bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 29/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Je ne lis pas dans les astres, je vous en assure, mais cette date là, je la voir venir depuis le mois de mai dernier.

Tout commence à l'audience solennelle de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE , à la fin mai dernier. On est alors au coeur du scandaleux contentieux disciplinaire, maintenu contre moi par le bâtonnier du moment, continuant l'oeuvre odieuse de son prédécesseur. Pas bien joli, joli.

La Cour doit alors traiter une quinzaine de mes Q.P.C., des recours de tous les cotés (on devrait savoir que les orientaux adorent la procédure, dans laquelle ils excellent, alors, en m'appelant KUCHUKIAN, et en ayant un avocat appelé KRIKORIAN...).

Il y a là, présents ou représentés tous les bâtonniers du ressort, y compris celui de TOULON qui déclare publiquement que je suis, je le cite, « la honte du barreau » (sic).

Il le fait avant de se venger physiquement et de bousculer, non pas moi (voyez mon poids et mon volume), mais dans la salle une gentille consoeur amie, qui lui a d'ailleurs réglé ultérieurement son compte sur son blog. Bravo Michèle.

Il y a aussi à traiter le contentieux purement administratif, né de ma contestation de la convention locale de procédure du barreau de Marseille avec le Tribunal de grande instance local.

La première présidente a une furieuse envie de ne traiter que les Q.P.C., et de renvoyer le surplus.

Sous la pression des bâtonniers, après réflexion avec ses conseillers, elle décide de retenir les Q.P.C. mais aussi les recours associés, au demeurant en stricte violation absolue des dispositions de la loi organique de 1958 (art. 23) sur la Q.P.C. laquelle exige des décisions distinctes et évidemment les autres une fois connu le résultat des unes.

Mais on en restera là de mon coté, question des recours, puisque la dernière manoeuvre ultérieure du Conseil régional de discipline, soit une audience in extremis dans le délai de 12 mois, tournera à la Berezina de mes accusateurs, avec ma récusation, en présence d'un huissier de justice que j'avais fait commettre par justice, des onze confrères présents, dont certains ne savaient pas bien ce qu'ils faisaient là.

Tout est désormais terminé en droit de ce coté là, sauf coup de folie au delà du Var. Fleuve côtier bien assagi, lui.

Restait le contentieux administratif. Celui de la convention locale. Alors, pour alléger l'audience, la première présidente prend une sage décision. Elle le renvoie au 4 octobre.

A la réflexion, je crois que ce n'était pas seulement pour alléger l'audience, c'était pour voir plus loin.

Car il me parait évident que la Cour savait, comme nous tous alors, ce qu'avait jugé le 15 mai 2013 le Conseil d'Etat, dans le contentieux de la convention nationale, avec la possibilité pardon le devoir pour chaque partie de remettre en cause les conditions de sa signature.

Or, je suis une de ces parties là.

J'imagine donc que la Cour s'est dit très légitimement qu'il fallait « digérer » l'arrêt du Conseil d'Etat J'imagine aussi qu'elle n'a pas pensé que je profiterai de ce renvoi au 4 octobre pour lancer ma procédure d'intervention forcée contre le Conseil National des Barreaux, justement pour le 4 octobre.

Ma position a été exprimée. C'est tout simple. La convention locale dé coule de la convention n nationale. Avant toute chose si celle-ci n'existe pas, celle-là non plus.

A moins d'une semaine de l'audience, j'attends avec impatience de connaitre la position de mon barreau : oui parce qu'avant l'arrêt du Conseil d'Etat du 15 mai, il soutenait que la convention locale était valable car découlant de la convention nationale. Et après le 15 mai, il a lui même engagé une action parallèle à la mienne, postérieurement à la même, distincte mais à même objet, pour demander au Tribunal de grande instance de Paris de juger ... que la convention nationale doit être annulée, suivant les observations formelles du Conseil d'Etat.

A l'instant, je n'ai pas les écritures de mon bâtonnier, ni celles du C.N.B. Mais y-a-t-il encore un pilote dans l'avion ?

Stop. Si vous êtes perdus à ce niveau. Faites une pause.

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On continue.

