bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Alors voilà,  on continue l’ordre de grève, parce que la grève,  je ne sais pas vraiment en vérité.

Tiens au passage, les experts comptables et les notaires doivent se régaler. Et rigoler.  

Vous imaginez les  clients qui croient que leur avocat rédacteur d’actes fait la grève,  et qui,  du coup vont voir ailleurs.

Je lis  maintenant la liste  pour lundi 9 avril des délégués officiels à la grève.

Pour le Tribunal de commerce, on a alors  trouvé le plus aristocratique d’entre nous, avec deux particules S.V.P.

Mais voyons pourquoi l’aristo chez les commerçants ?

D’accord,  c’est chez les manants à pognon, mais enfin tout de même !  Des grévistes comme des rouges,  cousins des assassins du roi. Diantre, mais dans quel monde sommes nous passés ?

Mon ami,   le bâtonnier Bernard de GUILHERMIER,  qui va certainement commenter ce billet directement ou en off, par piété, Bernard, ne t’étouffe pas.

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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C’est  dans « L’Arménie d’antan, voyage à travers l’Arménie d’avant 1915 »,  récit  album de cartes postales. C’est tout à fait admirable, je l’ai déjà écrit.

L’auteur Jean-Claude KEBABDJIAN, reproduit aussi  le journal de son père,  à la fin du XIXème siècle.

C’est le même style que le récit de voyage pétrolier,  plus à l’est aux confins de l’Arménie, du Haut Karabakh et finalement de l’actuelle Azerbaïdjan du célèbre Calouste GULBENKIAN, plus tard Monsieur cinq pour cent. Je l’ai évoqué ici.

Je cite :

 » Je quittai SMYRNE par le Tigre, paquebot des Messageries maritimes qui,  chaque quinzaine  venait du Pirée pour remonter par CONSTANTINOPLE, SAMSOUN et TREBIZONDE, jusqu’à BATOUM » (Batoumi aujourd’hui)

Oui encore les Messages maritimes de … MARSEILLE.

Plus loin, dans les faubourgs de TIFLIS, la capitale de la Géorgie, évocation des vignerons d’autour cette ville, avec d’énormes cruches de plusieurs hectolitres.

« « Ce sont les plus grands buveurs de la terre, et à coté d’eux, nos sociétés de buveurs arméniens font pale figure » », écrivait-il.

Et alors,  la reproduction d’une carte postale  du temps,  reproduisant une  bonne quinze d’hommes bien en joie,  certains assis sur des tonneaux, leurs femmes de chaque coté,  avec une devise en russe, traduite en français « Société de buveurs arméniens, une autre en russe encore, traduite encore en français « types d Caucase ».

Il y a même la traduction en français d’un poème à la gloire des artisans du vin,  écrit par un certain GRICHAHVILI, la bénédiction d’un oustabache.

Dire  que j’ai du sang arménien et aussi géorgien par mon arrière grand-mère. Les Géorgiens sont eux à la fois poètes et buveurs.

Mais il s’est mélangé, et même avec des Français, je ne suis pas un buveur. Ni un poète non plus, on le sait.

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Oh, non la formule n’est pas tout à fait de moi,  mais elle est la mise à jour d’une formule qu’utilisait,  quelquefois en cours,  le  maitre absolu du droit commercial, le professeur Alfred JAUFFRET, juste avant de prendre sa retraite. Pensez un peu, il avait fait 14-18 et subi 39-45.

Je suis  d’ailleurs exceptionnellement fier d’avoir même un diplôme, signé de lui,  de réussite au concours spécial de droit commercial  qu’on passait en ce temps,  en raison de nos seuls talents,  dans les facultés, parce qu’elles  n’étaient surtout pas l’objet de grèves.  Evidemment comprise, celle de droit d’Aix en Provence, j’en fus responsable avec d’autres à l’époque.

Sa formule à lui, c’était : « en France, en temps normal, entre les guerres ».

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Dans le contentieux des avocats entre eux. Et je ne sais pas tout. On verra bien dans mon recours contre les CARPA, première audience solennelle du 12 avril 2018.

