bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 07/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Je crée ce dossier « BLOGOSPHERE », et je vais remettre de l'ordre dans mes communications, pour que tout ce j'ai déjà dit, en forme et fond sur la blogosphère elle-même, son utilité, ses règles, son éthique, pourquoi pas, y soit en discussion.

Je vais commencer en fanfare.

Oui, notre blogosphère est formidable.

Ainsi, je mets en ligne une communication sur la balkanisation de l'Europe, j'évoque la MOLDAVIE.

Imaginons cinq minutes un sondage sur l'existence de ce pays.

Au mieux, on aurait un quart des interrogés qui répondraient que c'est le pays d'un album de TINTIN (faux, TINTIN, c'est la BORDURIE), 70 % n'importe quoi, y compris qu'ils ne savent pas, et 5 % au mieux, je suis gentil aujourd'hui, qui sauraient que c'est vaguement là bas à l'est. Test idem si c'était pour la BOSNIE-HERZEGOVINE.

Revenons à TINTIN, car la BORDURIE a comme pays voisin et ennemi la SYLDAVIE, nettement moins connue.

Vous avez compris le parallèle que je fais, MOLDAVIE, et sa voisine, la République autoproclamée (1) que j'ai appelée à tort du DNIESTR, mais qu'il faut appeler la République moldave de TRANSNISTRIE, comme nous le communique notre excellent confrère Dominique JOURDAIN.

Sur elle, je n'ose pas imaginer le résultat d'un sondage. Les connaisseurs de la TRANSNISTRIE, y compris les lecteurs du MONDE, seraient 0, quelque chose pour cent.

Or, la TRANSNISTRIE est à la MOLDAVIE que ce la SYLDAVIE est à la BORDURIE dans TINTIN (j'en vois qui ne suivent pas au fond de la classe).

Et bien -j'y viens- le formidable, c'est que ce confrère du blog connait, lui. Il a même été dans la capitale de ce minuscule pays indépendant, laquelle s'appelle TIRASPOL. Mais qui connaissait jusqu'alors TIRASPOL ? Jusqu'à il y a un quart d'heure, moi-même (qui connaissait pourtant l'existence du pays) je n'imaginais pas. C'est pas un trou. J'ai vérifié : plus de 150.000 habitants.

Chapeau JOURDAIN, et chapeau notre blog, qui démontre des idées, de la violence dans les idées (j'y tiens) et pas seulement de l'érudition, mais aussi de la culture d'une grande profession.

___________________________________________

(1) Depuis qu'elle suscité la séparation de ses frères et cousins de race, de religion et de culture, enclavés en AZERBAIDJAN, et réussi ainsi à créer un nouvel Etat le HAUT-KARABAH, qu'elle est la seule à reconnaitre, la République d'ARMENIE, a inventé le mot : « république autoproclamée » pour appeler la scission non reconnue internationalement d'un Etat. Je parle bien d'Etat -et c'est pareil avec la TRANSNISTRIE- au sens de la création de la notion par le grand juriste du XVIème siècle qu'était Jean BODIN.

Par bernard.kuchukian le 07/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 6 mois

Le CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX a mis en ligne un modèle type de cahier des conditions de vente des actifs immobiliers dépendant d'une liquidation judiciaire. Bien que daté d'avril 2010, on ne le découvre que tout récemment. Il ne concerne que les procédures « nouveau modèle », puisqu'on y vise seulement les dispositions des art. L. 642-18 et suivants du Code de commerce. Autrement dit ce qui est issu de la loi dite de sauvegarde. Comment fait-on pour les procédures anciennes ? On va continuer comme avant, ça marchait bien non ? Et ce d'autant plus qu'il parait que le nouveau cahier a été élaboré sans l'avis des membres de la commission nationale...

Il comporte aussi à l'art. 8 une source d'emmerdements de première grandeur.

A l'art. 12 plus loin, on a certes correctement et bêtement rappelé la loi, à savoir que l'acheteur d'un immeuble vendu aux enchères à la barre comme bien de liquidation judiciaire doit payer son prix entre les mains du liquidateur judiciaire poursuivant. On aurait pu ajouter « sur le compte à la Caisse des dépôts et consignations de ce dernier « comme c'est dit dans la loi ou le décret, je ne sais plus. Bon mettons.

