Jun
24
LETTRES DE MON BARREAU : SUR LE THEME DU RACISME A LA CAUSE ARMENIENNE

On vient de voir que « Dalloz actualités » s’intéresse à la vie du barreau de Marseille.

Je lui donne donc maintenant une autre affaire, nettement plus piquante, la mienne.

Le 4 juillet prochain, ce sera en effet du lourd au Tribunal correctionnel de Marseille

Après avoir traité une bonne  demi-douzaine de questions prioritaires de constitutionnalité,  dont une spécialement autour de dispositions du Code français de procédure pénale, déjà sanctionnées dans l’arrêt BRICMONT c. Belgique, sur le thème de l'égalité des armes en procédure pénale,  par la Cour européenne des droits de l’homme (Strasbourg),  et aussi quelques nullités de procédure (vous me connaissez…), on y plaidera contre moi,   sur l’unique  citation directe des parties civiles –le parquet n’est pas directement concerné ni poursuivant-  pour  injure (et non pas diffamation),  savoir :

  • Les poursuites  d’ un confrère,  inconnu,  jusqu’ici, parait-il responsable du service correspondant,  déclarant  avoir été injurié,  parce que j’ai écrit  sur ce blog que telle commission de la culture du barreau local était composée d’abrutis,  pour avoir fait la promotion,  aux frais de la profession,   du prétendu amuseur MADENIAN (celui-ci notamment condamné définitivement  en correctionnelle pour avoir injurié les électeurs du Front national)
  • Celles contre ma déclaration,  ici sur le même blog,  que  le barreau de Marseille, son bâtonnier de l’époque en tête,  était « raciste à la cause arménienne. »

Sur le premier chef, on discutera de savoir si le terme « abruti » est une injure.

Avec quelques éléments de fait comme référence.

  • Le duel à l’épée de Gaston DEFFERRE,  alors député maire de Marseille, contre un parlementaire passé dans l’oubli (il s’appelait RIBIERE, et n’a du sa notoriété qu’en étant blessé au bras) dont il avait déclaré publiquement qu’il était abruti.  L’affaire en était restée là.
  •  La sortie du président sortant de l’Assemblée nationale, Claude BARTOLONE,  adressée à un groupe de députés d’opposition,  dont il a  dit en séance publique qu’ils étaient des abrutis. L’affaire en est également restée là.
  • Tout récemment,   l’emploi du mot abruti par la vice-procureur de la République de Marseille en audience publique, justement devant la chambre qui m’entendra, pour avoir fustigé un quidam qui s’était amusé à foncer sur des baigneurs,  dans une calanque de CASSIS, sur son bateau, en criant « Allakbar ».

Sur le second chef, on parlera bien entendu de la cause arménienne,  que je défends,  comme tout le monde doit finir par le savoir, y compris devant le Conseil constitutionnel,  la cause arménienne étant non seulement la reconnaissance du génocide de 1915, mais encore l’imposition d’une loi de sanction de sa contestation, et plus encore, bientôt, la reconnaissance avec la même suite, du génocide pontique de 1922.

C’est alors  la fin des Chrétiens en Turquie, Grecs et Arméniens en tête, notamment à SMYRNE.

Par mon père je suis d’une famille de Smyrniotes, comme Edouard BALLADUR, et même un des frères de Calouste GULBENKIAN, coté arménien, et comme Aristote ONASSIS, oui,  l’armateur,  coté grec).

Trois ordres de difficultés sont prévisibles.

  • D’abord, l’affaire grave,  qui s’est mêlée à la poursuite principale, sous forme de menaces de violences et de mort,  dont j’ai été la victime lors d’une audience relais, de la part de tel ancien bâtonnier,  ici poursuivant, menaces qui ont entrainé ma plainte pénale contre lui, celle-ci actuellement en cours d’instruction par le parquet.
  • Ensuite, l’absence de la vice -procureur,  initialement citée comme témoin de l’emploi banalisé du terme « abruti », laquelle a écrit pour excuser son absence.

Le Tribunal se souviendra cependant des propos qu’elle a tenus devant lui ailleurs, qu’il n’a surtout pas considéré comme injurieux, puisqu’ils l’avaient sagement conduit à condamner à 6 mois de prison avec sursis, le trublion qui,  totalement irresponsable dans les temps actuels s’était amusé, drôle d’amusement,  à foncer sur eux avec son bateau,  alors qu’ils se baignaient dans la calanque. Peur de leur vie.

  • Enfin, également l’absence du bâtonnier Frédéric SICARD du barreau de Paris, que j’ai fait citer comme témoin. C’est que chacun sait, il a inauguré tout récemment  une plaque commémorative du centenaire du génocide arménien de 1915, dans les locaux du centre de formation des confrères parisiens, plaque à la gloire  et au souvenir du confrère arménien ottoman qui est considéré comme la première des 1.500.000 victimes qui suivirent.

Car il était à l’époque la personnalité arménienne la plus connue de l’empire ottoman.

Je renvoie au long discours du bâtonnier SICARD,  sous forme de communiqué, facilement trouvable  sur le site Internet du barreau de Paris avec la condamnation du génocide et le rôle de l’avocat, lui assassiné, dans cette affaire.

Le bâtonnier de Paris a écrit pour excuser son absence, qui parait justifiée,  mais il a pris la peine de confirmer dans sa lettre au tribunal, dont il m’a communiqué la copie,  les propos tenus que j’avais rappelées dans ma citation à témoin. C’est en quelque sorte un témoignage par courrier qu’il a adressé.

Alors ?

C’est tout simple.

Vérité à Paris, erreur à Marseille, car par exemple  le bâtonnier de Paris, lui, ne peut surement pas être accusé de « racisme à la cause arménienne ». Au contraire.

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