bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 08/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

 

Je me rappelle l’une de mes plaidoiries devant le Conseil constitutionnel.

C’est un événement pour un avocat  de province, marseillais, quelle horreur,  si unanimement décrié par les beaux esprits.

En plus j’allais  y soutenir le doute sur l’indépendance, la compétence et l’impartialité des juges consulaires.

Dans l’avion qui me menait à Paris, je m’étais rappelé la plus célèbre publicité de tous les temps, celle de Salvador DALI pour le chocolat LANVIN.

« Je suis fou (un temps) ...,  vraiment fou, du chocolat (un temps)...LANVIN ».

J’avais donc commencé pareil,   à l’attention du Conseil : « Il faut être fou pour venir devant le Conseil constitutionnel dire  que les juges consulaires ne sont ni indépendants ni compétents ni impartiaux. »

Bon, c’était joué d’avance, j’ai –nous étions trois- perdu.

Aujourd’hui, je me dis que j’aurais dû ajouter cette phrase superbe de Salvador DALI,  avant de devenir marquis de PUBOL.

« La différence entre un fou et moi, c’est que moi, je ne suis pas fou ; bonjour ».

Par bernard.kuchukian le 08/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

 

Le monde est mouvant, changeant, et la loi n’a pas écrit de catalogue des mots d’injures.

On sait par la Cour européenne des droits de l’homme que con ou plutôt pov con n’est pas une injure, d’ailleurs un syndicat de magistrats a affiché un mur de cons.

Alors, la bataille se poursuit quant à savoir si fasciste c’est une injure. Il parait que non.

C’est une vieille lune qui n’a plus aucun  effet politique du tout. Ca tombe à plat, plouf.

Pourquoi pas en tout cas ? Communiste non plus, socialiste non plus, encore qu’un fasciste c’est avant tout un socialiste.

Dire que quelqu’un qu’il est hétérosexuel est-ce une injure ?

Actuellement, non. On peut donc se poser la question de savoir si dire d’un autre qu’il est homosexuel est une injure. Non plus.

Il reste alors le problème de savoir si,  par exemple , dire de quelqu’un qu’il est homosexuel et fasciste est une injure.

Au travail, les spécialistes de la loi de 1881 sur la presse.

Par bernard.kuchukian le 08/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

Vous aurez beau tourner et virer, tout se résume finalement dans cette affaire à quelques mots.

Les pouvoirs publics n'aiment pas les avocats.

Parce que ce sont des empêcheurs de tourner en rond.

Enfin, avez vous oublié déjà simplement  tout le pataques  fait autour de la garde à vue et de l'obligation de défense de l'avocat ?

Alors, comme les pouvoirs publics ne  le les aiment pas, ils ne veulent pas aider à leur vie.

Tout le reste est pure littérature à trois sous.

Par bernard.kuchukian le 07/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 3 semaines

 

Je me relis, et je trouve que je suis incomplet. Il y  a plus grave encore : l’image que donne la profession  collectivement.

C’est celle de la gloire, du superbe, ce qui est vrai pour quelques uns,  mais surtout  par pour tous. Les conseils des ordres organisent  en effet des réceptions et invitent les magistrats.  

Ils ont  alors oublié l’histoire du surintendant FOUQUET et de LOUIS XIV.

Ils votent librement, les juges sont d’accord,  des subventions pour organiser des congrès, des voyages, des régates en mer.

Et ils s’en vantent.

Alors tout le monde, ministre en tète se dit que ces gens sont bien riches.  

Tellement riches que leurs caisses d’avocats sont pleines non seulement de l’argent des clients, mais aussi des bénéfices quelles ont faits en conservant les intérêts.

Or, il  parait que les caisses servent le bien commun.  

Alors on nous dit que la profession s’auto paie puisqu’elle est si riche. Et qu’elle assure le bien commun.

La ministre est un  très grand malin. Elle joue sur cette corde démagogique. Remarquez bien qu’elle joue  son role  puisque nous ne sommes pas capables de jouer le notre.

