bernard.kuchukian

Par bernard.kuchukian le 17/09/18
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On me rapporte,   non pas une affaire de faux avocat, c’est banal, et quelconque.

Oui le quidam  qui se fait imprimer des cartes de visite,  qui trouve des clients,  on ne sait pas comment, car il n’a pas de cabinet localisable, encore qu’il puisse s’installer avec une plaque dehors, ça marchera un temps surtout dans une grande ville. Le gars  qui ainsi  va plaider et qui même peut avoir des succès. Le CAPA n’a jamais donné le talent.

Il parait que c’est tout à fait exceptionnel,  désormais,  encore heureux,  puisqu’avec les mesures de sécurité ambiantes, on vous demande votre carte d’identité professionnelle systémiquement pour entrer au Tribunal,  en principe (sauf bizarrement  dans les tribunaux de commerce,  voire aux prudhommes). Passons.

Non, mon histoire est finalement plus astucieuse, en raison de la question de l’obligation à  la carte professionnelle.

Il parait qu’on peut  se faire passer pour collaborateur d’un avocat, si possible un très connu, et on réussit à le faire croire aux gogos. En leur faisant savoir,  il faut sans doute un démarcheur intermédiaire, que compte tenu de leur âge, les clients sont sans doute âgés et crédules.  On leur fait  savoir que leur patron peut s’occuper d’eux, et que pour cela il leur envoie son collaborateur à domicile.

Il parait que ça a marché et qu’un faux collaborateur de vrai avocat, ce dernier   qui n’en savait évidemment rien,  a même réussi à recevoir des honoraires importants  en se rendant au domicile des victimes.

Je ne peux pas donner  pour l’instant de développements plus précis sur cette affaire.

Voici en tout cas qui donne à réfléchir aux jeunes confrères, vrais, qui se plaignent,  avec raison,  de ne pas avoir de clients.

Allez donc, c’est interdit, rencontrer vos futurs clients chez eux.

Par bernard.kuchukian le 17/09/18
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La presse rapporte que le LIDL du marché aux puces de Marseille, dans son extension de quartier arabe, il faut bien appeler les choses ainsi (en français plus distingué, on dit «  quartier sensible ») a été attaqué ces jours-ci par deux braqueurs qui ont dérobé 15.000 € en numéraire.

Jusque là, c’est un fait-divers presque banal. Il n’y a guère  plus que dans les caisses des supermarchés qu’on trouve du numéraire disponible. Plus aucune banque digne de ce nom n’en n’a. Et si vous en avez besoin, même légalement, il vous faut affronter la Banque de France. Bonjour.

Non, l’information ci-dessus n’est rien sans sa suite. Savoureuse, si on veut.

Il parait en effet que voyant le braquage, les personnes présentes au marché aux puces sont intervenues.

Non, certes  pas pour appeler la police,  voire intercepter les deux braqueurs. 

Non, pour les tabasser et se partager en foule le produit de leur butin.

Puis fuir tous ensemble avant que les badauds subsistant aient compris.

Un conseil à LIDL : installez vous dans des endroits nettement plus surs.  

Par bernard.kuchukian le 16/09/18
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Voici que « Le Monde » publie une déclaration de la  garde des sceaux, reprochant à la commission des lois du Sénat de la République de s’intéresser de trop près à l’affaire BENALLA.

Et la ministre de la justice, dont on comprend bien qu’elle veut surtout  ici protéger la personne du président de la République, invoque le principe de séparation des pouvoirs.

En avant alors de la constitution de 1958.

Sauf que celle-ci ne connait pas le moins du monde le pouvoir judiciaire, mais seulement l’autorité judiciaire, ce qui ne veut pas dire la même chose.

Qu’on veuille bien relire les auteurs de la constitution, derrière lesquels était le général de GAULLE, pas très ami des juges qui l’avaient,  comment dire,   beaucoup déçu pendant l’occupation.

Par contre, la constitution connait très bien le pouvoir exécutif et celui législatif, avec ses deux branches, le Sénat et l’Assemblée nationale.  Elus directement ou indirectement du peuple français souverain. Peut-ici le rappeler ?

