bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 31/07/16
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J’en ai connu des bâtonniers à Marseille. Et alors qu’on va prochainement passer à une bâtonnière, je puis faire le bilan.

Le plus grand fut indiscutablement Edouard ALEXANDER, disparu en 2004.

Son fils Raymond ALEXANDER, qui fut mon camarade d’amphithéâtre à la Faculté de droit,  puis devenu avocat, mon ami, et qui termine comme moi la carrière,  tous les deux en prenant notre temps, a eu l’idée de recueillir  sur lui.

Voici ce que j’y ai écrit.

 

De ton père, je conserve le souvenir à la fois autoritaire et autoritaire, et surtout juste et courageux.

Deux évènements précis.

Le premier, en 1970, je commençais mal dans la profession. Mon père avait été la victime d’un grès grave accident de la circulation. Michel PEZET le défendait.

Le chèque bancaire de règlement des indemnités revenant à mon père avait été détourné par l’avocat de la compagnie d’assurance adverse. Il n’y avait pas à l’époque le formalisme de la CARPA. L’avocat de l’assureur avait joué le montant au casino, et il avait perdu.

Je me souviens encore de ma mère allant dire son fait au bâtonnier  M.  (1) de l’époque. Lequel,  superbe menteur prétentieux,  lui faisait la morale et qui l’assurait  que le chèque de remplacement était payé : or, c’est elle qui l’avait en mains, il lui a avait été rendu par la SOCIETE GENERALE, la banque de mes parents, avec la mention « sans provision ».

J’en avais parlé en désespoir de cause à ton père, alors membre du conseil de l’ordre. Je sais qu’il y avait fait un scandale : le confrère avait été radié, et le montant payé par son frère, qui était avoué à Aix en Provence.

 

La seconde fois, je commençais à faire mon trou, ton père était devenu bâtonnier, un confrère aixois avait porté plainte contre moi au prétexte que dans la constitution d’une S.A.R.L., je n’avais pas accompli je ne sais plus quelle formalité.

Le con ne savait pas qu’il existait sur le sujet une réponse écrite du garde des sceaux à la question précise, et qu’on y disait comme exactement moi.

J’avais rencontré ton père.

Il m’avait dit : » petit, ce n’est rien, je vais arranger çà ».

Quatre jours plus tard, il m’avait appelé et m’avait copieusement engueulé : « dis-donc, tu crois que c’est moi qui vais écrire la lettre ? ».

J’avais répondu que je n’osais pas, je n’étais pas le bâtonnier.

« Et bien tu vas me préparer la réponse, que je recopierai.  Mais attention, je te connais, c’est moi qui suis censé avoir rédigé la lettre,  mets les formes en lui expliquant que c’est un con ».

Ce qui fut fait.

Dans mon message à Raymond ALEXANDER, j’ajoute : reçois mon meilleur souvenir pour ton père, personnage exceptionnel, et pour toi mon amitié fidèle.

 

 

Il s’appelait MILANI.

Par bernard.kuchukian le 31/07/16
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C’est étonnant, non c’est dramatique, d’entendre à nouveau les conneries de la guerre d’Algérie spécialement à sa fin.

Voici que dans le cadre général de la démagogie dominante des tous les pouvoirs dans notre pays depuis plus de 50 ans, on entend le message suivant : « Les musulmans sont des Français à part entière ».

Non, ce sont des Français entièrement à part, suivant la formule du temps.

Parce qu’il y a la charia, à laquelle l’immense majorité des Français ne comprend rien. Mais les Français sont des veaux, sauf ceux qui ne veulent plus aller à l’abattoir.

Et encore, parce qu’on ne peut pas avoir deux nationalités, être Français en France, être Algérien, Tunisien ou Marocain là-bas.

Sans compter qu’on accepte, c’est inouï, que les jeunes musulmans français par le sol,  qui ne servent pas sous les drapeaux français, aillent servir dans l’armée algérienne.

