Par bernard.kuchukian le 04/09/15

 

Avant de faire carrière dans le spectacle, elle avait été un temps avocate.

Je me souviens l’avoir entendue une fois  dans une émission de radio quelconque raconter ce temps-là. Quand elle était jeune.

Quelqu’un de bien comme il faut (c’est à la radio) lui avait demandé avec qui elle avait travaillé.

Sachant sans doute que son interrogateur connaissait la réponse et ce qu’il allait en tirer comme commentaire, elle l’avait préalablement remis en place. Et elle avait annoncé qu’elle avait été la stagiaire d’un très grand avocat en la personne de Jacques ISORNI.

Oui, l’avocat de BRASILLACH et celui du maréchal PETAIN (entre autres).

L’affaire en était restée là.

Mais comme dans le métier, il faut être prudent, cette période de sa vie n’était pas rapportée sur sa participation à Wikipédia (mais c’est sur la participation d’ISORNI).

Ainsi va, pardon allait, le monde.  

L’adieu à une consœur devenue une grande artiste.

Par bernard.kuchukian le 03/09/15

 

La loi MACRON parue, une grande partie de la profession vit,  à ce qu’on dit,  dans la terreur de la future répression des fraudes,  sur le thème des honoraires des avocats.

On aime bien se faire peur, surtout quand on est élu dans un conseil de l’ordre.

Alors, voyez un billet appelé « Carrefour rabiote sur les fromages »,  dans le Canard enchainé d’hier.

On vous y explique que le magasin CARREFOUR d’AIX – LES MILLES, parait-il le 4ème de France en volume, ayant été pris en infraction de fraude au poids des fromages (quel programme !),  ça ressemble aussi à de l’abus de confiance, le service de la répression des fraudes a préféré  à des poursuites méritées, une transaction amiable, soit une amende négociée en toute discrétion.

Eh bien voilà, pourquoi voulez-vous que les avocats soient plus mal traités que CARREFOUR ?

Moi, je suis d’autant plus à l’aise qu’en plus de ma profession d’avocat, je suis actionnaire de CARREFOUR. Alors …

Par bernard.kuchukian le 03/09/15

 

Belle fille, l’air sympathique, qui arrive cet après-midi  à l’audience d’un tribunal  que je ne citerai pas.

Elle porte un short blanc décontracté.

C’est une avocate puisqu’elle enfile  ensuite sa robe.

Je sais bien que le port du short n’a rien à voir avec l’honneur, la loyauté, etc. toutes les bêtises de l’art. 3 du décret de 2005, mais j’avoue avoir  être dérangé.

Non, j’assure que mon contact avec l’Iran des mollahs n’y est pour rien.

Je dis que je suis dérangé.  Pourquoi pas en maillot de bain ? De n’importe quoi en n’importe quoi …

Par bernard.kuchukian le 31/08/15

 

La Conférence du stage, où il ne fut jamais secrétaire.

On lui confia un lot de consolation, plaider pour la première fois aux assises, tout de suite, donc sans filet.

Le bâtonnier lui a  alors en effet déchiré ses notes à la barre.

« En cinq minutes, il fit de moi un  avocat »,  écrit Maurice GARCON dans son Journal.

 

Par bernard.kuchukian le 30/08/15

 

Qui a défendu BRASILLACH, lequel fut condamné à mort ce jour là, puis le maréchal PETAIN,  plus tard.

C’est dans son Journal, 19 janvier 1945 :

« «  L’avocat ISORNI  a été magnifiquement inutile. C’est l’exemple type de ce que peut donner de plus mauvais  un excellent secrétaire de la conférence. Discours  appris par cœur, fabriqué artificiellement,  sans aucune sensibilité avec toute la science d’un bon acteur pour la présentation. Le ton est varié, modulé, l’expression rare. C’est un morceau d’apparat qui ne peut émouvoir personne et qui fait pâmer une petite chapelle de dévots. Je ne connais rien de plus fade, de moins utile, de plus absurde que celle forme d’éloquence qui satisfait peut être le gout mais qui sacrifie toute l’utilité. Pas de force, un naturel de contrebande : zéro. » »

Par bernard.kuchukian le 29/08/15

 

On n’en parlait plus. Ca revient à la mode.

Il parait que tel membre d’un conseil de l’ordre chipoterait tel avocat,  par ailleurs député, sans doute parce qu’il est député,   sur son compte d’heures de formation professionnelle continue.