Revenons à l'art. 8. Il prévoit que l'acheteur éventuel devra consigner au moins 3.000 euro avant les enchères.

J'ai personnellement toujours été opposé à cette limitation de l'accès aux enchères. L'intérêt bien compris est même de prendre le risque. Mais soit.

On cherche manifestement à compliquer ce qui est simple, lorsqu'on impose que la garantie à donner préalablement le sera par chèque à l'ordre, non pas du liquidateur judiciaire (comme c'est bêtement logique), mais à celui du bâtonnier.

Si on suit littéralement le texte, on se tape alors la tète contre les murs.

En effet, il prévoit que le chèque ou la caution sont restitués à l'acheteur s'il n'achète pas. Ca part bien, c'est normal.

Et que si l'acheteur est défaillant, la somme versée ou la caution est remise au liquidateur pour être distribuée avec le prix.

Ah bon. L'acheteur défaillant, c'est bien celui qui n'a pas payé le prix. Donc, si l'acheteur n'a pas payé le prix au liquidateur judiciaire, ce dernier recevra enfin le minimum détenu par le bâtonnier et devra le distribuer avec le prix ...qu'il n'a pas reçu. Il fera comment le liquidateur ?

A moins qu'on ait voulu envisager le seul cas de la folle enchère nouvelle formule si le premier acheteur n'a finalement pas payé le prix. Mais alors, pourquoi ne l'avoir pas écrit ainsi ? C'est en tout cas le premier point loufoque du texte.

Il est un second point encore plus loufoque. On aurait pu imaginer que lorsque l'acheteur a été déclaré adjudicataire, le chèque de caution soit remis au liquidateur. Plus exactement, qu'après encaissement par le bâtonnier, ce dernier le remette au liquidateur. Et bien non, ce n'est pas prévu. Voyez art. 6, 3ème alinéa.

On suppose que dans la pratique, on fera ainsi.

Sauf qu'on instauré une usine à gaz, dans laquelle le bâtonnier va devoir ouvrir un compte de passage, le surveiller et le fermer, sans le moindre avantage pour l'ordre. Alors qu'il est tellement plus simple de faire remettre le chèque de cautionnement libellé à l'ordre du liquidateur audit liquidateur après que l'acheteur aura été déclaré adjudicataire.

Et si le bâtonnier oublie de payer le cautionnement reçu ? Quid de la procédure de folle enchère nouveau modèle ?

Voyez-vous, le système que nous appliquions jusqu'ici était trop simple. L'acheteur remettait un chèque à l'ordre du liquidateur judiciaire. Deux hypothèses. Soit il n'était pas déclaré adjudicataire et alors on lui rendait son chèque. Soit il était déclaré adjudicataire et alors on remettait le chèque ... au liquidateur en acompte. Idiot, non ?

Il faudrait mieux surveiller la sortie des asiles.

Par bernard.kuchukian le 06/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Etonnant regard sur simplement 21 ans écoulés. On va voir que c'est comme dans WINDOWS, on ouvre des fenêtres, qui ouvrent des fenêtres, elles mêmes ouvrant d'autres fenêtres.

Pas plus que 21 ans. Pas même une génération.

Dans ce temps là, le communisme soviétique s'est effondré, un à un, les Etats de l'ancien rideau de fer POLOGNE, TCHECOSLOVAQUIE, HONGRIE, BULGARIE, ROUMANIE et bien sur L'ALLEMAGNE DE L'EST, ont basculé avec plus ou moins de bonheur dans le capitalisme, via L'UNION EUROPEENNE, et même passés dans l'O.T.A.N. La POLOGNE dont la capitale VARSOVIE avait vu la signature du contre-traité de l'Atlantique nord, est elle-même désormais le fer de lance de l'organisation militaire intégrée.

Or voici maintenant autre chose : le réveil des chicanes que l'ancien empire austro-hongrois avait mises sous le boisseau.