Par bernard.kuchukian le 16/09/18
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Le procès PASTOR,  qui s’ouvre demain aux assises d’AIX EN PROVENCE,  va faire couler  beaucoup d’encre.

C’est tout de même celui de l’assassinat de l’héritière de la deuxième fortune immobilière de la principauté de Monaco, venant après celle de la famille du  prince régnant.

C’est sans doute,  en cette  raison, qu’on a délocalisé  ici, une affaire qui aurait normalement du se traiter aux assises des Alpes-maritimes, puisque les faits ont été commis à Nice. Ce n’est  donc pas du n’importe quoi.

Evidemment, les vedettes du pénal ont été appelées.

Et évidemment aussi, il ne va pas manquer de journalistes locaux et parisiens. Bonjour la circulation dans les couloirs du palais Monclar. Les autres avocats pourront toujours  aller voir au rez de chaussée,  en attendant de plaider leurs misérables affaires, quelconques et    banales au premier étage dans la galerie (j’y serai donc  cette semaine). Leurs egos se consoleront en se disant  qu’au moins eux, ils ont été payés légalement  (et encore pour ceux qui auront été payés…)

Justement, je  suis tombé,  hier soir,  sur un débat télévisé  (j’ai oublié la chaine) et l’observation d’une journaliste,  aussi souriante que  facétieuse,  quant au  paiement par le principal accusé,  des honoraires de son avocat.

Aie. Oui, parce qu’il est acquis que l’argent, beaucoup d’argent, des montagnes d’argent, sont au cœur de cette affaire.

Face à un avocat tiers à l’affaire qui était venu là  devant les caméras essayer d’arrondir les angles, elle voulait en savoir plus.

Je cite  alors le bâtonnier CHARRIERE BOURNAZEL,  qui a écrit justement  qu’il existe en France une forme d’immunité non écrite,  dont bénéficient les avocats au titre de l’origine des honoraires qu’ils perçoivent, à la condition toutefois qu’ils soient en règle avec les obligations financières et fiscales légales.

Il ajoutait  que,  demain,  un magistrat peut demander compte à un avocat de l’origine des honoraires qu’il a perçus. Il parait que ça c’est déjà vu  dans une affaire où des hommes politiques furent contraints de se déporter sous la menace d’etre poursuivis, car ils avaient été  payés par une association,   dans une affaire concernant des hommes politiques.

Alors, le bon bâtonnier précité de rappeler les règles fiscales générales. La T.V.A., les espèces, la facture. C’est de la pure forme. Aucun intérêt pour la suite.

Ici, la question vicieuse est  en effet la suivante. Celle de l’origine des fonds.

Il est acquis que  principal accusé  de demain  a reçu,  par le passé,  des millions et des millions d’euros,   qui lui venaient directement ou par intermédiaire familiale de la victime. C’est acquis.

Ces millions constituaient ses seuls revenus.  A moins que l’avocat travaille gratuitement, ce qui n’est pas possible, sauf à justifier qu’il est l’heureux bénéficiaire d’un tirage du Loto, ou que le casino de Monte-Carlo lui a payé son jeu,  il sera donc payé par prélèvement sur ces millions là. Directement ou indirectement. Voir la montre qui suivra.

Et alors ?

Alors, l’argent reste chose fongible. Premier principe. Dépassons la fongibilité, et imaginons qu’on puisse déterminer que des prélèvements ont eu lieu sur les comptes bancaires seulement  alimentés par la victime des mois ou des années auparavant. Oui,   encore, et alors ?

Dès lors qu’il n’y a pas de lien direct entre les faits poursuivis (l’assassinat)  et l’origine des fonds de paiement des honoraires, on ne voit pas la difficulté, celle qu’on verrait par exemple en matière de poursuite de délits financiers ou plus généralement des infractions en rapport direct  avec de  l’argent.

Et CHARRIERE BOURNAZEL de décommander les honoraires en cette matière, en laissant en plan la solution à appliquer.

Autre hypothèse. Le paiement en nature.