Alors me direz vous, et les autres. Mais les autres qui sont nettement plus riches que nous, les notaires, les huissiers se font payer parce que leur clientèle est riche par définition. Ils l’ont sélectionnée. Au surplus, personne ne peut s plaindre dans ces professions de la (relative) misère par manque de clients et de trop peu d’A.J.,  si mal payée.

Pourquoi donc ? Tout simplement parce que les autres pratiquent avec bonheur le numerus clausus, que même les comptables  appliquent  dans la réalité, lorsqu’ils subordonnent en fait l’accès à la profession au stage difficile. Et que par principe et définition, ils ont eux choisi la clientèle la plus riche, celle qui ne coute pas à la collectivité, mais qui au contraire lu rapporte de l’argent. Voilà comment on est vus : on aime les notaires, collecteurs d’impôts, pas les avocats qui défendent les tricheurs ou les fauchés ou tous les deux..

A force de penser avec son cœur, et non avec sa tete, notre profession s’est suicidée.

Par bernard.kuchukian le 07/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

 

C’est l’éternel serment de mer de la profession, l’aide juridictionnelle. Et comme la  réponse de base à la question est sempiternellement mal  donnée, il n’y a jamais de réponse.

C’est quoi la question. C’est celle de savoir si le justiciable,  qui n’a pas les moyens financiers de payer un avocat (et d’autres acteurs judiciaires),  doit être aidé et par qui.

On nous dit qu’il faut l’aider.

C’est qui, on ?  On c’est le justiciable. On le comprend. Sauf qu’il n’y a aucune raison, vraiment aucune, pour que l’avocat supporte de quelque façon que ce soit la prise en charge gratuitement ou par la profession. C’est donc à la collectivité de payer, sauf qu’elle ne veut pas, tout simplement parce que les électeurs pensent à la santé, pas à la justice. On a besoin des médecins, pas des avocats. Point.

Les  honoraires des médecins ne sont pas pris en charge par la profession, mais par la collectivité toute entière. Ceci s’appelle l’assurance maladie. Ça coute cher, tout le monde trouve ça normal.

Ceux des avocats, non.

Pourquoi, parce qu’il y a eu le temps lointain et parfaitement dépassé aujourd’hui où la profession était privilégiée, avec de grands bourgeois aisés, ils  demandaient à leurs stagiaires de travailler gratuitement avec l’assistance judiciaire ou ajoutait bien « gratuite », en attendant d’entrer dans la cour des grands, ceux payés au tarif de leur talent.

Au lieu de changer par une solution claire, du genre de celle des médecins, on a fait du radical socialisme d’avocat. On a un peu panaché, et donné collectivement une aumône à la profession, voici qu’est arrivée l’aide juridictionnelle. Le pire est qu’on sait bien que ce n’est pas le véritable prix de son travail qu’on paie  à l’avocat. Alors que l’huissier ou l’expert judiciaire est payé plein pot, lui.

Mais la profession l’a accepté et aujourd’hui, elle est dépassée par les évènements.

Parce que ce système a joué le rôle d’un aspirateur envers les jeunes aspirants avocats, qui sont entrés dans la profession en se disait qu’avec l’aide juridictionnelle, ils seraient payés. Un peu comme des fonctionnaires. Et que sur la masse, ils s’en sortiraient.

L’ennui de l’aspirateur, c’est que la turbine a tourné de plus en plus  fort et de plus en plus vite. Alors, il y a eu de plus  en plus d’avocats, tandis que la participation de l’Etat n’a pas suivi.

Vous voulez un dessin ? Les avocats sont montés en ascenseur, l’aide juridictionnelle est montée à pied, et même elle est restée au rez de chaussée.

A partir de là, il n’y pas, il n’y a plus d’issue.

Parce que ça a toujours été ainsi, les Français s’intéressent à leur santé, pas à leur justice. Tout le reste est du baratin à l’usage des avocats gogos qui croient que leur sort s’améliorera avec l’A.J. Ils rêvent.