La guerre civile dans l'ancienne YOUGOSLAVIE, la partition en six Etats souverains lilliputiens pour certains, la SLOVENIE, la CROATIE (ma préférée), la BOSNIE-HERZEGOVINE, le MONTE-NEGRO, la SERBIE, la MACEDOINE et même le KOSOVO, ce qui en fait sept.

La TCHECOSLOVAQUE n'existe plus, partagée entre REPUBLIQUE TCHEQUE et SLOVAQUIE, au demeurant parfaitement bien différentes l'une de l'autre. C'est vrai, j'y suis allé.

En amont, l'éclatement de l'ancienne UNION SOVIETIQUE par la création, au lieu eu rattachement à la ROUMANIE, de la lilliputienne MOLDAVIE, anciennement BESSARABIE (quelqu'un peut-il m'expliquer le rapport avec l'ARABIE ?) et le départ de la sous lilliputienne République autoproclamée du DNIESTR (4.000 km² c'est 100 x 40 = la moitié d'un petit département français).

On est donc allé beaucoup plus loin que CLEMENCEAU et les rédacteurs des traités de SAINT GERMAIN et de TRIANON.

Voici maintenant que les idées font très vite leur chemin, s'accélèrent encore, et qu'on envisage désormais la partition, au moins en deux, de la BELGIQUE, vieille il est vrai de 180 ans à peine. Lorsqu'elle s'est détachée des PAYS BAS. Décidément, 1830, date commune de naissance de l'ALGERIE FRANCAISE et de la BELGIQUE ne porte pas chance.

Et si l'UNION EUROPEENNE, en paix, favorisait ces phénomènes ? Pour se séparer, Tchèques et Slovaques ne se sont pas battus : un référendum a suffi. Sauf que les rancoeurs subsistent sans doute. Les hasards d'un voyage m'ont fait descendre dans un hôtel à BRATISLAVA en face de l'ambassade de la République tchèque, et ainsi constater de visu que celle-ci est gardée mieux qu'une ambassade turque le 24 avril 1915, lors de la célébration du génocide arménien.

On en revient peu à peu à la discussion d'il y a 50 ans de l'Europe des régions. Car si la BELGIQUE éclate, l'ESPAGNE finira par y passer avec sa CATALOGNE au moins, en attendant le PAYS BASQUE, puis le ROYAUME-UNI, mais là, c'est pas loin avec l'ECOSSE. J'arrête. Car avec le communautarisme ambiant, on va-t-on aller ?

C'est comme dans la fin du bas EMPIRE ROMAIN, avec la création des principautés indépendantes, théoriquement rattachées au SAINT EMPIRE.

Verrai-je un jour un (vrai) consulat général de CORSE à MARSEILLE ?

Par bernard.kuchukian le 06/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Pour celui qui voyage hors de France, c'est une évidence, notre pays ne pavoise pas ses bâtiments publics, sauf le 1er et le 8 mai, le 14 juillet et le 11 novembre.

Economie de tissu pour les drapeaux ou plus sérieusement et malheureusement, perte de toute fierté nationale.

C'est ringard d'être Français et de défendre le pays.

C'est vrai que c'est même pas obligatoire d'être Français pour se gaver en prestations familiales qu'on peut exporter librement outre mer... Et en octroi de droits divers et variés. Quelquefois, c'est mieux que d'être Français...

Et ça n'a aucun rapport avec l'Europe, puisque le drapeau à 12 étoiles de l'Europe n'est pas plus déployé que le tricolore français.

C'est d'ailleurs pareil pour l'hymne national, encore qu'à l'occasion de la superbe déculottée de l'équipe de France de football en Afrique du sud, il vaut mieux qu'on ne leur ait pas chanté, pour autant que le public ait compris, « qu'un sang impur abreuve nos sillons ».

Partout ailleurs, chez nos voisins, on n'hésite pas à pavoiser voire à chanter l'hymne national. Et je ne parle pas de la frénésie de drapeaux aux Etats-Unis, ou des manifestations publiques dans lesquelles on peut chanter le « star spangled banner ». Trouvez-vous dans n'importe quel patelin de l'ouest américain et allez à un rodéo, vous m'en direz des nouvelles. Il existe même aux Etats-Unis des chaines de magasins qui vendent les drapeaux du pays, de chaque Etat, de chaque ville et de tous les pays au monde. Allez simplement consulter le web en anglais à « american flag », vous allez voir le nombre de boutiques en ligne avec des centaines de modèles de drapeaux différents. L'une d'elle annonce même « proud to be an American ».

