bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 29/08/15
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On n’en parlait plus. Ca revient à la mode.

Il parait que tel membre d’un conseil de l’ordre chipoterait tel avocat,  par ailleurs député, sans doute parce qu’il est député,   sur son compte d’heures de formation professionnelle continue.

Comme c’est révélateur et stupide.

Je vois  au moins deux raisons à cela.

D’abord, la sanction. Il n’y a pas de sanction légalement prévue aux défaillances de justification du temps de formation professionnelle continue. Pardon, il en est une à l’art. 85 du décret de  novembre 1991 et une seule, celle de ne pas pouvoir prétendre bénéficier de la mention de spécialisation correspondante,  si on ne justifie pas dudit temps.

Bref débat ici, l’avocat concerné ne revendique pas une telle mention.

Il, s’en fout, et pour cause. Il n’en n’a pas besoin.

 

Ensuite, parce que grâce à son talent immense (je ne suis pas,  moi,  du genre flatteur, mais j’appelle chat un chat), et  en tout cas à l’expression du suffrage universel direct, dont les lois de la République sont l’expression, il est député.

Et manque de chance pour le zélote,  qui ferait bien de se tenir informé, notre quidam est membre … de la commission des lois de l’Assemblée nationale de la République française.

Autrement dit, les lois, celles qui font le droit, c’est lui  avec les autres qui les fabrique. A son niveau, évidemment différent de celui des élus du barreau local.

Oui me dira alors le zélote, comment le saurais-je moi ?

On lui répondra ceci. Si la formation professionnelle de base et celle continue vous concernant étaient à jour,   vous sauriez un peu de droit constitutionnel. Alors là, vous auriez le Journal officiel de la République française avec ses lois et décrets, mais aussi celui des débats aux assemblées avec le texte des interventions des parlementaires, et celui des questions écrites posées aux ministres.

Si vous vouliez faire plus simple, vous auriez aussi le site Internet de l’Assemblée nationale, retraçant la vie publique du parlementaire, avec la liste de ses propositions de loi, et de ses questions écrites aux ministres,  dont celui de la justice, sur des tas de sujets, dont certains  tellement juridiques qu’ils échappent à la compétence moyenne des membres du conseil de l’ordre.

Alors voyez-vous, ça fait tout de même beaucoup plus que les 10 ou 20 heures à roupiller  dans une salle, où  quelque pédant, pourtant du type professeur Nimbus, prétend apprendre leur métier aux avocats. 

Surtout à ceux du temps où les centres de formation professionnelle  n’existaient pas à former des pétitionnaires distingués  en remplissage d’imprimés de demandes d’A.J.

Rompez.

Par bernard.kuchukian le 29/08/15
Dernier commentaire ajouté il y a 3 années 9 mois

 

Notre ami Pierre DOYEN,  commentant,  comme à l’habitude avec le brio et le talent exceptionnels qu’on lui connait, c’est le meilleur d’entre nous, vient d’employer un mot de quatre lettres qui résume admirablement la vie collective des avocats.

Ce mot c’est :  ZELE.

C’est exactement cela, le conseil de l’ordre,  son bâtonnier du moment  en tète,  sont là pour faire du zèle.

Paul ROBERT définit le zèle comme la vive ardeur à servir une personne ou une cause à laquelle on est sincèrement dévoué.

De zèle et zélé à zélote, il n’y a qu’un  pas qui me gène.

Car les zélotes sont les patriotes juifs du 1er siècle,   qui prônaient l’action violente pour défendre la loi et l’indépendance. Ce qui me gène en effet,  c’est l’action violente. Par contre la défense de la loi et surtout de l’indépendance, voici quelque chose de mieux.

Non, nos membres des conseils des ordres et plus généralement nos élus n’ont rien des zélotes juifs, parce que question    indépendance  et finalement défense de la profession, pardon des avocats  ils ne sont pas dans le coup. Le pire est que le phénomène parait international.

Et alors je rappelle ici ce dialogue grandiose,  à la fin du film persan   de Jafar PANAHI, » Taxi Téhéran », que j’ai cité voici quelques  semaines.

