Apr
18
LETTRES DE MON BARREAU : NOUS AVONS ATTEINT LE NIVEAU DE L'INDECENCE

Le monde du barreau local nourrit en les alimentant directement désormais les dossiers d'instruction : ce sont toujours les épouses avocates qui sont en première ligne, l'une d'un sénateur, l'autre d'un député. Sans compter un troisième, ancien conseiller municipal. Tous avocats. Tous accusés de choses graves sur des marchés publics.

Oh, bien sur la présomption d'innocence ça existe, mais la concussion aussi, comme expliquait déjà le TOPAZE de Marcel PAGNOL avec ses pissotières à roulettes.

Quel sérieux collectif offrons-nous au monde extérieur ? Parce que nous sommes la risée du barreau français, comment un avocat marseillais sérieux et censé honnête peut-il désormais passer les portes d'un palais de justice tranquillement, je veux dire sans aller se faire mettre en examen chez un juge d'instruction.

A la limite celui qui devrait aller se constituer partie civile, j'y songe sérieusement, pour affaires comment dire désagréables c'est le moins pour les fonds publics, et parce que les amis des amis, des amis des amis, des amis, se sont distribués les parts du gâteau qu'on a pris ou qu'on refuse aux autres.

Ah l'élection, quelle belle chose. Moi, je ne risque rien, dans mes idées politiques on n'est jamais élu. Plus au centre par contre, on distribue les rôles, les postes et surtout les grandes gamelles.

D'autres disent " si tu me fais entrer au conseil municipal, je te ferais avoir tel avantage. Je te vendrai tel immeuble parce que c'est toi, et je le refuserai à tel autre parce que c'est lui.

Et même que je resterais en en avant même après ma mise en examen. "

Des gens si honorables, ma bonne dame.

Cette situation est odieuse. Elle si odieuse que mon bâtonnier va maintenant me menacer de sa direction de la déontologie, lui qui ferait mieux de mettre un peu d'ordre dans les rangs de toutes ces combines minables. Dire qu'il se flattait de pacifier. Drôle de pacification, à coups de mises en examen en place publique.

Tiens au juste, question de procédures civile et pénale réunies.

Telle loi et tel décret ont institué le bâtonnier juge de droit commun de tout le contentieux entre avocats. Nous attendons de savoir si la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE que j'ai saisie d'une Q.P.C. sur ce sujet veuille bien la faire suivre à la Cour de cassation pour suite à donner au Conseil constitutionnel. Je ne désespère pas ainsi de retourner sous peu rue Montpensier.

Le principe de séparation des pouvoirs, vous connaissez ?

Le bâtonnier ne peut être à la fois le chef administratif de l'ordre, le président de l'assemblée législative du conseil de l'ordre, l'autorité de poursuite devant la chambre régionale disciplinaire et le juge de droit commun du contentieux ordinaire. Je sens que je vais acheter quelques éditions de poche de l'oeuvre de MONTESQUIEU pour distribuer ça et là, puisque tous ces élus n'ont pas bien suivi leurs cours de science politique à la faculté.

Mettons que ma Q.P.C. en reste là provisoirement, et mettons aussi qu'un avocat ait à se plaindre de ce qu'un autre avocat « pistonné » ou « privilégié » lui ait piqué des clients ou la possibilité d'en avoir à travers les marchés de prestations juridiques des sociétés d'H.L.M. Je suis candidat.

Quid de la recevabilité de la constitution de partie civile pour la victime du délit ?

Et puis, si c'est le bâtonnier qui doit trancher en matière pénale, lequel ? Imaginons un instant à ce sujet que ledit bâtonnier soit tout simplement l'avocat d'un des confrères mis en examen. Ou qu'il l'ait été lorsqu'il était encore dauphin ? Impartialité du juge ?. Faudrait-il récuser ? Dans quel monde est-on passé ?

Je crains de devoir me fâcher prochainement avec de vieux amis, mais il est des choses odieusement inadmissibles.

Et là, je dis au bâtonnier actuel, qui prend les choses à la rigolade, et prétend flatter ce qu'il appelle mon sens de l'humour que »de tout temps » les dinosaures ont eu des principes. Eux.

Vieux de 65.000.000 ans.

Et que sur ce coup là, je n'ai aucun humour. Mais alors aucun.

P.S. Cette communication aura sans doute sa suite sous peu, après ce que publiera notre quotidien local à monopole demain.

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