Par bernard.kuchukian le 26/08/15

 

Je recommande l’époustouflant « Journal  de Maurice GARCON, 1939-1945 », plus de 600 pages, tout récemment paru chez FAYARD.

Il fut un confrère si exceptionnel que l’Académie française lui donna un de ses sièges.

On lui connait au moins 17.000 dossiers avec des clients illustres ARAGON, BRETON, COCTEAU, DORGELES, GIDE, GIONO, GUITRY,  MALRAUX, MONTHERLANT, PAGNOL, PAULHAN, SIMENON, VALERY, sans compter les maisons d’édition comme GALLIMARD et GRASSET. Il plaidera aussi pour des peintres, DUFY, FINI, UTRILLO, et des vedettes comme CHAPLIN, DALIDA, FERRé, JOUVET, PIAF, PETIT.

Esprit libre, il ne fut jamais secrétaire de la conférence, ni même élu au conseil de l’ordre (malgré  trois tentatives).

Toute ma sympathie.

Voici maintenant  la première page de son journal, le 17 mars 1939.

« « Je suis avocat depuis un peu plus de 28 ans, j’aime passionnément ma profession et j’ai cru longtemps en elle. Il y a cinq ou six ans, publiant un ouvrage sur la justice, j’ai écrit en conclusion que le pays pouvait être fier de la sienne. Je ne l’écrirais plus aujourd’hui. A la vérité, il faut longtemps pour comprendre et approfondir. Tant qu’on est jeune, on plaide des procès sans importance et l’on ne voit pas d’intrigues. Il faut longtemps pour que viennent à l’avocat les affaires graves où des intérêts capitaux sont en jeu. Quand ces dossiers-là sont venus, il  ne reste plus que du mépris pour ceux qui jugent.

« « Les politiciens sont abjects. Leurs intérêts électoraux ou d’argent leur font faire des ignominies. Pour les magistrats, c’est autre chose. Les décorations ou l’avancement en font des valets. Ils sont lâches, tremblants, pusillanimes. Ils ont peur  de leur ombre dès que se manifeste une intervention un peu puissante. Toutes les palinodies leurs sont bonnes lorsqu’il s’agir de flatter le pouvoir. Leur prétendue indépendance dont ils parlent est une plaisanterie. Plus ils gravissent les échelons des honneurs, plus ils sont serviles.

« « On en trouve de relativement honnêtes et à peu près indépendants dans les petites villes lorsqu’ils ont vieilli sur place et ne nourrissent pas d’ambition. Pour pour faire la grande carrière, il faut avoir accumulé tant de platitudes qu’on peut dire que leur bassesse est proportionnelle à leur élévation. Voilà pourquoi, Paris est pire que tout. Pour arriver là, il faut avoir tant de fois courbé l’échine et servi des maitres divers que toute moralité est absente.

« « Ils sont méchants d’ailleurs et passablement jaloux. Ils n’aiment pas les avocats et se passent la langue sur les lèvres lorsque l’un d’eux défaille. Longtemps j’ai cru à leur sympathie et je me suis efforcé de leur éviter des erreurs. Cet état d’esprit m’est passé. » »

(J’arrête là le carnage).

Plus loin, la guerre est pratiquement finie, 18 décembre 1944:

""Servitude de la magistrature.

""Les magistrats sont des parangons de vertu. (...) Quelle bassesse et quelle lacheté ! (...) J'ai écrit vers 1932, à la fin d'un de mes livres, que l'examen de la magistrature donnait une impression réconfortante. J'ai pour cela été insulté par l'Action française. L'Action française avait raison. Elle avait plus de bouteille ue moi et avait pratiqué ces messieurs.""

(Là encotre, j'arrete le carnage).

 

Par bernard.kuchukian le 22/08/15

 

On sait, enfin on devrait savoir, que par deux arrêts distincts KRIKORIAN + KUCHUKIAN , la 1ère chambre de la Cour d’appel de PARIS statuant en audience solennelle, a renvoyé l’examen de la double question prioritaire de constitutionnalité  que nous avions posée quant à la composition des collèges au sein du Conseil national des barreaux.

Nous soutenons que ce système d’élection par deux collèges différents, représentant deux fois certains avocats, et à chaque fois pour un même nombre de représentants, alors que la base des électeurs est totalement différente quantitaivement, est contraire  aux règles constitutionnelles, notamment, celle de l’égalité.

Je suis informé que la Cour de cassation  examinera cette double Q.P.C. à son audience du 15 septembre prochain à 9 H 30.

Si elle la retient, la         Q.P.C. sera renvoyée au Conseil constitutionnel.

