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LETTRES DE MON BARREAU : L’ARABE MIEUX QUE L’ARMENIEN

 

Je comprends maintenant pourquoi l’ex-ministre de je ne sais plus quoi, ça n’a aucun intérêt, n’a cessé de me regarder au restaurant hier à Marseille.

En fait, non je sais, Madame Marie-Arlette CARLOTTI est ancienne ministre,  socialiste  et contre les exclusions. Elle a perdu cette fonction, et elle est redevenue députée d’un secteur de Marseille.

Nous  déjeunons souvent dans ce restaurant avec Philippe KRIKORIAN,  non seulement mon ami, mais aussi mon avocat. C’est une bonne adresse,  si certains veulent savoir, ils me demanderont en off.

Les  hasards nous avaient placés à la table d’à côté les uns des autres.

L’ancienne ministre   discutait avec un quidam qui ressemblait à un confrère (j’écris « qui ressemblait » parce qu’il nous a vus, et ne m’a pas plus salué que Philippe, or les usages sont formels, étant plus jeune que nous, c’était à lui de faire.)

Nous, nous  parlions d’un tas de choses, notamment du Conseil constitutionnel de mardi 8 décembre prochain, pour la loi GAYSSOT et la double intervention arménienne au nom du principe d’égalité.

Sans compter de l’autre question traitant du principe d’égalité. Celle  des deux collèges  inégaux électoraux du C.N.B., car la bataille de son élection n’est pas terminée. Suite en audience solennelle de la Cour d’appel de Paris, le 10 décembre.

Nous parlions  aussi de l’audience du Tribunal correctionnel de l’après-midi, devant lequel certains de mes pairs me poursuivent toujours, ils ne désarment pas,  pour injure (et non diffamation) on le sait parce que j’ai écrit que le barreau de Marseille était raciste, pardon ostraciste à la cause arménienne, et aux Arméniens, qu’il n’aime et n’élit surtout  jamais.

La preuve : Philippe et moi avons tout de même fait 28 voix sur 2000 à la dernière élection de renouvellement du bâtonnier.

Pratiquement, j’ai déposé  au Tribunal,  dans cette affaire,  qui n’est pas prête d’être jugée,  une Q.P.C. il a quelques jours. Impossible de faire plus vite : je ne suis pas maitre du travail de la Cour de cassation, ni d’ailleurs de celui du Conseil constitutionnel (pour ce dernier, je le regrette).

Il se trouve que par deux arrêts de mi-octobre dernier, la chambre commerciale a interrogé sur la validité du principe « non bis in idem », qui apparemment n’a jamais eu l’honneur de traitement par le Conseil constitutionnel,  à propos de dirigeants d’E.A.D.S., relaxés en correctionnelle du chef de délit d’initié (à l’occasion de la fusion avec AIRBUS), mais pourtant désormais poursuivis au  disciplinaire devant l’Autorité des marchés financiers. Les petits porteurs du titre la remercient.

Question développée, celle de la nature de la sanction disciplinaire (qui doit figurer au bulletin n° 1) du casier judiciaire.  Est-elle identique à  celle de la sanction pénale.

A l’envers, je pose donc  la Q.P.C. de savoir du coup,  si on peut saisir le pénal, après avoir saisi le disciplinaire et au surplus une fois que celui-ci a statué (en rejetant).

A l’audience, j’ai bien vu que l’ex-députée ministre était là,  mais comme Philippe et moi étions pressés, nous avons fait appeler notre affaire en tête, puisqu’elle était vouée à un renvoi automatique pour fixation spéciale, vu les textes de la loi organique sur la  Q.P.C.

C’est en lisant la presse locale de ce matin  que je regrette notre  absence d’hier. D’après Denis TROSSERO,  dans La Provence de ce matin, c’était non seulement du grand déballage, mais, c’est moi qui parle,  du déballage en rapport parallèle inversé avec mon affaire.

Voici.

Un confrère arabe,  il le dit lui-même, je vois qu’il est désormais inscrit au barreau de PARIS, avait porté plainte contre l’ex-ministre,  parce qu’elle l’avait refusé sur sa liste,  au motif qu’elle avait déjà un candidat arabe, et qu’il devait aller voir ailleurs (ici il y a le nom d’une autre Arabe, élue des quartiers nord de la ville, désormais sénatrice).

Alors, ils ont plaidé, l’un disant que le mot « arabe » n’est pas une injure, et l’autre que l’emploi du mot « arabe » signifiait  en fait « arabe de service ».

Bon, le confrère parisien a bien de la chance, parce qu’il est,  lui,  partie civile, et la ministre poursuivie.

Tandis que moi, qui,  en comparaison ressemble à la victime,  mais arménienne de l’ostracisme de non élection, ce sont mes bourreaux qui me poursuivent. Le monde à l’envers quoi. Tant il est vrai que les Arabes sont nettement  plus nombreux que les Arméniens. Il y a donc plus d’électeurs…

On aura la suite le 19 janvier prochain date à laquelle on plaidera d’ailleurs ma Q.P.C.

Vous comprenez maintenant pourquoi le titre de ce billet  l’Arabe mieux que l’Arménien.

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