bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 16/09/13
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« Les Echos » de ce matin publient un commentaire, dont j'extrais le petit passage suivant, dont la pertinence est absolue.

"La crise syrienne est avant tout, il faut le répéter, un révélateur de l'étrange faiblesse de l'Occident en général et de l'Amérique en particulier. La diplomatie américaine donne une dangereuse impression d'amateurisme, sinon de naïveté, depuis quelque temps.

La gestion par Barack OBAMA de la crise syrienne évoque de plus en plus celle de la crise iranienne par le président Jimmy CARTER, il y a plus de trente ans, en particulier lors de l'opération manquée de libération des otages de l'ambassade américaine, en 1980. A l'époque, on disait à propos de CARTER que « l'on ne prépare pas un mariage en s'entourant de toutes les précautions nécessaires en cas de divorce.

CARTER était un ingénieur, un technicien, qui restera dans l'histoire moins pour sa présidence, globalement médiocre que pour sa manière digne et éthique d'assumer son rôle d'ancien président des Etats-Unis.

OBAMA est aussi brillant et charismatique que CARTER était terne et ennuyeux. Mais, entre l'avocat noir qui fit rêver ses partisans et l'ingénieur de Géorgie, il existe dans la gestion des affaires du monde comme une même hésitation, fondamentalement dangereuse. Hier, CARTER ne savait pas choisir entre la ligne musclée de son conseiller pour les affaires de sécurité, Zbigniew BRZEZINSKI, et celle plus modérée de son secrétaire d'Etat, Cyrus VANCE. N'en est-il pas de même aujourd'hui pour OBAMA.

Entre ses conseillers proches, comme Susan RICE, à la tête de son -Conseil national de sécurité, ou Samantha POWER, sa nouvelle ambassadrice aux Nations unies, qui sont des internationalistes éthiques, et un secrétaire d'Etat, John KERRY, d'un activisme sympathique qui peut parfois frôler la ¬confusion, il n'y a pas a priori d'opposition majeure.

Mais OBAMA hésite. En bon juriste, il pèse constamment le pour et le contre, conscient de l'impossibilité de ne rien faire, mais viscéralement réticent à toute prise de risque externe qui le détournerait de son projet de réformer en profondeur l'Amérique elle-même.

Barack OBAMA n'a pas, ou ne semble pas avoir, une vision stratégique cohérente et ferme du rôle de l'Amérique dans le monde. Ni le pivot asiatique à la mode aujourd'hui, ni le rapport avec la Russie populaire hier ne constituent un coeur de doctrine. "

Et oui, la vérité est là sans aucun doute.

OBAMA est fondamentalement un avocat, et comme tous les confrères, y compris noirs et outre atlantique, il est soumis à l'hésitation, pardon, au doute. L'avocat doute et doit douter. Puis faire partager ce doute surtout s'il défend au pénal.

Notre confrère président américain pèse pour et contre. Et fondamentalement, subjectivement, il est comme dans une enceinte de justice. Il n'a pas à juger. Du coup, il ne décide pas. En tout cas, il donne l'impression de tirer enfin les leçons des incohérences de la politique arabe américaine.

Ce n'est pas un hasard si les Israéliens se taisent.

On peut imaginer qu'ils constatent que le plan général américain pour affaiblir les dirigeants musclés de tous les Etats arabes, et ficher ainsi la paix définitivement à l'Etat hébreux a raté jusqu'ici et de plus complètement occulté l'arrivée d'autres dirigeants plus radicaux, et fanatiques en terme de religion, infiniment plus dangereux pour tout le monde.

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(1) C'est par simplicité et facilité, qui ne sont donc pas exactes, que j'emploie le terme « arabe ». Je devrais plutôt parler de « arabo-musulman ». Car les Perses, pardon les Iraniens, ne sont pas plus des Arabes que les Turcs, les Azéris, les Ouzbèkes, etc.

Par bernard.kuchukian le 16/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 4 jours

A quelques uns, nous mettons au point un colloque, qui doit avoir lieu en principe le 22 octobre prochain après-midi à la maison de l'avocat de MARSEILLE, sur le thème du statut constitutionnel à créer au bénéfice de l'avocat.

Y interviendra notre confrère Philippe KRIKORIAN, grand tenant de cette proposition, qui constitue certainement la plus grande avancée de tout temps pour notre profession.