A partir de juin, c'est la lente dégringolade du C.N.B. J'espère bien y avoir été pour quelque chose, puisque mon exigence d'intervention forcée contre la convention nationale de procédure le R.P.V.A. et le boitier Navista. Or, si on fait le bilan du C.N.B., il n'a guère servi qu'à un règlement national unifié, et ces machins là.

A son actif, je suis honnête, la création de la blogosphère des avocats.

La dégringolade. La démission de C.C.B. le seul qui peut être avait en vue de faire quelque chose. Mais quoi ? Le flou de sa succession. La décision d'organiser des états généraux le 4 octobre, tiens donc, elle vient d'où cette date, trouvée en juillet par le C.N.B., et APRES la première présidente de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE.

Des états généraux dans lesquels on ne sait pas bien de quoi on va parler. Bla-bla. Le sujet numérique, chut, silence. Navista encaisse. Et Paris profite.

Mais ce n'est pas tout.

Car finalement, la procédure c'est la vie et les évènements démontrent au moins que certains avocats ne sont pas morts.

Nous avons encore suffisamment encore d'amitié avec le bâtonnier Erick CAMPANA, il y a si longtemps que je connais sa famille, pour que publiquement je le complimente encore ici.

Il est le tout premier en effet à avoir eu l'audace, la détermination, et le courage, oui le courage, de mettre en ligne sur Internet, à l'attention des avocats de Marseille les textes, officiellement intégraux, des délibérations du conseil de l'ordre. Ma phrase est ciselée, avez- vous vu ? Bravo à lui en l'état.

Sauf que moi, je lis. J'ai toujours tout lu.

Lison, la plus âgée de mes tantes, la plus jeune soeur de mon père, décédée voici quelques années, me disait toujours que quand j'étais gamin, je soulais tout le monde en famille en lisant toutes les affiches sur les murs...

Bref, j'ai continué de lire et j'ai considéré, la Cour dira son droit, que c'était assez de la distribution des subventions par le conseil de l'ordre. A des organismes et des syndicats qui ne servent à rien.

Parmi eux, il y a l'A.C.E., le S.A.F., la F.NU.J.A. Je ne cite pas le quatrième, le C.N.A. qui sauf erreur, a lui la décence de ne pas mendier ainsi.

Du coup, 31 - 32 (1), la Cour d'appel a décidé de tout regrouper. Le 4 octobre aussi.

Or, voici que les trois syndicats attaqués et le 4ème aussi, veulent maintenant la grève des audiences pour aller bavarder à PARIS.

Au même moment où dans une enceinte de justice, on va expliquer, enfin, essayer d'expliquer, qu'ils ne servent à rien et démontrer en tout cas qu'ils n'ont servi à rien. La preuve. Puisqu'eux mêmes reconnaissent que leur action n'a servi à rien. Mais il faut encore manifester selon eux pour l'aide juridictionnelle, les parts des sociétés, l'impôt sur les frais généraux, les 35 € (à chaque fois pourquoi oublient-ils l'indemnisation aussi scandaleuse qu'inconstitutionnelle des anciens avoués).

Et alors, vous allez voir, on va même me faire toute une histoire pour exiger le renvoi de l'audience solennelle.

A l'avance, je prends mes lecteurs à témoin, c'est NON.

A vendredi matin, 9 H, audience solennelle, Cour d'appel, place de Verdun, AIX EN PROVENCE

(1) 31 - 32. Plus exactement trente-et-un trente-deux, le dernier ferme la porte. Expression fataliste, mais pas forcément désespérée à travers laquelle on s'en remet à l'avenir. Equivalent de « qui vivra verra » ou « arrive ce qui arrivera. » Ainsi :

« J'ai voulu lui donner sa chance. Tu sais comme on dit chez nous, trente et un trente deux, qui vivra verra » FERNANDEL 1992 : L'Escarbouche, Presses de la Cité.

Cité dans « Le Dictionnaire du marseillais », publié par l'Académie de Marseille, correspondante de l'Académie française, sous la direction du professeur Jean CHELINI et du sénateur Jean-Claude GAUDIN.

