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LETTRES DE MON BARREAU : LE MINIMUM SYNDICAL APPLIQUE AUX CARAFES DE LIMONADE

Je tombe sur un bout de billet dans La Provence, de Denis TROSSERO, mon ancien neveu me  donc fait des cachoteries.  Car il doit bien se marrer, il n’ a pas tous les torts. Je le cite :

Depuis des mois, Fouhed Amiar, 48 ans, défie le barreau de Marseille,  dont il conteste les compétences.

Il avait créé de lui-même une association baptisée "Jurisdictio" versée dans l'"assistance en défense transversale du justiciable par l'intelligence économique" (sic).

Son président entendait donner des consultations, rédiger des actes, se faire l'avocat sans en avoir les titres et facturerait des honoraires d'un montant de 7 040 € TTC. Alors, le barreau de Marseille lui est tombé dessus. En tir groupé. Il est vrai que Fouhed Amiar n'a pas fait dans la dentelle.

Il a qualifié pêle-mêle les avocats de "pétainistes".

Les provoque par mails : "Vous êtes un escroc, vous et votre barreau actuel." Parlant d'une avocate, il la qualifie de "sous-fifre d'avocate sous X", qui plaiderait "du haut de son excroissance corticale inversée", quand d'autres sont gentiment affublés du titre de figures de "carafes de limonade" ou d'"avocat de basse-cour". Voilà qui faisait beaucoup à supporter.

Le 10 avril 2017, le barreau de Marseille, ses quelque 2 000 avocats, ont déposé plainte contre lui. Six jours plus tard, le faux avocat leur a répondu par une lettre diatribe.

L'intéressé a été entendu à deux reprises. Rien de plus. Il est aujourd'hui poursuivi pour usurpation de titre. Son avocate marseillaise lui a filé entre les droits. On imagine en effet qu'il lui était difficile de défendre ce virtuose du droit autoproclamé sans s'attirer les foudres de ses pairs marseillais.

Et d'ailleurs, cela ne se fait pas. Les usages judiciaires veulent que ce soit un avocat d'un barreau extérieur qui défende ce type de prévenus, en guerre contre un plaideur marseillais. Mais l'avocate s'est retirée au dernier moment.

"Je ne mets pas tous les avocats dans le même sac"

Du coup, Fouhed Amiar s'est retrouvé nu comme un ver, nu et sans robe, nu et sans droit, seul face à une trentaine d'avocats rassemblés la semaine dernière dans la salle d'audience de la 11e chambre, prêts à le pendre haut et court, l'impudent !

 "Je ne mets pas tous les avocats dans le même sac", s'est défendu, du bout des lèvres, l'insolent.

Le président Castoldi a joué les éléments modérateurs. Le vice-procureur Brigitte Lanfranchi a déploré que "les enquêteurs se soient désintéressés de ce dossier", avant d'ajouter : "On s'est contenté d'un minimum syndical."

Fin de citation.

On dirait que le quidam n’est pas poursuivi pour injures. Remarquons aussi que la vice-procureur ne l’a pas traité d’abruti. Et au juste, c’est quoi « le minimum syndical »

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