Apr
26
LETTRES DE MON BARREAU : UN PROJET DE LETTRE AU BATONNIER DE EREVAN

Je savais déjà que le barreau de MARSEILLE a envoyé récemment, aux frais collectifs de la profession, deux bâtonniers visiter des avocats kurdes, dont on nous dit qu'ils sont emprisonnés en Turquie.

Je rappelle que la responsabilité des Turcs et celle des Kurdes, qui ne l'ont jamais reconnue et la nient toujours, sont identiques dans le génocide de 1.500.000 d'Arméniens et de 700.000 Assyro-Chaldéens, tous Chrétiens.

Voici que j'apprends maintenant que, par une récente délibération, le conseil de l'ordre a décidé de l'envoi comme observateur d'un de ses membres, toujours aux frais de la profession, pour assister sans doute à Istanbul, le 17 mai, au procès d'un bâtonnier turc.

Il parait que la liberté d'expression et les droits de la défense y sont en danger, dans ce qui reste de l'Empire ottoman de mon père.

En tout cas voici un nouveau beau voyage aux frais communs des avocats de MARSEILLE, pour un superbe weekend end à Istanbul, qui est une ville superbe, il verra.

Dans un pays superbe, avec des gens sympathiques.

Sauf, suivant la célèbre formule de mon épouse (moitié corrézienne, un quart savoyarde et un quart dauphinoise), dans un salon bourgeois d'ISTANBUL il y a quelques années, devant des Turcs médusés, qui étaient alors passés du bonheur à la consternation, "sauf quand ils massacrent les Arméniens".

Mesdames et Messieurs :

Paraphrasons donc Marx.

« Bâtonniers de tous les pays, unissez vous. Tous à ISTANBUL » (1)

Or, le 24 mai, une semaine exactement après le 17 mai, le bâtonnier de MARSEILLE sera là encore, sur exigence du conseil de l'ordre, pour me poursuivre devant l'audience solennelle de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE. C'est en France.

Par une bizarrerie de l'histoire, dans cette ville qui fut jadis le siège de la Cour d'appel des Echelles du Levant (2), il attaquera la liberté d'expression de son confrère Bernard KUCHUKIAN sur ce blog et ailleurs, malgré les défenses, protestations et justifications. Malgré ce que juge et rejuge la Cour européenne des droits de l'homme.

Comme la France et la Turquie, la jeune République d'Arménie est membre elle aussi du Conseil de l'Europe, et elle a également signé la convention européenne des droits de l'homme, qu'applique la Cour de STRASBOURG.

Je vais donc écrire au bâtonnier d'EREVAN, sa capitale, pour qu'il nous envoie le 24 mai à AIX EN PROVENCE, son propre observateur.

Il pourrait aussi faire un crochet à la réunion du 14 mai du conseil de l'ordre de MARSEILLE, à l'issue de laquelle on serait bien inspiré de suggérer la transmission d'une lettre de désistement d'action des poursuites disciplinaires qu'on pourrait adresser pour moi à mon confrère défenseur et ami Philippe KRIKORIAN.

Désolé, ça fait beaucoup d'Arméniens.

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(1) Et suivant les congrès et réunions, à BRUXELLES, GENEVE, PEKIN, ROME, MILAN, BARCELONE, ALGER, DAKAR (je n'ai pas la liste parisienne)

(2) En culture juridique historique, je crains de mettre ici la barre trop haut.

Commentaires

son "quart dauphinoise" qui dote votre épouse d'une telle lucidité !

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