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INFORMATIQUE ET TAILLE DES CABINETS D'AVOCAT

On n'évite pas le parallèle entre l'exigence d'informatique, fondamentalement voulue par les gouvernants, en fait pour faire baisser le cout du service public, celui des finances, des formalités de toute nature, de la justice, et d'autres encore, et la taille des cabinets d'avocats.

Bien sur, il y a des exceptions, contraint et forcé, j'en suis une, mais tout le monde voit bien qu'en règle générale, les avocats indépendants ou peu accompagnés sont plus réticents que les grandes structures à entrer dans cette technique nouvelle.

Paresse intellectuelle, défaut de besoins réels, possibilité de bricoler, on peut trouver des tas d'explications, face à des pseudo-mastodontes, censés équipés, « dans le coup », prêts à tous les changements. A faire moderne quoi.

Le phénomène général n'est pas nouveau, mais le rapport à l'informatique, parce ce qu'on l'annonce prochainement rendue obligatoire pour l'exercice de notre profession, change complètement la donne. Ce sera donc fini le crayon et la gomme (j'en connais encore qui travaillent ainsi), et on ne pourra plus s'en remettre par exemple aux avoués, censés faire la cuisine d'appel.

Je sais que certains gros cabinets imaginent déjà tenir le haut du pavé, par une espèce de monopole de fait des moyens de communication obligatoires de demain, déjà avec les tribunaux de grande instance et les cours d'appels.

Dans ce registre, il y a des mois et des mois que je pose en vain à tous ceux qui ont une petite fonction dans la profession la question suivante : que ferez vous des quelques avocats qui se révéleront définitivement réfractaires à l'informatique.

Un ancien bâtonnier dont je tairai le nom m'a même répondu : ils disparaitront.

Ainsi ceux qui ne voudront ou ne pourront pas s'adapter devraient disparaitre ou être condamnés à faire appel aux plus importants.

Cette conduite diabolique est d'autant plus facile à tenir si on impose des systèmes informatiques de communication compliqués, mystérieux, voire ésotériques.

A ce sujet, on ne peut certainement pas dire qu'avec son R.P.V.A ., le CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX ait cherché à se rapprocher de la base et à faire simple. Sans rien y changer et sans l'adapter, on veut à nous imposer de force ce machin là, alors que plus malin et surtout plus fort que tous les autres, le barreau de PARIS parait, nous dit-on, avoir contourné depuis quelques semaines l'obstacle en son circuit fermé à lui.

Bravo PARIS, et honte aux autres barreaux. Non pas les plus petits, qui n'ont pas peut être pas chez eux les tètes pensantes et les moyens financiers et techniques permettant de ne pas recevoir, sans réfléchir ni critiquer, la parole considérée comme divine du R.P.V.A.

Non, honte aux plus grands barreaux (suivez mon regard) qui, eux, ont quelques moyens intellectuels et possibilités financières, certes pas à l'échelle de PARIS, mais à une autre permettant de réfléchir et de se payer les services d'informaticiens, qui ne soient pas, sans appel d'offre, les amis des amis des amis.

Que tous, les plus petits, les individuels, considèrent qu'ils sont directement concernés, et que faire confiance au C.N.B. et à ses systèmes imposés est pour eux un danger mortel.

Il parait que depuis quelques heures, sur le travail et l'insistance d'une poignée de confrères, dont il n'est pas l'usage de citer les noms, insensibles à la pensée technique unique de là haut, la direction de mon barreau a enfin compris la leçon et a décidé de bien réagir dans le bon sens.

On ne me connait surtout pas pour manipuler l'encensoir envers les élus de la profession. Et pour cirer leurs pompes. Pourtant, un petit effort encore, et je les féliciterai.

Et toute la profession -en tout cas celle qu'on allait oublier au passage - pourra enfin remercier ceux qui, comme eux je crois ce soir, osent critiquer le R.P.V.A., considéré comme un objet de culte obligatoire.

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