On  comprend parfaitement  la Cour de cassation,  lorsque,  par  l’arrêt  à  moyen unique du  5 avril 2018 (N° 17-27.423),  qu’elle vient de rendre, elle a cassé une décision d’Aix en Provence  et a renvoyé à Lyon, cour d’appel envers qui la confiance parait désormais.

Le tout, c’est exceptionnel,  en  à peine six mois (arrêt d’appel, 31 octobre 2017, arrêt de cassation, 5 avril suivant).

C’est vrai qu’il fallait faire très fort  dans la contestation d’un confrère local,  inconnu de moi pour l’instant (s’il voulait bien se signaler à moi ce serait parfait et je le lui demande ici).

Pour, comme on l’a fait en appel, je cite, pour considérer que « pour rejeter le recours, après avoir constaté que le bâtonnier en exercice avait détruit le matériel et les documents électoraux à l’appui du procès-verbal des opérations de vote avant l’expiration d’un délai de recours ouvert au procureure général, l’arrêt retient que le bâtonnier n’a commis aucune faute, dès lors qu’aucune disposition n’interdit la destruction de ces pièces ».

Et pour être bien claire, dès fois qu’on ne veuille pas bien comprendre :

« en, statuant ainsi, alors qu’une telle destruction faisait obstacle au contrôle du juge de l’élection, la cour d’appel a violé les textes ».

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Aux KUCHUKIAN de SMYRNE

Je découvre  un gros ouvrage de compilation de cartes postales,  « L’Arménie d’antan, voyage à travers l’Arménie d’avant 1915 »,  aux éditions H.C. à Paris,  sous la direction  de Jean-Claude KEBABDJIAN.

Elle  comporte,  à sa tète  une superbe carte de l’Arménie, pas celle rabougrie de la montagne,  où elle est réduite,  depuis le traité scélérat de LAUSANNE.

Scélérat,  comme nous le définissait bien jadis à sciences po le professeur de LA PRADELLE. 

 

Non, la grande, avec Trébizonde,  à l’ouest sur la mer noire, et au sud-est avec la Cilicie sur la mer méditerranée.

Dressée  évidemment en français,  sans doute à la fin du XIXème siècle  par un capitaine de corvette,  du nom de Z.  KHANZADIAN

Et jusqu’à MOSSOUL,  plus à l’est.  Pour celle-ci, souvenir de SYKES – PICOT, spécialement de PICOT.

Quand la France était alors  un très grand Etat.

Je ne connais pas l’auteur, et je le complimente, car il écrit  aussi,  et il a  bien raison :

« Nous sommes dans l’instant suspendu d’avant le génocide et toutes ces images nous regardent et nous interpellent ».

J’ajoute qu’elles nous décrivent aussi un monde, grand, beau et respectable, anéanti par  le génocide  arménien de 1915,  parachevé par celui pontique de 1922.

L’effacement de la civilisation chrétienne en Orient.

La cause arménienne, c’est aussi cela. 

Pas seulement la célébration,   pour la combattre  évidemment, du génocide partiellement raté  de la  première  civilisation de l’histoire de la chrétienté.

On trouve,  bien sur les cartes postales du temps, avec  je suis toujours touché, les photos de la Douane de SMYRNE,   la perle maritime du temps, le plus grand port commercial aussi, rivalisant avec celui de MARSEILLE, qui était son correspondant.

Et qui parce qu’elle était construite en  pierre, à la française,  pas plus que le consulat général de France, en marbre blanc,  toujours présent,  un peu plus loin sur les quais, construit  sur les plans d’Emmanuel PONTREMOLI, grand prix de ROME.

 Souvenir des miens, mon grand père paternel, mes grands oncles, paternels ou maternels, qui étaient  tous agents maritimes.

Et dont c’était le lieu de travail.

Souvenir que le temps n’a pas effacé, puisque les marques des grandes compagnies maritimes marseillaises du temps y sont toujours aujourd’hui, gravées dans la pierre,  la pierre qui n’a pas pu  disparaitre par le feu, oui encore aujourd’hui :  « Messageries maritimes »,  « Société des quais de Smyrne »

Les Arméniens avaient le monopole du transport de marchandises de toute l’Asie et du Caucase à travers l’Asie mineure,  la Turquie continentale  asiatique d’aujourd’hui  et réciproquement, jusqu’à la mer et depuis celle-ci.