Outre qu’au principal il est interdit, il peut c’est vrai poser des problèmes sérieux,  à n’importe quel avocat. Bien sur, on laisse de coté les trois bouteilles de vin, le champagne, ou le bouquin à la con qu’on vous a offerts.

Evidemment, moi je ne suis pas un  grand avocat, et le problème ne se pose pas. Je me souviens cependant il y a longtemps,  quand j’étais stagiaire,  de tel client de mon maitre de stage,  qui voulait le payer avec un téléviseur. Ce que Paul LOMBARD avait refusé,  expliquant que compte tenu du passé de son client, il ne voulait pas etre poursuivi à son tour pour recel ou complicité, en raison de l’origine possiblement douteuse du téléviseur.

Dans le procès PASTOR, on ne paiera pas en téléviseur. L’unité de compte est  peut etre différente.

C’est que la presse  écrite niçoise (Nice-Matin), relayée à demi-mots par la presse marseillaise (La Provence), celle-ci  auto censurée,   s’est  ouverte à moment donné,  de l’accusation portée sur l’avocat d’alors du principal  accusé  de demain d’avoir été chercher à CANNES  une  montre or et diamants  lui appartenant, évidemment   de très grande valeur, qui lui aurait été remise par un tiers détenteur. Suivant le témoin (…) , ami de l’accusé, c’est toujours la presse qui  écrit,  le  confrère en question,  un bâtonnier s’il vous plait,  lui aurait garanti qu’en échange, il l’assurait de ce qu’il sortirait rapidement de prison. Ce qui en plus s’était révélé faux.  

Cette affaire dans l’affaire a été écrasée jusqu’ici. On, verra la suite.

Mais, j’en reviens à l’émission télévisée d’hier soir, et je me dis que sans doute la journaliste,  aussi souriante que  facétieuse,  pensait  alors à la maison PATEK PHILIP (dont la marque avait été citée) et à ses grands produits de luxe. 

A propos de montre, j’avais écrit ici ceci le 28 novembre 2014,  que le  lapin blanc est sans nul doute le plus sensé des personnages qu'Alice rencontre au cours de son périple au pays des merveilles.

En effet, il ne poursuit qu'un seul et unique but,  du début à la fin  de l’histoire, être à l'heure à son travail !

Nul autre habitant du royaume ne peut prétendre être aussi responsable !

A l’inverse, il manque sérieusement de caractère et se laisse souvent débordé par ses loufoques compagnons.

Ainsi, il se révèle à plusieurs reprises totalement impuissant à s'imposer face aux autres personnages, comme lorsque le dodo décide de brûler sa maison, ou lorsque le chapelier toqué et le lièvre de mars détruisent sa montre.

Oui, le lapin blanc,  sa montre comprise, fait furieusement penser à nos élus s’agissant de l’appréciation globale du monde qui nous entoure.

Il faut dire aussi que parmi leurs missions légales, art. 17, point 4° de la loi du 31 décembre 1971, il y a celle-ci, je cite littéralement :

« « De vérifier à ce que les avocats soient exacts aux audiences (…) » »

On comprend finalement et mieux  l’importance des montres de gousset ou de poignet dans cette affaire capitale.

Par bernard.kuchukian le 15/09/18
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1ER semestre de 1957.

Les socialistes Guy MOLLET, François MITTERAND, et Gaston DEFFERRE entre autres sont  alors  au pouvoir à PARIS.

Le premier est président du conseil, le deuxième ministre de la justice, le troisième des colonies. Un quatrième socialiste est  Robert LACOSTE,  lui, ministre résidant (avec un A et pas un E). A ALGER. Au Palais d’été.

Le Front de libération nationale (algérien) veut faire un gros coup sur ALGER. Il a obtenu  en effet qu’on discute de l’indépendance de l’Algérie à l’O.N.U.

Les post moscoutaires lui apportent leur aide, y compris par l’intermédiaire des communistes français.

Le général MASSU, celui là même qui sauvera de GAULLE plus tard  en 1968, reçoit d’alors les pleins pouvoirs.

C’est qu’un ordre de grève générale  de huit jours a été distribué par le mouvement militaire du F.L.N., l’Armée de libération nationale (algérienne).