Comme c’est révélateur et stupide.

Je vois  au moins deux raisons à cela.

D’abord, la sanction. Il n’y a pas de sanction légalement prévue aux défaillances de justification du temps de formation professionnelle continue. Pardon, il en est une à l’art. 85 du décret de  novembre 1991 et une seule, celle de ne pas pouvoir prétendre bénéficier de la mention de spécialisation correspondante,  si on ne justifie pas dudit temps.

Bref débat ici, l’avocat concerné ne revendique pas une telle mention.

Il, s’en fout, et pour cause. Il n’en n’a pas besoin.

 

Ensuite, parce que grâce à son talent immense (je ne suis pas,  moi,  du genre flatteur, mais j’appelle chat un chat), et  en tout cas à l’expression du suffrage universel direct, dont les lois de la République sont l’expression, il est député.

Et manque de chance pour le zélote,  qui ferait bien de se tenir informé, notre quidam est membre … de la commission des lois de l’Assemblée nationale de la République française.

Autrement dit, les lois, celles qui font le droit, c’est lui  avec les autres qui les fabrique. A son niveau, évidemment différent de celui des élus du barreau local.

Oui me dira alors le zélote, comment le saurais-je moi ?

On lui répondra ceci. Si la formation professionnelle de base et celle continue vous concernant étaient à jour,   vous sauriez un peu de droit constitutionnel. Alors là, vous auriez le Journal officiel de la République française avec ses lois et décrets, mais aussi celui des débats aux assemblées avec le texte des interventions des parlementaires, et celui des questions écrites posées aux ministres.

Si vous vouliez faire plus simple, vous auriez aussi le site Internet de l’Assemblée nationale, retraçant la vie publique du parlementaire, avec la liste de ses propositions de loi, et de ses questions écrites aux ministres,  dont celui de la justice, sur des tas de sujets, dont certains  tellement juridiques qu’ils échappent à la compétence moyenne des membres du conseil de l’ordre.

Alors voyez-vous, ça fait tout de même beaucoup plus que les 10 ou 20 heures à roupiller  dans une salle, où  quelque pédant, pourtant du type professeur Nimbus, prétend apprendre leur métier aux avocats. 

Surtout à ceux du temps où les centres de formation professionnelle  n’existaient pas à former des pétitionnaires distingués  en remplissage d’imprimés de demandes d’A.J.

Rompez.

Par bernard.kuchukian le 29/08/15

 

Notre ami Pierre DOYEN,  commentant,  comme à l’habitude avec le brio et le talent exceptionnels qu’on lui connait, c’est le meilleur d’entre nous, vient d’employer un mot de quatre lettres qui résume admirablement la vie collective des avocats.

Ce mot c’est :  ZELE.

C’est exactement cela, le conseil de l’ordre,  son bâtonnier du moment  en tète,  sont là pour faire du zèle.

Paul ROBERT définit le zèle comme la vive ardeur à servir une personne ou une cause à laquelle on est sincèrement dévoué.

De zèle et zélé à zélote, il n’y a qu’un  pas qui me gène.

Car les zélotes sont les patriotes juifs du 1er siècle,   qui prônaient l’action violente pour défendre la loi et l’indépendance. Ce qui me gène en effet,  c’est l’action violente. Par contre la défense de la loi et surtout de l’indépendance, voici quelque chose de mieux.

Non, nos membres des conseils des ordres et plus généralement nos élus n’ont rien des zélotes juifs, parce que question    indépendance  et finalement défense de la profession, pardon des avocats  ils ne sont pas dans le coup. Le pire est que le phénomène parait international.

Et alors je rappelle ici ce dialogue grandiose,  à la fin du film persan   de Jafar PANAHI, » Taxi Téhéran », que j’ai cité voici quelques  semaines.

Le réalisateur de ce chef d’œuvre du cinéma de combat intellectuel accueille à bord de son taxi-studio  (une copie de Peugeot ou de Renault fabriquée en Iran) telle avocate,  célèbre là bas pour la défense de la cause des femmes, suspendue à ce titre par le conseil de l’ordre du barreau de Téhéran,   pour trois ans. Plus tard, la suspension a été levée et réduite  en appel à trois mois (qu’elle n’a d’ailleurs pas faits) par les juges.

L’étonnement du chauffeur de taxi, réalisateur de cinéma est celui-ci.

Moi je croyais que le conseil de l’ordre,  c’était pour défendre les avocats, pas pour les condamner.

