bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 01/12/14
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Kamel DAOUD, polémiste et journaliste au Quotidien d’ORAN,  invité à la radio  ces jours-ci nous a incités à relire L’Etranger d’Albert CAMUS, avant de lire son roman sur la  contre-enquête qu’il fait  du dossier Meursault. J’y reviendrai.

Avant d’aller plus loin, je retiendrai des petites  choses, qui touchent avant tout ma sensibilité.

Kamel DAOUD est fils de gendarme, comme Hubert HUERTAS, qui tient la rubrique politique de FRANCE CULTURE, et a dû inviter DAOUD.

Je n’ai pas connu le père de l’Algérien,  mais je connaissais parfaitement celui d’HUERTAS  comme lui  aussi un peu, il était jeune, et aussi son frère Jean-Claude, qui était mon meilleur ami (nous étions tous trois  au même Lycée à Bab-el-Oued).

DAOUD a été précédemment aussi  invité par Jean-Pierre EL KABBACH à l’émission littéraire du Sénat. EL KABBACH est Oranais, comme lui.

Le pied noir ressort lorsqu’il dit à DAOUD dans la bibliothèque du Palais du Luxembourg ces petits mots furtifs :

« Mais alors, vous nous regrettez ».

C’est le nous qui est important, bien sûr.

Revenons à CAMUS.

Son MEURSAULT, qui vit à ALGER,  rue de Lyon, dans un immeuble sous les arcades,  dans le quartier de Belcourt, à côté du Champ de Manœuvres, a un nom qui rappelle le vignoble. Le père de CAMUS était employé de la maison RICOME, qui gérait un domaine vinicole important ; mon grand-père maternel avait le même patron.

Quand nous étions étudiants à Sciences-po, je me souviens de ce qu’avait dit en conférence de méthode  un jour Eddy BALDO, étudiant comme moi, devenu ensuite avocat à AIX EN PROVENCE (il y est toujours).

Telle  enseignante lui avait demandé de résumer la philosophie de CAMUS. Elle ne savait pas qu’Eddy était pied noir  et de  Belcourt.

Il lui avait répondu que CAMUS, c’était tout simplement  la pensée de Belcourt.

La pauvre, elle n’avait rien compris.

Et pourtant, comme il était dans le vrai, Eddy.

MEURSAULT   a tué l’Arabe, il n’a pas plaidé la légitime défense, il s’est en fichu.

Il a été indifférent.  C’est lui l’étranger. La Cour d’assises d’ALGER l’a condamné à mort. Auparavant voici ce qu’il a  dit du jury :

« Tous me regardaient, j’ai compris que c’étaient les jurés. Je ne peux pas dire ce qui les distinguait les uns des autres ? Je n’ai eu qu’une impression : j’étais devant une banquette de tramway et tous ces voyageurs anonymes épiaient le nouvel arrivant pour en apercevoir les ridicules. »

En fait, tout a été dit à la première phrase « Aujourd’hui, maman est morte ».

Cette maman là, ce n’est pas celle de CAMUS, Catherine SINTES, l’illettrée, qui décédera 20 ans plus tard. Cette maman-là, c’est bien longtemps sans doute  avant justement 20 ans plus tard, c’est la mort des Français d’Algérie.

Par bernard.kuchukian le 01/12/14
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J’ai hésité à classer ce billet dans le dossier de la liberté. Celle d’expression.

Je pourrai changer.

Voici qu’on apprend que le nouveau président de l’U.M.P., ancien président de la République veut créer un comité d’anciens.

On sent bien le piège et on déclare qu’on présente  un comité des vieux sages pour en faire selon les mots d'un ancien premier ministre,  un "comité des vieux cons".

Ben oui.

Voyons, SARKOZY a bien été traité de "pov’con."

Avec la bénédiction de la Cour européenne des droits de l’homme.

Et tout  le monde a rigolé. Un grand syndicat de magistrats a fait pareil, sur le thème, et  sur un mur, celui des cons.

Bref, il est temps que les cons de tous les pays veuillent bien s’unir. Quelle belle farandole.