Par bernard.kuchukian le 28/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

J'ai traité sur ce blog, voici quelques mois, des procédures accélérées devant les différentes juridictions, dans l'hypothèse où un demandeur est très pressé, explique ses raisons au juge, lequel l'autorise alors à assigner au fond d'heure à heure ou à jour fixe. J'ai aussi exposé les différents régimes, juridiction par juridiction.

Le Code de procédure civile ne permet pas n'importe quoi, et il subordonne ces actions au strict respect de règles précises, qui sont autant de manifestations du respect qu'on doit aux droits de la défense.

Il ne faudrait pas en effet que le juge qui autorise l'exception de procédure, soit soumis au charme de la demanderesse, ou à quelque arrangement d'amis.

A défaut de pouvoir l'empêcher, il faut au moins respecter un grand formalisme.

Il m'est exceptionnellement agréable de louer ici le Tribunal de commerce de Marseille, qui vient de rendre le 24 septembre courant, une décision à la fois sèche, sanglante, et juste. Et si respectueuse des droits de la défense.

On lui demandait de constater que l'assignation introductive d'instance n'avait pas été délivrée dans le délai (sagement) fixé par l'ordonnance autorisant à assigner à bref délai, avec communication des pièces, et que la mise au rôle n'avait pas été faite dans le délai prescrit aussi.

Il juge brièvement que « conformément aux dispositions des art. 857 et 385 aliéna 2 du Code de procédure civile, il échet de constater la caducité de l'assignation enrôlée le 24 avril 2013 pour l'audience du 30 avril et l'extinction de l'instance, avec dessaisissement. »

C'est tout.

Et il condamne la partie demanderesse à l'art. 700, 1.500 euros au bénéfice d'un des défendeurs, et autant au bénéfice de l'autre défendeur.

Je n'ai rien à ajouter. Je ne bave pas.

Par bernard.kuchukian le 27/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Régulièrement, la profession toute entière prend des claques législatives.

On proteste certes, mais toujours en retard, et le mal est fait.

La prochaine étape est en cours avec la question de la forme des cessions de parts dans les S.C.I.

Ceci doit nous amener à nous interroger sur la perception, de notre profession, essentiellement par les députés.

Je vous livre ici un témoignage authentique.

Lorsqu'il était député du Front national à l'Assemblée nationale, voici plus de 20 ans, mon ami Jean ROUSSEL, avocat à Marseille, m'y avait bien entendu invité.

Il m'y disait que dans l'ensemble, tous bords confondus, les députés étaient hostiles à la profession.

Pour des raisons personnelles, sentimentales et ... financières.

Il l'expliquait ainsi.

Dès qu'on est député, en plus de province, et le plus souvent du sexe masculin, on est soumis à des tentations féminines. Paris, la séparation de la famille, les petites femmes, etc.

Ceci se termine très souvent par des séparations et des divorces. Avec des procédures quelquefois méchantes et toujours des pensions alimentaires. Evidemment élevées.

C'est que les avocats des épouses bafouées par le nouveau député s'en donnent à coeur joie. Le terrain est facile.

Et voici nos députés contraints à payer sous la menace du scandale de grosses pensions alimentaires.

Et ils nous en veulent pour cela.

Réflechissez, regardez autour de vous...

Par bernard.kuchukian le 27/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Un arrêté du 19 septembre 2013 publié au journal officiel de ce matin, 27 octobre, fixe au 2 décembre prochain, donc dans un peu plus d'un mois à peine, la mise en application effective de la communication électronique avec l'ensemble des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel du territoire métropolitain de la République, pour la mise en place du décret du 6 décembre 2012 sur la communication électronique avec ces juridictions.

Quelles sont donc les dispositions prises dans le cadre de l'art. 18 de la loi du 31 décembre 1971 par le barreau de Marseille et spécialement son conseil de l'ordre ?

Je rappelle que l'annonce de cette communication électronique est vielle d'une année au moins. Elle n'est donc pas un accident.

Nous avons la chance ici de compter désormais un avocat de plus, Monsieur BONNET, ancien président de chambre au tribunal administratif de MARSEILLE. J'imagine que son aide pourrait être précieuse.

