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LETTRES DE MON BARREAU : LE ROLE DES BATONNIERS DANS LE STRESS CANCEREUX DES AVOCATS

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Il est des moments où le silence est coupable.

Voici  donc pour la bâtonnier du barreau de Marseille

 

LETTRE OUVERTE A LA BATONNIER GENEVIEVE MAILLET DE MARSEILLE A PROPOS DE LA LIGUE CONTRE LE CANCER ET  ACCESSOIREMENT DE LA DEFENSE DE LA CAUSE ARMENIENNE

 

Sous le timbre aussi ambigüe qu’illégal d’ « Ordre des avocats du barreau de Marseille » et encore « barreau de marseille.avocat.fr »,,

La circulaire que j’ai reçue hier,  comme tous les confrères, par courrier électronique,  se réfère à la charte de partenariat signée dit-on  par le barreau  de Marseille (qui ne parle donc plus d’ordre),   avec le comité 13 de la Ligue contre le cancer, qui parait être une association déclarée, elle.

Elle   amène nécessairement les commentaires suivants, dont il est tout à fait possible que je fasse participer sous peu  mes lecteurs de «  blog  avocats « et sur sa copie de Facebook.

Il y parait  donc que le bien être,  au moins préventif du cancer  au travail,  passerait à la fois par des activités physiques et la gestion du stress  (sic). 

Grands dieux, et surtout grands compétents qui sauraient  donc pourquoi et quand naissent les cancers.

Voici ainsi  le barreau de Marseille  qui a versé   dans l’oncologie.

Si le sujet n’était pas aussi grave – je vais y venir - j’en connais plus d’un à la tète des  services des hôpitaux de Marseille et de l’Institut Paoli-Calmettes  qui ne manqueraient pas de  rigoler,  s’ils savaient çà (on dit que ça soulage).

Car, c’est décidemment une manie chez les bâtonniers qui se succèdent de donner des conseils pratiques aux confrères.

Sous le bâtonnat MAILLET, c’est apparemment,   mais apparemment seulement,  plus sérieux et moins combinard  par exemple que sous le bâtonnat GAVAUDAN, lequel nous avait,  entre autres choses, successivement  proposé  les services d’un copain,   marchand d’extincteurs,   puis  ceux d’un  autre copain, obscur artiste peintre,  qui est,  heureusement,   vite revenu à sa médiocrité inconnue.

Voici donc maintenant que,  pour une somme modique, on se propose   de faire  masser les confrères, ce  qui va donc faire mieux que la Faculté.

Ce qu’on lit prêterait aussi à rire pour les confrères directement concernés,  qui ont dans leur malheur, au demeurant,  les moyens de se faire masser, s’ils en ont besoin,  car    ces dépenses sont  évidemment prises  en charge  intégralement par   l’assurance maladie.

Cependant, moi, je ne rigole plus.

Les confrères atteints du cancer sont nombreux, et par la force des choses, j’y viens, j’en connais quelques uns, que je rencontre ça et là, et notamment des consœurs que je vois à l’I.P.C.,  lequel gère les cancers féminins,   où j’accompagne mon épouse,  puisque,   non  avocat,   elle cependant  atteinte d’un cancer très grave. Plus grave encore que le mien.

Jadis, par exemple, elle m’avait  accompagné  dans un déplacement à plaider hors Marseille, pour accueillir au retour dans notre voiture une  certaine consœur,  provisoirement handicapée, éloignée d’ici,   à qui personne d’autre n’avait offert son hospitalité confraternelle, laquelle  avait pu rejoindre mieux qu’en train,   son domicile.

Madame B.   ne  s’accommode donc pas non  plus de l’humour gymnastique que préconise la circulaire reçue.

Là où l’initiative du    barreau de Marseille est parfaitement odieuse,  méprisante et révélatrice du niveau de barbarie de son conseil de l’ordre, c’est lorsque l’invitation m’est adressée aussi.

Même si c’est mécaniquement.

