May
25
ICONOCLASME ET DROIT DES SOCIETES

Voici quelques années, lorsqu'on disait que tout allait bien, amis bling-bling et spéculateurs en tout genre, bonjour, on a réformé le droit des sociétés commerciales et on a dit qu'il n'y avait plus à leur charge de capital minimum.

Vive la liberté.

Lorsque le projet de loi a été rendu public, les hasards de table m'ont fait déjeuner à coté du président d'une banque privée marseillaise (au bistrot en face de sa banque). C'est un grand banquier privé, le seul en France à posséder encore une banque indépendante à lui. Je ne communique pas le nom de cette banque de qualité, bien connue des bourgeois de Marseille et de la région. Avec même une agence à Paris. C'est mon seul lien avec la banque capitaliste, et la sympathie avec le président est je crois réciproque.

Je lui avais dit, président, vous allez être heureux, vous aurez désormais des sociétés comme clientes avec un capital à un euro ou à peine davantage. Interloqué, il m'avait répliqué, KUCHUKIAN, vous racontez des salades, vous plaisantez. Point du tout, et je lui avais communiqué le projet qui est devenu la loi. Je me souviens de sa réaction : nos gouvernants sont des rigolos, et si un client prétend ouvrir un compte de société commerciale chez moi avec un capital de quelques euros, je le vire sur le champ.

Apparemment, cette conduite intelligente dans un pays dont on sait tous que les sociétés commerciales manquent de capitaux propres, n'a pas été suivie par la profession. Alors que déjà, le montant du capital social ne signifie pas grand-chose, régulièrement, j'ai à assigner en redressement judiciaire des sociétés au capital à mourir de rire de faiblesse de montant, qui ont été condamnées préalablement à payer des chèques sans provision.

La dernière en date, ce matin, d'où mon intervention, a tout de même un capital de 5 € (vous avez bien lu : cinq euros), remarquez que c'est 400 fois à peine le montant des chèques sans provision qu'elle a émis, lesquels représentent tout de même : 2.000 €.

La libéralisation de la faiblesse des capitaux sociétés dans les sociétés de commerce, je vous le dis, c'est ainsi que la France sera sauvée par sa croissance.

Fermez le ban.

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