A moins que le conseil de l'ordre qui subventionne le Syndicat des avocats de France, auteur d'une scandaleuse circulaire dirigée personnellement contre ce magistrat lorsqu'i était en fonctions, ne fasse barrage. Je dois bien être le seul avocat à avoir exprimé publiquement et en privé mon soutien à ce magistrat, que je n'ai pourtant pas l'honneur de connaitre encore.

Je verserai cette lettre aux débats de l'audience solennelle de la cour d'appel d'AIX EN PROVENCE le 4 octobre prochain, lorsqu'elle sera appelée à traiter de mes cinq recours contre la distribution des subventions ordinales, dont celle contre le S.A.F.

J'alerte enfin dans la mesure de mes modestes moyen non subventionnés de blogosphère les confrères qui me lisent sur l'arrêté précité.

P.S. Je sais bien que je crée beaucoup de difficultés que je ne résous pas. Et pour cause, vous avez été élus pour cela, et ne le faites pas. La lecture des P.V. du conseil de l'ordre est à ce sujet affligeante.

Finalement, votre seule réaction est de brandir la déontologie et la menace des sanctions. En créant une commission de la déontologie parfaitement illégale et un poste rémunéré de délégué du bâtonnier à la déontologie.

Par bernard.kuchukian le 26/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 8 mois

De KEYNES à SAINT SIMON.

Voici qu'en en revient aux vieilles méthodes du temps passé, qu'on croyait révolu. On bidouille les chiffres. Il parait que le nombre des chômeurs vient de baisser. Mais comme les bidouilleurs ont un fonds d'honnêteté, ou qu'ils savent qu'il n'y a pas que des gogos dans ce pays, heureusement, ils vous expliquent doctement qu'ils ne savent pas pourquoi.

Il existe donc des fonctionnaires de grande qualité supposée, censés nous fournir des statistiques mathématiquement exactes, qui se déclarent incapables de les expliquer, ce qui veut dire en amont comprendre ce qu'ils écrivent.

Pour autant que je me souvienne de ma jeunesse universitaire et des amis qui, au lieu d'étudier le droit étudiaient eux les sciences économiques, l'étudiant qui aurait l'auteur une telle déclaration en travaux pratiques de statistiques aurait justement été gratifié d'un joli zéro pointé. Comme il n'est pas sur qu'on me comprenne bien (non, c'est vrai, les stat. ça ne se lit pas dans Gala ou Paris Match), c'est au collège en mathématiques celui qui trouve juste avec des calculs faux.

La première vérité est que la France est devenue le pays du mensonge institutionnel. Tout le monde ment à tout le monde et bravo, jusqu'ici, ça marche encore.

La seconde vérité est beaucoup plus grave que cela. Car on ne ment pas par plaisir. On le fait par nécessité.

La nécessité est toute simple. Tous les gouvernants jusqu'ici, tous, et même l'opposition musclée du Front national, ne prétendent surtout pas toucher à LA chose fondamentale qui a ruiné notre pays, et nous amène tous tranquillement dans le mur.

Cette chose fondamentale est la détermination aveugle et folle à ne rien changer au prétendu modèle social français.

On est resté en 1945, qui n'est jamais qu'un accident de l'histoire, on ne veut pas changer.

Tant qu'on n'aura pas tué la sécurité sociale et tout le modèle social qui va avec, la situation continuera de s'aggraver et le mensonge de prospérer.

C'est-à-dire tant qu'on n'aura pas tué KEYNES, et enfin relu SAINT SIMON.

Par bernard.kuchukian le 24/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Notre amie, ma courageuse amie, Michèle NAUDIN met en ligne sur son blog un commentaire d'un certain FRERON, qui fut un conventionnel de la fin du XVIIIème siècle, montagnard, puis jacobin, et surtout proconsul à MARSEILLE en ce temps là où la ville restait royaliste. Evidemment, il n'a pas écrit sur elle des choses agréables.

Non Michèle, ne cédez pas au désespoir, car d'autres avaient écrit de belles choses sur la ville.

Tiens, Madame de SéVIGNé elle-même. Marquise de SEVIGNé sauf erreur.

On devrait tous savoir qu'elle avait marié sa fille Françoise au comte de GRIGNAN, choisi peu après par Louis XIV comme lieutenant général pour la Provence.

