bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 19/01/17
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Je me sens très sensible au Brexit, plus que tout autre,  parce qu’à l’époque, l’intégration  du Royaume uni à l’Europe avait donné lieu à un référendum.  J’avais même présidé un bureau de vote. Je me dis donc que ce jour-là,  comme d’autres j’ai perdu mon temps.

Certes, quand on sait que les avocats anglais portent  leur ridicule perruque pour plaider, même quand il fait très chaud, on se dit que,  décidemment, ces gens-là ne sont pas comme nous.

Cependant,  quand on voit aussi  que la première ministre britannique annonce,  comme une des solutions de la crise,    de transformer le royaume en zone franche, donc sans impôts, j’ai changé d’avis.

Je suggère au Conseil national des barreaux de  négocier collectivement avec les pouvoirs publics le port de la perruque pour les avocats français,  en l’échange de la transformation de la France en zone franche, sans impôts.

Attention, ce n’est pas si sot que cela.

Voyons, les zones franches françaises actuelles correspondent bien à des morceaux de territoire « à problème »,  avec des populations allogènes, où beaucoup de femmes portent déjà le voile islamique. Alors…

Par bernard.kuchukian le 19/01/17
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Paul LOMBARD n’est plus.

Les commentaires les plus flatteurs circulent sur lui. C’est à peine si on parle de l’affaire de CANSON,   dans laquelle on a monté  à l’époque une cabale contre lui, trop médiatique, qui lui a  finalement couté l’  Académie française.

Je ne sais pas si demain, à la messe qu’on donnera pour sa mémoire en l’abbaye de Saint-Victor à MARSEILLE, viendra le conseil de l’ordre en robe et tout le tralala.

Ce serait alors un sacré pied de nez posthume  du défunt.  Je ne sais pas si dans l’au-delà il le verra, il en rigolera surement.

Car je me souviens du temps où j’étais stagiaire chez lui,  et du nombre d’emmerdements  que lui faisaient  les conseils de l’ordre,  minables et étriqués  de  l’époque, jaloux  de son succès médiatique,  au demeurant justifié. Le talentueux Paul LOMBARD,  qui avait aussi inventé la publicité pour les avocats – il était en avance, non ? – la faisait avec classe et élégance.

Ca ne plaisait pas à ceux qui,  majoritaires,  presque unanimitaires,  n’étaient au niveau.

Que de fois, à cette époque, justement parce que je travaillais pour lui,  j’ai  entendu les moqueries minables de ceux qui le jalousaient, et n’avaient pas même le courage de l’affronter. C’est vrai qu’ils n’avaient pas le niveau.

J’imagine même qu’il y a eu un rapport en ce temps avec mon déclassement au  concours du stage.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si comme d’autres très grands, il n’a jamais été élu nulle part dans la profession.

Les journalistes disent à tort qu’il aurait été l’élève d’Emile POLLAK. Si grand qu’on a donné son nom à une rue.  C’est inexact.

Un jour, Gilbert COLLARD à qui je disais le ridicule du nombre de mes électeurs m’avait toutefois  consolé en me rappelant  que j’en avais fait nettement plus que POLLAK,  lorsqu’il s’était présenté au bâtonnat.

Justement, Paul LOMBARD   était bien supérieur aux médiocres du temps,  dont il n’est pas évident du tout que leurs successeurs aient fondamentalement changé,. Je pense aussi  à l’ autre avocat – que je ne suis pas -  et c’est aussi pourquoi, ayant tout compris, il a finalement  quitté un barreau provincial, pour celui de Paris. Et il a très bien fait. C'est lui qui avait eu raison.

Voici aussi pourquoi je serai demain à Saint-Victor.

Par bernard.kuchukian le 18/01/17
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Seuls les anciens comme moi s’en souviennent.

C’était le temps de la première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1965. En ce temps-là,  il n’y avait pas d’obligation des 500 parrainages.

Alors, à l’époque,  on a eu  six candidats, dont beaucoup d’extrêmes suivant TIXIER VIGNANCOUR:

 Le général de GAULLE, de l’extrême catastrophe, qui fut mis en ballottage, Jean LECANUET,  de l’extrême onction (1), Jean-Louis TIXIER VIGNANCOUR, notre confrère, mon préféré, candidat de l’extrême droite, François MITTERAND, qu’on disait de l’extrême gauche, un sénateur Pierre MARCILHACY,  et un certain Marcel BARBU.

Qui avait pleuré pour qu’on vote pour lui. C’était délirant.

Non, heureusement qu’il y a aujourd’hui  le barrage des 500 parrainages, car nous avons désormais un candidat du type  super BARBU, un certain François BERVAS. Allez voir son site Internet.