Le plus grave est que les élus de la profession les entretiennent dans ce rêve en refusant la limitation du nombre des confrères. Car la situation va de pire et pire. Ce sont des fournées de plusieurs dizaines près de centaines d’avocats qui arrivent chaque année dans les grands barreaux, lesquels n’ont pas le travail correspondant pour les absorber, tandis que les pouvoirs publics laissent à la profession si complaisante de tout temps à leur égard, le soin de gérer. De gérer quoi : l’impossible. L'impossible, pour nous, c'est de gérer  financièrement le cout du  service public du droit à la défense. C'est à l'Etat de le faire, pas à nous.

Une solution, minable, existe. Créer des barreaux composés uniquement  d’avocats acceptant seulement de vivre de l'aide juridictionnelle. Mais alors, on passe au droit syndical.  Que les élus se débrouillent.

Par bernard.kuchukian le 07/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

 

En réponse au désengagement de l'Etat sur l'Aide Juridictionnelle, le Conseil de l'Ordre mandate le bâtonnier pour que la profession se désengage aussi. Je cite ce que rapporte le gentil HUVELIN.

 

 

 

« « Constatant que le gouvernement se montre incapable d’assurer le financement pérenne de l’aide juridictionnelle qui constitue pourtant une mission de service public.

 

« « Constatant, avec regret, l’absence de la moindre avancée dans les négociations et la persistance de la création d’une taxe reposant sur la profession d’avocat pour financer ce service public.

 

« « Constatant la baisse des rémunérations réelles versées aux avocats intervenant au titre de l’aide juridictionnelle, malgré les effets d’annonce d’une augmentation artificielle du budget de l'AJ.

 

« « Le Conseil de l’Ordre, à l’unanimité, mandate le bâtonnier, pour suspendre chacune des différentes interventions du barreau  dans la mise en œuvre des missions et délégations que le barreau assure dans le cadre de l’aide juridictionnelle.

 

« « En particulier, le bâtonnier pourra cesser de désigner des avocats dans le cadre de l’aide juridictionnelle.

 

« « Le Conseil de l’Ordre, sous la même unanimité, donne mandat à monsieur le bâtonnier  de s’associer à toute manifestation que le Conseil National des Barreaux déciderait d’organiser, pour exprimer le mécontentement du barreau. » »

Fin de citation.

 

Attention, je ne suis pas devenu fou tout d’un coup. Pas d’A.V.C. non plus.

PARCE QUE LE TEXTE QUI PRECEDE EMANE DU BARREAU DE PARIS.  Seulement.

Je ne parle que du conseil de l’ordre et du bâtonnier de PARIS. Surtout pas des autres.

Par bernard.kuchukian le 06/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 3 semaines

 

Ce billet est destiné spécialement à notre confrère Gilles HUVELIN.

Cher ami, je vais très bien. Aucun signe d’A.V.C. chez moi.

Décidemment, cette histoire d’A.V.C. de KUCHUKIAN a la vie dure.

Par bernard.kuchukian le 06/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 3 semaines

 

Je lis avec consternation (je vais lui faire parvenir directement une copie de ce billet) l’aventure qui arrive à notre confrère Wallerand de SAINT JUST.

Il est candidat et chef de liste du Front national et du Rassemblement Bleu Marine aux élections régionales prochaines en Ile de France.

Les collèges dépendent de la région.

Ainsi donc, un professeur de collège a eu l’excellente idée d’inviter, quoi de plus correct dans le cadre de l’instruction civique et de la sensibilité citoyenne à donner en France à des Français (à moins que le collège soit celui d’Algériens, je ne sais pas), les chefs de listes des prochaines élections régionales. On était exactement dans le sujet. Pour une présentation, pour savoir quoi.

 

SAINT JUST a répondu présent. Personne d’autre, d’aucun parti républicain (euh , tu parles de républicains….) n’a répondu.

Du coup, l’affaire est allée jusqu’au recteur d’académie qui a annulé l’opération.

C’est lamentable, minable, et ce recteur mérite la porte. Tandis que le professeur – j’ignore qui il est – mérite des compliments. Il faudra s’en souvenir.

Remarquez, cette affaire n’a rien de bien neuf, malheureusement.

Il y a une quinzaine d’années, ou un peu plus je ne sais plus, ma fille  Sophie était élève de terminale,  section économique,   d’un lycée religieux sous contrat  important et célèbre à Marseille . Des Salésiennes .