Je cite l’ordre alors lancé  par elle: « Dieu est grand » . « Tout Algérien devra mener sa cote part en combat libérateur. (…) Vous devrez cesser toutes vos activités. ‘=(…) Dans le cas contraire(…) l’Armée délibération nationale  se verra dans l’obligation de vous éliminer impitoyablement là ou vous serrez. Si vous prenez cette attitude (…) vous serez donc abattu comme un traitre ».

D’autres encore « (…) Frères musulmans, tous les partisans  appartenant au F.L.N.  auront à détruire et à exterminer tous les Européens (y compris les enfants) ».

J’ai vécu cela. Je me souviens de cette année 1957 : j’avais 10 ans.

La Casbah d’ALGER, à une portée  de Bab-el-Oued, a failli bruler sur ordre du général  MASSU qui voulait en  finir avec l’insurrection arabe armée.

Dans les quelques ouvrages  du temps que la famille a ramenés d’Algérie est un  très précieux petit opuscule des éditions Baconnier  d’ALGER, février 1957,  horribles phots des massacres du F.L.N. comprises, rédigé par  un certain  Jacques LE PREVOST.

Il contient une citation, à l’attention du président actuel de la République avec ses excuses au complice de ces assassins là, le fameux Maurice AUDIN, Seigneur,  pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

L’avant propos en était dramatique/.

« « Au moment où ce libre est publié la bataille d’Alger n’est pas terminée. Elle se poursuit, non seulement en Algérie, mais surtout sur les bords de la Seine. La bataille d’Alger, c’est aussi la bataille de l’Algérien, et dans ce combat dont l’issue fatale pourrait amener nos fils à déchirer quelques âges – non des moindres – de l’hiloire de France, des politiciens, des intellectuels inconscients, des idéalistes quelquefois sincères, mais trop souvent maladroits ont pris la relève des fellaghas essoufflés, des terroristes mis sous le boisseau, de ceux qui sont ensevelis dans la time qu’ios ont creusée eux mêmes, mais pour d’autres locataires.

Les Français sont enclins à dormir sur les lauriers que d’autres piétinent sans vergogne. Ils ne se réveillent qu’au tumulte des batailles(…) Que le destin de la France soit de se réveiller dans le bain de son propre sang, nous n’y pouvons rien.(…) Nous sommes dans l’arène au moment dramatique de l’alternative. C’est l’estocade ou de coup de corne. C’est aussi l’heure de vérité. » »

L’heure de vérité mit cinq ans  pour sonner avec Le génocide des pieds-noirs.

Par bernard.kuchukian le 15/09/18
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94 ans, 84 ans de métier, Charles Aznavour est Français.

Viscéralement.

Ombre au tableau : il est « très déçu qu’on fasse passer mille choses avant la chose la plus importante : notre pays ».

Interviewé sur Europe 1 par Nikos ALIAGAS, on sent l’homme meurtri dans sa chair, dans son âme peut-être, profondément française.

« Notre pays », dit-il avec une incommensurable tristesse dans la voix.

On s’imagine alors à ses côtés,  contempler, immobiles et impuissants, notre maison France.

Elle est bien mal en point avec sa toiture trouée, ses tuiles qui jonchent le sol envahi par les détritus et les mauvaises herbes. Elle fait pitié avec ses volets de guingois tout vermoulus, les vitres de ses fenêtres cassées, la porte arrachée et ses murs moisis d’humidité.

À l’intérieur, glacé par les courants d’air, les belles tapisseries tombent en lambeaux, les peintures s’écaillent et on entend le sinistre « floc floc » d’un robinet qui fuit.

Rats et autres animaux s’en sont donnés à cœur joie à ronger tout ce qu’il y avait à ronger : même les photos de famille posées avec amour sur les meubles et les beaux livres qui racontaient l’Histoire de France ne sont plus que des souvenirs à peine visibles.

Notre maison ne tombe pas en ruine à cause du temps qui a passé mais parce qu’elle n’a pas été entretenue, qu’elle a été abandonnée.