Grands points de son  programme.

Plus de terrorisme. La France sera un pays de rêve. Bon, jusqu’ici, ça va.

Renouvellement de l’élite. Suppression de l’E.N.A. Jusque-là, ça va encore (j’ai raté dans le temps le concours d’entrée). Elections à un seul tour avec un mandat à 5 ans. Pourquoi pas. Réserver tous les postes au départ aux moins de 25 ans. Aie.

La France quitte l’O.T.A.N. pour devenir le plus grand marchand d’armes du monde. Pas si idiot, pour les armes, ça rapporte gros.

Suppression de l’éducation nationale, de la commune, des mairies de Paris, Lyon et Marseille, création de 5 régions seulement, Hou la-là.

Suppression, du Code du travail, remplacé par un texte de 50 pages seulement. Aux abris.

Financement des partis et syndicats par les seules cotisations de leurs membres. Excellent.

Regroupement de tous les ministères en un seul, et revente de tous les hôtels châteaux disponibles. Excellente idée, surtout si je suis appelé, comme j’imagine alors des centaines d’autres, dans le ministère unique, et que je peux acheter à un bon prix un hôtel château. Sinon, je prends aussi un poste d’attaché dans une belle ambassade. Rome, Washington, Ottawa, Madrid.

Grands travaux parisiens. Là, BREVAS déconne : il veut construire 10 tours de 150 étages chacune à Paris. Mais il a raison  sur son projet irréel de doublement du périphérique intérieur.

Social. Privatisation de la RATP, de la SNCF, d’EDF et d’AREVA. C’est complètement con, personne n’en voudra.

Libre commerce du tabac à prix réduit. Je m’en fous, je ne fume pas. 

Obligation de sortir avec un C.A.P. des prisons, sinon, on est envoyé en Guyane, non pas au bagne, mais dans des tentes en toile.

Et encore, port de l’uniforme en maternelle, primaire et secondaire,  création d’une garde présidentielle. J’en oublie.

Bon, c’est fou globalement.

Sauf que par ci par là, il y a des idées. Non ?

 

(1) Une idée pour surnommer un candidat de droite

Par bernard.kuchukian le 17/01/17
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Je m’étonne de constater que ma récente  mise en ligne de la superbe étude de l’avocat général LYON – CAEN en 1936 à la Cour de cassation ait eu finalement si peu de lecteurs.

Il est vrai que le texte est long, donc on ne le lit pas et on a tort.

 

Alors, j’en extraits un passage,  qui va en faire saliver plus d’un.

« « Jusque-là, les questions d’étiquette soulevaient parfois des difficultés sérieuses de la part des avocats, qui y attachaient une importance qui nous paraît aujourd’hui excessive et puérile.

« « Tantôt,  ils prétendaient avoir le droit de porter au Parlement, lors des audiences solennelles, « aux bons jours », comme dit LOISEL, la robe d’écarlate, violette ou rouge, prétention à laquelle ils paraissent avoir renoncé au XVI ème siècle.

« « Tantôt,  ils revendiquaient le privilège des avocats généraux de parler les mains gantées.

« « Un arrêté du Parlement de Bourgogne du 10 mai 1610 dut leur interdire de paraître à l’audience avec des gants, hiver comme été.

« « Le Parlement de Paris, moins rigoureux,  mais soucieux de ne pas placer les avocats sur le même pied que les gens du roi, les autorisait à plaider une seule main gantée. » »

Etait-ce vraiment excessif ou puéril ?

Par bernard.kuchukian le 17/01/17
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LIsez dans Le Monde daté de demain l'éloge magnifique (y compris la zone d'ombre) de Luc LEROUX sur Paul LOMBARD.

Aussi grand que beau.

Bravo LEROUX.

Par bernard.kuchukian le 17/01/17
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On prend presque les mêmes on change le nom et on continue.

Ah, si on apprenait que les CREPA deviennent la CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS.

Par bernard.kuchukian le 17/01/17
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Il en meurt quelques-uns en ce moment,  et  la chronique nécrologique des avocats  fait écrire aux survivants des choses très révélatrices  que remarquent évidemment les journalistes qui recueillent leurs propos.

Pour les plus grands, on évoque ce qu’ils ont fait de bien. Souvent, l’avis  nécrologique a été préparé à l’avance, avant le décès,   exactement comme un communiqué de presse.