SMYRNE sur la Méditerranée était LE port, le contact. L’unique.

OUI, et finalement,  pourquoi alors les Arméniens ?

Réponse : la confiance.

C’est qu’à la fin de ce billet, je me souviens et comprends peut être enfin dans le très important quartier arménien de TEHERAN,  il y trois ans.

Pourquoi encore eux Arméniens qui sont encore en Iran ? Et mon guide de me dire naïvement : ils  sont dans nos contrées les seuls avec qui on peut traiter en confiance.

La confiance, qui est à la fois leur  force, mais aussi la cause de leur perte, car la confiance qu’on vous fait conduit quelquefois à la naïveté.

 

 

 

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Je suis de ceux qui prétendent que l’application de la loi de 1881 sur la presse,  et même le texte lui-même,  sont désormais totalement dépassés par l’application raisonnée du principe de la liberté d’expression.

Il est   bon  ainsi que les claques reçues de la Cour européenne des droits de l’homme,   données à  la France,   très régulièrement,  aient cet  effet bienheureux.

L’idée est que le caractère pénal de cette vieille législation doit être totalement revu.

Voici alors  de quoi placer dans la réforme  en cours de la justice,  et désencombrer la juridiction pénale, qui a des choses nettement plus sérieuses à traiter.

On verra notamment  l’exception plus loin.

C’est  en tout cas que la chambre criminelle de la Cour de cassation, toujours aussi fine,  voire agacée, a rendu le 27 mars 2018  écoulé, N° 17-84.511 dans  une excellente décision en matière de refus de transmission de  Q.P.C.

Comme quoi on dirait que les critiques du  past président DEBRé ont servi. C’est que le refus de Q.P.C. est  ici exceptionnellement motivé.

On comprend ici  que le royaume du Maroc, partie civile,  se disait diffamé par quelque propos séditieux,  et que,  compte tenu des circonstances, une chambre d’instruction  de cour d’appel avait posé la Q.P.C. suivante :

"Les dispositions des articles 29, alinéa 1er, et 32, alinéa 1er, de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en ce qu’elles excluent qu’un Etat étranger, personne morale étrangère de droit public, puisse se prétendre victime de diffamation commise envers les particuliers, méconnaissent-elles d’abord le droit au recours juridictionnel effectif, ensuite le principe d’égalité devant la justice, et enfin le droit constitutionnel à la protection de la réputation qui découle de la liberté personnelle, tels qu’ils sont respectivement garantis par les articles 2, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?" .

La chambre criminelle lui répond ceci :

« « Aucune des dispositions légales critiquées ne permet à un Etat étranger, pas plus qu’à l’Etat français, d’engager une poursuite en diffamation sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, un Etat ne pouvant être assimilé à un particulier au sens de l’article 32, alinéa 1er, de cette loi . » »

Jusque là, on colle au texte, et on gomme la jurisprudence permettant de retrouver le particulier si son nom n’a pas été exprimé. Déjà, bravo.

Mais la chambre criminelle, est allée au-delà,  et finalement on lui demandait de faire un peu comme le Conseil constitutionnel avec sa conception  de l’exception à la règle  constitutionnelle de l’égalité. Elle ajoute  en effet ceci :

 

« « En premier lieu, il n’en résulte aucune atteinte disproportionnée au principe du droit au recours juridictionnel effectif, puisque ces dispositions protègent les responsables et représentants de cet Etat en leur permettant de demander réparation, sur le fondement de l’article 32, alinéa 1er, précité, dans les conditions qu’elles fixent et telles qu’elles résultent de leur interprétation jurisprudentielle, du préjudice consécutif à une allégation ou imputation portant atteinte à leur honneur ou leur considération, de sorte qu’il est opéré une juste conciliation entre la libre critique de l’action des Etats ou de leur politique, nécessaire dans une société démocratique, et la protection de la réputation et de l’honneur de leurs responsables et représentants . » »

