Sep
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SOCIETE : ASSIMILATION OU CONQUETE, LA QUESTION DES PRENOMS

 

Je commence par la célèbre prière dite,  depuis plus de 200 ans,  dans les synagogues de France  (évidemment il n’y a rien de tel dans les mosquées) :

« Éternel, Maître du monde, Ta providence embrasse les cieux et la terre ;

La force et la puissance T’appartiennent ; par Toi seul, tout s'élève et s'affermit.

De Ta demeure sainte, ô Seigneur, bénis et protège la République française et le peuple français. Amen.

Regarde avec bienveillance depuis Ta demeure sainte, notre pays, la République française et bénis le peuple français. Amen.

Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde. Amen.

Que les rayons de Ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l’État et font régner l’ordre et la justice. Amen.

Que la France jouisse d’une paix durable et conserve son rang glorieux au milieu des nations. Amen.

Accueille favorablement nos vœux et que les paroles de nos lèvres et les sentiments de notre cœur trouvent grâce devant Toi, ô Seigneur, notre créateur et notre libérateur. Amen. »

 « Que l’Éternel accorde sa protection et sa bénédiction pour nos soldats qui s’engagent partout dans le monde pour défendre la France et ses valeurs. Les forces morales, le courage et la ténacité qui les animent sont notre honneur. Amen. »  (1)

Je continue  maintenant par Eric ZEMMOUR.

Nous revoilà au cœur d’un sujet qu’évidemment,  une fois encore,  l’intéressé   maitrise admirablement et  si honnêtement.

"L'assimilation, ça veut dire que vous ne vous prénommez pas Fatima. Vous vous prénommez Françoise ou Martine. Vous prenez un prénom du calendrier", insiste-t-il. 

Sur L.C.I. en septembre 2016, alors qu'on lui demandait si Zinedine Zidane, Omar Sy ou Jamel Debbouze étaient "moins français" que lui, il répondait :

"Sur le plan juridico-politique, évidemment qu'ils sont aussi Français que moi. Ils ont une carte d'identité, ils sont français, comme vous, comme moi, il n'y a pas de différence, heureusement. En revanche, pour le corps social, c'est-à-dire sur comment ils sont reçus par la population, par le peuple qui est là depuis 1.000 ans, oui, ils sont moins français que moi, mes parents ont fait l'effort de me donner un prénom dans le calendrier, c'est à dire français".

ZEMMOUR est Juif et pied noir.

Il n’est donc  surement  pas Français,   en famille depuis  mille ans, au demeurant personne ne doit l’etre en France.

Mille, le chiffre n’est pas choisi au hasard, c’est  le point de départ de l’épopée capétienne. La France, ce n’est en effet, rien d’autre que  le projet d’un boucher de l’ile de la Cité à Paris,   à la fin des années 700, élu monarque par ses pairs, dont les descendants ont peu à peu constitué le royaume de France pratiquement dans ses limites actuelles.

La famille de notre ami Eric  en a fait un Français par la grâce du décret CREMIEUX, applicable aux Juifs d’Algérie  à la fin du 19ème siècle, parce que,  bien que locaux avant la conquête, et présents,   au demeurant maltraités par l’Ottoman, l’Arabe et le Kabyle, sur le territoire depuis des centaines d’années,  voire davantage ils s’étaient parfaitement assimilés à la France et à sa culture. A sa civilisation, même.

Une observation « technique ». On peut  par exemple consulter en ligne sur Internet les registres d’état-civil d’Alger à compter de 1832.

Je l’ai fait et je le fais souvent. A l’arrivée du Français colonisateur, on n’appelait pas encore le  pays l’Algérie, mais « territoires français au nord de l’Afrique ». L’Algérie, c’est en effet plus tard une invention  purement française.  Par unification des territoires de razzias.

Il y avait plusieurs registres d’un état civil dressé à la française. Ce sont en effet, les rois de France et même FRANÇOIS 1er , poursuivi en cette action   par LOUIS XIV, qui ont mondialement inventé l’état-civil.

« En Alger en ce temps là », comme le disait plus tard le titre d’une célèbre émission de Radio Alger,  devenu plus tard France V,  il  y avait notamment les registres spéciaux des Juifs.  Ils n’étaient pas Français.