Essayez maintenant d'aller acheter un drapeau tricolore quelque part en France.

Les bâtiments de justice français ne sont pas épargnés par cette désaffection.

Quant aux salles d'audience, les bustes de Marianne n'ont manifestement pas été prévus aux budgets de construction des bâtiments nouveaux. Ringard je vous dis.

Le plus ringard de tous, c'est je crois et tout de même le Tribunal de commerce de MARSEILLE, salle A.

Elle est également celle de tous les bâtiments de justice de la ville, la plus grande salle de ce bâtiment, construit dans le style monumental des années 30, lorsque la France avait encore ses colonies, le centenaire de l'Algérie, etc. etc.

Peintures allégoriques de l'A.E.F., de l'A.O.F., du Maroc, de la Tunisie, de l'Algérie de l'Indochine. Bien sur, le buste de Marianne, je crois par BOTINELLI.

Et depuis plus d'une vingtaine d'années, trois drapeaux cote à cote sur un support, le français, bleu blanc rouge, l'européen, à douze étoiles et le marseillais, une croix bleue de croisé sur fond blanc.

C'était l'idée du président de l'époque Jean-Claude COHADE, qui m'avait confié qu'il l'avait trouvée en Floride, lui qui est... Algérois comme moi.

J'aime être ringard.

Par bernard.kuchukian le 05/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Je ne suis pas un pilier d'église et on imagine que je vais encore moins souvent à la synagogue.

A l'occasion d'un plan secondaire, un direct télévisé ce jour à la grande synagogue de Paris nous a montré un "chamach". Et m'a rappelé de vieux souvenirs.

Le chamach c'est à la synagogue ce qu'est le sacristain à l'église.

Il s'occupe de tout le matériel.

Dans ma jeunesse, au temps de l'Algérie française, à Bab-el-oued, près de l'école primaire était la grande synagogue de la rue de Dijon.

A la sortie de la classe, nous avions 8 ou 9 ans, les copains juifs amenaient les goys, dont moi , à la synagogue toute proche, les jours de mariage. C'est qu'il y était d'usage de distribuer des bonbons aux gamins à l'occasion de la noce.

Comme nous mettions de l'ambiance peu conforme avec la cérémonie dans la synagogue, en attendant les bonbons, les chenapans que nous étions avions fini par passer un accord avec le chamach local.

Les bonbons nous étaient remis en grande quantité, mais nous restions à l'entrée de la synagogue. En contre partie, nous recevions des boites de riz avec mission de le jeter sur la noce à la sortie. Celui qui écrit ce message a ainsi béni pour compte du chamach de Bab-el-oued des dizaines de mariages juifs.

Cette histoire est sans doute amusante et sans grand intéret jusqu'ici. C'est souriant, souvenirs d'enfance. Un tout petit PAGNOL Bab-el-oued.

Elle est nettement plus intéressante lorsqu'on sait que le chamach portait à l'époque et porte toujours aujourd'hui sur la tete un superbe bicorne, bien pointu.

AVEC DESSUS UNE COCARDE BLEU BLANC ROUGE.

Toutes les synagogues que je connais à NEW YORK arborent à l'intérieur le drapeau américain aux 50 étoiles.

Voici pour l'assimilation et/ou l'identité nationale.

Fin du message.

Par bernard.kuchukian le 05/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Dimanche. CARRY LE ROUET. Petite station balnéaire à 30 km à l'ouest de MARSEILLE. Déjeuner en famille dans le jardin de ma nièce.

CARRY LE ROUET, célèbre juste après la guerre par FERNANDEL qui y avait sa maison d'été au bord de l'eau, et aujourd'hui par le célèbre Jean-Pierre FOUCAULT, qui y a aussi la sienne.

Retour à MARSEILLE, et je longe les ports.

A l'entrée nord littorale de la ville, Centre commercial Grand Littoral avec son QUICK qui ne vend plus que des hamburgers « hallal ».

