bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 30/04/11
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Bien que sans accident ni meme danger objectif, le malheureux passage en voiture d'un feu à l'orange, relevé par un radar flash nouveau, du style honteusement placé dans une grande artère de la ville, ayant cruellement réduit mon stock de points à six sur douze, je me suis résolu à suivre un stage pour en récupérer quatre d'un coup.

Un ami du Grand Orient, qui y était passé avant moi, m'avait suggéré d'y aller. Expérience de vie aussi, disait-il. J'étais réticent, compte tenu de la personnalité du conseilleur : deux jours de palabres comme dans une tenue, non. Et puis, je me suis décidé, j'y suis allé, et en 48 heures, j'en reviens, avec mes quatre points. Finalement ravi. Superbe expérience. L'ami avait eu raison.

Dans une salle de réunion d'un grand hôtel (enfin...) de la ville, une douzaine de personnes, réunies là par le plus grand hasard de composition, qui fait finalement bien les choses.

A part un seul, tous là pour la première fois. Un chirurgien orthodontiste, un syndicaliste de la Poste (pourquoi les postiers sont-ils si bons individuellement alors que la Poste marche si mal ?), un restaurateur de tableaux anciens, une infirmière, un conducteur de travaux qui, malheureusement pour lui connaissait trop bien le sujet, c'était son troisième stage, une représentante, une jeune coiffeuse, des employés plus ou moins petits ou grands, et un avocat, moi, tous bien sympathiques.

De 64 ans à 21 ans. Des jeunes, des moins jeunes. A un bout, des permis de conduire vieux de 46 ans comme le mien et celui de l'orthodontiste, à l'autre bout, d'autres vieux de quelques mois.

Des capitaux résiduels de un point restant (c'était le plus souvent) à six points (comme moi). Plus ou moins urgent donc, avec déjà un conseil, n'attendez pas le dernier moment : dès que vous êtes à six, allez-y.

Des mordus de la vitesse le plus souvent, certainement pas des gens dangereux. Des gens civiques et responsables en tout cas. Quand on connait la statistique effarante de ceux qui conduisent sans permis de conduire, soit qu'ils ne l'aient jamais eu, soit qu'ils ne l'aient plus et n'aient rien fait pour le retrouver. Sans compter les accidents de la circulation et leur cout pris en charge, non pas par les assureurs (pas de permis pas d'assurance), mais par le Fonds de garantie, autrement dit par le complément des primes autos que nous payons tous, gens sérieux. Si nombreux sinistres que le Fonds ne poursuit plus pour se faire rembourser. Encore une socialisation des mauvais pour les bons.

Une constatation aussi : une moitié de jeunes. Comme si leur formation avait été mal faite, car les plus anciens affichent à stage égal un kilométrage record.

Nos stagiaires, donc des gens sérieux, respectables dans leur démarche.

On ne le dit pas assez. Je l'ai dit ici.

Je m'attendais à du grand soporifique. Et bien non, parfaitement non, mais peut-être ai-je eu la chance de tomber sur un conférencier exceptionnel, comme sont souvent de remarquables pédagogues les moniteurs d'auto-école. Celui-ci l'était absolument. Une psychologue, aussi, désolé pour elle, nettement moins intéressante. Pardon, mais je n'aime pas la psychologie. Et il parait meme que j'en manque.

Echanges tendus au départ, plus libres ensuite. Je crois avoir aidé à la liberté, et à la vérité. Mais on était là pour récupérer des points.

C'est vrai la sécurité ceci, la sécurité cela. Peut-être. On a appris des choses, on a dit des choses. Les modestes accrocs de la vitesse qu'ils sont, feront désormais plus attention, et on ouvrira encore plus les yeux devant les feux tricolores. En tout cas depuis le 15 mars 2011, on devrait pouvoir faire un tel stage tous les ans, si besoin était, au lieu d'attendre deux comme auparavant. Merci le Sénat.

Mais au juste, pourquoi cette communication sur un site juridique ?

