bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 12/02/13
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Il existe à Marseille un petit journal satirique mensuel appelé « Le Ravi ». Vous savez ce santon de la crèche provençale qui a les deux bras levés, et qui, du coup et justement, ne les baisse jamais.

C'est à gauche, bien fait, ça dit des vérités et ça fait des enquêtes. Ce n'est certes pas « Le Canard enchainé » local, mais ça essaie de l'être, et rien que pour cela, c'est bien. C'est libre, surtout. Même un réputé facho que je ne suis pas comme moi y suis abonné, c'est dire. Mais, nous ne sommes pas nombreux, à peine 1.000 parait-il.

Ces gens là ont eu l'idée excellente d'organiser hier soir une réunion au Théâtre de la Criée, sur le thème de l'arrivée de Bernard Tapie à la tète de ce qui reste du groupe Hersant. On avait fait venir Edwy Plenel de Mediapart. Excellent.

Personne n'avait annoncé la réunion dans la presse locale, pourtant au premier rang du thème.

Je n'ai pas vu (mais nous étions si nombreux) les deux journalistes, qui pourraient être prochainement virés pour avoir trop parlé du système Guérini.

Quelques affiches ça et là. Un article dans « Le Ravi ». Un petit sujet la veille à une chaine de télé.

Ahurissant, la salle était bondée, nous étions au moins 770. Réunir à Marseille 770 personnes par un froid glacial, c'est un exploit.

Je ne suis pas resté jusqu'à la fin.

Finalement, trop de Tapie, c'est trop.

Le vrai problème me parait en effet plus vaste. C'est celui de la liberté de la presse écrite, dès lors que son cout de production est lourd et que des considérations économiques et financières entrent trop en ligne de compte. Tapie n'est pas pire que les autres : les banques qui achètent les quotidiens sont comme lui.

Tout le monde en veut pour son argent. Et la liberté, on s'en fout, le pouvoir de la presse aussi.

Il faut rester dans le rang, n'en jamais sortir. « Agir en uniforme sous les ordres de nos chefs ». Comme dans la gendarmerie et même au barreau.

Dans cette affaire, il reste les blogs, et les réseaux sociaux, ceux qui notamment pour hier avaient rameuté.

Oui, mais cette histoire ressemble alors à un repli sur soi, la vraie liberté allant se cacher face à l'information officielle.

Vous m'avez compris, on n'est pas très loin de ce qui se passe chez nous, parmi les avocats, ceux-là même qui devraient être les défendeurs constitutionnels de la liberté.

Qui doivent se censurer, s'auto censurer, ou qu'on poursuit dès lors que la forme même de leurs propos ne plait pas.

Alors que les plus hautes juridictions expliquent ou rappellent cet espace de liberté (Costa et Gouveia, Bilger). Inquiétant, non ?

Par bernard.kuchukian le 11/02/13
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Il a décidé de cesser son pontificat pour raison de santé et même de volonté. Sa décision est admirable : le droit à la retraite, qui n'est pas le devoir. Traduit autrement, tant que je le peux, je continue. Et si j'estime que passé telle limite, je ne pourrai plus, entendons nous bien, je ne pourrai plus dans des conditions d'exécution sérieuse de ma mission, alors je préfère m'arrêter.

Il s'est appliqué des règles du droit canon, lesquelles correspondent aussi à l'art . 11 du préambule de la constitution de 1946, dans le bloc constitutionnel français.

La République garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

Sur ce dernier point, je ne doute pas un instant que BENOIT XVI puisse terminer tranquillement ses vieux jours.

Par bernard.kuchukian le 11/02/13
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Je dois dire que je n'avais pas remarqué jusqu'ici l'instruction du 29 juin 2009, BOI 10 ER-2-09.

Il faut dire qu'un titre pareil n'a rien de la douceur d'une lettre de mon moulin.

Ce texte puissant traite des modalités d'intégration au fichier immobilier informatisé, encore appelé FIDJI, histoire de vous faire rêver d'autre chose, des éléments d'identification des personnes dénommées dans les actes et documents à publier (ouf, je l'ai écrit).

Le rédacteur de cette oeuvre d'art informatique et hypothécaire n'a pas pu synthétiser à l'écrit sa pensée, et a donc du l'exprimer dans les deux tableaux annexés.

