Jul
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FORMATION PROFESSIONNELLE : QU’ON SUPPRIME DONC CETTE CONNERIE

Nous parlons de la formation professionnelle continue obligatoire,  à propos de laquelle notre ami HUVELIN, coup de folie, Gilles,  il te faut des vacances et vite,  vient de passer quatre billets identiques sur le sujet. Il y évoque une récente décision du machin national qu’est le C.N.B. pour inciter à plus de formation. Je lis qu’une fois encore le barreau de Paris – toujours le plus intelligent, ça devient facile,  me direz vous quand on voit l’état de tous les autres – a voté contre, et,  plus étonnant, l’U.J.A. aussi.

Bravo aux deux.

La formation professionnelle continue imposée aux avocats ne sert à rien.

On essaie désormais de s’en servir pour dégorger la profession,  dont on a ouvert,  trop grandes par démagogie électoraliste,  les portes,  en imaginant les miracles futurs et la manne financière de l’aide des pouvoirs publics. C’est un échec lamentable en termes de réflexion d’avenir.

Alors, on ne sait plus quoi faire.  

La plus belle formation est celle de la pratique,  pour autant que les avocats aient des clients. Or, ils en ont de moins en moins et ils ne cherchent pas d’autres domaines d’activités. Experts comptables et notaires se régalent pendant ce temps-là.

Et puis on imagine des sanctions à la con. Du genre de celle applicables à l’invocation du titre de spécialité, ce qui ne sert à rien. Non plus.  Car  la possession de ce titre n’impressionne pas les clients,  qui choisissent sur d’autres critères.

Amitié, famille, loges maçonniques, politique, mais très rarement,  religion – nos confrères juifs sont une fois encore les plus forts  dans les synagogues et ont bien raison de l’etre-, sports, dont  pratique du vélo –on a ça à Marseille-.  

Et la spécialisation ne donne,  à l’intérieur de la profession,  aucun avantage, aucun – je vais employer un vilain mot – aucun monopole.

Quant à la menace sur la prime d’assurance, je mets en garde.

J’ai conservé le rapport d’instruction (plus de 500 pages) de l’Autorité de la concurrence,  lorsque tout seul comme un grand que j’étais j’ai attaqué  voici pas mal d’années avec succès (les décisions sont en ligne sur le site de ces messieurs et dames de la rue de l’Echelle), le barreau de Marseille.

Il était  alors sous bâtonnat communiste (oui, nous avons eu aussi)  qui entendait étaler les primes en fonction des bénéfices.

Ce document  ne signalait nullement que les fautes professionnelles étaient  elles en fonction de la formation ou de  la non formation.  Pas même de l’âge des confrères. De mémoire, la cause la plus souvent retenue était tout bêtement le non respect du délai en cas d’appel…

Et qu’on ne me fasse pas évoquer les commentaires des notaires sur leurs primes d’assurance…

Commentaires

Nom: 
Gilles Huvelin
Site: 
www.huvelin.associes.fr

La multiplication de la parution de mon billet n'est pas de ma volonté et j'eusse aimé que tu m'en fasse crédit. Je dis aussi surpris que toi de faire la découverte de cette fâcheuse multiplication. En plus il m'est impossible de suprimer les parutions excessives ni modifier mon texte qui mériterait des corrections. Ta critique sur le fond, si je la rejoins sur le rôle essentiel de la pratique qui une excellente source de régénération de notre compétence me laisse à penser que la qualité de la formation professionnelle continue n'est partout la même pour que tu lui denies une utilité. Reste que cette obligation voulue par Bruxelles et transcrite dans notre législation s'impose pour la meilleure capacité du Barreau à défendre les justiciables.

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