Mon témoignage n'a rien d'exceptionnel. La réflexion correspondante est plus intéressante.

Car, j'ai en effet vécu pendant deux jours un aspect de la déjudiciarisation. Ainsi appelée maintenant car à l'époque de la création de ces stages, le mot n'existait pas.

En réalité, que sont ces stages ? Ce sont des palliatifs au traitement de certaines infractions routières par la justice. Le juge voire la police ou la gendarmerie, sont remplacés par la mécanique spécialement celle du radar, par la photo. Et complétés en tant que de besoin par la carotte des réunions organisées par d'autres que les magistrats et les policiers, pour sensibiliser aux choses de sécurité routière, contre reconstitution de quatre points perdus.

En amont, l'humain de la justice a totalement disparu. En aval, il est à peine réapparu par conférencier ou la psychologue, qui ne sont pas les juges, qui suivent un programme préétabli du mieux qu'ils pleuvent (c'était le cas ici). Pas de notion de droit à la défense, à la discussion, à la modulation. Sans pouvoir faire autre chose que délivrer un bon de quatre points. On a déjudiciarisé une partie du Code de la route comme on l'a fait aussi par ailleurs en matière de chèques sans provision. Toujours parce que, débordée par l'afflux des infractions, la justice ne suit plus. Et question circulation ça ne va pas s'arranger avec un trafic en augmentation disproportionnée à l'état du réseau français.

Question argent, je vais traiter à part, car, coïncidence des évènements, je vais faire un rapport avec le cout de la défense pénale aux gardes à vue.

Par bernard.kuchukian le 30/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 5 mois

Oui, ceux qui prétendent interdire qu'on parle, qu'on leur parle, qu'on écrive, qu'on leur écrive, par exemple sur un blog, ou même en leur adressant des courriels.

Surtout si ce qu'on leur dit et qu'on leur écrit leur déplait.

Inlassablement d'abord : Convention européenne des droits de l'homme : art. 10 : Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'on puisse y avoir ingérence d'autorités publiques (...)

Et encore :

Titre premier de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 aout 1789 :

La constitution garantit comme droits naturels et civils, la liberté à tout homme de parler, d'écrire, d'imprimer et publier ses pensées, sans que les écrits puissent être soumis à aucune censure ni inspection avant leur publication.

Et encore, ROBERT : La pétition est un écrit adressé aux pouvoirs publics, par lequel toute personne exprime son opinion sur ce qui la concerne ou sur une question d'intérêt général.

Pour ceux qui n'auraient pas la culture historique ou démocratique nécessaire, une citation du rapport au Corps législatif du député (et avocat) Isaac LE CHATELIER, le 7 mai 1791 (cité dans « Orateurs de la Révolution française », La Pléiade, chez GALLIMARD, p. 425).

Ainsi le droit de pétition est un droit individuel de tout citoyen.

Et encore, décret :

1. Le droit de pétition déclaré par l'art . 62 du décret du 14 décembre 1789, est le droit qu'a tout citoyen actif de présenter son voeu au Corps législatif, au roi, aux administrateurs, sur tous les objets qui tiennent à la législation, à l'ordre général du royaume et à l'administration.

.............................................................................

6. Si l'objet de la pétition n'est pas de la compétence des administrateurs auxquels elle est adressée, ils le déclareront en rendant la pétition.

......................................................................................

En tout état de cause, le conseil de l'ordre doit donc s'exprimer.

Par bernard.kuchukian le 29/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 5 mois

On me signale ce jour que j'ai été commenté 3.000 fois en deux ans.

Je ne sais pas si c'est beaucoup ou peu.

Je prends ce qui vient.

Par bernard.kuchukian le 29/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 5 mois

Le journal officiel de ce matin publie l'arreté de nomination d'une huissière de justice.

La féminisatioon des mots obéissante et bete se poursuit donc.

Henri TROYAT dont on n'a finalement jamais su s'il était seulement TARASSOF ou plutot auparavant TARASSIAN est malheureusement décédé, lui qui avait en son temps critiqué cette féminisation des mots. Dans le Figaro, il avait je le rappelle salué le corps des sapeuses pompières, qu'on n'a toujours pas osé constituer à ce jour.

