Oct
29
MISCELLANEES : IL NOUS FAUT L'AVOCAT DU CHAT

Oui, il importe de revoir certaines de nos conceptions. Jusqu'ici, le droit pénal français ne s'intéresse qu'aux personnes physiques et péniblement aux personnes morales. Et les animaux alors ? Hein, vous en faites quoi ?

L'état de décadence intellectuelle qui est le notre se révèle car la réponse va nous venir de Moldavie. Pour ce qui ne savent pas, la Moldavie, qu'on appelait dans le temps la Bessarabie, est un Etat machin entre la Roumanie et la Russie. Où je n'ai jamais mis les pieds, mais dont le fonctionnement folklorique m'avait été expliqué par le frère d'une collaboratrice amie qui y avait son service national à notre ambassade.

Bref, en attendant de faire mieux avec ceux qui ont rempli et reçu les sachets, on vient d'arrêter là bas un chat qui faisait du trafic de drogue, on nous dit du cannabis, en passant des petits sachets, pendus au tour de son cou entre l'extérieur et l'intérieur d'une prison.

Pauvre bête. J'espère qu'elle sera bien traitée. Mais au juste, quelles sont les garanties constitutionnelles de défense de ce chat là.

Existe-t-il une spécialisation : « avocat du chat » ?

En voilà une bonne question. Zut après tout, pas toujours les droits de l'homme. Et les droits du chat après tout ?

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Commentaires

au sujet de la classification juridique des animaux.

Il faudrait les considérer comme des êtres vivants et non comme des choses !

il y est question de procès des animaux

Sans parler de Racine, il fut une époque où les animaux étaient jugés comme des hommes !

Ci-dessous, extrait de "Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-âge d'Emile Agnel (Paris 1858) :

"Les jugements et arrêts en cette matière étaient mûrement délibérés et gravement prononcés; voyez ce passage d'une sentence rendue par le juge de Savigny, le 10 janvier 1457; il s'agit d'une truie :

... C'est assavoir que, pour la partie demanderesse, avons cité, requis instamment en cette cause, en présence dudit défendeur présent et non contredisant, pourquoi nous, juge, avons dit, faisons savoir à tous que nous avons instruit et donné notre sentence définitive en la manière qui suit; c'est assavoir que le cas est tel qu'il a été proposé par la partie demanderesse, et duquel appert à suffisance, tant par témoins que autrement. Aussi conseil tenu avec sages et praticiens, et aussi étant considéré en ce cas l'usage et coutume du pays de Bourgogne, ayant Dieu devant les yeux, nous disons et prononçons pour notre sentence définitive et à droit et à icelle notre dite sentence ; déclarons la truie de Jean Bailli, alias (autrement dit) Valot pour raison du meurtre et homicide par icelle truie commis... devoir être pendue par les pieds du derrière à un arbre, etc."

Nom: 
Pierre DOYEN
Site: 
http://

Des procès au civil comme au pénal furent intentés contre des animaux , sans qu'il fallût sous distinguer entre animaux sauvages ou animaux domestiques. Les uns comme les autres, quoique qu'ils fusent des non- sujets de droits pouvaient être condamnés à être pendus comme convaincus d'homicides.

Le dernier procès rapporté par Voltaire date de 1741. Il s'agissait d'une vache convaincue d'homicide. Au Moyen Age, la justice ecclésiastique n'était pas non plus inerte,elle alla même jusqu'à prononcer l'excommunication de rats ou de charançons auteurs de dégâts causés aux récoltes paysannes. Ce qui laisse penser que ces petites bêtes, étaient bêtes à bon Dieu , du moins jusqu'à la commission de leurs forfaits!

Notre époque comme celle du Moyen Age connaissent toutes deux, le règne de l'imbécillité parmi la société de l'homo sapiens sapiens.

Quoique nous n'y rencontrions plus de juges assez fats pour déclarer un animal coupable du crime d'homicide. Cependant, il advient couramment que tel propriétaire se fût résolu à fêter l'anniversaire de son chien, en offrant au quadrupède carnivore un gâteau. Ce petit rituel se renouvelle chaque année, parce que le chien est incapable de renvoyer la politesse en adressant à son maître omnivore intentionné, une botte foin en guise de remerciement !

Le juriste, quant à lui, considère l'animal comme un meuble. Ce qui au demeurant est bien excessif. Il nous faut traiter les animaux sans leur imposer un cortège de souffrances physiques et mentales inutiles à leur vie, mais bonnes pour le tiroir-caisse de leurs maîtres. L'élevage animal dans des camps de concentration, tels les poules pondeuses enfermées dans des cages, dont la superficie est celle d'une feuille A4, des poussins déversés sur un tapis roulant comme des balles de ping, pong,tout cela est de la barbarie. L'ordre public n'est pas seulement le respect des droits de chacun, mais il est également la conservation paisible des autres espèces vivantes partageant notre espace vital.

Charles DARWIN notait que la différence entre l'homme et l'animal n'est pas une question de nature , mais de degré.

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