Mais c’est quand, à la fin, que les Français ouvriront les yeux ?

Par bernard.kuchukian le 31/07/16
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L’actualité est si fournie et si grave, un (gros) clou chassant l’autre chaque jour, du coup, la polémique de la rémunération extravagante du coiffeur du président de la République s’est apaisée.

Il n’y a guère que l’hebdomadaire MINUTE (oui, je choque, je sais) pour avoir  très sérieusement traité de la question dans une rubrique « histoire et actualité », dans son édition du 20 juillet.

On nous raconte ainsi que le poil a longtemps été associé à la puissance et au pouvoir.

Pour se débarrasser d’un rival gênant, les rois mérovingiens ou carolingiens se contentaient de lui faire couper les cheveux et de l’envoyer dans un monastère.

Remarquez que les monastères sont désormais eux aussi dangereux en France.

Revenons au barbier. Il en existe un très célèbre, un certain Olivier LE DAIM qui fut l’homme de confiance de LOUIS XI. 

D’après Victor HUGO – rien n’est donc moins sur- il parait que ce barbier-là avait l’air mauvais, le mine fière et la tête haute. Au premier coup d’œil on voyait sur son visage l’arrogance, au second la ruse.

Barbier du roi, LE DAIM cumula les titres, et devint même ambassadeur du monarque. Mais il termina mal.  Très mal, il finit pendu. Parait-il après un procès discutable.

Par bernard.kuchukian le 30/07/16
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Avec le baptême de son roi  TIRIDATE IV en 314, le  royaume d’Arménie fut le premier au monde à adopter le christianisme comme religion d’Etat.

A l’origine, l’église arménienne est en communion avec les autres communautés chrétiennes. 

Mais tout change en 451,  lorsqu’elle refuse de participer au concile de CHALCEDOINE (1).

On considère que le schisme d’avec l’Eglise de  ROME est à partir de ce temps-là.

Ainsi donc, sans doute aussi parce qu’elle considère, avec raison qu’elle est plus ancienne, et pour d’autres raisons plus géographiques,  l’église arménienne,  qu’on appelle apostolique arménienne n’est en aucune façon  soumise à celle de Rome,  et celle-ci n’a aucune prérogative pour s’exprimer en son nom.

D’ailleurs, le  christianisme n’est surtout pas la propriété des catholiques, et encore moins de leur clergé (2).

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CHALCEDOINE, c’est désormais KADIKOY, de l’autre côté du Bosphore, à ISTANBUL, dans sa partie asiatique. Plus de 500.000 habitants. Un des quartiers les plus sympathiques de la ville. Dans le temps habité essentiellement par des Arméniens, qui y fondèrent même en 1907 le célèbre club de football de Fenerbahce, dont le stade immense est d’ailleurs à CHALCEDOINE, pardon KADIKOY. Il existe en service, plusieurs églises arméniennes à KADIKOY. L’ennui, c’est qu’il n’y a plus de fidèles. Il y a trois mois, celle du grand marché était ouverte, normalement. Pour celles et ceux qui visitent ISTANBUL, essentiellement coté européen, où sont les monuments principaux,  je recommande de prendre le vapeur à la station Inonu, à côté de l’ancienne gare de l’Orient-Express, pour KADIDOY, de l’autre côté du Bosphore.

Je suis baptisé catholique romain, et le regrette.

 

 

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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Le Conseil constitutionnel,  dont je signale au passage,  qu’il a fait la toilette de la page de garde de son site Internet, avec les photos de ses hauts conseillers, a rendu aujourd’hui une intéressante décision touchant au droit de divorce. N° 2016-557 Q.P.C.

Le 1° de l’art. 274 du Code civil permet en effet de subordonner le prononcé du divorce à la constitution d’une garantie, mise  à la charge de l’époux débiteur.