Il  est remarquable de constater la forme des  déclarations qui y étaient faites. Bien sur, les prénoms étaient alors juifs, pardon bibliques. On faisait signer. Ceux qui savaient signer le faisaient en hébreu, ou en arabe.

En moins de 30 ans,  sous NAPOLEON III, les registres  spéciaux des Juifs ont été supprimés et les actes les concernant ont été écrits sur les registres communs. Alors, on signait en français. Les prénoms restaient bibliques.

Puis,  les Juifs d’Algérie, se sont parfaitement assimilés,  malgré les bagarres des années 1898 (avec Max REGIS)  ont pris les habitudes de leur assimilation au modèle français. 

Si quelqu’un connait aujourd’hui le Juif, c’est bien moi, c’était mon ordinaire à Bab-el-Oued.

En sortant de l’école communale de la rue des Lavandières, mes copains de classe juifs m’amenaient  les jours de grands mariages à la grande (et superbe) synagogue de la rue de Dijon, à située  l’angle – à l’indépendance, elle a été littéralement saccagée-.

Je ne compte pas les mariages que moi, jeune goy,  ai  bénis à coup de jets de riz que le chamach (2) nous distribuait en échange de bonbons…

Tous mes instituteurs sauf un, venu de métropole et dont je ne me souviens même plus du nom de famille, c’est révélateur,  ont toujours été des Juifs : MSELLATI, AKNIN, CHICHEPORTICHE, TOUBIANA, SEROR.

Au lycée,  un professeur sur  trois était un  Juif : BACRI, SEBBAN, etc.

Ils avaient tous  pourtant et alors des prénoms « français », tirés du calendrier grégorien.

En premier.

Et certains, c’était fort honorable, souhaitant  conserver le lien religieux, plaçaient  alors des prénoms hébraïques en second. 

On s’appelait par exemple  Guy, Moise.  

Peut etre qu’Eric ZEMMOUR a  d’ailleurs comme deuxième ou troisième prénom  Salomon, Benjamin.

Justement, la République a établi avant l’invasion,  au moins  culturelle que dénonce Eric ZEMMOUR,  que les prénoms seraient du calendrier  grégorien (qui comporte déjà des prénoms juifs David, Salomon, Joseph, Benjamin, Moise – et oui-  etc.),   ou tirés de l’histoire ancienne.

Pire,  on a oublié telle circulaire qui  préconise « l'admission des prénoms coraniques pour les enfants de Français musulmans », tout en conseillant d'adjoindre un prénom français pour « permettre ultérieurement une meilleure assimilation. »

C’est bien ce mot là.

ZEMMOUR a raison,  une fois encore. En réalité, ceux qu’ils dénoncent ne veulent pas d’assimilation à la France.

Ils en veulent la conquête.

Signé, Bernard, Marie, Pierre KUCHUKIAN.

En me baptisant, le curé de la paroisse catholique romaine de Saint-Vincent de Paul,  Bab-el-Oued, Alger, découvrant dans son église la présence de mon oncle Pierre KUCHUKIAN, qui avait  été son enfant de cœur, et que du coup,  il avait appelé pour servir sa messe, m’a ajouté sur ses registres d’église un quatrième prénom.  

Joseph.  C’est aussi un prénom juif. Et  je rappelle que dans la crèche, tout le monde était juif. Le Christ compris enfin une semaine après sa naissance, par sa circoncision.

 

  1. Incidente. Lorsque le catholicos (le pape) des Arméniens apostoliques est venu d’Etchmiadzine  à Marseille,  voici quelques années, il a pris la parole au cours de la grande réception organisée en son honneur. Il a tout d’abord remercié la République française d’avoir accueilli et intégré les Arméniens,   l’a assurée de l’immense reconnaissance du peule au nom duquel il parlait. Et il a souhaité tout le bonheur et la prospérité à la France. C’était alors une version courte  et ramassée de la  célèbre prière des Juifs.
  2. Le chamach à la synagogue  c’est l’exact équivalent du bedeau à l’église. Dans la tradition, il porte un chapeau bicorne,  avec une cocarde tricolore dessus.
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