GRIGNAN va alors résider alternativement à AIX EN PROVENCE, et à MARSEILLE.

Et certaines des lettres de la belle mère sont écrites de MARSEILLE. A Madame de GRIGNAN, donc à sa fille :

25 janvier 1675 : « Je suis charmée de la beauté singulière de cette ville. Hier, le temps fut divin et l'endroit d'où je découvris la mer, les bastides, les montagnes et la ville. (...) Je demande pardon à AIX, mais MARSEILLE est bien joli et plus peuplé que PARIS : il y a cent mille âmes. De vous dire combien il y en a de belles, c'est ce que je n'ai pas le temps de compter. L'air en gris y est un peu scélérat, et partout tout cela, je voudrais être avec vous. »(1)

26 janvier 1675 : « Nous dinâmes chez Monsieur de MARSEILLE (2) Ce fut un très bon repas. Il me mena l'après-diner faire des visites nécessaires, et il me laissa le soir ici. Le gouverneur (2) me donna des violons, que je trouvais très bien. Il vint des masques plaisants. Il y avait une petite Grecque fort jolie ; votre mari tournait tout autour. Ma fille, c'est un fripon ; si vous étiez bien glorieuse, vous ne le regarderiez jamais. Il y a un chevalier de SAINT MESMES qui danse à mon gré. Il était en Turc ; il ne hait pas la Grecque, à ce qu'on dit. » (3)

(1) La Pléiade, 1972, p. 572.

(2) Le comte de GRIGNAN, lieutenant général bien entendu.

(3) La Pléiade, 1972, p. 573

Par bernard.kuchukian le 24/09/13
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Sans son accord formel, mais je sais bien que je l'ai, je reproduis ici, dans un billet spécial, ce que vient d'écrire notre ami Pierre DOYEN en commentaire d'un de mes billets.

En effet, c'est trop beau.

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On se perd en conjectures.

Pour embrasser cette profession, il faut justifier d'un certain niveau, voire d'un niveau certain de formation intellectuelle et technique.

Mais, par la faveur de la loi et du décret, la profession est également habitée par des émigrés latéraux. Ils pénètrent dans le cénacle par la porte latérale, dispensés de justifier du niveau de connaissances légalement requis.

Aussi avons-nous eu l'insigne honneur de voir arriver dans nos rangs des confrères, ayant pour tout bagage universitaire: le certificat d'études primaires élémentaires!

C'est pourrait-on dire la bigarrure intellectuelle de la profession.

Celle-ci est libre.

Du moins la naïveté de ses membres le croit-elle.

O cruelle méprise! Libre par déclaration de la loi, l'avocat est caporalisé au mépris de tous les principes de droit excipés, pour la défense de ses propres clients.

Le statut d'avocat est une « capitis diminutio », comme eussent dit des jurisconsultes à Rome.

Il n'est pas certain que nos lointains ancêtres du temps de Cicéron eussent accepté notre statut infra-canin! Il a fallu plus six siècles pour que vît le jour le « corpus togatorum », préfiguration de l'Ordre des avocats.

L'accoucheur de cette funeste institution est au VIème siècle l'empereur JUSTIN 1er, qui voulait connaître le nombre des avocats exerçant auprès de chaque tribunal de l'empire.

Plus habile que ne sera son imitateur du XIXème siècle ( NAPOLEON 1er, c'est moi qui ajoute) il s'était bien gardé d'exposer la raison réelle de la venue à l'existence du « Corporis togatorum ».

A l'avocat médiocre, pour vivre il lui suffit d'avoir le sens de la mangeoire, faire des salamalecs aux « kakistocrates » de son ordre.

Et il vit en père peinard.

Pour celui qui est plus doué que la moyenne, son existence est en elle-même un problème pour la « kakistocratie », car elle lui réfléchit, tel un miroir, l'image de sa propre médiocrité.

Or les médiocres ne peuvent pas d'eux-mêmes devenir brillants, alors ils cherchent à briser le miroir.

Etre doué dans ce microcosme est très onéreux psychologiquement et matériellement, aussi vous harcèle-t-on de poursuites disciplinaires.