Le réalisateur de ce chef d’œuvre du cinéma de combat intellectuel accueille à bord de son taxi-studio  (une copie de Peugeot ou de Renault fabriquée en Iran) telle avocate,  célèbre là bas pour la défense de la cause des femmes, suspendue à ce titre par le conseil de l’ordre du barreau de Téhéran,   pour trois ans. Plus tard, la suspension a été levée et réduite  en appel à trois mois (qu’elle n’a d’ailleurs pas faits) par les juges.

L’étonnement du chauffeur de taxi, réalisateur de cinéma est celui-ci.

Moi je croyais que le conseil de l’ordre,  c’était pour défendre les avocats, pas pour les condamner.

Alors, les grincheux me diront peut être, ils n’oseront pas l’écrire, d’ailleurs ils ne savent pas écrire, ils ne savent que baver,  que moi-même je suis zélé.

Oui, zélé de tenir ce blog et de les ennuyer ainsi. Ils emploieront un autre mot qu’ennuyer (1)

Parmi eux  aussi, il y aura peut être    un ancien bâtonnier  insulaire et marseillais,  grand porteur de décorations en temps de paix, genre en plus petit –manque de moyens sans doute- maréchal de l’Union soviétique du temps de BREJNEV,  qui après m’avoir traité de prurit,  en audience solennelle publique de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE, considère que je dois rester au bureau,  travailler à récupérer les clients que les confrères m’ont piqués en bavant sur moi,  ainsi fermer ma gueule.

Nuance,  les copains, nuance.

Parce que moi, je n’impose rien à personne.

D’ailleurs, je n’ai aucune décoration, et ainsi je ne dois rien à personne non plus.

 

__________

M'en fouti, siéu d'Auriou ! Il n’y a qu’à MARSEILLE pour comprendre cette  savoureuse expression provençale.

Par bernard.kuchukian le 28/08/15
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Dans le Journal de Maurice GARCON, le 10 octobre 1941 :

« « Au Palais, les quelques rares avocats juifs qui demeurent viennent d’être avisés par le bâtonnier qu’ils doivent porter l’étoile jaune sur la robe. L’ordre est venu du procureur de la République.

« « Le conseil de l’ordre n’a pas fait d’observation et a transmis purement et simplement.

« « La robe de l’avocat est noire, pareille pour tous et, jusqu’à présent, on n’avait jamais admis qu’il y eut entre nous des distinctions. Elle créait l’égalité. En Belgique, on n’admet  même pas qu’on attache de décoration. Chez nous qui aimons les hochets, on a vu fleurir des rubans. J’avais  toujours pensé que c’était un tort. Je le pense davantage aujourd’hui. Si nous avions maintenu la tradition, nous aurions le droit maintenant de dire que la nouvelle prescription est contrainte à la constitution même de notre ordre. » »

Par bernard.kuchukian le 28/08/15
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Alors comme ça,  je cite,

« « Au bord d'un affluent de la Dordogne et sous les frondaisons d'un mois d'été devant un verre de Monbazillac doré et frais d'une fin d'après - midi, les esprits sont légers. Les propos le sont également car ils émanent de personnes échouées  milieu d'un repos estival que les réalités troublent peu.

« « Ce qui rend généreuses et d'autant plus tolérantes les conversations que le lieu est étoilé avant même que le soleil s'estompe. » »

Quel bonheur n’est-il pas vrai ? On ne sait pas trop où on est, en France surement,  dans le sud-ouest. Peut-être en Périgord, mais après tout peut être aussi en Limousin ou en Poitou.

J’ai connu ces belles régions lorsque j’avais    11 ans. C’était la France profonde, celle que je découvrais parce que l’un de mes oncles  qui avait servi dans la cavalerie y avait été démobilisé en 1940, après avoir traversé le pays , ensuite de la débâcle de BEAUVAIS, avant de rentrer à ALGER,  au pays. Ma famille, des Pieds noirs,  y avait acheté  en 1957 une grande propriété à la campagne, en prévision de la fin de l’Algérie française. Qui fut heureusement vite revendue, la campagne n’était décidemment notre truc.