Le professeur d’histoire géographie avait convenu avec la classe d’un voyage  à Paris.

Dans la discussion, l’idée avait été émise  d’une visite pour voir comment c’était de visu et ça fonctionnait à l’Assemblée nationale. Mais personne ne savait comment faire. Personne n’avait contact avec personne.

Ma fille m’en avait parlé. Je lui avais répondu que moi, je connaissais la solution.

Faire appel au député de la circonscription.

C’était à l’époque mon camarade de doctorat Roland BLUM, député U.M.P.- Il n’était donc pas du Front national, je vois les sous-entendus : j’avais même été candidat contre lui aux législatives, comme suppléant de mon ami BAUMANN,  c’est dire.

Par ailleurs  BLUM  était un confrère, puisqu’avocat au barreau de Marseille. Et aussi premier adjoint au maire. Et tout et tout.

J’ai appelé BLUM au téléphone  et lui ai parlé du sujet. Il m’a répondu : Bernard,  c’est une excellente idée. Tu vas envoyer  ta fille à ma secrétaire parlementaire à Marseille, et organiser le tout avec elle.

Ce qui fut fait.

Toute la classe fut donc reçue et même invitée à déjeuner par le député au restaurant de l’Assemblée nationale. Ils n’étaient pas peu fiers les uns et les autres.

Savez-vous la suite de l’histoire ?

Justement, toute une histoire, parce qu’il ne fallait pas de récupération politique.

J’étais scandalisé et BLUM aussi, qui l’avait très mal pris.

Il résumait comme suit : si je ne puis pas inviter à mes frais les élèves d’une classe de terminale intéressée par la chose parlementaire à l’Assemblée nationale, je fais quoi alors ?

Par bernard.kuchukian le 06/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 4 années 12 mois

 

Il parait qu’un millier de notaires  ont été ces jours-ci en désobéissance civique contre la loi MACRON.

Ils devaient  dispenser des conseils gratuitement dans des bars ou des cafés.

Un volet de la loi prévoit en effet que toutes les consultations notariales soient payantes or ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les notaires redoutent que cette mesure empêche certaines personnes d'accéder à leurs services.

On fait quoi nous les avocats, agissant en uniforme, sous les ordres de nos chefs, les bâtonniers, sans compter les aspirants chefs comme les élus de toute nature, pour défendre la profession comme les notaires.

Remarquez que si c’est pour aller  travailler gratuitement, on peut s’en dispenser.

Travailler gratuitement et en être fiers par exemple avec l’aide juridictionnelle, nous on sait.

Et puis,  dans les bars, moi je connais des avocats qui vont plutôt taper le carton. Et meme du batonnier. Horreur ...

Par bernard.kuchukian le 05/10/15
Dernier commentaire ajouté il y a 4 années 12 mois

 

La France connait bien le problème ukrainien,  et en premier lieu celui de la Crimée.

Il ne faut pas oublier qu’en 1853, pour plaire à l’Angleterre,  soucieuse de protéger l’Empire ottoman, mais surtout ses intérêts dans la région, NAPOLEON III a entrainé le Second Empire  dans une guerre stérile et sanglante.

Sanglante spécialement pour les zouaves algériens, Français de l’Armée d’Afrique, mais aussi Kabyles, tous sous les ordres du futur maréchal de SAINT-ARNAUD.  

Ah, la prise de MALAKOFF.  En souvenir, c’était une grande rue d’ALGER (mes grands parents y habitaient). Et celle de l’ALMA aussi.

Revenons en Crimée. Quinze ans après la défaite russe et les services rendus aux Anglais, l’Angleterre ne bougera surtout pas lorsque les Allemands avec BISMARCK et GUILLAUME 1er vont dépecer la France en 1870. Quant à l’Empire ottoman, son  remerciement est bien connu par les massacres des Arméniens, pourtant protégés par la France depuis FRANCOIS 1er.

Ce serait bien si de temps à autre, aujourd’hui qu’on joue la carte atlantique  contre les intérêts russes, on ait la mémoire nettement moins courte.