Pour d’autres, moins grands, mais remarqués cependant,  qui n’ont rien préparé à l’avance on lit souvent qu’ils ont été gentils, confraternels, et qu’ils n’ont « jamais eu d’histoires ». A l’évidence, les communiqués ont été préparés par le bâtonnier du moment et/ou le conseil de l’ordre.

Et alors, le « jamais eu d’histoires » révèle  le sens de la médiocrité,   recherché collectivement.

C’est vrai, quoi, en raison même de la fréquentation de ses clients, un avocat est OBLIGé d’avoir  eu un jour ou l’autre « des histoires » et d’avoir su les surmonter, et les annuler.

Paul LOMBARD qui vient de décéder  en avait surement  eu comme tous, mais comme il était le plus grand, une légende écrivent certains journalistes,  il avait ainsi démontré sa supériorité.

C’est bien pourquoi il s’était inscrit au grand barreau de Paris en un temps,  où ailleurs  l’ordinaire est la banalité organisée par les conseils de l’ordre.

Dans le temps, dès  le premier contact que nous avions eu,  en 1970, il y a bien longtemps, il m’avait appris une chose fondamentale, que beaucoup de confrères ignorent toujours.

L’avocat ne défend pas la justice, mais des clients.

Il ne faut pas confondre les deux et assimiler l’avocat à ses clients.

Paul LOMBARD disait que certes l’avocat ne défend pas toujours des gens très recommandables, tels que le cardinal archevêque de  Paris ou le secrétaire perpétuel de l’Académie française… Mais qu' il faut bien reconnaitre cependant que ces importants personnages ont assez peu de contentieux.

Oui, nous venons de perdre un TRES GRAND.

 

P.S. Pourquoi l'avis de messe  corps absent pour vendredi 20 janvier à Saint-Victor  - j'y serai évidemment - reçu hier soir de la batonnière parle-t-elle de Maitre Paul LOMBARD, et pas de "notre confrère" Paul LOMBARD.

Par bernard.kuchukian le 16/01/17
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Pauvre ville, pauvre  de nous. Pauvre préfet de police.

Pauvre procureur, dont les statistiques ont été confirmées…

Samedi 14 janvier, à grand coup de publicité locale, la municipalité a déclaré qu’on était capitale du sport 2017.

Alors,  on a installé  sur le Vieux – Port une patinoire publicitaire,  financée par une grande marque de boissons plus ou moins alcoolisées, il parait qu’on a renforcé la sécurité, j’en passe et des meilleures.

Non, la meilleure est que pendant ce temps, des braqueurs,  qui avaient sans doute besoin d’heure exacte, sont allés vider,  en plein jour la boutique Rolex, rue Grignan, en plein centre-ville,  dans un   endroit que les vieux commerçants de Marseille appellent le carré d’or.

Il  y a là Rolex, Vuitton, et même les bureaux de la future banque Rothschild – Martin-Maurel, maintenant que la première a absorbé la seconde.

C’est dans la même rue que la maison de l’avocat.

Et à 100 mètres de mon bureau.

Joli pied de nez, non ?

Par bernard.kuchukian le 15/01/17
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Il fut mon maitre de stage entre 1970 et 1972.

C’est un très grand avocat qui est parti ce soir à un peu moins de 90 ans.

Un autre monde dans lequel  j’ai pu vivre un peu comme ceux pour qui il était un phare.

A ses trois enfants, Bruno, Babette et Martine, toutes mes doléances.

J'associe à son souvenir celui qui fut son confesseur, son ami, son complice, le dominicain Georges DURAND, lui meme décédé voici trois ans.

Par bernard.kuchukian le 15/01/17
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Je viens de citer littéralement l’avocat général LYON-CAEN,  s’exprimant en 1936 sur les costumes d’audience, et terminant par une citation de LA FONTAINE.

Les plus anciens savent que j’ai beaucoup fait appel à ce dernier,   au cours des dernières années, au point de l’avoir placé en membre correspondant de notre  blogosphère.

Voici donc  la fable de référence (livre V, la 14ème).

 « L’âne portant des reliques »,  

Qu’il a,  sans doute,  écrite d’après ESOPE.

« « Un baudet, chargé de reliques,

S’imagina qu’on l’adorait.

Dans ce penser, il se carrait,

Recevant comme siens, l’encens et les cantiques.

Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit :

« Maitre baudet, ôtez-vous de l’esprit,

Une vanité si folle.

Ce n’est pas pour vous, c’est l’idole

A qui cet honneur se rend.

Et que la gloire en est due. »

D’un magistrat ignorant

C’est la robe qu’on salue. » »

On imagine aussi  que les avocats de l’époque avaient fait pression sur le fabuliste somptueux pour ne pas apparaitre dans le texte.