Plus loin, gigantesque silo à grains des pates PANZANI, dont toute une façade est désormais destinée à la publicité d'une marque de pates alimentaires que je ne connaissais pas jusqu'à aujourd'hui. Ce sont en effet (publicité) des pates « hallal ».

Je continue : le marché aux puces de Marseille. Tout le monde y est habillé comme dans une mechta de haute Kabylie.

A deux pas, 15ème arrondissement, le futur site de la grande mosquée de MARSEILLE : il parait que les Algériens et les Marocains se tapent dessus et que pour du fric manquant par millions d'euros, le projet est à l'eau pour l'instant : s'ils avaient su, les combattants du projet au Tribunal administratif seraient allés à la pèche à la ligne.

Du coup, plus loin, je marque bien l'arrêt au feu rouge devant l'usine HARIBO.

C'est que je regarde la publicité sur les murs. Là apparemment, pas de tagada, dragibus et chamallows « hallal ». Sauvé.

Je passe ensuite par le 13ème arrondissement de la ville, tranquille. Puis j'arrive dans mon 12ème arrondissement. A deux pas de la propriété « principale » du même FERNANDEL, avenue Fernandel, d'ailleurs. J'arrive chez moi, en bordure de Beaumont, capitale de l'Arménie française. A l'exception des restaurants chinois, plus nombreux que les restaurants arméniens (il n'y en n'a pas à Beaumont), l'église apostolique arménienne Saint Grégoire l'Illuminateur et le temple protestant arméniens, l'église catholique romaine Saint-Augustin. Tout est normal.

Fin du message.

Par bernard.kuchukian le 05/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 2 années 8 mois

Revenons au serment que doivent prêter les magistrats professionnels ou non (au moins consulaires), lors de leur nomination à leur premier poste, et avant d'entrer en fonction, suivant l'art. 6 du décret du 22 décembre 1958.

Trois points, que je cite en désordre par rapport à l'énumération de la toute petite liste visée au serment :

1. Bien et fidèlement remplir leurs fonctions. Commentaire : C'est bien la moindre des choses.

2. Se conduire en tout comme un digne et loyal magistrat. Commentaire : Là, on ne sait pas bien ce que ça veut dire, mettons que ça signifie quelque chose comme ci-dessus au n°1.

3. Garder religieusement le secret des délibérations. C'est là qu'est le double gros problème.

Dans « garder religieusement le secret des délibérations », il y a deux choses. Le religieusement, et le secret.

Premièrement, le religieusement.

On peut s'étonner qu'un simple décret ait édicté une règle strictement contraire à la constitution de la République. Le mot « religieusement» signifie bien « avec religion », et la religion c'est bien « l'ensemble d'actes rituels liés à la conception d'un domaine sacré distinct du profane et destinés à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu ». Telles sont en tout cas, dans son célèbre dictionnaire de la langue française les définitions, que personne ne conteste, de mon célèbre compatriote pied-noir (il était d'ORLEANSVILLE) Paul ROBERT, par ailleurs docteur en droit de la Faculté d'ALGER.

Or, fondamentalement, l'art. 1er de la constitution de 1958 dit que la France est une république laïque. Voici donc des magistrats employés d'un Etat républicain (j'aillais écrire fonctionnaires de l'Etat républicain, mais on allait me foudroyer) qui se réfèrent au rapport à avoir avec Dieu, ce qui parait vouloir dire déjà qu'ils considèrent que Dieu existe.

Plusieurs sous questions se posent alors.

1. Le cas des francs-maçons. Apparemment, il n'existe sur le thème qu'une seule publication (CAPASHEN, DALLOZ 2001 , p. 3202). C'est le point de vue d'un magistrat franc-maçon. C'est sans doute incomplet sur le thème, car il existe des francs-maçons au moins théoriquement athées, comme au Grand-Orient de France (dont le rite n'est pas reconnu mondialement) ou aux loges de rite écossais comme la loges de France et la Grande loge nationale française, qui elles, font référence à Dieu.