Vous passez alors un temps considérable à faire fonctionner vos neurones pour défendre vos libertés et dignité.

Ce temps précieux et votre compétence sont distraits de votre activité professionnelle.

In fine tout se passe comme si vous étiez un médiocre parmi d'autres, quant à l'efficience partielle de votre activité professionnelle.

Extérieurement il y a équivalence des résultats.

Voilà pourquoi la profession est riche en médiocrité et fort pauvre en qualité.

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Pierre DOYEN ajoute que « kakistocrate » est le néologisme qu'il a créé, formé à partir de « kakos » signifiant mauvais et « cratos » pouvoir. Le « kakistocrate » est l'antonyme de l'aristocrate.

L'aristocratie est ainsi le gouvernement des meilleurs, en contrepoint la « kakistocratie » est le gouvernement des pires.

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Alors me voilà à commenter maintenant et ici mon commentateur génial.

Pas commenter, en fait lui ajouter une petite chose.

Il arrive que les élus soient si contents d'eux-mêmes qu'ils éditent alors, aux frais de leurs médiocres électeurs de belles brochures sur papier glacé, dans lesquelles ils ne manquent pas de se congratuler largement et librement.

« Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné." Se susurreraient ils s'ils avaient de la culture classique.

J'écris cela au moment où je crois comprendre qu'on veut interdire l'accès au papier glacé officiel à un candidat au dauphinat de Marseille de sa profession de foi, parce que, dit le bâtonnier du moment, parce qu'elle ferait de l'ombre aux autres candidats.

Par bernard.kuchukian le 24/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

« Je reçois ce jour votre courrier papier en date du 16 septembre nous proposant un billet en réponse à l'article du président du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce publié dans le JCP du 16 septembre.

Nous faisons le choix de ne pas publier votre article ; dans tous les cas, sa parution a déjà eu lieu sur son blog.

Cordialement,

Hélène Béranger,

Rédactrice en chef

La Semaine juridique Edition générale

Lexis Nexis. »

Quel superbe mensonge et quelle superbe hypocrisie.

Qu'on ne me parle plus de ces gens là.

Les confrères seraient bien inspirés de boycotter Lexis Nexis.

Par bernard.kuchukian le 24/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Il reste regrettable de constater des graves différences de paliers intellectuels dans les communications des confrères sur notre blogosphère.

On constate que pas tous font de grands efforts de grande qualité pour « sortir » des sujets, des informations, et les commenter. Ainsi en apprendre aux autres, y compris les jeunes aux vieux.

Je me souviens par exemple de telle consoeur publiciste des Antilles, devenue amie de blog me rectifiant en off et « redressant » quelque chose que j'avais oublié. Ce qu'elle écrit régulièrement est d'ailleurs toujours non seulement de qualité, mais n'est pas la copie résumée de ce qu'ont dit les autres avant elle.

Je constate depuis quelques semaines la mise en ligne régulière de la découverte que fon certains de l'avis de la Cour de cassation sur la communication numérique. Deux choses sont affligeantes.

1. Qu'ils le découvrent seulement maintenant,

2. Qu'ils n'aient rien à dire de plus.

C'est dommage d'avoir l'impression, comme le disait dans le temps Dominique MATTEI, que les avocats, c'est comme les avions, certains volent à 30.000 pieds, d'autres plus bas, d'autres font du planeur, et beaucoup (trop) du surplace sur les pistes d'atterrissage.

Par bernard.kuchukian le 23/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 9 mois

Pour ceux qui en douteraient encore, voici la justification de la fin des odieuses poursuites disciplinaires engagées contre moi et la liberté. Celle d'expression sur notre blogosphère, je le rappelle.

C'est un certificat de non appel délivré par le greffe de la Cour d'appel.

Il n'y a pas eu de décision sur le fond ou avant dire droit au fond dans l'année de la saisine. Pas d'appel dans le mois d'expiration de l'année. C'est terminé. Je suis absous.

Fin du premier acte.

Le deuxième commencera mi octobre. Cette fois-ci, je veux poursuivre celui qui m'avait poursuivi.

Sauf que ce ne sera pas devant la même juridiction.

A suivre.