Et prise d’assaut par des inconnus à qui on dit que puisqu’elle n’est pas aimable, il faut la faire couler.

Abandonnés la politesse et l’exigence, la courtoisie et l’élégance, la gouaille joyeuse, les mots d’esprit et l’humour décapant.

La France de Charles Aznavour, c’est celle où le mérite et le facteur humain fonctionnaient à plein ; celle où on ne passait pas son temps à geindre et on ne quémandait rien, celle où on ne laissait pas des clandestins s’approprier jardins publics ou ronds-points.

« Notre France », c’était un tout charnel avec ses fils du Nord et ses filles du Sud, ses Bretons, ses Auvergnats, ses Alsaciens, ses créoles, ses quelques immigrés italiens, espagnols, arméniens, polonais, africains…

Est-ce à tout cela que pense Aznavour lorsqu’il déclare au micro d’Europe 1 être « très déçu qu’on fait passer mille choses avant la chose la plus importante : notre pays » ?

ALIAGAS demande à l’artiste de préciser sa pensée : « C’est-à-dire défendre l’identité française, vous voulez dire ? »

Eh bien oui : « L’identité, le passé », lui répond celui qui accepta en 2009 la charge d’ambassadeur d’Arménie en Suisse, après avoir reçu l’année précédente la citoyenneté arménienne.

Et puis, « la gauche, la droite », qu’importe, il « ne connaît qu’une chose, c’est la France ».

« Notre pays », c’est aussi un France d’ordre pour Aznavour.

C’est ce que l’on pourrait comprendre lorsqu’il dit qu’il faut « respecter les gens qui ont des fonctions ».

De qui veut-il parler ? L’auditeur qui écoute les infos, sur Europe 1 ou ailleurs, ne peut alors s’empêcher de penser à ces policiers, ces pompiers, ces personnels de santé qui ne peuvent accomplir leur devoir dans certains quartiers,  où l’on ne respecte plus les « fonctions ».

Et puis, le chanteur souhaite « préserver le patrimoine chanté et pas aller chercher n’importe quoi à travers le monde ». C’est vrai, cette manie de penser que si cela vient de l’étranger, c’est forcément bien !

Enfin, il redoute une chose : de laisser « à nos enfants le pire en ayant profité du meilleur », lui qui vient de signer une tribune en faveur de l’écologie.

« Notre pays » ? Pourrons-nous dire encore longtemps « Notre pays » ?

Par bernard.kuchukian le 15/09/18
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L’étranger. Le couteau.

Kamel DAOUD   a  essayé de contrer Albert CAMUS. Un peu.

MEURSAULT avait tué  l’Arabe. On a surtout oublié que s’il l’avait fait, c’était avant tout  par peur d’etre tué lui-même par l’Arabe.

D’ailleurs, les héritiers de l’Arabe ont  d’ailleurs ensuite  tué ceux de MEURSAULT.

L’ennui, c’est qu’en amont de l’affaire, les ancêtres de l’Arabe tuaient  déjà ceux de MEURSAULT.

On dit que toute guerre est civile.

 

 

Par bernard.kuchukian le 14/09/18
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Je retrouve le commentaire d’un Arabe,  que j’avais lu voici quelques années, sous l’adresse d’un comité Valmy, à propos de ce Maurice AUDIN, « l’œil dans la tombe… »,  dont on va maintenant nous faire un héros.

A nouveau je dis non. Et non.  Comme je défends la mémoire des Arméniens  martyrs, je dois défendre aussi celle des Pieds-noirs.  Je suis les deux. Pour mon identité.

Leur sort  des seconds est comparable,  en termes de principe de génocide, moins grave, il fallait bien que l’histoire ait servi à quelque chose. Mais comme pour les premiers, leur monde a été brusquement anéanti par la violence injuste.

J’extraits quelques passages de ce commentaire. Il est évident que je ne partage pas le point de vue, loin de là.

Non seulement ce qui est dit sur Albert CAMUS,  violemment critiqué est vrai, mais encore, alors qu’on le montre du doigt, J’APPROUVE.