« « En deuxième lieu, le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit ; que tel est le cas, au regard de la conciliation susmentionnée qu’a recherchée le législateur, de la différence de traitement qui en résulte, s’agissant du droit d’agir en diffamation, entre les Etats, quels qu’ils soient, et les autres personnes morales . » »

Ca veut dire quoi finalement ? D’abord, je l’ai écrit, ça signifie l’agacement de la Cour de cassation, elle  qui doit trouver normal qu’on puisse injurier tranquillement   et violenter les Français au nom de l’anti-racisme, et rappelle qu’en l’état actuel, la loi française le permette plus ou moins. Puisqu’on peut toucher à la France en France, on doit pouvoir le faire aussi en France contre l’étranger. Stop.

En aussi, on revient au droit pur, ça veut dire  que lorsque la victime prétendue  n’est pas un particulier,  désigné nommément, l’action pénale pour injure ou diffamation n’existe déjà plus, libre au plaignant,  quel qu’il soit d’aller au civil.

On est désormais sur ce terrain.

Avec une exception peut être, celle que nous avait opposée, toujours sur Q.P.C., mais cette fois-ci transmise par la chambre criminelle.

Que nous avait opposée, en  la rejetant dans l’affaire  de la loi GAYSSOT et de son application, dont nous nous servions avec mon ami Philippe KRIKORIAN pour la  recherche de la pénalisation, qui était régulièrement rejetée  de la contestation du génocide arménien.

La limite était être et  demeurer  seulement l’ordre public et le danger  des propos.

Ce qui avait été parfaitement résumé par un  client et ami de mon excellent confrère et ami,  en sortant du Palais royal où il venait d’entendre un vieux bâtonnier gâteux  plaider sérieusement pour une association turque créée pour la circonstance : « bon KUCHUKIAN, tant que personne ne placera  en France de bombe dans une église arménienne, ou ne tuera personne en raison de son origine arménienne , on pourra toujours dire que les Turcs de l’époque n’ont jamais tué le moindre Arménien, voire que ce sont les Arméniens qui ont génocidé  les Turcs.

 

 

Par bernard.kuchukian le 07/04/18
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Je suis de ceux qui prétendent que l’application de la loi de 1881 sur la presse,  et même le texte lui-même,  sont désormais totalement dépassés par l’application raisonnée du principe de la liberté d’expression.

Il est   bon  ainsi que les claques reçues de la Cour européenne des droits de l’homme,   données à  la France,   très régulièrement,  aient cet  effet bienheureux.

L’idée est que le caractère pénal de cette vieille législation doit être totalement revu.

Voici alors  de quoi placer dans la réforme  en cours de la justice,  et désencombrer la juridiction pénale, qui a des choses nettement plus sérieuses à traiter.

On verra notamment  l’exception plus loin.

C’est  en tout cas que la chambre criminelle de la Cour de cassation, toujours aussi fine,  voire agacée, a rendu le 27 mars 2018  écoulé, N° 17-84.511 dans  une excellente décision en matière de refus de transmission de  Q.P.C.

Comme quoi on dirait que les critiques du  past président DEBRé ont servi. C’est que le refus de Q.P.C. est  ici exceptionnellement motivé.

On comprend ici  que le royaume du Maroc, partie civile,  se disait diffamé par quelque propos séditieux,  et que,  compte tenu des circonstances, une chambre d’instruction  de cour d’appel avait posé la Q.P.C. suivante :

"Les dispositions des articles 29, alinéa 1er, et 32, alinéa 1er, de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en ce qu’elles excluent qu’un Etat étranger, personne morale étrangère de droit public, puisse se prétendre victime de diffamation commise envers les particuliers, méconnaissent-elles d’abord le droit au recours juridictionnel effectif, ensuite le principe d’égalité devant la justice, et enfin le droit constitutionnel à la protection de la réputation qui découle de la liberté personnelle, tels qu’ils sont respectivement garantis par les articles 2, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?" .