Vous en saurez davantage prochainement.

Car nous voulons aussi créer une association d'avocats pour soutenir partout ce projet.

J'ai suggéré A.S.C.A. (association pour le statut constitutionnel de l'avocat).

Le thème intéresse toute la profession : il est même fondamental.

Il a des effets de grande et toute nature, en particulier et déjà en termes d'immunité personnelle de l'avocat, défini alors comme l'agent républicain de défense par excellence, et intouchable ou presque à ce titre.

Par bernard.kuchukian le 15/09/13
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En Grèce, où on nous dit qu'il avait bien fallu les arrêter pour éviter un apparent niveau dramatique de plus.

C'est que là-bas, il parait aussi que 8 ménages sur 10 sont propriétaires de leur logement, le plus souvent acheté à crédit. Or, c'est bien joli le social, mais les banques prêteuses aimeraient bien avoir leur argent pour payer leurs dettes. Les banques françaises, leurs associés et créanciers en savent quelque chose (voyez donc Groupama).

Alors il parait qu'avec le nouveau passage de la troïka européenne ces jours-ci à Athènes et ailleurs, on va débloquer les saisies immobilières locales.

Là, je mets un premier bémol, parce qu'en Grèce, moi j'y suis allé cet été : je n'ai pas eu du tout l'expression d'un pays en faillite et de misère dans les rues. Avis aux journalistes : bougez-vous un peu avant d'écrire.

Ensuite, cette information grecque nous interpelle sur la situation française.

On a en effet le sentiment ici que les banques lissent les recouvrements, comme elles lissaient trop souvent auparavant les provisions. J'adore d'ailleurs cette expression bancaire : « lisser ».

Lisser signifie en effet « camoufler ».

La vérité. Mentir quoi.

Par bernard.kuchukian le 15/09/13
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Il aura fallu le passage de tas de bâtonniers successifs pour qu'on organise enfin, pour la première fois, un vrai arbre de Noel destiné aux enfants des avocats du barreau de Marseille, l'an dernier, à la fin du bâtonnat du précédent.

On aurait pu aller jusqu'à offrir un jouet à chacun.

J'imagine le genre de critiques solidaires : « moi je n'ai pas d'enfant ou de petit enfant » ou encore « les miens sont grands et n'ont rien eu », etc.

Mais j'en demande trop, n'est-ce pas.

Il y avait pourtant des années que je réclamais cela.

Par dérision, à une (ancienne) revue, on m'avait même moqué en soutenant que le père Noel était une ordure.

J'avais aussi réclamé voici trois ans les grands bustes des personnages illustres, en rapport avec droit et/ou justice, qui trainaient depuis près d'un siècle, dans une cour perdue au sous-sol du vieux palais de justice de Marseille.

On avait répondu qu'ils n'existaient pas, du moins celui d'EMERIGON, mon préféré. C'est qu'en plus, EMERIGON, inventeur des règles de l'assurance maritime, donc juriste essentiel du droit commercial, a été avocat à Marseille à la fin du XVIIIème siècle.

Finalement, sans doute parce qu'elles allaient disparaitre avec les gravats des travaux des architectes qui n'en voulaient pas dans leur projet de rénovation (Dieu sait ce qui va en sortir), on a fini par reconnaitre leur existence.

Antoine VERSINI, le président délégué de notre CARPA s'est dépêché voici quelques semaines d'envoyer un camion les chercher, dans la minute où l'autorité nous les a proposées. EMERIGON compris.

Elles sont désormais en beauté à la maison de l'avocat.

J'ai été scandalisé et je l'ai écrit sur ce blog (là encore, la foule n'était pas derrière moi pour protester) lorsque voici quelques mois à peine est mort dans les locaux de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE notre confrère (et ami) Félix AUDA, ancien bâtonnier des Alpes de Haute Provence.

Il était cardiaque, et personne n'a été en mesure de le soigner rapidement lors d'une crise. Alors surtout qu'il n'y avait même pas dans les locaux le moindre défibrillateur, qui aurait permis sans aucun doute de le sauver.

Voici que j'apprends que la maison de l'avocat de Marseille va être équipée, non pas d'un, mais de trois défibrillateurs. Pas comme celle d'Aix en Provence où on m'a odieusement poursuivi en formation disciplinaire. Qui n'en n'a pas.