On vous y explique, mais sans vous l'écrire ainsi, que le FIDJI ne connait pas les points sur les A, sur les E, sur les I, sur les O, les U et les Y, la tilde (c'est pour les hispanisants) sur les N, non plus que les ensembles AE ou OE.

CITROEN ne mêle donc pas le O et le E.

Quant aux mots turcs en écriture latine d'après KEMAL, pourtant strictement conformes aux règles de la linguistique moderne, ils ne passent pas.

On vous explique aussi que le système refuse les virgules entre les prénoms, mais qu'il accepte par contre les tirés entre les mêmes prénoms.

Par contre, pour les noms patronymiques composés, il ne veut pas de tirés. Pas de chiffres non plus après les noms, ainsi donc -l'exemple est cité- pas de HENRI 4. HENRI tout court, mais je suppose que HENRI QUATRE c'est bon. Remarquez que le célèbre roi de la poule au pot doit rarement traiter des transactions immobilières par les temps actuels, même s'il a récemment retrouvé toute sa tète, puisqu'on vient de l'identifier formellement.

Enfin, monsieur le maréchal, c'est tant mieux, DE LATTRE DE TASSIGNY, ainsi écrit sans tirés, points, virgules, c'est bon.

J'ajoute (parce que sinon ses mânes vont se fâcher) que LECLERC DE HAUTECLOQUE, c'est bon aussi.

Il nous reste finalement à complimenter les auteurs de cette remarquable instruction. C'est ce que je fais ici avec délicatesse.

Par bernard.kuchukian le 11/02/13
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C'est avec un parfait ravissement que je lis ce matin le billet de notre ami Gilles HUVELIN sur son blog « Les clés de la communication électronique ».

Bien sur, nous n'avons pas le même style, moi j'ai un petit coté académie de Bab-el-Oued, mais nous disons presque pareil.

Il y a un hiatus immense entre d'une part l'académisme archaïque et pompeux de la doctrine papier et surtout son retard par rapport aux événements, et d'autre part ce que nous vivons et exprimons spécialement ici sur la blogosphère.

Avec les risques que prennent certains. Moi en particulier.

Merci Gilles HUVELIN, je vois que nous nous comprenons.

Et que les esprits aussi chagrins que médiocres ne viennent pas penser que nous serons en train de nous renvoyer l'ascenseur entre Paris et Marseille.

Par bernard.kuchukian le 10/02/13
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Les rapports publics de la Mission interministérielle d'inspection sur le logement social (M.I.I.L.O.S.) sont tous en ligne sur le site du ministère du logement.

On vous y rappelle que les contrats ayant pour objet de confier des travaux de conseil, d'assistance juridique ou de représentation en justice, constituent des prestations de services soumises aux règles de la commande publique. Et qu'à l'inverse, n'est pas le cas des activités liées à la qualité d'officier public ministériel (notaires, huissiers de justice), [les veinards...] participant à l'exercice de l'autorité publique.

Dans son rapport pour 2011, (page 27) publié à l'été 2012, la M.I.I.L.O.S. relève par exemple qu'un organisme a fait réaliser des prestations d'assistance juridique par des cabinets d'avocats à concurrence de plus de 700.000 euros sur cinq ans, sans application de mesures de publicité et de mise en concurrence. De plus, ces prestations n'ont donné lieu à aucun contrat écrit, en méconnaissance de la loi.

On vous communique aussi un peu de jurisprudence pénale.

Mais où sont donc passés la délicatesse et tout le tralala ?

Par bernard.kuchukian le 10/02/13
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« La scientologie a toujours pignon sur rue"

C'est François Koch, le journaliste indépendant, par ailleurs auteur d'un blog remarquable d'actualité de la franc-maçonnerie (« lumière ») qui nous l'annonce dans l'Express ces jours-ci.

Il nous parle aussi du président du groupe d'études sur les sectes de l'Assemblée nationale, ex-président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Ce député a aussi été le juge d'instruction de l'affaire Vic, du nom de l'adepte lyonnais qui s'est suicidé après avoir été criblé de dettes à cause de la Scientologie. Il vient de publier avec Alexandre Malafaye " Propagande noire ", un thriller inspiré des pratiques scientologues.

