première surprise a été de déclarer : mais tu es Européen toi ? Et moi de leur rappeler,  à moins que de leur apprendre,  que l’Europe est un bien commun, comme une copropriété, et que personne ne peut prétendre en être seul propriétaire.  Sauf qu’on ne peut être obligé d’accepter une Europe déterminée et qu’on peut en vouloir une autre différente.

J’aurais dû déclamer  SHAKESPEARE et HAMLET, bienvenus à ce niveau-là : to be or not to be, that is the question.

Les hommes de loi sont aux ordres des politiques et les politiques aux ordres des peuples souverains.  Pas les contraires. On l’a un peu oublié lorsqu’on a imposé le traité de LISBONNE  contre celui de NICE.

Il a bien fallu rappeler aussi à ce parterre que la chancelière allemande actuelle est bien aimable, sauf qu’elle est née communiste stalinienne, dans un pays  qui a copieusement massacré les Juifs pendant la dernière mondiale. Dont le Parlement vient de découvrir, il était temps, que pendant la première guerre mondiale, il avait aidé les Ottomans à massacrer les Arméniens.

Dans ces conditions, prétendre donner aujourd’hui des leçons de quoi que ce soit, démocratie, liberté, et droits des peuples, voire de contre populisme,  aux Britanniques relève du culot prétentieux le plus total : avez-vous entendu parler jamais de sir Winston Churchill ?

Et il a bien fallu reconnaitre que c’est très certainement la question  du débordement de l’immigration, ainsi du changement d’ame de l’Europe, qui a conduit au coup de tonnerre du Brexit. En Irlande du nord et en Ecosse, l’immigré est rare… Et même si la cuisine anglaise est dégueulasse,  le tandouri de LONDRES ne peut ni ne doit la remplacer.

Quant au surplus, tout le monde constate que c’est le brouillard total. Comme à LONDRES.

Qu’avant tout, c’est une affaire britannico–britannique, puisque leur référendum était consultatif et que constitutionnellement et encore sans textes précis seul le Parlement a le pouvoir de parler.

Toutes les hypothèses sont donc sur la table, l’art. 50, dont on n’a pas fini de parler ne permettant ni d’exiger le départ des Britanniques, ni une application sans demande expresse au nom du gouvernement de sa Gracieuse Majesté (désormais dépassée elle aussi par les évènements), qui n’est enfermée dans aucun délai.

Avec des incidentes dérisoires compte tenu des enjeux, du genre : mais que fera-t-on des fonctionnaires européens de nationalité britannique ?

A suivre donc pendant des semaines et des mois.

Parce que le risque de contagion existe bel et bien ici en France, aux Pays-Bas, et ailleurs, tandis que les gouvernements actuellement au pouvoir n’y seront plus dans moins d’un an.

Nicolas SARKOZY, qui n’est pas ma tasse de thé, a tout compris, lui,  qui a déclaré immédiatement après le Brexit qu’il sera candidat à l’élection présidentielle et surtout qu’il fallait d’urgence un nouveau traité européen pour tenir compte des desiderata  des peuples  souverains.

Tout seul, sans même les miens autour de moi, je pensais alors à celui qui,  sans le vouloir ou après tout en en ayant eu l’intuition géniale a tout compris.

Il s’appelle Robert MENARD, et nous a réunis voici quelques semaines à BEZIERS dont il est le maire, pour faire parler la salle,  le peuple, à travers son mouvement appelé OZ. Osez la droite.

Et puis,  il y a eu un interminable plaidoyer pour trouver une solution charitable à la question des migrants. J’ai dit à l’intervenante que si elle l’avait fait avant le référendum du Brexit, c’est 75 % des Britanniques qui auraient voté pour lui.

Nous avons  alors eu droit à un débat dans le débat à propos du sort des migrants puisqu’on les appelle ainsi, oui des nouveaux immigrés, dans l’Europe actuelle.

Il a fallu rappeler que l’Europe a des frontières et qu’elles doivent être protégées des autres. Les autres, bref débat sur ce point, je n’ai pas compris, les autres c’est la Turquie dont unanimement les participants de cette soirée ne veulent pas.

Sans se rendre compte alors de leurs contradictions : on ne peut être pour et contre à la fois.  Et je n’ai eu aucun mal à expliquer que dans cette configuration, il n’y a pas que les Arméniens à dire non, il y a aussi les autres Européens locaux, les Grecs, les Bulgares, les Roumains, les Hongrois, les Serbes, les Croates, les Autrichiens à refuser historiquement ceux qui ont été les envahisseurs de l’est. Les Turcs ne sont chez eux en Anatolie que depuis 600 ans à peine, je le rappelle, et un tiers de l’armée de Byzance, c’était des Arméniens. Stop.

Finalement, je constate que ce sont les gens un peu plus sérieux qui comprennent peu à peu. C’est la Bourse, qui a repris 6 % sur les pertes de l’ordre du double à l’annonce du résultat Brexit. Je ne sais plus quel économiste a prévu en tout 15 jours pour que tout rentre dans l’ordre. Business in business.

 

 

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Commentaires

Nom: 
JB DAGRON

Tout est dit. Bravo!

Dans mon billet, je l'ai fait par supertition, car je savais ce qu'on pense dans pays proche de la Suisse d'Oskar Freysinger - dont j'ai fait la connaissance à Béziers-  et je savais que la décision des juges constitutionnels autrichiens était proche. Je ne voulais pas vendre la peau de l'ours. C'est bon maintenant, la suite c'est maintenant le débat autrichien sur les migrants.

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