Aug
31
SOCIETE : LE ROI SE MEURT, PARDON, LE PRESIDENT SE MEURT

 

L’actuelle décomposition socialiste française, à laquelle correspond le délitement par morceaux du gouvernement en place pour quelques mois encore, avec  les départs des uns et des autres, fait inévitablement penser à la pièce d’Eugène IONESCO, « Le roi se meurt ».

Si un homme de théâtre a sa place sur un blog d’avocat, c’est bien IONESCO : personnage étonnant, né roumain, francophile et francophone,  réfugié en France après la mainmise communiste en Roumanie et l’époque du rideau de fer.

Passage à Marseille, professeur de français,  installé ensuite à Paris, c’est peu connu, d’abord comme manutentionnaire chez Ripolin, puis  comme collaborateur des Editions techniques, pour corriger et veiller  à ce que le Jurisclasseur et la Semaine juridique soient  écrits… en bon  français…

Il ne viendra que tard au théâtre, et en ce temps-là fut montré du doigt en raison de son anticommunisme.

Il est vrai que dans l’après-guerre français,  le monde littéraire était dans la terreur marxiste ambiante, SARTRE et compagnie. Même Albert CAMUS en  a été la victime.

IONESCO, auteur dramatique immigré, à qui l’Académie française donnera un siège bien mérité, personnage également troublé, c’est la moindre des choses, par l’histoire qu’il a vécue, au point qu’il déclarait souvent qu’il aimait les rues où sont les banques, parce que « ça le rassurait. »

« Le roi se meurt », c’est,  par l’apparente absurdité,  l’histoire d’un royaume qui part progressivement en morceaux, et dont le monarque, complètement dépassé par les évenèments, ne peut plus que constater qu’il se réduit  à plus rien du tout.

Les notes de scène  écrites en 1962 par IONESCO, à la fin du texte, méritent d’être reproduites ici, tant elles collent à la situation actuelle. Je cite:

« Le roi est assis sur son trône. On aura vu, pendant cette dernière scène, disparaitre progressivement les portes, les fenêtres, les murs et la salle du trône. Ce jeu de décor est très important.

Maintenant, il n’y a plus rien sur le plateau, sauf le roi sur son trône dans une lumière grise. Puis, le roi et son trône disparaissent également.

Enfin, il n’y a plus que cette lumière grise.

La disparition des fenêtres, portes et murs, roi et trône, doit se faire lentement, progressivement, très nettement. Le roi assis sur son trône, doit rester visible, quelque temps avant de sombrer dans une sorte de brume. »

 

 

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