C’était à l’été 1958, de la découverte  que faisaient  à travers de notre venue paysans et bourgeois du coin de l’affaire algérienne, donc des questions d’islam.

Bien sûr, ambiance du temps, déjà, on plaignait ces pauvres Arabes et on critiquait les abominables colons d’Algérie que nous n’étions (malheureusement) pas.

J’ai un souvenir  glacial.

Evidemment, notre passage local  avait été remarqué, et nous avions parlé avec le propriétaire de la ferme voisine, invités par le fermier, je crois bien  me souvenir qu’il s’appelait BRUNET.  Paysans Français de 1958, mais très gentils. C'était la première fois de ma vie que je montais sur un tracteur, et que j'aidais à la rentrée des foins.  

Un monde tout différent du notre, je venais de la ville, la si belle et si grande capitale meme de l'empire colonial français, ALGER. La Blanche.

Le  propriétaire de ce fermier là, genre hobereau limougeaud, s’appelait « de PUIFERRAT », quelque chose comme ça.  Avec la particule. C’était un médecin.

Il défendait le F.L.N. et ces pauvres Arabes.

Antoine KUCHUKIAN mon père, haut spécialiste des exodes dus à l’islam (il en a avait subi un au départ de SMYRNE en 1922, et allait en subir l’autre au départ d’ALGER en 1962, quarante ans ans plus tard dont quatre après 1958), lui avait répondu, je m’en souviens encore, avec le calme que je n’aurais pas eu, moi.

« « Cher docteur, je ne me trompe pas, les Arabes sont bien venus dans cette belle région et ils ont été arrêtés à POITIERS par Charles MARTEL en 732. « « 

« « En effet, cher Monsieur. » »

« « J’imagine facilement  qu’ils y ont laissé des descendants.

« « Ainsi vous qui vous appelez de PUIFERRAT,  n’êtes-vous  sans doute que la francisation avec le temps et l’histoire d’un Arabe parfaitement  aristocrate appelé « Bey FERHAT », ça se prononce pareil.

La tête de l’autre. Quel souvenir.

« « Par pitié, Monsieur KUCHUKIAN, n’allez pas raconter cela par ici s’il vous plait."

Alors papa, souverain.

« « Alors cher docteur, cessez de raconter vos conneries sur l’Algérie, vous n’y connaissez rien. » »

On n'en n'a plus entendu parler ensuite. Enfin, pendant le temps qu'on était là.

Par bernard.kuchukian le 28/08/15
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A mon âge, je bénéficie d’ une carte senior de la S.N.C.F., et comme ces choses-là se sont en ligne sur Internet, nos amis ( ?) cheminots disposent donc de mon adresse de courriel.

J’ai donc reçu comme chaque abonné ce jour un message,  sous forme de référendum, à répondre par oui ou non.

On m’y demande si je suis pour ou contre l’instauration d’un système de portique de sécurité dans les gares de notre si beau pays.

Et pour être certain que je vais répondre, on m’annonce que certaines réponses seront tirées au sort tandis  que je peux même  gagner 500 €.

C’est toujours çà en moins sur les frais d’obsèques que paiera ma famille.

Putain d’affaire…

Car,  j'aimerais  répondre que portique ou pas portique, j’ai surtout envie  d’être sûr d’arriver en vie et à destination lorsque je prends le train en France.

En étant assuré aussi que son personnel saura surveiller le transport et ma sécurité, autrement, lorsqu’il n’est pas en grève, qu’en allant se planquer laissant les passagers à leur sort, et à la bienveillance d’Américains heureusement  de passage ces jours-ci.

Mais il est vrai, que le bien être des cheminots passe avant toute chose, au point sauf erreur de ma part, que la contribution du budget de l’Etat français au financement de leur régime d’assurance vieillesse était égale voici quelques années encore  au total du budget du ministère de la justice.

 

Par bernard.kuchukian le 27/08/15
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A l’attention des bâtonniers X et Y, et des membres du conseil de l’ordre.  

D’avant, pendant et après.

Ici à MARSEILLE, qui maintient ses poursuites abominables contre moi.

Stupides au demeurant.

