Oct
26
LETTRES DE MON BARREAU : PLATEFORME PARTICIPATIVE AVEZ-VOUS DIT ?

 

Voici que le barreau de Paris est fier d’avoir,  sinon redécouvert l’eau tiède, mélange d’eau froide et d’eau chaude,  comme on doit savoir, mais le droit légitime et démocratique de la base  des avocats de s’adresser aux élus, à travers ce qu’on va appeler maintenant « la plateforme participative ».

Si les  ignares connaissaient un peu leur histoire de France et leur droit constitutionnel, ils auraient lu notamment SIEYES, et les autres  défenseurs  du droit de pétition.

Car, c’est ainsi que s’appelle le droit le plus démocratique et républicain qui soit  de s’adresser directement aux élus.  Issu au demeurant des cahiers de doléances des sujets du monarque avant la Révolution.

Ici,  les destinataires sont  les puissants membres du conseil de l’ordre,  qui ont tous tendance à se croire enfants naturels du roi Soleil,  faute d’avoir la filiation légitime du bâtonnier, son  fils ainé.

Je leur alors conseille à tous par exemple la lecture des Auteurs de la Révolution, publié dans la Pléiade en 1989 : ils y trouveront  au moins une jolie collection de références.

J’arrête ici ma critique moqueuse, car ce que vient de faire le barreau de Paris, une fois encore bien sûr, est une excellente chose. On doit les féliciter, et je le fais ici.

Quant au barreau de Marseille, il restera encore à la traine, comme d’habitude.

Je me souviens  pourtant du temps où bien avant l’invention parisienne de la plateforme participative, j’adressais chaque semaine des suggestions par messages de courriers électroniques aux membres du conseil de l’ordre local.

Dans l’indifférence et le mépris, oui le mépris, le plus total.

Enfants naturels de Louis XIV vous dis-je.

Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Bonjour,

L'article 15 de la Loi du 31 décembre 1971 dispose notamment :

"Chaque barreau est administré par un conseil de l'ordre élu pour trois ans...."

L'article 17 de la même Loi fixe les attributions de ce conseil de l'ordre notamment financières en son 6°.

L'article 21 de la même Loi fixe les attributions du Bâtonnier.

L'article 6 du Décret du 27 novembre 1991 dispose que "le conseil de l'ordre est présidé par un bâtonnier élu pour deux ans...."

Nous savons que le Bâtonnier qui préside le conseil de l'ordre n'en est pas membre et que c'est lui qui fixe l'ordre du jour des réunions.

Nous savons également que l'assemblée générale des avocats peut émettre des voeux.

Il est donc possible au Bâtonnier de convoquer des assemblées générales pour être ainsi éclairé sur les souhaits des avocats.

Il est libre de recourir aux moyens de communication modernes et souples et de mettre en place "une plateforme participative".

L'initiative des Bâtonniers est donc prépondérante.

Selon le degré d'ouverture dont ils peuvent faire preuve, les suggestions émises par des Confrères peuvent parfaitement être prises en compte.

Cordialement.

 

Patrice J. GIROUD

Site: 
www.huvelin-associes.fr

Le Barreau de Paris a réservé un budget participatif de 150 000 euros ouvert à la suggestion des confrères.

Il n'y a pas d'autre mot admiratif.

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

que les moyens financiers du Barreau de PARIS permettent cet exercice démocratique en espérant que les réponses seront nombreuses et sérieuses et entrant dans le cadre forcément restreint de ce que peut faire un Ordre.

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