2. Pour les magistrats athées, de deux choses l'une. Ou ils violent leur conviction d'athéisme, si elle existe, en prêtant leur serment, ou ils violent immédiatement leur serment, au moment même où ils le prononcent. C'est charmant dans les deux cas.

3. Et pour les autres magistrats, les plus nombreux certainement, ceux qui ne sont ni francs-maçons, ni athées, à quelle notion religieuse faut-il s'accrocher ? Car le Dieu de la définition de Paul ROBERT est peut-être trop réducteur. Et si certains étaient fétichistes, ou polythéistes ? Ou bouddhistes. Ou tenants de quelque autre religion orientale que le Dieu de notre conception du Livre. Et même chez les tenants du Livre, qui sont (dans l'ordre historique d'apparition) les juifs, les chrétiens et les musulmans, des questions se posent. De conception même de la société. On a mis du temps, chez les chrétiens, sauf d'abord chez les apostoliques arméniens, et ensuite chez les protestants, à se souvenir que le Christ lui-même avait fait la distinction entre le laïc, soit Rome, et la religion. Avec les politiques concordataires de séparation église-Etat, c'est désormais très clair pour le Vatican, qui a sa propre justice.

C'est moins strictement exact chez les juifs, encore que le talmud ait toujours exigé des juifs qu'ils respectent toujours les règles de la terre où ils vivaient, en attendant demain Jérusalem, ce qui est acquis désormais intellectuellement. Sauf qu'Israël est un Etat laïc. Et que le judaïsme a aussi ses propres tribunaux, distincts de ceux d'Etat.

4. Mais dans l'islam ? C'est que le coran édicte la charia, soit une conception générale globale INDIVISIBLE du sacré et du profane qu'est l'Etat dans la société, à la différence du judaïsme au moins de fait et de la chrétienté.

5. Ceci veut dire que le magistrat croyant, chrétien ou juif, qui doit appliquer religieusement telle règle pourra sans aucune difficulté le faire en se référant à sa foi, laquelle lui permet de distinguer entre le sacré et le profane. Mais le magistrat croyant musulman comment fera-t-il pour se dégager de sa charia ? Deux petites choses à ce sujet. Le coran refuse les jugements par défaut. Première petite chose. Lorsqu'une partie ne se présente pas devant le juge, et n'a pas constitué de mandataire, une sorte d'agents d'affaires présent à l'audience, appelé « oukil », prend fait et cause pour l'absent. Et se charge de l'informer ultérieurement du résultat (Ch. ROUSSEL, La revue des deux mondes, 1.8.1976).

Plus tard, avant l'arrivée de la télécopie et d'Internet, le droit maritime transformera en occident la même idée en « curateur aux intérêts absents ». Deuxième petite chose. La conception judiciaire de l'islam, c'est le « cadi », toujours juge unique. Ce qui nous amène à la collégialité, qui est le deuxième thème.

Deuxièmement, le secret du délibéré.

Finalement, c'est encore la deuxième sous-partie du membre de phrase du serment qui est la plus simple à résoudre d'un trait de plume.

Là encore, on va chercher Paul ROBERT. « Délibéré », dans une définition constante depuis 1655, c'est la « phase de l'instance au cours de laquelle les magistrats se concertent avant de rendre leur décision. »

En France, c'est secret.

A la Cour suprême des Etats-Unis, pays qui n'est pas spécialement réputé comme une république bananière, non. C'est comme ça. Ainsi tel magistrat américain pourra exprimer, après l'arrêt de la Cour suprême, que, lui, a voté pour ou contre. Pour telles raisons. Nous avons encore quelque chemin à parcourir.

Ce sera d'autant plus facile que dans les faits, ce serment, c'est devenu du vent.

Lorsque la décision est prononcée par un juge unique. On sait tout en effet de sa réflexion et de ses conséquences dans son jugement.

Et on a vu en effet qu'une délibération suppose plusieurs juges.

Le serment des magistrats est donc violé dans la majorité des décisions de justice rendues en France parce qu'elles le sont à juge unique. Je cite, et j'en oublie peut être, les juges d'instance, les juges des affaires familiales, les juges de l'exécution, des loyers commerciaux, ceux des référés, de la mise en état, les juges des enfants, au pénal encore, les magistrats statuant obligatoirement à juge unique en certaines matière, les juges de police, les juges de la liberté et de la détention, plus généralement les juges d'instance, les juges de proximité, et à chaque fois qu'on peut sortir de la collégialité, les magistrats statuant à juge unique.

