Jul
04
QUELQUES MOTS SUR L'ETAT DE LA FRANCE

Et si on reparlait de l'identité nationale ?

La juxtaposition de trois éléments m'y conduit :

1°. Un récent voyage hors de France,

2°. Le discours de Jacques VERGES

3°. Le verdict de la Cour d'assises de PONTOISE dans l'affaire de VILLIERS-LE -BEL.

Est-il normal que des citoyens de notre pays aient deux nationalités à la fois. Français en France parce que bêtement et même dangereusement notre législation applique le droit du sol, et national dans un pays arabe d'origine à la fois technique et religieuse sans la moindre rupture des liens France-terre d'origine.

Est-il normal qu'au passage de la police de l'air et des frontières, on puisse utiliser au choix et suivant le moment soit son passeport français soit son passeport tunisien, algérien ou marocain. Car on a les deux. Ou que sais-je encore ? Plus tard, je n'évoque pas les dégâts de cette confusion sur l'expression électorale.

Sauf à mettre en cause les règles constitutionnelles de notre pays, et alors on le dit et on en tire les conséquences, est-il normal pour la France sur le territoire de laquelle vivent ces bi-nationaux, qui est donc leur terre de principal établissement, d'admettre cette entrave aux normes fondamentales de la nationalité au rang desquelles en premier le devoir d'allégeance qui va avec.

Non, on ne peut pas avoir double allégeance.

Attention, ici, je ne fais pas de généralité.

Je connais des gens du Maghreb qui refusent cette double nationalité conservent la leur, même s'ils travaillent en France de temps à autre et me mélangent pas les genres. J'écris cela à l'exact moment où le parlement tunisien vient de voter une loi contre laquelle toutes âmes bien pensantes vont s'élever pour interdire de critiquer leur pays hors des frontières. Ah, si certaines des méthodes du général BEN ALI étaient appliquées chez nous ...

Car justement, on n'aurait pas à se désespérer devant la Cour d'assises du Val d'Oise de constater la situation de guerre créée uniquement par principe contre les représentants de la loi française (la police, la gendarmerie, la justice) par des immigrés devenus peut être Français par l'effet d'une loi du sol aussi mécanique et imbécile.

Alors j'en reviens à Jacques VERGES. Puisqu'on est sur un blog d'avocat. Vous allez voir, tout se tient.

Quelle drôle d'idée a eue notre bâtonnier Dominique MATTEI d'inviter ce confrère à la rentrée du barreau de MARSEILLE.

VERGES nous a fait (bien trop longuement) son « one attorney show » anticolonialiste.

J'ai du tenir bon pour ne pas quitter la salle lorsqu'il s'est glorifié de sa défense des accusés de la bataille d'ALGER en 1957 (j'avais 10 ans). Et comment, après qu'il ait défendu telle poseuse de bombes, qui avait fait tant de mort innocentes, les Pieds -noirs (dont il n'a cependant pas employé le nom) auraient bien voulu le lyncher à la sortie du palais de justice d'ALGER, sur les 500 m de la rue Colonna d'Ornano qui le séparaient de sa chambre à l'Hôtel ALETTI.

J'ai alors pensé que dans cette foule, qui avait parfaitement compris que le procès plaidé était surtout celui de leurs idées, de leur terre, pour lesquelles, eux, ne pouvaient pas se défendre, il y avait mon père, mon frère, mes cousins et mes cousines. Les miens quoi. Vous savez, la phrase d'Albert CAMUS à STOCKHOLM : si j'avais à choisir entre cette justice et ma mère, je choisirais encore ma mère. Sauf que CAMUS n'a pas eu le courage d'aller jusqu'au bout, ce que lui reprocheront jusqu'à leur disparition les quelques Pieds-noirs qui resteront encore en vie pendant une génération.

Mais, bon, VERGES s'est rattrapé pour expliquer qu'un avocat doit tout défendre, et pour faire bonne mesure de citer un peu Jean-Louis TIXIER VIGNANCOUR et surtout Jacques ISORNI.

Du propos hautement narcissique de Jacques VERGES, il ne faut retenir qu'une seule chose, les mots défense de rupture.

Attention, il n'est surtout pas l'inventeur de la technique. D'autres grands avocats l'avaient inventée avant lui, sous la Révolution et après, BERRYER compris.

Lui a inventé le nom. Et a eu la chance inouïe que le vecteur de ce système de défense, la presse, l'opinion publique, la politique, la radio, la télévision, aient existé à la fois à partir de 1957 pour permettre son expression.

Quel rapport me direz-vous avec le procès de PONTOISE ? Il est direct. Car dans la défense de rupture, on n'est plus l'avocat d'un homme, mais des idées de l'homme. Et alors, devant les juges plus personne ne parle de la même chose. Les criminels jugés pour l'affaire de VILLERS LE BEL n'en voulaient certainement pas aux policiers aux gendarmes blessés, mais à la société française toute entière. Et là rien ne va plus, dès lors que cette société les accepte, les revendique, au point de leur donner la nationalité française dès leur naissance automatiquement, même et surtout ils refusent de se sentir Français, s'ils ne veulent pas et même s'ils revendiquent autre chose hors de France.

Notre système est à la fois vicieux, dangereux et surtout suicidaire.

Poliment, mais avec beaucoup d'insistance, sur un ton blasé, mais je crains découragé, le discours de notre bâtonnier a rattrapé une partie du coup en évoquant à plusieurs reprises les immenses hypocrisies du monde actuel.

Je suis sur à ce moment là, que quelques autorités présentes dans la salle auraient bien aimé se trouver ailleurs.

Sans compter tous les élus passés et peut être présents qui nous ont conduit où nous sommes aujourd'hui.

Le barreau avec ses problèmes et l'aveuglement de la majorité des avocats qui les mains sur le guidon ne font pas la moindre prospective, et les autres.

L'identité de la France et Fernand BRAUDEL, c'était bien loin.

Commentaires

Nom: 
nathalie.kerdrebez
Site: 
http://

Le courage vous manque pour la suite.

Dommage. Je suis de taille à répliquer.

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