J'approuve non pas l'Arabe, mais CAMUS.

S’il n’était pas mort accidentellement en 1960, bien  que nettement plus jeune que lui, je l’aurais inévitablement connu. Et sans aucun doute, j’en aurais été tout proche.  Nous étions du même monde, celui  des « petits blancs ».

Belcourt – Bab-el-Oued.

Comme CAMUS, je suis né dans un pays où d’ailleurs  lorsqu’ils juraient, les petits blancs  se disaient « la putain de ta mère ».

Ca avait un  sens infiniment supérieur à celui de la grossièreté apparente.

La mère, c’était l’IDENTITE.

« « Ils sont très touchants les nostalgiques du pays, de son soleil et de ses plages, de son anisette, de ses soirées merguez sous les pergolas et les treilles généreuses, et des yeux envoûtants de ses moukhères, qui fleurent un indicible mystère. Il n’y en a que pour eux et pour leur mémoire martyrisée. Ils osent étaler leur superbe les camusiens des deux rives, qui se lamentent que le maître et sa justice soit restés incompris et des bourreaux et de leurs victimes, qui se seraient laissés entraîner dans un malentendu. Les colporteurs d’Albert Camus peuvent vendre à la criée, à titre posthume, sa vision d’une Algérie restée française où l’Arabe, qui aura déposé les armes, se contente de réclamer ses droits et la France d’en prendre conscience, le tout dans le système qui le ravale en seconde zone.

« « Mais l’histoire ne s’accommode que de la vraie vie, celle qui l’écrit et qui l’a écrite. La vie de millions d’Algériens qui a nourri leur colère et l’a faite exploser à la face de l’ignoble colonialisme, qui faisait que Camus cachait l’origine espagnole de sa mère, celle-ci qu’il assimile à la France, dans sa tirade sur la « justice ».

« « Cette vie là Maurice Audin la savait, même s’il ne la vivait pas et la colère l’a aussi pris, tout naturellement. Car il faisait partie d’une humanité qui lui dictait de lutter contre le crime. Le mathématicien qu’il était est mort assassiné, à 25 ans, à cause de ce qu’il avait posé l’équation réelle, bien au-dessus des limbes où s’est réfugié Camus. Camus voulait la protéger, Audin « a quitté sa communauté », il en a payé le prix.

« « Le parachutiste Massu en a fait un exemple, en ordonnant son exécution et sa « disparition ». Audin comprenait qu’il ne pouvait y avoir de « justice » sans que les « petits-blancs » perdent leur statut d’occupants. Camus ne voulait pas qu’ils le perdent. Il les plaignait désespérément et ils ne lui sauront pas gré, en manifestant ne serait-ce que la sympathie pour ses efforts.

« »Bien au contraire, ils laisseront les Ultras, Salan et les commandos de l’OAS les représenter, se confinant dans l’attentisme, dans le soutien ou dans la prostration, en attendant le verdict du « conflit », la peur de l’Arabe au fond des yeux. Un Arabe, l’indigène qui rasait les murs, qui donnait du « monsieur-madame » quoi qu’il fut et quoi que fut « l’Européen-l’Européenne ».

« « Le verdict du « conflit » a donné raison à Maurice Audin. Camus a perdu l’Algérie, la sienne, sans des Arabes visibles dedans, avec un nom. Massu et ses sbires n’ont pas pu gagner, imposer la terreur. Ils seraient restés les « petits-blancs ». Ils ont préféré partir pour ne plus revenir. Ils ne voulaient plus rester dans une Algérie où il n’y aurait plus d’indigènes, seulement des citoyens. Là était la peur réelle, inavouée. Bien tard, des regrets d’avoir quitté le « pays natal » sont apparus, poussant à visiter les souvenirs vestiges d’un temps disparu, les amis d’enfance, le quartier et les cimetières. Les tueurs, eux, le regard d’Audin n’a jamais dû cesser de les hanter et la peur de trouver l’œil dans la tombe. » »

Je termine : oui au général MASSU.

Et encore,  oui, nous avons du quitter ce pays que nous avions (mes ancêtres pieds noirs depuis 1832) avions fait.