La chambre criminelle lui répond ceci :

« « Aucune des dispositions légales critiquées ne permet à un Etat étranger, pas plus qu’à l’Etat français, d’engager une poursuite en diffamation sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, un Etat ne pouvant être assimilé à un particulier au sens de l’article 32, alinéa 1er, de cette loi . » »

Jusque là, on colle au texte, et on gomme la jurisprudence permettant de retrouver le particulier si son nom n’a pas été exprimé. Déjà, bravo.

Mais la chambre criminelle, est allée au-delà,  et finalement on lui demandait de faire un peu comme le Conseil constitutionnel avec sa conception  de l’exception à la règle  constitutionnelle de l’égalité. Elle ajoute  en effet ceci :

 

« « En premier lieu, il n’en résulte aucune atteinte disproportionnée au principe du droit au recours juridictionnel effectif, puisque ces dispositions protègent les responsables et représentants de cet Etat en leur permettant de demander réparation, sur le fondement de l’article 32, alinéa 1er, précité, dans les conditions qu’elles fixent et telles qu’elles résultent de leur interprétation jurisprudentielle, du préjudice consécutif à une allégation ou imputation portant atteinte à leur honneur ou leur considération, de sorte qu’il est opéré une juste conciliation entre la libre critique de l’action des Etats ou de leur politique, nécessaire dans une société démocratique, et la protection de la réputation et de l’honneur de leurs responsables et représentants . » »

« « En deuxième lieu, le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit ; que tel est le cas, au regard de la conciliation susmentionnée qu’a recherchée le législateur, de la différence de traitement qui en résulte, s’agissant du droit d’agir en diffamation, entre les Etats, quels qu’ils soient, et les autres personnes morales . » »

Ca veut dire quoi finalement ? D’abord, je l’ai écrit, ça signifie l’agacement de la Cour de cassation, elle  qui doit trouver normal qu’on puisse injurier tranquillement   et violenter les Français au nom de l’anti-racisme, et rappelle qu’en l’état actuel, la loi française le permette plus ou moins. Puisqu’on peut toucher à la France en France, on doit pouvoir le faire aussi en France contre l’étranger. Stop.

En aussi, on revient au droit pur, ça veut dire  que lorsque la victime prétendue  n’est pas un particulier,  désigné nommément, l’action pénale pour injure ou diffamation n’existe déjà plus, libre au plaignant,  quel qu’il soit d’aller au civil.

On est désormais sur ce terrain.

Avec une exception peut être, celle que nous avait opposée, toujours sur Q.P.C., mais cette fois-ci transmise par la chambre criminelle.

Que nous avait opposée, en  la rejetant dans l’affaire  de la loi GAYSSOT et de son application, dont nous nous servions avec mon ami Philippe KRIKORIAN pour la  recherche de la pénalisation, qui était régulièrement rejetée  de la contestation du génocide arménien.

La limite était être et  demeurer  seulement l’ordre public et le danger  des propos.

Ce qui avait été parfaitement résumé par un  client et ami de mon excellent confrère et ami,  en sortant du Palais royal où il venait d’entendre un vieux bâtonnier gâteux  plaider sérieusement pour une association turque créée pour la circonstance : « bon KUCHUKIAN, tant que personne ne placera  en France de bombe dans une église arménienne, ou ne tuera personne en raison de son origine arménienne , on pourra toujours dire que les Turcs de l’époque n’ont jamais tué le moindre Arménien, voire que ce sont les Arméniens qui ont génocidé  les Turcs.

Par bernard.kuchukian le 06/04/18
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Voilà qu’on reçoit,  tous les jours,  et quelquefois plusieurs fois par jour,  des courriers électroniques nous avisant de la suite de la grève des avocats du barreau de Marseille, dont tout le monde se fiche parfaitement en haut lieu. Et ailleurs aussi.

Mais, ça fait plaisir au conseil de l’ordre local,  qui justifie, mal au demeurant, son existence,   et à son bâtonnier du moment, qui justifie ainsi sa rémunération, et ses avantages fonctionnels. On  refait  le monde, à défaut,  pour certains d’avoir pu accéder à la loge maçonnique de l’autre, avec son tablier et son cérémonial de maternelle supérieure, le tout pour jeter l’anathème.

L’ennui, c’est que ça ne marche pas, ça ne marche plus, car le problème récurent posé  désormais  dépasse de très loin tous ces parfaits couillons. Car c’est gentil,  couillons.

