Apr
09
LETTRES DE MON BARREAU: EN PASSANT PAR LA RUE MONTGRAND

LETTRES DE MON BARREAU :   EN PASSANT PAR LA RUE MONTGRAND

Il y a des choses très distinguées dans la rue Montgrand de Marseille, qui conduit  au grand parking autos,  sous le  côté droit du Palais de justice, place Montyon.  Tout devrait respecter ici  le chic, à commencer par les noms : le baron de Montyon, qui fut intendant de Provence à la veille de la Révolution, le marquis de Montgrand, qui fut maire  de la ville,  et à qui nous devons l’arrivée plus tard de l’eau de la Durance par le canal de Marseille. 

Bien sûr, il y a aussi des tas de cabinets de confrères, j’y avais même jadis le mien.

Une ou deux banques, un bureau de la  S.N.C.F.,  un bureau de poste, un immeuble de services fiscaux,  construit à la place de l’hôtel particulier,  qui avait hébergé pendant plusieurs années à la fin du Premier empire,  le roi Charles IV et les siens,  l’amant de sa femme, Godoy,  compris, lorsque Talleyrand et Napoléon les avaient chassés avec toute la cour d’Espagne.

Et puis, il y a l’immeuble entier du Parti socialiste local.

Désormais fermé, couvert de graffitis vengeurs contre lui, et les projets de lois divers et variés, avec des  traces de jets de pots de peinture de couleurs diverses et variées. Aussi.

L’expression de la démocratie la plus populaire qui soit.

De l’autre côté de la rue, une plaque géante  en  matière plastique, prévue pour plein d’avocats qui viennent sans doute de s’installer là, sous l’autorité d’un ancien bâtonnier.

Sauf que les plaques  en laiton d’autres avocats qui  travaillaient  déjà bien avant eux dans le même immeuble paraissent avoir été  retirées. Du coup, on découvre une feuille de papier révélant que les premiers confrères (que je salue ici au passage) sont toujours bien  là.

Sic transit gloria mundi.

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