Oui, vous nous l’avez volé,  au nom d’une religion et d’une race,  qui ont  des siècles auparavant  et par exemple, volé la terre d’Asie mineure aux Arméniens.

 

Par bernard.kuchukian le 14/09/18
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Préalable.

Dans la Facel-Vega  que conduisait son éditeur Michel GALLIMARD,   et où il avait pris place,  celle  qui venait de se fracasser dans un terrible accident de la circulation, dans l’Yonne,  on trouva les feuillets épars d’un livre qu’Albert CAMUS finissait  d’écrire.    Il en avait commencé la rédaction à Alger en mars 1959.

C’était au tout début de l’année 1960, un peu plus de deux ans après la polémique de son  discours de Stockholm, au moment de la réception de son prix NOBEL de littérature : « je crois à  la justice, mais je défendrai ma mère  avant la justice». On était alors en pleine fin de guerre d’Algérie, ce qui avait réconcilié l’auteur avec les pieds-noirs.

Vingt quatre ans  après la mort de son père, sa fille Catherine CAMUS (alors avocat à Paris) pris la décision d’ l’éditer le manuscrit (Gallimard, 1994).

C’est « Le premier homme », autrement dit  la jeunesse d’Albert CAMUS,  entre Belcourt et Bab-el-Oued.  Je n’ai jamais rien lu de plus beau.

« Un enfant n’est rien par lui-même, ce sont ses parents qui le représentent. C’est par eux qu’il se définit, qu’il est défini aux yeux du monde. C’est à travers eux qu’il se sent jugé vraiment, c’est-à-dire jugé sans pouvoir faire appel ».(p.107).

Alors, si  CAMUS      était encore parmi nous, je crois bien qu’il commencerait  déjà ainsi :
 

 

Rappel sommaire.

A partir de la fin de la guerre d'Algérie, les autorités françaises ont promulgué toute une succession d'amnisties et de grâces.

Ce furent d'abord les décrets promulgués lors des accords d'Évian (les 20 mars et 14 avril 1962) qui effaçaient à la fois les "infractions commises avant le 20 mars 1962 en vue de participer ou d'apporter une aide directe ou indirecte à l'insurrection algérienne", et celles "commises dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre dirigées contre l'insurrection algérienne". Puis vinrent quatre lois successives.

La première, du 17 décembre 1964, concernait les "événements" d'Algérie et fut suivie, le 21 décembre, d'une grâce présidentielle pour 173 anciens membres de l'OAS.

Celle du 17 juin 1966 amnistiait les "infractions contre la sûreté de l'État ou commises en relation avec les événements d'Algérie". Vint ensuite, en pleine crise de mai 68 et liée directement à elle, la grâce du 7 juin 68 concernant, cette fois, tous les membres de l'O.A.S. qui étaient encore détenus ; elle fut suivie de la loi du 24 juillet effaçant toutes les infractions liées aux "événements" y compris celles "commises par des militaires servant en Algérie pendant la période".

Cette loi, malgré le dépôt d'un amendement socialiste allant dans ce sens, ne stipulait pas encore la réintégration des intéressés dans leurs fonctions civiles ou militaires ni dans leurs droits à porter leurs décorations.

Ce fut chose faite après l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Déjà, en 1965, l'extrême droite proche de l'O.A.S. avait été appelée à se rallier à la candidature de François MITTERRAND ; l'année suivante, un projet de loi déposé par Guy MOLLET, Gaston DEFFERRE et le même François MITTERRAND avait proposé le rétablissement des condamnés de l'O.A.S.  dans leurs grades et leurs fonctions ; et, en 1972, le programme commun de la gauche ne comportait aucune référence ou allusion aux suites de la guerre d'Algérie ni à la lutte pour la décolonisation.

Avant les élections présidentielles de 1981, des négociations menées par des proches du candidat François MITTERRAND aboutirent à l'appel du général SALAN à voter MITTERRAND et, entre les deux tours, à celui de l'organisation de rapatriés le RECOURS à " sanctionner " Valéry GISCARD D'ESTAING.

