Jan
02
SOCIETE: MENSONGES D'ETAT INCENDIAIRES

 

Au moment où nous découvrons  une hausse sensible des primes d’assurance, les chiffres contredisent les belles convictions exprimées des gens provisoirement encore au pouvoir.

Même   le quotidien « Le Monde » n’est pas dupe.

Il écrit dans son édition à paraitre demain,  que dans son bilan, le nouveau ministre de l’intérieur a donné le chiffre des « mises à feu »,  plutôt que le nombre de véhicules incendiés, moins favorable.

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Il IIIl parait que nouveau ministre de l’intérieur s’est félicité, dimanche 1er janvier, du bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre,  qui « s’est déroulée sans incident majeur ».

Un indicateur habituel – et controversé – est celui du nombre de véhicules brûlés. Pour éviter l’effet supposé de concours entre les quartiers (les mots fâchent),  les ministres de l’intérieur du temps  avaient cessé,  dès 2010,  de donner ce chiffre au lendemain du réveillon.

Dans son communiqué publié hier, le ministre de l’intérieur assure :

« Cette année encore, le bilan des véhicules brûlés démontre qu’aussi intolérable soit-il, le phénomène est contenu par rapport à 2016, avec 650 mises à feu directes, là où elles étaient 602 l’an passé. Sur les cinq dernières années, le nombre de véhicules brûlés a diminué de 20 %. »

« Le Monde » nous explique pourquoi c’est trompeur.

On peut déjà noter que, selon les chiffres donnés par le ministre, les « mises à feu directes » ont augmenté de 8 % par rapport à la précédente nuit du Nouvel An, ce qui ne peut pas forcément être qualifié de « phénomène contenu ».

Mais surtout, le ministre évoque donc les « mises à feu directes », c’est-à-dire les départs de feu, et non pas le nombre de véhicules brûlés – y compris ceux qui se sont enflammés par propagation. Or, depuis 2013, les ministres s’intéressaient, eux, au nombre total de véhicules brûlés (par ailleurs, leurs prédécesseurs ont toujours fait de même quand ils publiaient encore leur bilan).

Le ministre de l’intérieur a brusquement changé de thermomètre. Non parce qu’il ignore le nombre total de véhicules détruits : il parle dans le communiqué de son évolution positive, – 20 %, mais « sur les cinq dernières années ».

Pourquoi ce changement d’indicateur ? Considérons les quatre derniers réveillons : 804 voitures avaient brûlé l’année dernière, 940 en 2015, 1 067 en 2014 et 1 193 en 2013. Suivons ensuite le ministre, et appliquons une baisse de – 20 % par rapport aux 1 193 véhicules brûlés du 1er janvier 2013.

Le nombre total de véhicules brûlés doit avoir tourné, cette fois-ci, autour de 954 : la tendance continue à la baisse depuis plusieurs années s’est donc interrompue brutalement. Et nous pouvons désormais mesurer l’évolution annuelle : le nombre de véhicules incendiés a en fait connu une forte augmentation de 19 % par rapport à l’année dernière.

Encore plus difficile, dès lors, de parler de « phénomène contenu ».

On fait finalement simple : au lieu de diminuer,  le phénomène augmente de 20 % par rapport à l’an dernier. On comprend mieux alors la position des assureurs.

Et ce sont les citoyens ordinaires et honnêtes qui paient encore davantage pour les voyous.

Que le pouvoir caresse dans le sens du poil électoral.

Vous me direz que,  finalement, quand on n’est plus ministre que pour quatre mois seulement, on ne risque rien à raconter n’importe quoi.

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