May
13
IDENTITE NATIONALE : « TON GRAND PERE A FAIT VERDUN »

IDENTITE NATIONALE : « TON GRAND PERE A FAIT VERDUN »

J’aurai bientôt 69 ans,  et j’ai toujours entendu  ma grand-mère Clotilde SéBALD  me dire « ton grand père a fait Verdun ».

C’était vrai, comme des tas de Français, ici un Français d’Algérie, un pied noir, mon grand-père maternel,  Irénée BéGUé a fait Verdun.  

Alors que très franchement, il n’en n’avait rien à foutre des Français de France,  surtout quand on a connu la suite et la fin de l’histoire. Il n’en n’avait rien à foutre non plus  des Allemands, lui qui vivait en Algérie,  certes française, mais comme modeste charron dans l’entreprise de  carrosserie de son père.

On y fabriquait,  avenue Malakoff, à Bab-el-Oued, des chars à bancs et des chariots, il parait que la fabrication BéGUé était toujours peinte en orange,  avant  que l’activité ne disparaisse,  à la généralisation de l’automobile.  

Le grand père était revenu  gazé, malade, diminué, de cette guerre de cons, qui a détruit l’Europe et entamé le déclin de la puissance coloniale de la France – chez  ma mère, on compte les soldats de l’Armée d’Afrique dès 1832 pour la confection des uniformes, puis à la remonte en 1860, et au génie en 1870-.

Après la guerre, il  avait travaillé comme employé de commerce chez RICOME et fils, justement à Bab-el-Oued, encore nous, négociant et exportateur de vins.

La même maison de vins qui avait employé,  mais avant 1914 le père d’Albert CAMUS, Lucien CAMUS, lui aussi parti à la guerre là-bas en France, mais  rapidement mort au combat. 

Curieux les coïncidences, car mon grand-père avait comme  Albert CAMUS une grand-mère espagnole née à Minorque. Celle de CAMUS était une CARDONA. La sienne (la nôtre) était une SERRA.

Alors voilà, je suis fier ce soir de dire,  si un au-delà existe, de dire à Irénée BéGUé : aujourd’hui, grand père, du temps de ton petit fils, il existe des gens d’extrême droite comme ils disent,  qui sont ses amis,  lesquels ont réussi à faire taire un guignol  qui  allait cracher à VERDUN sur la France,  ton sacrifice et celui des tiens.

Et qui espèrent bien ne pas s’arrêter là.

 

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