Si elle la rejette, la Cour de cassation établira avec splendeur que tous les avocats ne sont pas égaux, exactement comme les Arabes et les Européens  pourtant tous Français au temps du collège non unique en Algérie française.

Ou encore qu’il existe des sur-avocats et des sous-avocats (je ne  suis pas germaniste et je ne sais plus comment les nazis appelaient en allemand les surhommes et les sous-hommes).

 

Par bernard.kuchukian le 11/08/15

 

Quel dommage que pratiquement personne n’en n’ait conscience, mais les barreaux français seront morts le 7 aout 2016,  le jour même où grâce à la loi MACRON (merci Monsieur MACRON), la postulation locale par tribunal, réservée aux avocats,  justement inscrits au barreau rattaché audit tribunal, aura pris fin,  au profit d’une postulation régionale, par ressort de cour d’appel.

Plus que jamais nous serons tous devenus  alors avocats à la Cour.

Et alors, à quoi serviront,  je vous le demande,  les bâtonniers et les conseils de l’ordre. A encore moins que maintenant,  à plus rien du tout. Qu’on les supprime donc d’un trait de plume. Voilà.

 

Deux solutions  alors si on tient à continuer la caporalisation de la profession.

Soit  un barreau unique de Cour d’appel.

Soit si on veut la liberté, et je la veux, la possibilité de créer autant de structures volontaires de regroupements de confrères par affinités autres que le lieu du Tribunal de grande instance.

Avec autant de bâtonniers,  si vous voulez les appeler  encore ainsi. Moi, je préfère le terme « président ».  

Quel bonheur, on aurait en ce cas  des centaines de bâtonniers par ressort de cour d’appel avec autant de conseils d’administration. Evidemment, tout cela serait du folklore,  mais tout le monde aurait la chance d’être élu…

On pourrait créer des barreaux de riches, de pauvres, de commercialistes, de pénalistes, de socialistes (ceux qui font du droit social), de machos, de gays, de femmes libérées, de catholiques pratiquants,  de juifs cashrout, d’athées militants, etc …

Ainsi, à Marseille, par exemple, on créerait un barreau Hay. J’adhère.

On m’objectera  que le raisonnement est partiellement inexact, car  l’an prochain, par exception, les privilèges attachés aux avocats locaux dans les procédures de saisie immobilière et de licitation, seront  (seuls) maintenus. 

Exact, mais pour combien de temps encore ce blocage ?

Enfin, soyons  sérieux. Peut-on maintenir en vie artificiellement toutes ces vieillies lunes  napoléoniennes pour  quelques dizaines ou centaines de dossiers  par an ?

Allez, du balai.

Enfin, pas encore. Dites donc,  dans les conseils des ordres des barreaux du ressort, mettez vous vite au travail pour unifier les connexions  avec le R.P.V.A. des différents T.G .I.  Histoire de terminer en beauté.  

Et ne  comptez surtout pas sur moi pour  vous aider. Prouvez que vous êtes bons. Du boulot en perspective.

Par bernard.kuchukian le 08/08/15

 

Mon titre n’est pas bon.

Il devrait être « l’inadéquation  des principes essentiels de la profession d’avocat avec l’évolution législative depuis 2005 ».

Remarquez, ça avait commencé avec l’imposition des honoraires de l’avocat à la T.V.A.  …

En 2005,  on a réussi le double exploit de prévoir :

D’une part une  loi  du 26 juillet dite de sauvegarde,   qui place les avocats au rang des entreprises du droit commun, en leur appliquant la législation des faillites.  Laquelle suppose que le chef d’entreprise fasse des bénéfices,  sans quoi il est en état de cessation des paiements,  avec toutes les conséquences de cette triste situation. Avec un peu de garde-fous  comme la protection de son domicile (devenue la règle légale sans convention spéciale depuis la loi promulguée hier).

D’autre part, un décret du  12 juillet, quelques jours plus tôt relatif aux règles de déontologie de la profession d’avocat. 

Décret imposant, sans que jamais personne ne l’ait déterminé avec précision dans un texte de droit positif, un tas d’obligations classiques du temps où les avocats étaient  des notables de grandes familles, et où ils n’étaient pas susceptibles de faire faillite, comme un vulgaire commerçant.

Parmi cette litanie d’obligations,  plus distinguées les uns que les autres, dignes d’un missel du temps jadis, il demeure le désintéressement, la délicatesse et la modération.

Dès lors qu’il va être obligatoire d’établir désormais une convention écrite avant l’engagement de toute mission d’avocat, il se pose très sérieusement la question de savoir si ces trois obligations ont encore un sens.