Et puis, ces grévistes organisés,  qui se prennent pour des damnés de la terre,  qu’ils ne sont pas, ont complètement oublié que,  voici à peine une année,  ils votaient en bloc pour celui, génial, je parle bien sur du président Emmanuel MACRON, qui va faire avec eux ce qu’il aura envie de faire, c’est-à-dire les laisser à leur statut de couillons ordinaux (je n’ai pas écrit de couillons  ordinaires).

Au passage, c’est toujours étonnant de constater que des gens « normaux »  voire intelligents sombrent dans l’imbécilité collective inversement proportionnel au poste électif,  après leur élection quelle qu’elle soit. Il doit bien exister un sociologue à avoir donné son nom de famille à ce curieux phénomène.

Enfin quoi, où avez vu une profession libérale faire grève,  donc arrêter toute activité rémunérée, en plus au préjudice des clients qui sont censés le avoir payé pour  le contraire, au motif qu’on l’Etat  serait ingrat ?

C’est la quintessence de l’imbécilité crasse.

Le pouvoir leur dit alors,  la preuve que vous n’êtes pas bons et ne servez à rien, c’est que votre grève ou pas, la machine tourne,  mal peut être mais,   en plus on s’en fout.

Pourquoi on s’en fout, parce qu’on veut le fric pour nous, et nos amis notaires, experts comptables et autres professionnels de la richesse et non de la misère revendicative.  

On en a assez de filer du fric aux A.J., aux aides aux avocats des migrants, aux pleurnichards de tout genre. Démerdez-vous.

Et puis au juste, qui donc fait la grève ?

Ceux qui l’ordonnent,   une vingtaine d’élus,  fiers d’avoir marqué cette qualité sur leur papier à lettres, comme jadis dans la chanson de Juliette Greco, mais c’était là de faire des pâtés sur les cartes d’identité, avec recommandation d’aller plutôt faire de la cuisine.

Ces élus là   n’ont plus aucune représentativité et ceux qui les suivent,  une poignée  tout au plus de simple porteurs de robes, conçues comme des uniformes, continuent à être hors des clous.

La vérité c’est que la profession est trop beaucoup nombreuse par rapport à la matière. A Marseille, exceptionnellement.  Elle refuse depuis des décennies l’inévitable   limitation de son entrée. En plus, la  qualité des nouveaux ceux qui n’ont que les droits qu’ils se croient,  est mauvaise.

Les clients font le choix,  au demeurant moins nombreux, et on en revient alors  au proverbe chinois. Ici, c’est vu le nombre, quant les gros maigrissent, les maigres meurent.

Tiens au passage, c’est l’idée que dégageait l’autre jour  ce proverbe chinois lors d’une réunion de diététique à laquelle j’étais convié par le service d’oncologie de l’hôpital de La Timone.  Pour moi et l’instant, tout va bien, je n’ai pas perdu un gramme.

Pour le surplus, c’est le cas de contempler désabusés,  ce monde qui s’effondre tranquillement, et surtout bêtement. 

En brandissant leurs  bouts de chiffon noirs, et en refusant  les visionnaires et les réalistes. Pourvu que ce ne soit pas trop tard.

Par bernard.kuchukian le 05/04/18
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Le Monde daté de ce jour publie plusieurs articles relatifs au Proche orient et spécialement aux rapports entre la Russie et la Turquie. On parle à la fois d’économie et de politique.

L’économie, c’est la révélation que les Turcs d’ERDOGAN n’ont plus rien à foutre de l’Europe qui ne veut pas d’eux.

Sauf que les Turcs ont compris et ont bien fait de  le comprendre, ils sont redevenus ottomans, ils caressent la recherche de leur puissance d’antan, y compris en construisant des réacteurs atomiques,  alors que les crétins d’Allemands et de Français veulent les fermer,  au nom de la verdure.

Je suis désolé, non je n’ai pas changé de camp, la Turquie est un très grand pays, une grande puissance, et elle mérite autre chose que le dédain pseudo démocratique bien pensant,  que nos dirigeants qui n’y comprennent strictement rien,  lui accordent cependant.