C'est donc bien dans la ligne de cette politique que fut votée le 3 décembre 1982 la dernière des lois d'amnistie réintégrant dans l'armée les officiers généraux putschistes et permettant même les "révisions de carrière" nécessaires à la perception de l'intégralité de leurs retraites.

Cela, au nom de l'argument formulé par François MITTERRAND :

"Il appartient à la nation de pardonner." Il y en avait pour tout le monde.

Et CAMUS approuverait sans doute alors ce qui suit:

Déclaration.

Alors voici qu’on vient maintenant larmoyer sur le sort d’un quidam  communiste de son état, qui a été certainement torturé pour dénoncer ceux qu’il soutenait et aidait, qui s’étaient rendus coupables de dizaines de milliers d’assassinats, sans compter les mutilations et les atteintes aux biens. Il n’a certainement pas été le seul.

Après avoir dit  le droit – la seule chose honorable de la vie de Gaston DEFFERRE, maire de Marseille, a été la loi de réhabilitation de l’O.A.S.- , et si on veut laisser parler les moralistes de gauche bien pensante et tiers-mondiste, il faudrait maintenant s’intéresser aux autres. Tous les pieds-noirs en général, et en particulier celles et ceux qui ont été tués, blessés, déshonorés, ruinés.

Si le président de la République est en mal d’excuses, qu’il fustige aussi l’armée française, celle  qui a tué les dizaines de malheureux de Français pieds noirs  qui venaient le 26 mars 1962,  devant la Grande Poste d’Alger,  manifester pacifiquement,  pour prêter soutien à leurs dizaines de milliers de compatriotes, plus loin dans la ville, dans le quartier de Bab-el-Oued.

L’armée française, au sol et avec hélicoptères, leur tirait dessus.  Ah, l’O.A.S.

J’y étais, j’avais 15 ans, et j’étais dans le cas assiégé des victimes potentielles. Qui soutenaient l’O.A.S.

Sans compter les centaines ou milliers de Français d’Oran massacrés par les Algériens devenus indépendants à Oran en juillet 1962, sous les yeux du général français KATZ qui,  informé,  a laissé faire.

La morale à la con, désormais celle de la présidence de la République, c’est assez comme ça.

Les tortionnaires – dont Jean-Marie LE PEN   parait-il aussi-  n’ont finalement pas été assez efficaces.

C’est la vraie morale de l’histoire, vue par les victimes. Dont je suis.

Par bernard.kuchukian le 13/09/18
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Nous sommes Hongrois, Européens comme vous, autant que vous, plus peut etre.

Nous sommes  avant tout des chrétiens, pire nous avons du  déjà combattre ici, chez nous,  voici des siècles  l’islam, l’Ottoman, le Turc,  pour le chasser de nos terres.

Certes penchée, la croix du Christ est même dans nos armes.  

Nous avons ensuite  du combattre les Habsbourg d’Autriche,  qui avaient attenté à notre indépendance séculaire et orgueilleuse.

Même au temps de la cacanie (K und K, cacanie) de l’empire austro- hongrois.

A travers la chute de la maison d’Autriche, notre territoire a été honteusement amputé en 1919  par le traité scélérat de Trianon.

Il a fallu attendre la fin de la deuxième guerre mondiale pour etre envahis par les nazis, dont nous ne voulions pas.  

Puis on nous a imposé,  par la force le  hideux communisme,  et le stalinisme,  dont nous ne voulions pas, surtout pas,   et que nous avons donc combattu par les armes.

Nous sommes descendus dans les rues en 1956, nous nous sommes battus. Certains d’entre nous se sont  morts, d’autres exilés. 

Vous autres qui nous accusez n’avez pas bougé le petit doigt.

Puis,  enfin, enfin,  nous sommes redevenus Hongrois, et fiers de l’etre.

Alors,  que vous le vouliez ou non, nous refusons d’etre à nouveau envahis,  comme voici un tas de siècles,  par les hordes de l’islam et de barbaries,  dont on  ne sait pas où.

A bon ou à mauvais entendeur,  salut.

Bernard Kuchukian, pour Viktor Orban.