Oct
21
IDENTITE NATIONALE : « EN FRANÇAIS », LE SORT DE LA GLOTTOPHOBIE EST REGLE.

 

L’hebdomadaire d’expression molle L’EXPRESS est allé découvrir un sociolinguiste (ça parait exister, voyez vous) qui nous explique,  savamment,  que la   manière dont vous parlez serait un attribut de votre personne, au même titre que votre nationalité ou votre sexe ».

Le quidam susdit fait parait-il   le parallèle entre cette attitude et la xénophobie ou l'homophobie : “c'est un droit de l'homme qui est bafoué. Quand on traite les individus différemment selon leur manière de parler, ce sont les êtres humains que l'on discrimine”.

Hou la la,  mais  alors les muets ne sont pas protégés.

Et encore, d’après ledit  sociolinguiste,   l’article 2 de la constitution, qui stipule que “Le français est la langue de la République” serait  tout aussi discriminatoire : “le français n'est qu'une des langues de France.

Je n’ai pas peut etre de quoi discuter sociologie avec ce gars là (encore que dans l’ignorance des titres du quidam en question,  je puisse afficher un  titre,  avec mention  S.V.P.,  et  formation d’un institut d’études politiques,  soit un cours très sérieux de sociologie). Comme juriste,  titré de 3ème cycle d’études supérieures, d’expression française au surplus, je puis par contre  lui décerner un superbe bonnet de crétin.

C’est que ni la  constitution de la République,  ni  les lois et règlements ne stipulent quoi que ce soit. Ce sont les  en effet contrats privés qui,   seuls,  stipulent.

La constitution et les lois et règlements disposent. De mon temps, aux examens de 1ère année à la Faculté de droit d’Aix, c’était le zéro peut etre pointé,  quand vous osiez exprimer le contrainte.

Il subsiste en  accusateur Monsieur APATHIE, complexé,  le pauvre,  par  son superbe accès toulousain – par assimilation, il est de Gascogne-. Un peu de mon passé familial.

MELENCHON, lui,  a touché la France en 1962 à MARSEILLE, dont il est le député. Par accident, peut etre, mais c’est fait.

Si tous ces accusateurs  ignorants  (mon adjectif est  bien aimable) voulaient bien se souvenir de l’accent de Marcel PAGNOL,  qu’honorât jadis sa gloire,  après celle de son père,  l’Académie française, et  aussi l’accès marseillais de ses acteurs au cinéma, on n’en serait pas là.

PAGNOL,  lui-même se moquait de CHARPIN, vous savez PANISSE dans la trilogie, parce que ce dernier  parlait marseillais, mais  avec l’accent pointu des Aixois (supérieurs aux Marseillais,  comme ils prétendant l’etre, ces misérables).

Sauf que PANISSE en colère parlait alors … provençal.

Et que dans la trilogie, la considération qu’on devait à Monsieur BRUN,  le Lyonnais,  ne venait pas de son accent pointu, mais de ce qu’il était vérificateur des douanes françaises.

Albert CAMUS l’avait un tout petit peu. Moi,  qui suis de Bab-el-Oued,  je n’ai pas l’accent pied noir. Sauf, parait-il  quand je suis très, très  en colère.

Voici  d’ailleurs qui  à mon âge, et comme membre de l’ethnie qui disparaitra bientôt, celle des pieds-noirs, me ravit quelque part. C’est que majoritairement, ceux qui parlent le français avec l’accès pied noir sont  désormais les Arabes, et spécialement à la télévision  algérienne.  

Sauf quand elle se croit obligée de diffuser des films,   aussi débiles que mal faits,  de propagande contre l’Algérie française par ses militaires (moi qui  descends aussi d’hommes de l’Armée d’Afrique, remonte et génie, je déteste), la télévision algérienne,  d’expression française,  est un régal pour les oreilles.

Revenons à MELENCHON, qui est un peu pied noir comme moi.

Un peu : il n’est pas né en Algérie française, mais à Tanger, au Maroc voisin,  alors sous protectorat français,  fils qu’il était d’un receveur des postes, lui  d’origine espagnole,  né à Oran. En Algérie française.

J’ai revu la vidéo de l’incident.

Pas de quoi casser les pates d’un canard, pourtant animal emblème du Sud-Ouest aussi (ma mère était une BéGUé, les siens étaient venus GIMONT en Algérie française ; voici pour le foie gras).

Il a très bien fait, MELENCHON,  de relever cette bien mauvaise journaliste, outre ses « euh », « euh », qui  parlait un français incompréhensible. Ce que ce « compatriote ! » lui a fait aussi remarquer en se moquant d’elle,  à juste raison.

Un peu comme Alfred JAUFFRET,  le maitre absolu du droit commercial, qu’il était,  celui qui me l’enseignait, moi en plus avec un diplôme supplémentaire au concours spécial de la matière,   voici plus de 50 ans, magistralement,   en français,  et de temps à autre, avec un reste d’accent marseillais : « je suis de Menpenti ».

D’ailleurs, jadis, à la  question idiote d'un avocat parisien qui lui demandait à l’époque comment on plaidait à AIX EN PROVENCE, le bâtonnier FILIPPI, qui, lui, avait tout simplement  l’accès corse, avait répondu au paltoquet nordiste :

 « Debout et en français ».

 

P.S.- Menpenti est un (petit) quartier jadis plus  populaire,  de Marseille, un peu moins aujourd’hui, à l’est de la ville. Voici pour l’ethnie.

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