Jun
30
LIBERTE L'ASCENSEUR DU TRIBUNAL DE COMMERCE DE MARSEILLE

LIBERTE :  L’ASCENSEUR DU TRIBUNAL DE COMMERCE DE MARSEILLE

J’ai toujours connu, au Tribunal de commerce de Marseille,  un ascenseur,  pour ses trois  étages, aussi vieux que le bâtiment lui-même,  construit en style solennel des  années 1930.  

Ca  ressemble vaguement à un mélange de style nazi et mussolinien, mais avec des vitraux.  

Et des panneaux peints à la gloire   des comtes de Provence, des moissons, des moutons, mais aussi de nos colonies de l’époque (ce qui, vous vous en doutez, m’a toujours ravi, sans compter qu’on était alors à l’époque du centenaire de l’Algérie).

Revenons à l’ascenseur. Il y avait sur la porte vitrée de la cabine de chaque étage une inscription  soigneusement écrite par un peintre en lettres, comme on faisant en ce temps -là: « interdit au public ».

Bravant cette abominable interdiction, ou parce qu’ils ne se sentaient pas concernés,   seuls les magistrats consulaires, les employés du greffe, les avocats et quelques courageux justiciables utilisaient la vénérable machine.

Las, un vilain soir, l’engin s’est définitivement bloqué, entrainant l’immobilisation de la greffière en chef qui était dedans et  pendant des heures dans le noir au surplus,  en attendant qu’elle soit enfin sauvée par les Marins pompiers.

Depuis ce temps, l’intéressée  a la terreur de l’ascenseur, au point de faire  encore tous les étages à pied.

Mais cette terreur a eu du bon puisqu’on s’est décidé enfin  à changer la machine pour une toute neuve, aux normes européennes et tout et tout.

Sauf que l’installateur, bête et obéissant, avait récolé un joli panonceau au dessus des  portes de la cabine à chaque étage : « interdit au public ».

Je me suis toujours dit,  pendant des dizaines d’années,  qu’il faudrait bien un jour ou l’autre  que je dénonce  cette injustice et cette rupture d’égalité devant l’ascension à la justice consulaire.

Je ne l’ai jamais fait, j’ai été un lâche.

J’ai d’autant plus honte de moi que j’ai découvert ce matin que toutes les plaques correspondantes  d’interdiction ont été arrachées à chaque étage.

J’imagine donc qu’un courageux démocrate,  peut être même collectiviste, en tout cas égalitaire, au nom de la liberté d’accès par ascenseur aux salles d’audiences, a fait ce qu’il fallait faire.

Il est anonyme. Malheureusement.

Qui qu’il soit, je le complimente ici publiquement.

Et en avant pour l’usage libre  et démocratique de l’ascenseur du Tribunal de commerce de Marseille.

Vous le voyez, la justice consulaire change.

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Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

mais emprunter les escaliers peut se révéler salutaire dans le cadre d'un petit exercice physique !

Nom: 
Benoît Van de Moortel

Même un président de TGI avait dit "ça fait du bien de monter un escalier" ! Mais, l'ayant dit à une jeune greffière qui, court vêtue, le précédait dans ledit escalier, il fut renvoyé devant le CSM qui, au bénéfice du doute sur le sens de ses propos, le relaxa de ce chef. Il fut cependant sanctionné pour d'autres "bons" mots adressés à des justiciables.

Ceci étant, l'ascenseur n'est pas moins risqué quand on est porté sur la galanterie.

Dont j'ai le plaisir de constater le retour si sympathique, ne tirer aucune considération S.V.P. de l'image que j'ai placée sous le billet.

Nom: 
Pierre DOYEN

Montant ou descendant l'escalier  l' homme doit précéder la femme pour respectivement, s'abstenir de voir les formes montantes ou les prendre à bras-le- corps, si d'aventure la dame défaillait. C'est  de la magnanimité virile!

Du temps de la reine Victoria, une femme bien éduquée, lorsqu'elle conversait avec un sujet mâle, devait porter son regard entre les deuxième et troisième boutons de la chemise de son interlocuteur. 

Certes la reine Victoria n'est plus, mais les regards victoriens n'ont pas franchement disparu. En effet, ces deuxième et troisième boutons  sont une métaphore  biblique.

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