S’ils perdent leur affaire d’injure en correctionnelle, ils sont ridiculisés.

S’ils la gagnent, à l’euro symbolique réclamé en dommages-intérêts, je deviens un héros de la cause arménienne, l’année du centenaire du génocide de 1915.

 

Il y a longtemps déjà, dans son Journal, Maurice GARCON  parle  des Juifs, dont le régime de VICHY prépare en 1941 le statut spécial qu’on saura plus tard.

« « Etrange destinée de ce peuple dont les légendes les plus lointaines contiennent déjà le récit d’un exode. Il semble marqué par le malheur et par la persécution, et cependant il survit.

« « On peut se demander si précisément, il ne survit pas à cause des persécutions. Les peuples heureux s’amollissent et disparaissent. Ceux qui doivent lutter toujours conservent leur vigueur » ».

Vous avez compris que le raisonnement précité s’applique aussi  aux Arméniens et à la cause qu’ils s’entêtent à défendre. A moi donc aussi.

Chaque membre du conseil de l’ordre, chaque bâtonnier concerné, sera cité en correctionnelle comme témoin et devra répondre.

Par bernard.kuchukian le 27/08/15
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La France du chef de l’Etat » normal » du temps.

« «(…) C’était la ville artificielle vue dans un moment où l’on avait éteint la rampe, comme au théâtre. Cette fois, c’est plein de monde. L’artifice n’en parait pas moins.  Tout sue l’ennui. (…) » »

« (…) J’ai assisté à la relève de la garde devant l’hôtel du Parc où loge le Maréchal. On a déguisé un peu les soldats. A leur costume ordinaire, on ajouté des gants blancs avec des crispins blancs qui remontrent presque jusqu’au coude. Ils ont un petit peu l’aide carabiniers d’opérette. Pour la relève, ils sont cinq ou six qui se font des saluts à n’en plus finir et ses simagrées qui font un peu pitié quand ou sait l’échantillon d’armée que nous avons (…) » »

Du garde des sceaux Joseph BARTHELEMY : « » (…) On m’a fait venir ici en janvier pour huit jours…J’y suis encore… Quand il y a un emmerdement, il tombe sur moi…Je n’ai même plus de chaussettes, on n’en trouve pas ici et les miennes sont toutes trouées » ». 

Par bernard.kuchukian le 27/08/15
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Dans son journal, Maurice GARCON (qui n’a jamais été élu au conseil de l’ordre et encore moins bâtonnier)  cite une rencontre en mars 1941 avec l’immense MORO GIAFFERI, réfugié à MARSEILLE, car craignant trop à PARIS, en raison de ses engagements politiques et professionnels contre les nazis (il avait défendu des personnalités très en vue contre le régime).

Il dit :

« « C’est un effondrement, la fin triste d’une vie, tout s’est écroulé autour de moi, tout, je ne peux plus vivre de mon métier, mes affaires de Paris sont pillées, dispersées, mon mobilier volé, et je suis ici demi misérable, exilé » ».

GARCON lui suggère de démissionner de PARIS, et de s’inscrire provisoirement au barreau d’AIX ou à celui de MARSEILLE.

MORO : « « ce n’est pas possible, quand les choses auront changé et que je reviendrai, j’aurai trop souffert pour n’avoir pas le droit de manifester quelque ambition. Et il faut dix ans d’inscription pour pouvoir être élu bâtonnier » ».

 

Bon, il faisait le cabotin, lui qui avait été aussi membre du conseil de l’ordre,  il a non seulement fini par être élu bâtonnier, mais on lui a même gravé une plaque commémorative…

Par bernard.kuchukian le 26/08/15
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Journal du 11 septembre 1940 :

« « La Téhessef de Pétainville  analyse le décret paru ce matin à l’officiel qui règlemente l’ordre des avocats (1). Bénis soient mes confrères qui m’ont refusé, il y a  deux ans, l’honneur d’entrer au conseil de l’ordre. Je crois bien que si j’y étais, je démissionnerais ce soir même. Cette juridiction va être chargée de radier des avocats nés français parce que leur père, même si sa naturalisation est ancienne, n’est pas né en France. Si j’ai bien compris, on prononcera des exclusions pour des raisons d’opinion. Dans notre maison où la confraternité est si pleine de jalousie et de fiel, où l’on dépense  tant d’efforts pour nuire à son voisin, où la concurrence est féroce, on va faire des horreurs. » »

 

 

Loi du 10 septembre 1940 limitant l’accès au barreau aux citoyens nés de pères français.