Tout le monde sait bien,  y compris chez les bâtonniers,  qui se succèdent depuis quelques années, que j’ai été opéré voici un peu moins de quatre ans d’un cancer, et que mon rein gauche a été enlevé.

On sait aussi que comme d’autres confrères (et amis) atteints de cette affection, je suis en état de récidive, depuis quelques mois, avec développements de métastases  du cancer du rein sur le poumon.

Au passage, ni le professeur E. (Hôpital de La Conception),  qui m’a opéré,  ni le professeur B. qui suit l’état de mon rein restant, ni le professeur F.(Hôpital Nord) qui a examiné mon poumon et m’a renvoyé au service d’oncologie médicale de l’hôpital de La Timone, où je suis suivi de cette récidive du cancer du rein par le professeur Z, et les docteurs  P. et  X., ne m’ont parlé,  pour me sauver,  de séances de massages individuels. Voire de sport.

Je suis pardon je subis  – et d’autres avec moi – des traitements plus sérieux.

Et pourtant, je continue à subir  aussi  - je tiens bien – depuis des années le procès ignoble,  en correctionnelle,  que me font sur leur citation directe, premièrement, Erick CAMPANA, un ancien bâtonnier,  à la vertu  très contestable,  qui a même proféré contre moi en audience des menaces de mort,  dénoncées au parquet,  deuxièmement un  certain MEYNET, confrère parfaitement  inconnu sauf de lui,  et  troisièmement le bâtonnier en exercice,  encore que techniquement on ne sache pas exactement  qui il est.

Ce procès pénal  en cours est encore  plus ignoble,  car  le barreau a déjà pris deux superbes claques,   par deux rejets de ses demandes contre moi devant le  Conseil régional de discipline, la première  (confirmée en appel),  parce qu’avais écrit que le GAVAUDAN précité, une fois terminés  l’œuvre des extincteurs et des œuvres d’art bidon,  était un traitre à nos intérêts professionnels (exact, justifié par la fin,   mais des années, échéance finale le 31 décembre prochain, du boitier Navista,  au cœur du débat).

Et la seconde parce qu’il  - le C.R.D. - n’a pas suivi le dossier aux fondements actuels  de poursuite qui  est   devenu pénal.

Oui, je maintiens qu’Untel a été un abruti, et oui,  je maintiens que  le barreau de Marseille est raciste à la cause arménienne.

Pas d’injure la dedans.  Que de la vérité.

Le journaliste Denis T. a  récemment  écrit  dans « La Provence »,  c’est normal puisqu’elle  qui a passé une convention commerciale  de bienveillance avec la direction du barreau, que j’avais inventé,  avec mon fidèle ami et défenseur Philippe KRIKORIAN,  que nous avions inventé,  le procès perpétuel parce que j’avais, les droits laïcs de la défense sont  sacrés, multiplié les incidents de droit et de procédure.

Quelle superbe collection de Q.P.C.  posées  en effet par  deux des confrères parmi les 300 à peine qui ont déjà traité la question au Conseil constitutionnel et y sont allés plaider plusieurs fois.

Or, T. , mon ancien neveu,  est désormais  lui même désormais atteint par le cancer de la prostate.

Le barreau de Marseille,   envers qui il montre tant de duplicité, tandis que stress aidant, il  craint pour sa place,  pourrait  peut être le faire  profiter de l’offre de la circulaire précitée. C’est à lui conseiller.

Alors on résume simplement.

Mon  affaire correctionnelle  revient  sur votre citation directe,  fin mars à plaider,  sous réserve de mon état de santé alors et des effets du Sutent sur moi.

Si elle  n’est pas dépaysée, comme mon avocat en a le projet,  et si elle se plaide, en préalable je lirais cette lettre pour donner publiquement une certaine idée de l’absence de délicatesse, comme ils disent, de mes détracteurs dans ces circonstances,.

Ce qui ne m’empêchera pas d’obtenir,  sans aucun doute pourtant,  que vous soyez à nouveau tous ridiculisés en droit,  par invocation et application de la jurisprudence de la liberté d’expression.

