Nov
18
LETTRES DE MON BARREAU : LE BEAUJOLAIS NOUVEAU EST-IL REPUBLIQUEMENT NEUTRE

 

Comme tous les avocats du barreau de Marseille, comment faire autrement, le bâtonnier du moment m’avait invité ce midi  au » beaujolais nouveau » à la maison de l’avocat.

Il n’y avait pas la grande foule,  à peine  10 % des confrères inscrits. En fait, on a l’impression que la fête était surtout pour permettre aux candidats à la prochaine élection partielle du conseil de l’ordre de venir faire campagne.

L’explication de cette partielle désaffection est peut être aussi ailleurs.

Car, j’ai compté un nombre dérisoire de confrères de confession israélite, et aucun  de confession musulmane.

C’est que le beaujolais nouveau, c’est du vin (pas terrible, je vous le concède), ce qui ne pose aucun problème aux premiers, plus de la charcuterie pour faire passer. Ce qui pose problème aux seconds. Du cochon, pas de la charcuterie cacher ou hallal. On en recvient aux histoires de cantine qui passionnent tant la classe politique.

Je me suis donc posé la question de savoir si cette célébration était bien laïque, neutre. Remarquez que personnellement, je n’avais rien à dire.

En effet, le beaujolais c’est du vin, et le vin est une invention arménienne, il y a plus de 6.000 ans avant le Christ.

Les Arméniens ont inventé que deux choses, le vin et le pantalon. Et leur charcuterie était heureusement absente ce midi : je la déteste.

Ainsi donc, pour une fois, mais surtout sans le dire, mon barreau célébrait les Arméniens à travers le vin qu’ils ont inventé. Heu-reux.

Vous voyez, on avance.

Pour le surplus, on risque de faire du sur place, car je n’imagine pas que la maison de l’avocat,  qui aura peut-être un arbre de Noel abritera aussi une crèche pour la même Noel. On va leur conseiller de consulter l’ami Robert MENARD, à la mairie de BEZIERS, qui va leur expliquer comment on fait.

On fera peut-être aussi du sur place, si le Conseil d’Etat,  saisi d’une procédure de référé liberté contre l’ordonnance du 31 juillet 2015,  qui a prescrit le binôme sexuel,  appliqué ici pour les prochaines élections partielles, se décide enfin à statuer, alors que les 48 heures légales pour le faire sont largement expirées maintenant.

C’est que l’ordonnance en question n’a jamais été ratifiée par le Parlement, en étant toujours à l’état de projet de loi d’habilitation, qui pourrait bien ne jamais aboutir à une loi, puisque l’ordre du jour du Parlement est fixé par le premier ministre, qui a d’autres choses à faire actuellement.

Et alors, cette ordonnance n’est jamais qu’un règlement, de la compétence contentieuse du Conseil d’Etat, et non susceptible de question prioritaire de constitutionalité.

Mais c’est vrai je me suis  éloigné de la charcuterie de ce midi.

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