Par bernard.kuchukian le 26/08/15
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Je recommande l’époustouflant « Journal  de Maurice GARCON, 1939-1945 », plus de 600 pages, tout récemment paru chez FAYARD.

Il fut un confrère si exceptionnel que l’Académie française lui donna un de ses sièges.

On lui connait au moins 17.000 dossiers avec des clients illustres ARAGON, BRETON, COCTEAU, DORGELES, GIDE, GIONO, GUITRY,  MALRAUX, MONTHERLANT, PAGNOL, PAULHAN, SIMENON, VALERY, sans compter les maisons d’édition comme GALLIMARD et GRASSET. Il plaidera aussi pour des peintres, DUFY, FINI, UTRILLO, et des vedettes comme CHAPLIN, DALIDA, FERRé, JOUVET, PIAF, PETIT.

Esprit libre, il ne fut jamais secrétaire de la conférence, ni même élu au conseil de l’ordre (malgré  trois tentatives).

Toute ma sympathie.

Voici maintenant  la première page de son journal, le 17 mars 1939.

« « Je suis avocat depuis un peu plus de 28 ans, j’aime passionnément ma profession et j’ai cru longtemps en elle. Il y a cinq ou six ans, publiant un ouvrage sur la justice, j’ai écrit en conclusion que le pays pouvait être fier de la sienne. Je ne l’écrirais plus aujourd’hui. A la vérité, il faut longtemps pour comprendre et approfondir. Tant qu’on est jeune, on plaide des procès sans importance et l’on ne voit pas d’intrigues. Il faut longtemps pour que viennent à l’avocat les affaires graves où des intérêts capitaux sont en jeu. Quand ces dossiers-là sont venus, il  ne reste plus que du mépris pour ceux qui jugent.

« « Les politiciens sont abjects. Leurs intérêts électoraux ou d’argent leur font faire des ignominies. Pour les magistrats, c’est autre chose. Les décorations ou l’avancement en font des valets. Ils sont lâches, tremblants, pusillanimes. Ils ont peur  de leur ombre dès que se manifeste une intervention un peu puissante. Toutes les palinodies leurs sont bonnes lorsqu’il s’agir de flatter le pouvoir. Leur prétendue indépendance dont ils parlent est une plaisanterie. Plus ils gravissent les échelons des honneurs, plus ils sont serviles.

« « On en trouve de relativement honnêtes et à peu près indépendants dans les petites villes lorsqu’ils ont vieilli sur place et ne nourrissent pas d’ambition. Pour pour faire la grande carrière, il faut avoir accumulé tant de platitudes qu’on peut dire que leur bassesse est proportionnelle à leur élévation. Voilà pourquoi, Paris est pire que tout. Pour arriver là, il faut avoir tant de fois courbé l’échine et servi des maitres divers que toute moralité est absente.

« « Ils sont méchants d’ailleurs et passablement jaloux. Ils n’aiment pas les avocats et se passent la langue sur les lèvres lorsque l’un d’eux défaille. Longtemps j’ai cru à leur sympathie et je me suis efforcé de leur éviter des erreurs. Cet état d’esprit m’est passé. » »

(J’arrête là le carnage).

Plus loin, la guerre est pratiquement finie, 18 décembre 1944:

""Servitude de la magistrature.

""Les magistrats sont des parangons de vertu. (...) Quelle bassesse et quelle lacheté ! (...) J'ai écrit vers 1932, à la fin d'un de mes livres, que l'examen de la magistrature donnait une impression réconfortante. J'ai pour cela été insulté par l'Action française. L'Action française avait raison. Elle avait plus de bouteille ue moi et avait pratiqué ces messieurs.""

(Là encotre, j'arrete le carnage).