Alors, les grincheux me diront peut être, ils n’oseront pas l’écrire, d’ailleurs ils ne savent pas écrire, ils ne savent que baver,  que moi-même je suis zélé.

Oui, zélé de tenir ce blog et de les ennuyer ainsi. Ils emploieront un autre mot qu’ennuyer (1)

Parmi eux  aussi, il y aura peut être    un ancien bâtonnier  insulaire et marseillais,  grand porteur de décorations en temps de paix, genre en plus petit –manque de moyens sans doute- maréchal de l’Union soviétique du temps de BREJNEV,  qui après m’avoir traité de prurit,  en audience solennelle publique de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE, considère que je dois rester au bureau,  travailler à récupérer les clients que les confrères m’ont piqués en bavant sur moi,  ainsi fermer ma gueule.

Nuance,  les copains, nuance.

Parce que moi, je n’impose rien à personne.

D’ailleurs, je n’ai aucune décoration, et ainsi je ne dois rien à personne non plus.

 

__________

  1. M'en fouti, siéu d'Auriou ! Il n’y a qu’à MARSEILLE pour comprendre cette  savoureuse expression provençale.

Par bernard.kuchukian le 28/08/15

 

Dans le Journal de Maurice GARCON, le 10 octobre 1941 :

« « Au Palais, les quelques rares avocats juifs qui demeurent viennent d’être avisés par le bâtonnier qu’ils doivent porter l’étoile jaune sur la robe. L’ordre est venu du procureur de la République.

« « Le conseil de l’ordre n’a pas fait d’observation et a transmis purement et simplement.

« « La robe de l’avocat est noire, pareille pour tous et, jusqu’à présent, on n’avait jamais admis qu’il y eut entre nous des distinctions. Elle créait l’égalité. En Belgique, on n’admet  même pas qu’on attache de décoration. Chez nous qui aimons les hochets, on a vu fleurir des rubans. J’avais  toujours pensé que c’était un tort. Je le pense davantage aujourd’hui. Si nous avions maintenu la tradition, nous aurions le droit maintenant de dire que la nouvelle prescription est contrainte à la constitution même de notre ordre. » »

Par bernard.kuchukian le 27/08/15

 

Dans son journal, Maurice GARCON (qui n’a jamais été élu au conseil de l’ordre et encore moins bâtonnier)  cite une rencontre en mars 1941 avec l’immense MORO GIAFFERI, réfugié à MARSEILLE, car craignant trop à PARIS, en raison de ses engagements politiques et professionnels contre les nazis (il avait défendu des personnalités très en vue contre le régime).

Il dit :

« « C’est un effondrement, la fin triste d’une vie, tout s’est écroulé autour de moi, tout, je ne peux plus vivre de mon métier, mes affaires de Paris sont pillées, dispersées, mon mobilier volé, et je suis ici demi misérable, exilé » ».

GARCON lui suggère de démissionner de PARIS, et de s’inscrire provisoirement au barreau d’AIX ou à celui de MARSEILLE.

MORO : « « ce n’est pas possible, quand les choses auront changé et que je reviendrai, j’aurai trop souffert pour n’avoir pas le droit de manifester quelque ambition. Et il faut dix ans d’inscription pour pouvoir être élu bâtonnier » ».

 

Bon, il faisait le cabotin, lui qui avait été aussi membre du conseil de l’ordre,  il a non seulement fini par être élu bâtonnier, mais on lui a même gravé une plaque commémorative…

Par bernard.kuchukian le 26/08/15

 

Journal du 11 septembre 1940 :

« « La Téhessef de Pétainville  analyse le décret paru ce matin à l’officiel qui règlemente l’ordre des avocats (1). Bénis soient mes confrères qui m’ont refusé, il y a  deux ans, l’honneur d’entrer au conseil de l’ordre. Je crois bien que si j’y étais, je démissionnerais ce soir même. Cette juridiction va être chargée de radier des avocats nés français parce que leur père, même si sa naturalisation est ancienne, n’est pas né en France. Si j’ai bien compris, on prononcera des exclusions pour des raisons d’opinion. Dans notre maison où la confraternité est si pleine de jalousie et de fiel, où l’on dépense  tant d’efforts pour nuire à son voisin, où la concurrence est féroce, on va faire des horreurs. » »

 

 

  1. Loi du 10 septembre 1940 limitant l’accès au barreau aux citoyens nés de pères français.