Je suis régulièrement regardé comme un machin entre un pestiféré et un extra-terrestre lorsque je refuse de plaider à juge unique, et que j' exige la collégialité au civil. Je pense avoir encore plus de succès, lorsque je signalerai désormais que mon exigence permettrait seule aux magistrats de ne pas se parjurer.

Finalement, le commercialiste que je suis trouve bien cocasse de constater que les seuls à respecter la règle du secret du délibéré seraient les magistrats consulaires statuant au fond, puisque la règle est au Tribunal de commerce celle de la collégialité.

Ce qui n'empêche pas un grand nombre d'entre eux d'être maçons. Mais ceci est une autre histoire.

Par bernard.kuchukian le 04/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

Alors qu'on veut sa peau, et qu'il parait bien déterminé à ne pas la lacher ainsi, Monsieur Thilo SARRAZIN, membre du directoire de la BUNDESBANK, a écrit ceci:

"Je ne veux pas que mes petits-enfants et arrière-petits-enfants vivent dans un pays à majorité musulmane où le turc et l'arabe seraient largement répandus, où les femmes porteraient des foulards, où les journées seraient rythmées par l'appel du muezzin."

Je ne change pas un soupir de ce texte.

Bravo Monsieur SARRAZIN. Tout avec vous.

Par bernard.kuchukian le 04/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

J'étais certain du coup et évidemment je surveillais.

Normalement, les icones d'annonces des nouvelles mises en ligne sur la blogosphère sont dans l'ordre chronologique d'arrivée, une par une, l'heure affichée étant exprimée en temps universel, celle de l'observatoire de GREENWICH.

Voila. J'ai mis en ligne ma communication sur le racisme anti-marseillais à 13 H 39. La dernière communication alors ainsi publiée par icone était celle d'un confrère algérien, datée de 12 H 15 des pratiques commerciales non concurrentielles en droit algérien.

Celle sur NAVISTA: le racisme anti-marseillais, dans laquelle je fustige également la HALDE et la CAISSE D'EPARGNE aurait du suivre. Pure coincidence avec l'Algérie.

Mais non, celle qui suit, c'est mon autre communication pasée après 14 H en temps universel sur Madame BETTENCOURT.

C'est pas joli joli. Mais il est vrai que mes propos dérangent. Ils ne sont pas conformes à l'idéologie dominante. M'en fouti. Mais alors, prière aux faux culs en tout genre de rester assis sur leur morale généralement quelconque. Et je suppose que la présente communication va suivre celle sur Madame BETTENCOURT. A la trappe des icones, celle sur le racisme anti-marseillais.

Par bernard.kuchukian le 04/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 7 mois

On est littéralement pétrifié de constater votre silence assourdissant dans l'affaire BETTENCOURT.

Voyons, parce qu'elle est milliardaire, on pourrait la trainer dans la boue, aller chez elle librement, tout exposer de sa vie privée, des objets qui l'entourent.

Mais où est-on parvenu, simplement parce cette vieille dame est riche et digne ?

Elle ne me lit surement pas, bien que je rappelle que je suis son associé, liliputien, dans le capital de l'OREAL. Qu'elle sache qu'il existe au moins le témoin que je suis , qui exprime la condamnation de ces odieuses et minables pratiques et sa sympathie totale pour elle.

J'espère en tout cas que ce n'est pas un coup monté en famille suivant le scenario suivant, digne d'un film d'Alfred HITCHCOCK: la fille harcèle la mère agée, celle-ci finit par décéder, la fille hérite et vend ses actions dans l'OREAL à NESTLE suivant les accords passés depuis longtemps, au plus haut, puisque le titre est au plus haut, totalement insensible à ce coup là.

Le pire (je parle de morale, pas de fric) dans cet odieux là est que les petits porteurs ne pourront pas se plaindre, puisque leur capital aura été valorisé. C'est vrai que je pense à des choses odieuses.