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(1) A défaut d'autre chose.

Par bernard.kuchukian le 10/02/13
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Les 6.824 électeurs monégasques, autant de sujets de son altesse sérénissime le prince souverain, votent ce jour en principauté pour élire leurs députés, dont le mandat sera de cinq années. Ces députés s'appellent ici des représentants et le parlement, mono camériste, est le Conseil national.

Il parait que l'originalité, cette fois ci, est la présence inattendue d'une liste composée uniquement de croupiers du Casino. Oui, quoi, d'employés de la Société des bains de mer.

Ah bon.

Moi qui n'ai ni les moyens ni l'honneur de fréquenter la principauté, j'ai bien déjeuné un jour à Marseille avec un croupier, par ailleurs conseiller national, que m'avaient fait connaitre le commissaire principal Georges NGUYEN VAN LOC, et un autre regretté (décidemment) ami et client, Serge SIVASLIAN.

Par bernard.kuchukian le 10/02/13
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Le rabbi chanteur américain Tuvia BOLTON vient à notre aide. Il nous dit:

« Si dans la bible, il est dit que vous devez suivre la majorité, comme dit le roi à l'enfant, alors tu devrais certainement abandonner le judaïsme, et croire à ce que nous croyons, car nous sommes la majorité. »

Par bernard.kuchukian le 10/02/13
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Le texte nouveau a été à été pensé et préparé écrit en fait par notre confrère Philippe KRIKORIAN.

Une nouvelle proposition de loi vient ainsi d'être déposée à l'Assemblée nationale par un groupe de députés présidé par Madame Valérie BOYER.

L'exposé des motifs est annexé.

L'art. 1er de cette loi serait simple. On modifierait en trois points l'art. 24 bis à la loi sur la presse :

A. On listerait comme suit les contestataires de l'existence, de la qualification juridique d'un ou plusieurs génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre notoires, savoir :

Esclavage et traite,

Génocide arménien,

Crimes visés par l'art. 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 aout 1945.

B. On laisserait au juge saisi le soin d'apprécier l'infraction.

C. On préciserait encore que vaudra contestation au sens de cet article la négation, le banalisation grossière, ou la minimisation desdits crimes, de même que l'usage de tout terme ou signe dépréciatif ou dubitatif pour les désigner, tel que « soi-disant », « prétendu», « hypothétique » ou « supposé.

D'autre part, on ajouterait le mot « toutes les autres victimes » à « déportés » à l'art. 48-2 de la même loi.

Mon sentiment est que le nouveau texte va mieux que l'ancien. J'y ajoute encore une chose qui me parait importante et qui pourrait l'améliorer, du moins dans l'exposé des motifs. Je fais simple. Il ne s'agit pas ici « de condamner les assassins, mais ceux qui contesteraient les assassinats. »

Moi qui ai eu la chance d'apprendre un peu le droit international, le jus cogens, par le professeur Paul de GEOUFFRE DE LA PRADELLE, dont le père était co-rédacteur des traités d'ile de France, et qui n'a pas eu beaucoup de mal à me convaincre que celui de Lausanne était scélérat, je sais bien que les procès envisagés contre les Turcs en application du traité de Sèvres ne se tinrent jamais et que le traité lui-même ne fut jamais appliqué.

Par des considérations politiques, il fut remplacé par celui de Lausanne, d'indulgence à l'égard de la Turquie nouvelle, et qui évite surtout d'aborder de l'extermination des Arméniens. Lors des négociations, le représentant turc avait renoncé de rompre, mais il avait convenu de l'existence de « la regrettable question arménienne », et considéré que le gouvernement turc avait recouru à « des mesures de répression ou de représailles ».

Bref, les faits étaient reconnus, ils l'ont même étaient reconnus par KEMAL lui-même, qui parlait de « grand malheur », mais il n'y avait pas de responsable, encore moins de coupable.

