Oct
29
SOCIETE : LES CONTRACTUELS POUR REMPLACER LES FONCTIONNAIRES

 

Il n’est pas bien original,  celui de nos ministres qui vient de proposer de faire appel à des contractuels,  pour remplacer des fonctionnaires. C’est en effet  un truc vieux comme la comptabilité publique.

L’équation se pose ainsi.

On a  en place des fonctionnaires. Intouchables, inamovibles. Il est impossible jamais de promulguer la moindre loi de dégagement des cadres (c’était le thème d’un cours de droit administratif  - c’est lui qui me l’a enseigné- jadis à la Faculté de droit d’Aix,  par le doyen Jean BOULOUIS, qui passa ensuite rue d’Assas à Paris).  Soit,  ils font mal leur travail, soit ils sont inhabituellement malades (c’est fou comme la fonction publique fatigue partout), bref, à moment donné,  il faut quelqu’un d’autre pour faire leur boulot. Alors, qu’on ne peut pas créer sans arrêt des fonctionnaires, sans compter qu’une fois dans la place ils feront,  comme les copains.

Et puis, il y a les lignes budgétaires, difficiles à manipuler. Sous la force des évènements, on recrute donc des contractuels. Dans le temps, à l’éducation nationale,   où  les personnels sont  presque statutairement et  exceptionnellement malades, on faisait appel à des maitres auxiliaires. Au prétexte qu’ils n’avaient pas réussi à des concours,  artificiellement réduits en nombre de postes, pour éviter justement la prolifération des fonctionnaires. Ces pauvres maitres auxiliaires faisaient donc le job des titulaires. Au bout d’un temps, il a bien fallu les intégrer dans la fonction publique. On ne peut pas rester provisoire tout le temps.

Provisoire, le mot est lâché. C’est  ici du français d’Afrique du nord, sauce berbère. Imaginé mais bien précis.

A ma connaissance, ce sont les Marocains qui l’ont créé,   confrontés exactement aux mêmes problèmes que les Français,  qui leur ont appris,  et ils ont compris très vite,  toutes les subtilités de la fonction publique française.

Evidemment, au Maroc aussi, les contractuels,  appelés ici « provisoires » ont eu l’exigence bien légitime d’etre titularisés  au bout d’un certain temps de travail,  pour  ne pas etre mis à la porte n’importe quand ni comment. Alors, le monarque  chérifien a pris dans le temps  un dahir (c’est le terme marocain pour décret) afin de pérenniser les contractuels dans leurs fonctions si utiles, puisque les fonctionnaires titulaires ne les assumaient pas.

Et légalement, c’est impayable, je vous assure avoir eu le texte officiel en français sous les yeux, on a créé la catégorie des « provisoires définitifs ». Autrement dit des contractuels non fonctionnaires, mais ayant les mêmes droit au maintien de l’emploi que les fonctionnaires.

L’imagination française y compris à travers son application coloniale en matière de fonction publique  est immense.

Mots-clés: 

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA