bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
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Il existe sur le net un blog extraordinaire appelé : www.alger-roi.fr.

C'est l'oeuvre d'un Algérois un peu plus âgé que moi, mordu d'informatique, et amoureux comme moi de sa terre natale. Il s'appelle Bernard VENIS.

Evidemment, c'est un blog pour pieds noirs, voire pour Algérois. La présentation est totalement fantaisiste en apparence. Mais c'est une mine d'histoire de l'Algérie française. On aime ou on n'aime pas. C'est selon. Moi j'y suis comme membre participant. Evidemment, j'adore.

Le but de ce message est purement technique. Allez donc voir cinq minutes ce qu'un particulier mordu d'informatique arrive à faire seul en ligne.

Bravo Bernard.

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

A 43 ans d'ancienneté dans la profession d'avocat, je viens de me rendre compte de ce qu'on appelle par le meme nom deux choses qui devraient etre antinomiques:

Les barreaux, pour désigner les prisons (on est "sous les barreaux")

Les barreaux, aussi pour désigner les organisations obligatoires d'avocats (on est "dans les barreaux").

Je sens que je vais encore me faire gronder.

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Il va bien falloir trouver une solution juridique à cette affaire de l'exigence préalable de la « bonne moralité » des juges professionnels.

Au passage, il faudrait voir aussi, autre sujet de Q.P.C., si cette exigence de « bonne moralité » existe aussi au-delà de ce qui est appelé l'auditorat.

Voyons ailleurs.

On se souvient de cette extravagante histoire de suspension de six mois infligée à cette consoeur de BERGERAC parce qu'elle jouait avec son copain de l'accordéon sur les marchés.

Gilbert COLLARD d'un coté, la Cour d'appel de BORDEAUX, de l'autre, le bon sens et la raison sur le tout, l'affaire a été réglée et notre consoeur a été totalement blanchie. Pied de nez aux censeurs.

Elle continue sans doute son accordéon.

J'espère que « la bonne moralité » dont nous parlons à l'occasion de la Q.P.C. du 17 juillet en attendant la décision du Conseil constitutionnel n'a rien à voir avec le fait que peut être la future auditrice de justice (1) évincée du concours d'entrée à l'Ecole nationale de la magistrature jouerait publiquement d'un instrument considéré comme pas bien noble.

Oui, parce que si elle avait joué du violon ou du piano en concert, de l'orgue (mieux), ça aurait été différent.

Tiens, ces commentaires me rappellent deux histoires.

La première histoire concerne celui que je considère - c'est moi qui parle- comme le deuxième plus grand compositeur français de tous les temps, juste après Hector BERLIOZ, son fils spirituel, je veux parler de Camille SAINT SAENS (2). Ce compositeur extraordinaire était aussi un organisme hors pair, mais il avait besoin d'argent.

Lorsqu'il était à PARIS, il tenait les grandes orgues de Saint-Eustache. Le dimanche. Mais le vendredi et le samedi soirs, il jouait du piano au Moulin rouge, où c'était très bien payé.

Les pieuses âmes de Saint-Eustache s'étaient plaintes de cette situation contraire à la « bonne moralité » auprès du cardinal archevêque de PARIS de l'époque. Lequel était aussi courageux que possible. Il leur avait en effet répondu par une lettre paroissiale lue à l'église que les fréquentions de Monsieur SAINT SAENS par ailleurs immense organiste ne le regardaient pas, et que si le denier du culte avait été plus généreux, il aurait pu mieux rémunérer l'artiste, ce qui lui aurait évité d'aller travailler dans un tel lieu. Il avait peut être ajouté malicieux « de perdition »

La seconde histoire concerne le professeur constitutionnaliste Charles DEBBASCH. Certes, il n'est pas aussi comparable à Camille SAINT SAENS. Mais, lui, je l'ai bien connu.

Il possède à la fois un passeport diplomatique d'ambassadeur itinérant, et parait-il un casier judiciaire suffisamment lourd pour envisager un séjour sous les barreaux (de prison, rien à voir avec ceux des avocats)

Mais finalement je l'aime bien. Certes, il avait été odieux avec moi lorsque j'étais étudiant en doctorat, mais le temps a passé.

On dit qu'il joue désormais du jazz et bien même dans une boite de nuit à LOMé (Togo).

DEBBASCH, bien que condamné pour une grave affaire de détournement, est surement de « bonne moralité ». Un de ses fils est d'ailleurs dans les ordres (religieux). Un autre est recteur d'académie. Alors...

Bon, cette affaire n'avance toujours pas.

(1) Apparemment, sauf montage du Conseil d'Etat, prénoms différents et première lettre du nom également.

(2) J'ai une affection particulière pour SAINT SAENS, qui a vécu toute la fin de sa vie à ALGER, chez moi, où il est décédé dans les années 20 à l'hôtel de l'Oasis. Devenu pied noir de coeur. Ses obsèques avaient été célébrées d'ailleurs en la cathédrale Saint-Philippe, sous la Casbah, en présence du marquis de GALLAND, maire d'ALGER.

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Notre ami ICARD, dont le blog est toujours aussi remarquable, parait vouloir m'aider dans la recherche constitutionnelle des critères de la bonne moralité.

Il nous signale aujourd'hui la position de la commission de déontologie de la fonction publique (1) qui a rendu un avis d'incompatibilité s'agissant d'un agent administratif des finances publiques qui souhaitait en cumul d'activités être aussi vendeuse en sextoys, dans la mesure où cette activité peut porter « atteinte à la dignité des fonctions administratives »

C'est très intéressant, mais ça ne résout pas mon problème. Parce que cette commission Théodule (2) ne parle pas de bonne ou de mauvaise moralité.

J'imagine en effet qu'on peut commercer dans le sextoy tout en ayant une excellente moralité (3) En gros, en vendre, ce n'est pas s'en servir...ou plus exactement en montrer l'usage (4)

On n'avance pas.

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(1) Et oui, ils ont ça eux aussi, les fonctionnaires déontologues

(2) De Gaulle

(3) On m'a rapporté une histoire proche de celle -ci, d'une maman qui gagne honnêtement sa vie là-dedans tout en ayant inscrit ses enfants dans une école à la moralité exemplaire.

(4) Je ne suis pas allé vérifier, mais voici quelques années, certains de ces produits étaient dans les catalogues de LA REDOUTE et des TROIS SUISSES.

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Comme tous les avocats auteurs d'inscriptions de suretés, hypothèques et nantissements, je reçois très régulièrement la visite de clercs d'huissiers de justice venus me signifier des actes en domicile élu.

Ce sont toujours des hommes.

Ce matin, grande première, on m'a signifié un de ces actes, mais le clerc était une charmante jeune femme, je ne sais pas comment l'appeler. Je sais en effet que huissier donne huissière au féminin.

Mais clerc ça donne quoi au féminin ?

Clère ? Sauf que le C de clerc, à la fin va alors sauter. Clerque ? Non, c'est pas bon.

Le regrette Henri TROYAT (dont j'aime à penser comme disent beaucoup qu'il s'appelait en réalité Henri TOROSSIAN, après TARASOFF) s'était attaqué dans le temps à la féminisation à tout prix des mots du français. Je me souviens d'un article savoureux qu'il avait écrit dans le Figaro sur les sapeuses pompières.

Ce matin, je suis comme lui. Désemparé.

Car, de surcroit, oui la significatrice de ce matin était charmante.

Par bernard.kuchukian le 24/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Répondant à un recours préalable que je lui ai fait le 14 juin, la direction des affaires civiles et du sceau m'écrit le 23 juillet.

Le texte n'est pas le sujet de ce billet.

Non, c'est le papier à lettre qui m'intéresse.

Il est en couleur, avec la Marianne dans le drapeau tricolore bleu blanc rouge, en haut, au milieu de la feuille, comme d'habitude.

Sauf que place Vendôme, on a un gros stock à coulé, au temps où le ministère s'appelait « Ministère de la justice et des libertés ».

Maintenant, il a changé de nom et s'appelle seulement « ministère de la justice ».

Alors, une main sacrilège puisqu'attentatoire aux libertés, armée d'un pinceau distributeur de correcteur de liquide blanc a effacé « et les libertés ».Je vous assure que c'est fait très proprement.

Mais que ça manque singulièrement d'allure.

C'est d'autant plus désolant que ça répond en jouant en touche à mon recours préalable sur la liberté du démarchage.

Liberté, liberté chérie, que fait-on de toi ?

Par bernard.kuchukian le 22/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Dans un de ses courriers, le bâtonnier du moment me compare à un dinosaure. Au juste, est-ce bien délicat, je ne sais pas. D'ailleurs, le bâtonnier est-il tenu à la délicatesse et la courtoisie, et toute cette sorte de choses, dites-moi.

Alors, je pense à ce morceau de lettre de Louis-Ferdinand CELINE adressée à Gaston GALLIMARD : « Les vieillards, vous le savez, ont leurs manies. Les miennes sont d'être publié dans la Pléiade ».

Parodiant de très loin CELINE, moi j'écrirais : « Les vieux avocats, vous devriez le savoir, ont leurs manies. Les miennes sont d'avoir avis sur tout, de le faire savoir partout, surtout sur la blogosphère, notre Pléiade à nous ».

Par bernard.kuchukian le 21/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Sur des marchés publics de prestations juridiques passés frauduleusement ou simplement irrégulièrement, n'importe quel intervenant intéressé - n'importe quel avocat s'il avait eu intéret personnel - est recevable à agir. N'importe quand au surplus.

Ainsi le dit le Conseil d'Etat dans l'avis GOUELLE du 11 avril 2012, N° 355446, sur legifrance-gouv.fr et aussi au Lebon, justement signalé par notre excellente consoeur de FORT DE FRANCE, Sophie RELOUZAT-BRUNO. On cite le Conseil d'Etat :

« Cette qualité de concurrent évincé est reconnue à tout requérant qui aurait eu intérêt à conclure le contrat, alors même qu'il n'aurait pas présenté sa candidature, qu'il n'aurait pas été admis à présenter une offre ou qu'il aurait présenté une offre inappropriée, irrégulière ou inacceptable. »

Moi j'ajouter, ainsi le veulent les règles respectueuses du bon usage de l'argent public.

Par bernard.kuchukian le 21/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Bien qu'ayant quelques gouttes très éloignées de sang juif, ne suis pas juif.

Je suis plutôt philosémite, ce qui est normal puisque je suis pied noir, né à Bab el Oued, entouré partout de juifs.

Je me souviens du temps où, en sortant de l'école communale là bas, avec les copains juifs de ma classe (1), nous avions passé une convention avec le chechma (2) de la grande synagogue de la rue de Dijon, pour jeter chaque semaine du riz sur les mariages, en échanges des bonbons et sucreries qu'il nous distribuait. Ainsi se passaient les choses avec les sépharades.*

Je sais la shoah. J'y suis d'autant plus sensible que je sais aussi le génocide arménien, qui l'a précédé et dont l'ignorance universelle a pu y conduire.

J'ai visité certains des camps de concentration d'Allemagne, et aussi de Pologne, Auschwitz et Birkenau, sans compter ceux qu'on ne peut pas voir, puisqu'ils ont été rasés lorsque les choses tournaient très mal pour les nazis.

Israël est un pays inouï de courage et de liberté. Même avec ses excès du coté des Palestiniens.

Je vois qu'on y a organisé au début juillet 2012 un concours de beauté parmi les survivantes de l'holocauste, dont la lauréate a 79 ans. Cette affaire a fait grand bruit localement, mais si peu dans la communauté juive de France. Je ne devrais pas prendre parti.

Je le fais cependant.

Je trouve cette initiative courageuse, remarquable, digne même. Oui, digne parce que derrière elle, il y a le message d'espoir du judaïsme.

» L'an prochain, Jérusalem » ai-je entendu toute ma jeunesse et mon adolescence là bas. Jusqu'à ce que ce soit vrai.

C'était la traduction du « lehaim », hébreu, « à la vie ». Ces vieilles dames pomponnées, apprêtées, c'était en effet le plus fantastique bras d'honneur de l'image de la vie contre celle de mort du nazisme.

Pourquoi ce billet ?

Parce que ces Israéliennes ont ainsi donné à toutes les victimes et désormais à leurs descendants le message suivant : on n'a rien oublié, on est toujours là, et vous devez faire avec nous qui sommes là et vous avons survécu.

A mes frères et amis Arméniens, qui se battent pour la reconnaissance du génocide, et refusent même de mettre les pieds en Turquie, chez les descendants des assassins, je dis, voyez, témoignez, affrontez de face.

Nous aussi, sommes toujours là.

__________________________________

(1) La place des juifs dans l'enseignement public de l'Algérie française était fondamentale. Exemple. Entre la maternelle et le primaire, ainsi j'ai eu sept institutrices et instituteurs. Presque tous étaient des pieds-noirs, sauf un seul, venu de métropole, le seul qui ne fut pas juif. A mon âge, je me souviens encore des noms des six premiers (MSELATI, CHICHEPORTICHE, AKNIN, TOUBIANA, SEROR, etc.) J'ai oublié celui du septième.

(2) C'est l'équivalent du bedeau dans la synagogue. Un peu plus peut être, car je crois qu'il prépare les prières. Il porte un grand chapeau à bouts recourbés. Je ne suis jamais sur de l'orthographe de son nom.

Par bernard.kuchukian le 21/07/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 8 mois

Il va bien falloir trouver une solution juridique à cette affaire de l'exigence préalable de la « bonne moralité » des juges professionnels.

Au passage, il faudrait voir aussi, autre sujet de Q.P.C., si cette exigence de « bonne moralité » existe aussi au-delà de ce qui est appelé l'auditorat.

Voyons ailleurs.

Et si le tatouage, qui est malheureusement à la mode, comme le piercing, étaient dans le champ de cette affaire de « bonne moralité ».

C'est vrai que ces pratiques font « mauvais genre » surtout aux yeux de vieillards comme moi.

Alors on me rétorquerait encore qu'aucun texte de droit positif, etc. On aurait bien raison.

Et aussi que le célèbre maréchal BERNADOTTE, après avoir épousé la si charmante Désirée CLARY, était devenu roi de Suède et l'était resté à la chute de l'Empire.

Les membres de la famille royale suédoise actuelle sont tous des descendants de ce couple d'un Béarnais et d'une Marseillaise.

BERNADOTTE qui républicain dans sa jeunesse arborait un célèbre tatouage « mort aux tyrans » ou « mort aux rois ». A la fin, il ne fallait plus le dire et évidemment on ne sait plus très bien.