L’art. 277  du même Code donne les exemples de ces garanties : hypothèque légale ou judiciaire, gage, caution ou souscription d’un contrat garantissant le paiement de la rente ou du capital.

Le Conseil a donc jugé que ces dispositions n’ont rien d’inconstitutionnel.

Les arguments contraires méritent d’être rappelés en raison de leur intérêt et même de leur originalité.

Le mari,  car c’est de lui qu’il s’agit,  soutenait la méconnaissance de la liberté du mariage, était une composante de la liberté personnelle, dès lors qu’il était dans l’impossibilité matérielle de fournir la garantie de l’art. 277.

Il ajoutait que cette disposition était un obstacle au droit de vivre avec sa famille et  (au contraire) de se remarier. Bref, de mener une vie normale.

Et le Conseil constitutionnel d’analyser.

D’abord, l’art. 2 de la déclaration des droits de 1789, qui prévoit que le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme, comme la liberté.

Là, j’ai eu du mal à comprendre ce que venait faire l’art. 2 dans cette galère: j’imagine finalement  que l’association politique, c’est ici l’Etat qui édicte l’art. 277 dans son Code civil.

Puis, le Conseil  développe sur l’art. 4 de la même déclaration, celui sur la liberté. Il nous dit donc que,  certes,  on est libre de se marier et de mettre fin au mariage. Et pan, on retrouve alors la formulation classique désormais rue de Montpensier. Je cite :

« Il est cependant loisible au législateur d’apporter à la liberté (…) des limitations (…) justifiées par l’intérêt général, à la condition qu’il n’en résulte pas d’atteintes disproportionnées au regard de l‘objectif poursuivi ».

Et on juge que la protection du conjoint  est un objectif d’intérêt général.

Et puis, là encore, je n’ai pas bien saisi, on ajoute que,  suivant le 10ème alinéa du préambule de la constitution de 1946, la nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à son développement, et qu’il en résulte le droit de mener une vie familiale normale. ( ???)

Bref,  c ‘est constitutionnel.

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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En quelques semaines, j’ai la preuve,  à travers deux dossiers, les deux seuls dossiers dans lesquels mes clients,   créanciers,  ont été désignés comme contrôleurs, sur mes conseils, j’ai la preuve de l’utilité et de l’efficacité de la mesure.

La première fois a été une bagarre monstrueuse devant un tribunal de commerce,  hostile par principe, dès lors que :

On ne touche pas aux prérogatives de l’administrateur judiciaire et du représentant des créanciers qu’on a désignés, même s’ils sont fautifs, ou défaillants,

Le contrôleur n’est pas un avocat « ami » du moment, c’est-à-dire dans la bande des avocats bien comme ils pensent qu’il faut qu’il soit, dans le même club officiel ou de pensée. Il parait trois points compris.

Le contrôleur soutenait à ses frais avancés qu’il fallait passer du redressement judiciaire impossible à la liquidation judicaire. Le tribunal a dit non. Appel du contrôleur. La cour a dit oui et a déjugé le tribunal.

La seconde fois est ce jour, mais le cadre est différent. On est devant un tribunal civil,   avec donc des magistrats professionnels, sans aucun doute moins sensibles aux tenues,  qui gère la procédure collective d’une société civile. Qui a trompé son monde en se plaçant en sauvegarde, alors qu’elle était à l’évidence en redressement judiciaire.

Il aura fallu  pour cela que le contrôleur tape du poing à une audience de poursuite d’activité, avertisse qu’il mettrait en demeure le représentant des créanciers de demander la conversion au moins en redressement judiciaire, et mieux en liquidation judiciaire, pour que – quel bonheur – on l’informe enfin de la requête en conversion présentée par le représentant des créanciers.

Quelques jours avant d’engager lui-même comme contrôleur, au lieu et place du représentant des créanciers défaillant, la procédure de conversion comme le permet la loi.

