Nov
30
LETTRES DE MON BARREAU : NOS CONSEILLERS DE L'ORDRE SONT EXCEPTIONNELS

C'est sans arrêt que le mot « exceptionnel » est employé dans les plus récentes délibérations du conseil de l'ordre.

Je prends en exemple ses deux dernières réunions.

D'abord, celle qui a changé « à titre exceptionnel » notre règlement intérieur, pour permettre, à la parisienne, l'élection éventuelle d'un tandem infernal, composé de dauphin et vice dauphine (1), avec une future sous-bâtonnière disciplinaire, chargée de recueillir tous les matins S.V.P. les plaintes et doléances. Un bureau des pleurs d'avocats en quelque sorte.

On sait la suite et l'heureux échec, si lamentable, de cette tentative abominable.

Du coup, sachez que j'ai évidemment décidé l'abandon du recours exceptionnel, moi aussi je suis exceptionnel, que j'avais envisagé et même commencé par la saisine préalable contre cette délibération : à la Cour d'appel, on m'aurait objecté justement que suivant les règles classiques du procès civil, je n'aurais plus eu intérêt.

Ensuite, celle du 12 novembre, lors de laquelle le rapporteur disciplinaire (2), délégué général (3) a déclaré, si j'ai bien compris, ne plus s'en sortir avec les dossiers de R.C.P., ceux de contestations des honoraires, et ceux d'ordre déontologique.

Le pauvre homme.

Alors comme il n'est surtout pas question de nous le tuer par un accident du travail ordinal, le bâtonnier a demandé la participation « exceptionnelle » de l'ensemble des membres du conseil pour l'aider.

Et à l'unanimité, quels grands coeurs, ils se sont tous « portés volontaires » je cite pour participer « exceptionnellement jusqu'à la fin de l'année » (soit 50 jours entre le 12 novembre et le 31 décembre 2013), afin de traiter les dossiers qu'on va leur confier.

Plus tard, je trouve singulière, pardon très révélatrice dans la base populaire des avocats, la réponse cinglante de la masse des confrères électeurs faite voici quelques jours à peine à ces personnages exceptionnels, lorsqu'ils ont éliminé non pas exceptionnellement mais RADICALEMENT le couple infernal candidat à l'instauration de la terreur disciplinaire.

On peut traduire par « foutez-nous la paix. »

Merci les amis. Le 5ème des travaux d'HERACLES ici le nettoyage des prétendues écuries d'AUGIAS n'aura donc pas lieu.

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(1) Rien à voir avec la célèbre petite RENAULT des années 60, y compris dans la série GORDINI, qui ne tenait pas la route, car son moteur étant placé à l'arrière par où se faisait aussi la traction, le coffre placé à l'avant devait être lesté. A n'importe quoi. Y compris à la pomme de terre.

(2) Et oui, on a un « rapporteur disciplinaire » à MARSEILLE. Comme s'il n'existait pas des choses plus graves.

(3) Comme si le bâtonnier pouvait déléguer généralement et pour tout le temps ...

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