La variante marseillaise serait alors celle des marines pompières.

Par bernard.kuchukian le 28/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 5 mois

Il y a quelques jours à peine, un confrère résumait en ligne sur la blogosphère, un récent arrêt de ce je sais où, rappelant la responsabilité civile professionnelle de l'agent de voyage. On était là bien loin du vieil arrêt de principe des années 50 du taxi de RIO, dans lequel on condamnait un agent de voyage pour n'avoir pas pris le soin de bien choisir le taxi dans lequel ses clients avaient pris place à RIO DE JANEIRO qui avaient été blessés lors d'un accident de la circulation.

Le billet récent était quelque chose de beaucoup plus anodin : des voyageurs français en transit aérien aux Etats-Unis à destination de pays d'Amérique centrale n'avaient pas été informés de ce que tout le monde sait quand on a mis les pieds une fois dans un aéroport américain. Ainsi, dès qu'on touche le sol américain, on sort ses bagages, même si on y est en escale. On passe en douane. Et on peut continuer. Que ce soit à destination de plus loin aux Etats-Unis ou ailleurs. Du coup, retard et les voyageurs français avaient raté leur correspondance et une journée de vacances.

Tous les confrères sont régulièrement démarchés directement ou indirectement par les organisateurs de voyages de formation professionnelle continue obligatoire (ouf, je l'ai écrit) hors de France, dans des lieux plus ou moins paradisiaques. Il parait qu'on a proposé récemment quelque chose à PONDICHERY. Pas vu. Par contre CHANDERNAGOR, je ne dirais pas non. PALM SPRINGS, MIAMI voire HAWAI non plus.

Encore que, ça devient dangereux, l'Inde peut être pas, mais la plupart des pays de destination, qui sont au sud de la Méditerranée. On vous propose la Tunisie, bon ça parait s'arranger, jamais la Libye, vaut mieux, pas l'Algérie (qui n'a pas d'hôtels de tourisme - depuis 49 ans et l'indépendance, on en a construit trois à quatre étoiles à Alger, c'est tout, rien en dessous ; on a changé les noms, çà et là). L'Egypte aussi, là où je rappelle qu'on a flingué il y a des années le tranquille doyen de la Faculté de droit d'AIX EN PROVENCE , Robert BOULAN (il s'appelait BOULANIKIAN en réalité) comme ça, dans le salon d'un hôtel en buvant le thé. J'ai récemment attiré l'attention aussi sur les risques possibles du Maroc, parce qu'on avait reçu depuis MONTPELLIER une offre alléchante pour MARRAKECH.

Pan, le terme n'est pas heureux, aujourd'hui, c'est bien dramatique pour les victimes dont deux Marseillais, je crois.

Quid de la responsabilité des organisateurs français de ces séjours pseudo professionnels hors de France dans des pays sensibles, très sensibles. Car faire sauter 30 ou 40 avocats français, ça ne passerait surement pas inaperçu, non, mondialement, même si nous autres avocats français, on est du menu fretin par rapports aux Américains. Quelle proie facile. Et quelle publicité macabre...

Là-dessus, ils disent quoi les gens du CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX, qui ferment les yeux sur ces voyages de vrais vacances dangereuses et de fausses sessions de formation professionnelle continue ? Et nos ordres qui appliquent bêtement les instructions de la rue de Londres.

Exercice de droit civil. Et quelle est la responsabilité des organisateurs de ces séjours, sur le conseil du C.N.B. voire l'autorité des barreaux ?

Peut-on poser la question avant quelque catastrophe ?

Et si on cessait de laisser penser, parler et agir le bling bling qui s'en revient avec la prochaine élection présidentielle ?