Comme n'en n'ont pas non plus les tribunaux et cour de la région.

Ce n'est pas souvent que je complimente les élus de la profession. Il m'est agréable de le faire ici, spécialement au bénéfice du président délégué de la CARPA.

Par bernard.kuchukian le 14/09/13
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Non, franchement, que dirait-on si on décidait au gouvernement de réduire de 10 % le cout de la consultation de base chez un médecin ?

Ce serait un tollé général, avec des déclarations solennelles et définitives sur ceci ou cela.

Bon, on va raboter la rémunération de l'aide juridictionnelle. Moins 10 %. Ca va râler un peu, et puis tout rentrera dans l'ordre. Républicain bien sur.

Après tout, de mon, temps, dans les dossiers d'assistance judiciaire, les avocats travaillaient bien gratuitement.

J'en connais même qui en sont fiers aujourd'hui. Enfin, qui s'en disent fiers, car je sais qu'ils récupèrent ailleurs quelques avantages substantiels. La sainte combine, quoi.

Je rappelle qu'un confrère dont je tairai le nom par charité l'a même plaidé lorsque je demandais à la déléguée de la première présidente de fixer des honoraires contre un liquidateur judiciaire. Il soutenait qu'il fallait être fier d'avoir ainsi travaillé gratuitement.

Le con.

Par bernard.kuchukian le 14/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 6 jours

Sous titre. C'est dur d'être seul contre tous.

Mon ami Jacques JANSOLIN a bien de la chance, puisqu'il connait lui le texte de l'avenant signé le 21 juin 2013 entre la chancellerie et le CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX. Cet avenant de trois pages est dit « à la conventions signée le 16 juin 2010 entre le ministère de la justice et le Conseil national des barreaux « . Il en proroge la validité pour deux années.

Jacques l'a placé sur son blog et le commente à propos de la seule question de la validité des échanges d'actes entre avocats qui adhèrent au R.P.V.A.

Je lui dis que sa communication n'a plus aucun intérêt pratique, maintenant que le premier président LAMANDA a raisonnablement sifflé la fin de la récréation dans l'avis limpide qu'il a donné ce mois ci sur le sujet à la COUR DE CASSATION.

« Tu adhères au R.P.V.A., tu acceptes la communication électronique ».

Nous sommes plusieurs à l'avoir écrit avant lui (1) sur la blogosphère.

On le résume, c'est clair, simple et précis.

On peut ajouter : « Bien sur, si tu adhères au R.P.V.A., tu peux cependant ne pas t'en servir pour envoyer tes actes, sous réserve bien entendu de ce que prévoit la loi en pareille matière ».

Je termine, cessez de nous tourmenter les méninges avec ces c. .

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Non, ce qui est plus intéressant dans cette communication, ce sont les choses suivantes :

1. Le point de départ est la convention nationale signée le 16 juin 2010 entre le garde des sceaux, ministre de la justice, alors Madame ALLIOT- MARIE (2), et le président du CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX, notre confrère IWENS. C'est elle qui prévoit les rapports numériques des avocats de France avec l'administration judiciaire en premier ressort et en appel. En remplacement d'une autre de 2007, disparue (dernier alinéa de l'art. VII).

2. C'est déjà une première monstruosité juridique, puisque les conditions de la validité propre sont en cause, signalés avec précision dans la décision du CONSEIL D'ETAT du 15 mai 2013 (3), le contentieux du barreau de MARSEILLE alors dirigé par le bâtonnier MATTEI, en compagnie d'un groupe d'avocats factieux, dont je suis (et dont Jacques JANSOLIN est aussi).

Je rappelle que, puisque le juge administratif a renvoyé au juge judiciaire, ce contentieux se plaidera le 4 octobre prochain en audience solennelle de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE.

3. C'est une deuxième monstruosité juridique en ce double sens que :

A. Le président du CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX n'avait pas qualité pour signer les décisions à prendre au nom de celui-ci, devant suivre un processus d'habilitation qui n'a pas été respecté ici.

B. La compétence était aux différents barreaux, en application littérale de l'art. 18 de la loi de 1971, tandis que ces barreaux n'avaient pas le droit auxquels ils n'ont d'ailleurs pas renoncé, c'est toute la question de la gouvernance, de déléguer au C.N.B.