Et le combat du contrôleur n’est pas terminé. Il va maintenant exiger que le représentant des créanciers poursuive son boulot, qui doit,  entre autre chose que de recevoir des déclarations de créance et les classer soigneusement. Et qu’il engage les procédures d’extension sur flux anormaux.

Que les créanciers  des faillites n’hésitent pas à des faire désigner comme contrôleurs et à choisir des avocats combatifs. Comme moi.

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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Par leurs propos lénifiants, pape en tête, sans compter l’épiscopat français, l’église catholique romaine trahit les autres chrétiens, spécialement ceux d’Orient.

Ce n’est pas nouveau. On l’avait déjà vu en Algérie.

Ce qui est désespérant est que la naïveté de ces gens-là se confond à la duplicité. Il fait absolument les empêcher de parler du royaume de César.

Qu’ils laissent faire la société civile.

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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MISCELLANEES : L’ADORABLE STYLE TRUMP

Je suis sur la liste de diffusion quotidienne des messages de Donald TRUMP dans sa campagne électorale.

Le style est inimitable. Non seulement j’approuve, mais j’adore.

Il y a une heure à peine :

« Hillary is crooked. And she is a liar ».

Hillary est malhonnête. Et c’est une menteuse.

Et encore :

« The best way to deal with Croocked Hillary is to bear her ».

La meilleure solution pour traiter Hillary la Malhonnête est de la battre.

Et en plus, il organise des paris sur son nom.

Très fort TRUMP, très fort.

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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« Le Canard enchainé » de cette semaine publie un petit dessin,  sous un intitulé : « Erdogan atteint son rythme de croisière ».

On y voit ainsi deux militaires,  au garde à vous, l’interrogeant :

 « Doit –on continuer les purges, Monsieur le président ? »,

Et la réponse présidentielle :  « Et profitez de l’occasion pour nous débarrasser du reliquat d’Arméniens ».

C’est à verser au dossier de l’hypothétique adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer.

Les Turcs  n’ont ni intérêt ni envie d’intégrer cette union  là. Ils ont mieux à faire au Proche-Orient, mais c’est dur, car ils s’y sont mal pris.

Par bernard.kuchukian le 29/07/16
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Avant de quitter la chancellerie, dans quelques mois (ou quelques semaines, au rythme où vont les choses), le garde des sceaux annonce une première réforme de l’accès à la profession d’avocat.

Il commence petit.

On crée en effet un examen (vous avez bien lu, un examen) national d’entrée aux écoles d’avocat, mais en 2017 seulement.

On annonce aussi  que cette unification n’est que le premier volet d’une réforme d’ensemble de ce que souhaite la chancellerie.

On rappelle alors que la bâtonnière sortante du barreau de Paris avait sagement alerté sur l’urgence à repenser le mode de sélection à l’examen du C.R.F.P.A.,  à l’origine a-t-on dit et surtout écrit  « du nombre exponentiel d’avocats. »  Exponentiel veut dire ici croissance continue et un peu abusive.

Ces choses là sont ainsi exprimées  délicatement, et à la parisienne. En français vernaculaire, voilà qui signifie qu’on se dirige lentement,  mais surement vers,  non plus un examen national d’entrée, mais vers un concours national d’entrée. Ce qui signifie avec un nombre précis de postes à pourvoir. Le numerus clausus.

C’est une excellente chose. 

C’est vrai  aussi que mon point de vue est personnel voire dédaigneux.

Le concours national d’entrée, moi je l’ai réussi en 1969, très honorablement au surplus compte tenu des circonstances, sans préparation aucune,  et  à l’Ecole nationale de la magistrature, avant de bifurquer vers le barreau.

Quelquefois, et plus souvent qu’on croit, le je regrette, surtout en ayant fait carrière à Marseille. Ou à quelques exceptions brillantissimes (suivez mon regard ailleurs), la médiocrité ambiante  a été soigneusement cultivée.

Mais c’est une autre histoire suivant la formule habituelle, comme aurait dit KIPLING. Parait-il.