La France est liée par l'art. 1er de la déclaration d'amnistie annexée au traité de Lausanne : « aucune personne habitant ou ayant habité la Turquie et réciproquement, aucune personne habitant ou ayant habité la Grèce, ne devra être inquiétée ou molestée en Turquie, et réciproquement en Grèce, sous aucun prétexte en raison de sa conduite militaire ou politique ou en raison d'une assistance quelconque qu'elle aurait donné »e à une puissance signataire du traité de paix en date de ce jour entre le 1er aout 1914 et le 20 novembre 1922 (...) (1)

Art. 3. Amnistie pleine et entière sera respectivement accordée par le gouvernement turc et le gouvernement hellénique pour tous les crimes et délits commis durant la même période en connexion évidente avec les événements politiques survenus pendant cette période ».

Non seulement la nouvelle proposition de loi n'est pas contraire à cette déclaration d'amnistie dans le traité scélérat de Lausanne, mais elle ne fait qu'en tirer les conséquences.

Je veux dire qu'on ne condamne pas les auteurs (ils sont tous morts). Je dis qu'on condamne ceux qui prétendent que les faits n'ont pas existé.

D'un mot, d'un seul : De l'histoire, le traité de Lausanne a amnistié les hommes. Il n'a pas gommé les faits.

Et la nouvelle proposition KRIKORIAN - BOYER ne s'occupe que des faits. Comme les textes de répression de la cxontestation de l'existence du génocide juif.

Je signale sur ce sujet un ouvrage tout à fait remarquable, parce que très technique en droit international, qui a le mérite de n'être pas rédigé par un Arménien.

C'est celui : « Le génocide des Arméniens, origine et permanence du crime contre l'humanité », du professeur Jean-Baptiste RACINE, université de Nice Sophia Antipolis, Dalloz, 2006.

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(1) 1er aout 1914, c'est le début de la 1ère guerre mondiale

(2) 22 novembre 1922, c'est la fin de Smyrne. La ville a été brulée, du moins sa partie européenne, y compris le consulat de France. Ceux des Grecs et des Arméniens qui n'ont pas été tués, ont été embarqués par les flottes occidentales, dont la française. Je suis le fils de l'un d'eux.

Par bernard.kuchukian le 09/02/13
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On sait que j'ai invité dans le temps pendant plusieurs mois, Jean de La Fontaine sur notre blogosphère. Voici que j'invite maintenant les Daudet. Enfin, le père, Alphonse. Je n'ose pas inviter le fils, Léon, mon préféré, dont la liberté d'expression ne tiendrait ni les arrêts Costa et Gouveia c. Portugal ni Bilger.

Alphonse Daudet a écrit « Les Lettres de mon moulin », et dans celles-ci « Le secret de Maitre Cornille ». Qui n'était certes pas avocat.

Et pourtant, quelques extraits :

« Notre pays, mon bon monsieur, n'a pas toujours été un endroit mort et sans renom, comme il est aujourd'hui. Autre temps, il s'y faisait un grand commerce de meunerie(...)Tout autour du village, les collines étaient couvertes de moulins à vent. Ces moulins là, voyez-vous, faisaient la joie et la richesse de notre pays. (...) Malheureusement, des Français de Paris eurent l'idée d'établir une minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon. (...) Maitre Cornille était un vieux meunier, vivant depuis 60 ans dans la farine et enragé pour son état. L'installation des minoteries l'avaient rendu comme fou. (...) Il trouvait comme cela une foule de belles paroles à la louange des moulins à vent, mais personne ne les écoutait(...)Alors, de male rage, le vieux s'enferma dans son moulin et vécut tout seul comme une bête farouche. (...)

Dans la vie de Maitre Cornille, il y avait quelque chose qui n'était pas clair. Depuis longtemps personne au village ne lui portait plus de blé et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme devant.(...)

C'était le secret de Maitre Cornille ! C'était ce plâtre qu'il promenait le soir par les routes, pour sauver l'honneur du moulin et faire croire qu'on y faisait de la farine. Pauvre Cornille !

(Alors) tout le village se met en route, et nous arrivons là haut avec une procession d'ânes chargés de blés, du vrai blé. (...) Et nous avons tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux se démener de droite et de gauche, éventrant les sacs, surveillant la meule, tandis que le grain s'écrasait(...)

Puis un matin, maitre Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cessèrent de virer, pour toujours cette fois.

Cornille mort, personne ne prit sa suite. »