'

Par bernard.kuchukian le 28/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 mois

Il y a des lustres que les magistrats se plaignent avec juste raison de l'avalanche des textes nouveaux, pas toujours très cohérents, les uns par rapport aux autres. Un haut magistrat du parquet de Marseille m'avait dit voici quelques années que le temps pour ses substituts et plus généralement son personnel de se mettre au courant et de maitriser parfaitement les réformes nouvelles amputait leur temps de travail de plusieurs mois par an. Et qu'évidemment, ce temps-là était perdu pour le suivi des dossiers. Les avocats aussi se plaignent régulièrement. Tous ont raison. Soit dit au passage, c'est bien pourquoi on a créé www.legifrance-gouv.fr.

Il y est extravagant de constater que les textes sont traités par rapport aux dates de leur effet, qui varie dans le temps. C'est certes très pratique mais surtout révélateur de ce que lois et règlements, dès leur promulgation, sont prévus pour être modifiés, et modifiés souvent. Ce qui signifie qu'au moment même de leur promulgation, on n'est pas très sûr de soi.

La cerise sur ce gros gâteau est actuellement placée solennellement par le président de la République-en-campagne-pour-les-présidentielles, qui a dû se rendre enfin compte de ce que sa loi HADOPI était liberticide. Alors, il déclare publiquement qu'il est prêt à en faire voter une n° 3 et une autre n° 4. On arrête là.

Ceci est certes excellent pour ceux qui n'aiment pas cette loi, dont je dois être ans doute. Mais ceci est surtout révélateur de l'approximation générale ambiante, et du pouvoir lobbyiste quel qu'il soit. Ce n'est pas bon du tout pour le sérieux qu'on doit attendre de la Représentation nationale.

Par bernard.kuchukian le 27/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 mois

Cher Monsieur le procureur DALLEST,

Ca brule beaucoup ces temps ci à MARSEILLE.

Un coup le Tribunal d'instance, un autre coup et maintenant les décors du Ballet national et ceux du théatre du Gymnase (1)

Systèmes de sécurité incendie et pompiers ?

Reviendrait on au temps des Nouvelles Galeries sur la Canebière ?

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(1) Comment fera-t-on pour la prochaine revue du barreau en 2012 ?

Par bernard.kuchukian le 27/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 mois

Epuisés par les publications successives de deux gros décrets sur les avoués la veille de Paques, les gens du gouvernement n'ont rien envoyé ce jour de nouveau au journal officiel.

Peut-etre attendent-ils quelques réactions du coté des ordres d'avocat ?

Ils peuvent donc attendre encore longtemps.

Par bernard.kuchukian le 26/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 mois

Il parait que c'est ainsi qu'on dit "cocorico" en italien.

Voici maintenant (vive le traité de Rome !) qu'on fait reproche de l'autre coté des Alpes aux entreprises françaises d'acheter des entreprises italiennes. C'est vrai que les banquiers français ont déjà beaucoup ramassé. Meme la B.N.P. qui a repris la B.N.L. qui coincidence avait les memes couleurs, le vert. Je ne parle pas du Crédit agricole qui est partout.

Mais Besnier ne peut acheter Parmalat.

Vive l'Europe.

On a fait moins de chichi en France pour laiser racheter Yoplait par les Américains. Et meme en Italie pour faire manger la fringue par les Chinois. Allez-donc voir ce qui reste de toscan à Prato (entre Pise et Florence), vous m'en direz des nouvelles.

Pourtant nous on a Carla. Lorsqu'elle a épousé notre président, un quotidien italien a titré: "Teniamo il Eliseo".

Nous tenons l'Elysée.

Par bernard.kuchukian le 26/04/11
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 mois

Une petite et triste information dans la presse mondiale de ce jour.

Le dernier fabricant de machines à écrire, un Indien, a fermé définitivement ses portes. On était passé de 20.000 à 800 par an, et plus personne n'en veut.

La machine à écrire est morte.

Il m'en reste quelques unes au bureau. Mécaniques ou électriques. Y compris les gfameuses 82 C d'I.B.M. à boule. C'est pas si vieux que ça. Je les conserve précieusement, elles seront bientot des pièces de collection.