Les  grands ignorants que vous êtes,  sauf pour conseiller le  sauvetage des    cancéreux,  par des cours de gymnastique,  tandis qu’ils essaient dans le même temps  de les accabler par le stress,   qui peut pousser au  désespoir,  continuent de feindre d’ignorer le droit,  au moins  celui des affaires COSTA         et GOUVEIA, à BOUTIN, en passant par EON, BILGER, et MORICE.

Un  instant sur BOUTIN, la plus récente (9 janvier 2018) : la notion d’outrage,  si elle n’est pas accompagnée d’appel à la violence et la haine, est désormais hors sujet de poursuites.

Ce n’est au demeurant que la reprise en la développant de la décision du Conseil constitutionnel  du 8 janvier 2016  que Philippe et moi avons obtenue il y a deux ans sur le refus de pénalisation de la contestation du génocide arménien.

Sauf que l’indigne est que malgré tout ce qui se juge au Conseil constitutionnel,  à la Cour européenne des droits de l’homme et à la Cour de cassation, oui l’odieux  est  dans la poursuite pénale encore en cours  contre  celui qui reproche à une institution, celle des avocats du barreau de Marseille, l’année de son centenaire,  son indifférence hostile contre une cause internationale et même nationale, puisque la loi française l’a reconnu, la reconnaissance du génocide arménien de 1915.

Le barreau de Paris, je le rappelle, a eu, lui, une attitude plus digne.

 

Finalement,

N’hésitez  pas à donner connaissance de ce courrier intégralement  y compris son post scriptum au prochain conseil de l’ordre.

Les circonstances  empêchent d’exprimer,  en conclusion provisoire,  la moindre formule de politesse (et puis quoi encore) à la fin de cette longue  lettre ouverte.

 

Marseille, le 27 février 2018

 

BERNARD KUCHUKIAN

 

P.S. IMPORTANT

 Si à défaut d’humanité,  tous au barreau de Marseille,  pourtant cité du droit (sic),  vous  saviez la note du 24 mai 1915 du département français des affaires étrangères à l’agence Havas, sur autres initiatives  du tsar de Russie et du gouvernement britannique, qui a créé – malheureusement pour les victimes dont je suis à mon niveau garant du respect de la mémoire – la notion de crime contre l’humanité. Je cite.

 

« « Depuis un mois environ, la population, kurde et turque de l’Arménie procède de connivence et souvent avec l’aide des autorités ottomanes à des massacres des Arméniens. De tels massacres ont eu lieu vers la mi-avril à Erzeroum, Dertchun, Eghine, Akn, Bilitis, Mouch, Sassoun, Zeitoun et dans toute la Cilicie : les habitants d’une centaine de villages aux environs de Van ont tous été assassinés ; dans la ville même, le quartier arménien est assiégé par les Kurdes. En même temps, à Constantinople, le gouvernement ottoman sévit contre la population arménienne inoffensive. »

«  « En présence de ces nouveaux crimes  de la Turquie contre l’humanité et la civilisation, les gouvernements alliés font savoir publiquement à la Sublime Porte qu’ils tiendront personnellement responsables de ces crimes les membres du gouvernement ottoman, ainsi que ses agents. » »

Archives du ministère des affaires étrangères, Paris, guerre 1914-1918, Turquie, tome 887, f .127. In Arthur BEYLERIAN, Les grandes puissances,  l’empire ottoman et les Arméniens dans les archives françaises, » Publications de la Sorbonne,  Paris 1983.

 

Il  est vrai cependant  que le barreau de Marseille, alors placé sous le bâtonnier d’Erick CAMPANA, avait organisé à nos frais un voyage à ISTANBUL en compagnie du bâtonnier Dominique MATTEI invité,  pour apporter son soutien aux avocats kurdes poursuivis par le régime turc actuel.

Et dire qu’on m’avait même conseillé un bon hôtel à ISTANBUL.

Prudemment, le site Internet du barreau de Marseille ne mentionne plus ce voyage dans les activités de sa commission dite internationale…

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