Sep
15
JUSTICE : LE PRINCE, LE MINISTRE, LE MILLIARDAIRE ET L’AVOCATE

 

MEDIAPART nous conte le scandale actuel dans la justice monégasque.

Nous savions tous que  « la principauté de Monaco, », c’est spécial en matière de justice.

Mais là, c’est en fanfare.

Un  milliardaire russe, patron de l’AS Monaco, a parait il  manipulé la justice et la police monégasques pour leur faire servir ses intérêts. Cette affaire  a fait une première victime : Philippe NARMINO, le ministre de la justice, a dû annoncer qu’il prenait une « retraite anticipée ».

Il parait que le Russe a cherché à acheter police et justice du Rocher.

Cette démission a été acceptée par le Prince Albert II, qui s’est fendu d’un communiqué expliquant que « dans le cadre de la campagne médiatique actuelle de nature à perturber le cours normal de la justice et à tenter de la discréditer, le Prince souverain réaffirme sa confiance dans les institutions judiciaires, qui ne sauraient fonctionner que dans le respect des principes, droits et libertés constitutionnellement garantis ».

Le ministre, qui conserve son poste de vice-président de la Croix-Rouge monégasque – on est à Monaco …. - aura désormais bien du mal à se disculper des soupçons de collusion avec le patron de l’AS Monaco qui pèsent sur lui. Jusqu’ici, droit dans ses bottes, il avait affirmé qu’il croisait le Russe « six ou sept fois par an », lors de réceptions officielles ou de matchs de football.

La presse n’est pas d’accord. On découvre que l’avocate du milliardaire russe était à tu et à toi avec Philippe NARMINO et son épouse Christine. Le couple a par exemple été invité à l’anniversaire, en avril 2014, de la susdite avocate,  qui fêtait alors ses 30 ans, et tout ce petit monde se voyait de temps à autre autour d’un dîner, notamment à la « Belle Époque », le luxueux penthouse monégasque du milliardaire russe.

Les choses deviennent encore plus intéressantes lorsque ledit milliardaire  décide de déclarer la guerre à Yves BOUVIER, le marchand d’art suisse qui a eu l’outrecuidance de s’enrichir grassement sur le dos de l’oligarque.

Le 9 janvier 2015, une plainte est déposée contre ce dernier, et alors que le for juridique à Monaco est loin d’être acquis – la vente des tableaux incriminés s’étant déroulée en Suisse –, le parquet monégasque fait preuve d’une exceptionnelle célérité et décide d’ouvrir une enquête. L’affaire est rondement menée : le 25 février 2015, comme dans un film policier, le marchand d’art est finalement attiré sur le Rocher et interpellé par une dizaine de policiers.

MEDIAPART ajoute  qu’il  ressort des textos- dont des extraits ont également été publiés dans Le Monde - que le week-end précédent, les 21 et 22 février, le ministre de la justice et son épouse faisaient du ski à Gstaad, invités dans le chalet du Russe. Les  époux  NARMINO ont été transportés de Monaco jusqu’en dans les Alpes suisses par un hélicoptère, tous frais payés par l’oligarque russe, et en ont été ravis.

Le 22 février, Christine NARMINO envoie ce texte :

 « Merci encore chère Tetiana pour cet agréable we en ta compagnie. Remercie chaleureusement Dimitri de notre part, pour son hospitalité sans faille et renouvelle-lui nos amitiés et nos félicitations pour la beauté de sa résidence. » Le message est signé : « Ph&Ch ». 

L’avocate répond immédiatement : « Je ne manquerai pas de transmettre ce message à Dimitri, qui était ravi de vous recevoir chez lui. Bonne soirée, je vous embrasse. Tetiana. » Puis, le 24 février, elle les remercie encore pour la délicate attention qu’ils ont eue : « Chers Christine et Philippe, Dimitri vous remercie de tout cœur pour les délicieux chocolats », écrit-elle.

Le journal en ligne publie encore la photo du ministre recevant sa Légion d’honneur à l’ambassade de France à Monaco (mais oui, ça existe).

Voici qui rappelle, qui me rappelle, les propos du juge DUCHAINE, après qu’il ait quitté la principauté de Monaco où il était magistrat délégué par la France, lorsqu’il a rejoint son poste de juge interrégional  à Marseille, J.I.R.S., pendant une dizaine d’années avant d’occuper des fonctions plus nationales.

Monsieur DUCHAINE    avait écrit dans un livre et ne se privait pas de dire  en privé (à moi compris) qu’à l’époque, le Palais princier avait demandé à la France de le rappeler en France, car comme magistrat à Monaco, il était trop curieux.

Les temps changeraient ils ?

 

 

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