4. C'est une troisième monstruosité en ce sens qu'il a créé une discrimination odieuse entre d'une part les super-avocats parisiens, dispensés du boitier Navista, et d'autre part la plèbe restante des avocats français, y compris ceux de MARSEILLE qui avaient trouvé une solution palliative, avec leur propre matériel (4)

5. L'art. VII de cette convention dit qu'elle est conclue pour trois années civiles à compter de son entrée en vigueur, matérialisée par la signature des parties. La définition de l'année civile est « intervalle de temps entre deux dates successives portant le même nom dans le calendrier ». Donc, la convention du 16 juin 2010 a été prévue jusqu'au 16 juin 2013.

6. On prévoit ensuite qu'elle est « renouvelable par tacite reconduction, sauf dénonciation sous préavis de six mois ».

Que veut dire « renouvelable ». C'est seulement « susceptible d'être renouvelé ».

Ceci ne veut donc pas dire qu'automatiquement, à défaut de préavis, la convention allait se renouveler le 16 juin 2013.

7. C'est bien ainsi que l'ont compris ceux qui ont passé l'avenant précité du 21 juin 2013, qui se contente de « renouveler ».

Voyez le texte complet chez mon ami Jacques.

Si la convention de 2010 avait été stipulée renouvelée automatiquement par tacite reconduction, il aurait suffi de ne rien faire le 16 juin, ni après, et on aurait gentiment continué.

Mais non, on a fait quelque chose de nouveau. Le 21 juin.

8. Sauf qu'à cette date, il n'existe plus de convention de 2010, puisqu'elle est expirée depuis 5 jours déjà.

9. Ainsi donc, l'avenant du 21 juin c'est du vent, sauf à considérer, qu'on a alors convenu d'une nouvelle convention aux conditions identiques à l' ancienne, ce qu'on ne nous a pas dit.

10. Quant à la forme, c'est de mal en pis.

Une signature existe coté CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX, qui doit bien être celle de Monsieur CHARRIERE BOURNAZEL, le président du moment, qui n'ose pas écrire son nom. Peut être parce qu'il n'a pas été autorisé suivant l'art. 7-4, etc. (3). On dirait bien que non. Personne n'en parle.

Coté chancellerie, c'est pire, si c'est possible encore. Nous n'avons plus droit alors à la signature du ministre.

Evidemment, l'arrêt du CONSEIL D'ETAT du 15 mai 2013 est passé par là un mois auparavant, et on commence à avoir peur.

Alors, l'avenant est signé par le secrétaire général du ministère, qui indique son nom et qu'on signe par délégation de la garde des sceaux.

Moi je veux bien, mais elle est passée où çà la délégation ?

11. Parce que finalement cette histoire est totalement ahurissante, surtout pour des juristes en particulier en matière de procédure.

Voyons, au lieu de prendre, j'allais écrire simplement, des décrets ou des arrêtés, puisque toute la procédure civile et commerciale est de nature réglementaire dans la constitution de 1958 (5) on passe des conventions, dont la nature juridique et incertaine, et on le fait en violation du tout bête Code civil.

12. Alors voilà, comme le 4 octobre prochain, à AIX (6) on ne plaidera certainement pas le fond, mais seulement une question prioritaire de constitutionnalité au demeurant très intéressante que j'ai posée, que la Cour d'appel rejettera bien entendu, j'ai l'habitude, je suggère un terrain d'entente simple et pas cher.

13. La suppression de l'obligation impérative et couteuse pesant sur tous les avocats (7) du passage par le boitier Navista pour l'accès à la plateforme « e-barreau » et par ricochet à « e-justice ». Le nomadisme aura alors gagné.

14. Qui entrainera, je n'en doute pas un instant, le retrait du contentieux pendant à PARIS à la fois devant le Conseil d'Etat et le Tribunal de grande instance, et à AIX EN PROVENCE seulement devant la formation solennelle de la Cour d'appel, entre le barreau de MARSEILLE (sous l'ancienne direction du bâtonnier MATTEI) et le petit groupe des activistes dont je suis et demeure.

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(1) J'ai l'habitude d'être avant.

(2) Elle sombrera quelques mois plus tard dans un scandale politique tunisien, avec la chute du général BEN ALI.

