May
28
IDENTITE NATIONALE : SE SOUMETTRE OU SE DEMETTRE, OU PAPI FAIT DE LA RESISTANCE

Bien sur que  ce qui se passe actuellement en Italie est du plus haut intérêt, non seulement politique mais juridique.

Le président de la République, 78 ans, démocrate chrétien,  ne veut pas nommer les ministres que lui désigne  le président du conseil,  lui même choisi par la majorité issue récemment des urnes, laquelle est en opposition avec la démocratie chrétienne, qui a perdu.

On va passer en plein droit constitutionnel,  les vainqueurs des élections le savaient, et c’est peut être pour cela qu’ils ont choisi comme  leur  président du conseil un  professeur de droit.

L’Italie c’est un peu  du  résiduel de la IIIème république  et la formule classique appliquée entre MAC MAHON et GAMBETTA, « se soumettre ou se démettre » est désormais d’actualité.

Déjà, les vainqueurs des urnes hurlent justement  à la violation de la démocratie, car le président qui seul  peut officiellement désigner les ministres qu’on lui demande de désigner, le refuse. C’est un coup d’Etat. Il ne veut donc   pas se soumettre. Mais aussi, il ne veut pas se démettre.

Voici quelques dizaines d’années,  bien après MAC-MAHON et GALBETTA, nous avons connu en France en Vème république, quelque chose d’approchant et S.V.P. deux fois.

La première était sous la présidence MITTERAND,  lorsqu’au nom du principe de cohabitation nouveau,  il a du accepter le gouvernement BALLADUR. La  seconde sous la présidence CHIRAC lorsqu’au même nom de la même cohabitation, il a du accepter un gouvernement socialiste. A chaque fois, les urnes avaient préalablement  parlé.

Le président italien  MATERRELLA serait-il hors la loi et la constitution ? Voilà le problème.

Si on comprend bien, la pierre d’achoppement est la monnaie, l’euro.

La monnaie, c’est un sujet très sensible surtout pour les Italiens.

Je me souviens lors d’un repas,  il y a plus de 20 ans un confrère milanais,  qui intervenait avec moi dans une affaire italienne traitée ici à Marseille.

On évoquait à l’époque le passage de la le à l’euro : il  me disait que ce serait plus qu’une révolution, ce serait un cataclysme pour l’Italien moyen obligé de diviser son million de lires en à peine une ou  deux centaines de milliers d’euros. Le phénomène inverse est-il possible ?

Pour l’instant, il faut  simplement observer ce qui va se passer au delà des Alpes.

Car ce qui va s’y passer explique l’échec de Marine LE PEN aux élections présidentielles de l’an dernier, au delà même de sa prestation télévisée catastrophique (que je n’ai jamais vue d’ailleurs).

Je ne rapporte pas les discussions  mouvementées que des hommes de réflexion  du parti ont eues ensemble, y compris vivement sur le sujet.

 Je résume la position des protestataires dont j’étais : NON, l’euro n’est pas responsable de la crise économique. Voyez les Allemands, voyez les Hollandais, et leurs balances commerciales.

Les Français ont d’ailleurs compris ce sujet, et il a bien fallu, mais c’était trop tard, corriger la présentation du sujet.

L’expérience vécue française, le seul conseil à donner aux amis italiens vainqueurs des récentes élections législatives est de mettre de l’eau dans leur chianti  sur le sujet et si j’ose dire, et de s’occuper plutôt du sujet essentiel qui les a amenés au pouvoir. L’identité, leur identité, notre identité. On sait très bien ce que je veux dire.

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