Encore un effort pour reconnaitre,  sous une formule ou une autre le génocide de 1915  et celui pontique de 1922, tiens par exemple en 2022, et on y sera.  Sans doute même, quelle étonnante surprise ce serait alors, ce sera par ERDOGAN.

C’est le volet politique de cet article qui est encore plus intéressant et se raccorde à ce qui précède.

Les Turcs ne veulent pas de l’autonomie des Kurdes. Et les Russes les soutiennent, pour sauver la Syrie. Les Kurdes, c’est dramatique pour eux, tout le monde s’en fiche sauf en France. On s’en fiche parce qu’ils ont exterminé les Arméniens en 1915, et qu’ils joueront les boucs-émissaires du génocide de l’époque. Alors…

Alors surtout que la diplomatie russe est désormais, c’est un usage constant, en mains de chrétiens du Caucase. Il y une quinzaine d’années, je suis en famille,  le géorgien Edouard CHEVARNADZE, et ensuite l’arménien Sergei LAVROV.  Oui Arménien et même de Géorgie puisque ses parents y étaient nés et qu’ils ont plus tard « russifié » leur nom de famille.

Alors, on a de la mémoire quand on  est arménien, trop même, et qu’on dirige désormais depuis quinze ans la diplomatie russe, en totale osmose avec  notre ami, le président POUTINE, on met les points sur les i et les barres sur les t.

En rappelant aux Américains qu’ils se mêlent ici de ce qui ne les regarde pas, et aux Français qu’ils sont  déconsidérés depuis longtemps (depuis le temps qu’ils ont oublié que la France monarchique puis républicaine a été le protecteur naturel des chrétiens d’Orient).

Et qu’on ne leur donnera pas même un strapontin autour de la table de règlement du conflit à ANKARA,   dans le nouveau palais d’ERDOGAN,  que je ne connais pas, ou à TEHERAN, dans la salle du trône du  GOLESTAN (que je connais, elle).

Par bernard.kuchukian le 05/04/18
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Pour les crétins  barbares qui s’offusqueraient encore de la présence de la rubrique "Armenorum" sur blog avocats,  ils n’osent cependant pas le dire, ce billet est déjà à placer dans la catégorie de la défense des droits de l’homme.

La plus simple.

La vie.

On me signale un ouvrage,  que je n’ai  malheureusement pas lu, écrit en italien par Valentina KARAKHANIAN et Omar VIGANO, très certainement avec le concours actif de Pierre KUCHUKIAN, le consul général honoraire d’Arménie à MILAN.

Malgré nos efforts,  bien que chez lui comme chez moi, tout le monde sauf  après le second conflit mondial, s’appelle Jean, Jacques, Pierre, Paul, Antoine ou Vincent, nous n’avons pas pu établir de lien de parenté entre nous deux.

C’est,  après consultation des archives secrètes du Vatican, ouvertes 100  ans après le génocide de 1915,, donc en 2015.  Elles regroupent des lettres écrites en italien ou en français par des ecclésiastiques et des laïcs, témoins du génocide, envoyées au Vatican tenu,  alors par le pape BENOIT XV, dans l’espoir qui fut parfaitement vain,  d’une intervention.

Ces correspondances témoignent des déportations et des massacres perpétrés sur les populations arméniennes chrétiennes.

Ceux qui se convertirent à l’islam étaient épargnés.

Ces archives comportent également les réponses des dirigeants « jeunes turcs » de l’époque prétextant une révolte des Arméniens ainsi que leur passage à l’ennemi russe.

L’ouvrage indique quelques interventions successives pontificales et l’absence totale d’autorité politique du pape.

Pratiquement, je rappelle aussi que le Vatican a attendu un siècle,  donc en 2015 pour reconnaitre, alors  en termes aussi officiels, que fracassants,  et pour la première fois, par le pape FRANCOIS, l’évidence que le monde entier connaissait jusqu’alors sauf lui.

Je rappelle aussi que j’avais ici critiqué TRES VIVEMENT son silence, sur le génocide,  lors d’un voyage qu’il avait fait en Turquie, quelques années avant 2015.