(3) « Considérant que les requérants soutiennent que le président du Conseil national des barreaux était incompétent pour signer la convention et édicter les clauses réglementaires litigieuses, faute d'avoir respecté les dispositions de l'article 7-4 du règlement intérieur du Conseil national des barreaux qui prévoient notamment, pour toute décision à caractère normatif relevant des compétences du Conseil national, la présentation d'un rapport puis son inscription à l'ordre du jour et son adoption par l'assemblée générale du Conseil national ; que l'appréciation du bien-fondé de ce moyen dépend du point de savoir si ont été méconnues les dispositions du règlement intérieur du Conseil national des barreaux citées au point 16 ; que cette question, qui ne peut être résolue au vu d'une jurisprudence établie, soulève une difficulté sérieuse qu'il n'appartient dès lors qu'à l'autorité judiciaire de trancher et qui justifie que le Conseil d'Etat sursoie à statuer sur les requêtes de l'ordre des avocats au barreau de Marseille et autres jusqu'à ce que la juridiction compétente se soit prononcée sur cette question »

(4) Je me suis laissé dire que ce matériel de très haute qualité technique a disparu des services de notre barreau, ayant très certainement été bradé. Ce qui n'a pu être le fait que tel bâtonnier suivant, avec ou sans l'accord du conseil de l'ordre du moment. A suivre.

(5) Et pas la procédure pénale hein ? L'affaire de Gilbert MINASSIAN l'a rappelé avec fracas en juillet dernier.

(6) Pour avoir critique ces exactions et d'autres, soyez tranquilles. Je ne suis ni radié, ni suspendu, ni sanctionné. Je suis totalement absous. Rien contre moi, rien du tout.

(7) Pratiquement, seuls les non Parisiens sont intéressés.

Par bernard.kuchukian le 14/09/13
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C'est à l'exact moment où je vais annoncer le prochain colloque de MARSEILLE, courant octobre de notre ami Philippe KRIKORIAN sur la qualité de défenseur constitutionnel de l'avocat, que je tombe, par grand hasard et en zappant sur le satellite, sur un film ancien : « Condamné au silence ». 1955. Réalisateur Otto PREMINGER.

Maintenant que je l'ai vu, j'imagine que des cinéphiles de haut niveau ont déniché cette pellicule pour la diffuser à la date anniversaire du 11 septembre. Vous comprendrez plus loin.

Le titre original en est: « The Court-Martial of Billy Mitchell ».

C'est au cinéma, fait par un immense réalisateur, l'identique du procès exact dans les années 20 contre le colonel MITCHELL, poursuivi pour désobéissance, parce qu'il avait écrit qu'on refusait un statut à une armée de l'air et du matériel nouveau, et qu'il soutenait que l'avenir de la guerre était dans les airs.

Lui, qui avait prévu le désastre de PEARL HARBOUR, vingt ans auparavant, et même une attaque aérienne du territoire principal de l'Union (le 11 septembre) fut sanctionné pour désobéissance.

Interdit de dire la vérité.

Il fut réhabilité par la suite, tant les faits commençaient à lui donner raison. Les armées de l'air de tous les pays du monde sont d'ailleurs nées de ses critiques et de sa condamnation.

Encore une fois, les Américains sont les plus forts pour les films de procès. Ici, l'officier supérieur, c'est Garry COOPER, et son avocat Ralph BELLAMY.

Je n'ai pas cessé de penser à ma propre affaire disciplinaire tout au long de la diffusion de ce film.

Tout y était, y compris le nombre des juges spéciaux (comme pour moi, une douzaine).

Je me suis dit aussi que soixante ans plus tard, on était modestement, au niveau d'avocats de province, aux idées courtes (au demeurant sans idée du tout), dont l'élection n'avait en rien altéré la totale médiocrité fondamentale.

Ils n'avaient toujours pas compris la noblesse et surtout l'indépendance de la profession, sans obéissance aucune, et avec une liberté d'expression totale. Ils s'imaginaient à la fois supérieurs et intouchables, au sommet d'une pyramide dont ils auraient été les chefs suprêmes.

Les seules différences sont que je ne suis pas colonel de l'aviation des Etats-Unis d'Amérique et que j'ai été absous.

La liberté a donc commencé de progresser.

Tout le reste est conforme.

Le chemin sera long pour la reconnaissance d'un statut de défenseur constitutionnel à l'avocat.

