Jul
29
MISCELLANEES: TROUILLE ET POLICE

Au moment où l'affaire de GRENOBLE démontre la grave dérive de nos institutions, malgré les propos lénifiants de quelques rares imbéciles pompeux, qui me lisent d'ailleurs, (le pluriel n'est peut être pas utile), je ne peux pas m'empêcher de penser à la sécurisation des palais de justice organisée depuis quelques années.

Evidemment, ces policiers là, chargés de protéger procureurs, juges professionnels et greffiers, manquent ailleurs sur le terrain, et là leur présence serait rudement plus utile.

Pour la société toute entière.

Qu'aucun crétin ne vienne me dire qu'ils protègent aussi les avocats présents dans les tribunaux. Que je sache, aucun bâtonnier, même le plus sot, n'a jamais rien demandé de tel. D'ailleurs on l'aurait envoyé paitre.

Mais surtout, je constate quelque chose de plus révélateur.

Lorsqu'ils sont installés dans des locaux à part des autres tribunaux « de droit commun », les tribunaux de commerce n'ont jamais de protection policière.

A ma connaissance, une seule exception, PARIS.

Partout ailleurs, rien du tout. A part les jours de faillite des chantiers navals (mais à coup de faillites successives, il n'y a plus de réparation navale à MARSEILLE, donc plus aucune entreprise de ce genre à mettre en faillite), qui donnaient lieu aux manifestations syndicales habituelles, je n'ai jamais vu un policier ou un vigile quelconque à l'entrée du Tribunal de commerce de MARSEILLE (et je l'aime, mon tribunal, je le fréquente tous les jours depuis plus de 40 ans).

A AIX EN PROVENCE, c'est pareil, à TOULON, c'est pareil, à NICE, c'est pareil, à CANNES, c'est pareil, à NIMES, c'est pareil, à FREJUS, aussi. Je ne parle pas de MANOSQUE, c'est tout juste si on ne peut pas y entrer en voiture, puisque le parking est au même niveau. Et ce n'est pas propre à notre sud méditerranéen. Je n'ai pas vu non plus de policiers à l'entrée du Tribunal de commerce de TOULOUSE, ou de celui de BORDEAUX. J'arrête là.

Tous ces juges consulaires non professionnels n'ont donc peur de rien.

Ils n'ont pas besoin de protection spéciale.

De deux choses l'une. Ou ils sont fous, ou ils sont courageux.

Les deux me vont.

Je suis comme eux. Bravo mesdames et messieurs. On continue.

Commentaires

Il s'agissait, à l'époque de "Vigipirate" (=les Barbares sont à nos portes) de frapper les esprits, en suggérant l'idée que la Justice était sous le contrôle de la police. Ainsi le chaland est invité à surveiller ses mots, et relativiser ses exigences. Et les magistrats et fonctionnaires, même s'ils sont discrètement salués par les uniformes, ont conscience d'appartenir à une machine à réduire l'individu. Ce ressenti n'existait auparavant que dans les tribunaux d'autres latitudes. En province, ce sont des vigiles mais ça ne change rien, c'est peut-être même plus vicieux ces miliciens qui n'ont de compte à rendre qu'à un patron qu'on ne connaît pas. Et pas de portique en effet au commerce, mais pas non plus au Tribunal d'Instance, ni au Conseil de Prud'Hommes.

Cette mise en scène est donc largement inutile, néfaste et il serait temps d'y mettre fin.

Les tribunaux d'instance et les conseils de prudhommes. A Marseille, ils sont sous "protection". A Aix, c'est seulement le Tribunal d'instance, pas le conseil de prudhommes. A Toulon, le Tribunal d'instance étant situé dans le meme batiment que celui du Tribunal de commerce, aucun controle de police.

Voici les exemples qui me viennent à l'esprit l'instant, étant observé que je ne passe pas ma vie dans tous les tribunaux de France et Navarre (je vais meme rarement à Pau, où tiens, me je souviens que le Tribunal de commerce, installé hors le palais de justice et la Cour d'appel, n'a pas non plus de portique de sécurité + policiers + etc.)

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