Par bernard.kuchukian le 12/09/13
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C'est pas possible, Arnaud MONTEBOURG, le ministre de l'industrie, pour qui j'ai une tendresse particulière en raison de ses idées sur les tribunaux de commerce, lirait-il mon blog ?

Il veut en effet bousculer pour réindustrialiser la France. Quel vaste et beau programme en tout cas.

Chez moi, je le dis bien. Mais face au désert.

PORTALIS:

"C'est le barreau qui a besoin de changer d'allure, et non pas moi."

Et DON CAMILLO d'ajouter:

"Je suis comme un cuirassé dans un étang. Dès que je bouge, les grenouilles se révoltent"

Je lui apporte donc ici deux autres soutiens de taille, surtout DON CAMILLO.

Cela dit, de vous à moi, ces vastes programmes paraissent, comment dire, bien irréalistes. C'est gentil à lui en tout cas. Une bouée à la mer, quoi.

Par bernard.kuchukian le 12/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 semaine

Voici que mon bâtonnier nous circularise ce soir l'avis que j'ai commenté hier de la Cour de cassation, et que d'autres avant moi ont simplement mis en ligne sur la notification des actes entre avocats par le R.P.V.A.

Quel dommage qu'il n'ait pas eu l'opportunité, ou la détermination, de rappeler que ce qu'a écrit la Cour de cassation, voici quelques jours, c'est certes le bon sens.

Mais aussi ce que j'avais codifié dans un projet d'art. 674 nouveau, ici sur ce blog, que lui-même, le bâtonnier, avait rédigé en commun avec moi voici plusieurs mois et imposé au conseil de l'ordre sous forme d'une délibération.

Bon, c'est vrai aussi que mes pairs élus font des jaunisses chaque fois que mon nom est avancé.

Par bernard.kuchukian le 12/09/13
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 1 semaine

C'est du grand n'importe quoi et surtout quelque chose de très inquiétant. Elle n'en n'a pas même conscience, tant elle est bête. Ou alors supérieurement intelligente...

Que cette ancienne candidate à la présidence de la République, dont un bras droit est même candidat aux élections municipales imagine que l'armée doive assurer pour partie la sécurité de la ville de Marseille en dit très long sur la gravité de la situation.

Que personne ne voit.

Sauf quelques anciens comme moi.

Car bientôt, plus personne n'aura été témoin de la fin de l'Algérie française.

Je me souviens de mes sept ans.

Sans prétention et sans exagération aucune, je dois dire que j'ai acquis à l'époque, comme des tas de compatriotes, plus peut être, avant même l'âge de 10 ans, une sensibilité politique exceptionnelle au drame algérien. Qui était aussi le mien. Autour de moi, on ne parlait que cela, à table, mon père, pied noir d'occasion, venu à Alger en 1922 après l'exode des derniers chrétiens de Turquie, et de Smyrne en particulier, ma mère (le peuple des ultras, lecteurs de l'Echo d'Alger d'Alain de SERIGNY). En plus grande famille aussi.

Je me souviens parfaitement de 1956, j'avais huit ans, de l'arrivée du contingent, de l'armée quoi, pour régler la rébellion algérienne.

Comme par hasard, c'était déjà un gouvernement socialiste. Celui du gentil Guy MOLLET, avec un ministre de l'intérieur, qui s'appelait... François MITTERAND. Vive l'Algérie française disait-il.

Plus tard, on a vu le rôle croissant de l'armée, 1958, SALAN, le Forum, de GAULLE, le putsch de 1961. La débâcle de 1962.

Je sais par l'histoire, qui a été celle des miens et la mienne propre, ce que veut dire l'arrivée de l'armée pour régler un conflit intérieur.

C'est la signification de la fin à terme de l' unité nationale.

L'armée républicaine n'est pas faite pour servir à l'intérieur du pays, pas même pour ramasser les poubelles.

Elle est celle de la défense de l'intégrité extérieure du pays.

Or, à partir du moment où vous voulez la développer dans le pays, ceci veut dire que cette intégrité là, celles des frontières de la nation, a été enfoncée. Et donc que c'est la guerre. Civile.

Que l'écho de ce qu'écrit ici un fils de Bab-el-oued, témoin de la fin de l'Algérie française, toutes convulsions subies, vécus, y compris familialement, arrive aux oreilles des crétins prétentieux et si bien -pensants qui nous gouvernent. On peut en douter.

Et pourtant.