Oui, parce que désormais, c’est écrit, l’avocat doit être payé.

Donc, le désintéressement est passé à la trappe.  Et l'avocat doit etre correctement payé, sans quoi, c’est la faillite.

Quant à la modération, qu’on le veuille ou non, elle va elle aussi passer à la trappe sous  contrôle de  l’Autorité de la concurrence.  Et à part l’organisation artificielle d’arrangements de marché, je vois mal ce qui va en rester.

Mais que se passera-t-il en termes d’économie politique (la loi MACRON est un texte cadre d’économie générale) en cas d’organisation artificielle entre avocats et décideurs d’un marché spécifique ?

Je vais être d’autant plus précis par exemple que bien avant l’arrivée de Monsieur MACRON aux affaires,  j’ai dénoncé au bâtonnier (qui s’en fout) et à l’Autorité de la concurrence (qui n’avait pas les moyens à l’époque) l’organisation artificielle  du marché de la prestation des avocats ayant compétence pour le suivi des dossiers de réalisation des ventes judiciaires dans les procédures collectives.  Du moins à MARSEILLE.

 

J’ai dénoncé que ce marché soit tenu par quelques uns, toujours les mêmes, avec la bienveillance des juges commissaires et sous la direction du président du Tribunal de commerce local.

J’ai fourni les noms. Moi donc les qualités techniques professionnelles n’ont JAMAIS été mises en cause, et ne peuvent JAMAIS être mises en cause, j’ai même indiqué avoir réussi un temps à faire briser ces habitudes en entrant dans ce cercle intime et fraternel (1).

Dont j’ai finalement été chassé j’ai toujours pensé sur ordre des juges consulaires : c’est qu’on a ses tètes la dedans.

 

  1. J’invite le lecteur à bien connaitre toutes les significations du terme « fraternel ».

Par bernard.kuchukian le 30/07/15

 

Vous êtes tous comme moi,  submergés de déclarations diverses  et variées relatifs à la situation de la CREPA, qui a en charge les retraites et le volet social des personnels des avocats.

Je ne comprends pas bien ce qui s’y passe,  entre des accusations assez graves d’un coté, et des communiqués tout préparés à l’avance avec encarts publicitaires, jolies photos etc., de l’autre.

On nous dit péremptoirement également que tout va bien, que les administrateurs travaillent gratuitement,  moins leurs frais, que les réserves sont bonnes, etc.

Je ne sais pas.

Ce que je sais, c’est que pour qu’en en soit arrivé là, il faut au moins  qu’il y ait eu des erreurs ou des défaillances. La suite nous dira la vérité.

Je m’intéresse maintenant à une autre caisse sociale,  encore plus importante, la notre, celle de nos retraites, la C.N.B.F.

On sait ma bataille pour que les retraités actifs,  dont je suis ne cotisent pas à fonds perdus comme c’est exigé actuellement.

Mon combat a déjà porté un premier fruit, puisque désormais en tout cas depuis le 1er janvier 2015, il n’y  a plus comme auparavant de rigidité dans le montant des cotisations. Autrement dit, nous pouvons moduler en l’une des cinq classes prévues. Il est évident que les retraités actifs ont tout intérêt – et ils l’ont bien compris immédiatement – à ne cotiser que dans la  classe la plus basse, la première, puisque ces cotisations n’ouvrent pas de droits nouveaux actuellement.

Dans cette guerre, il est impossible de savoir combien de confrères sont concernés. Autrement, on ignore combien nous sommes de confrères retraités actifs.

Mais oui, j’ai aussi des amis au barreau, beaucoup plus qu’on croit,  et on m’a délivré ce matin une information de taille, qui ne m’étonne d’ailleurs pas. Les démarches ordinales pour simplement connaitre le nombre des avocats retraités actifs ont abouti à un refus total de réponse de la C.N.B.F.

On doit protester contre cette position, qui n’est surement pas étonnante.

La C.N.B.F. ne veut pas communiquer quant à savoir combien elle encaisse des confrères retraités  actifs, à fonds perdus pour eux.

C’est simplement abominable. Je ne veux pas employer de termes de droit pénal spécial.

Par bernard.kuchukian le 28/07/15

 

On voudra bien lire  les débuts de la page 6 et de la page 7 (là, c’est le dispositif) de l’ordonnance de référé rendue le 24 juillet 2015 par la délégataire de la première présidente de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE, à l’occasion du recours d’un confrère et client. Le sujet c’était la composition du Conseil régional de discipline. On y reviendra.

Non, l’ordonnance est ici intéressante en ce sens qu’elle juge avec raison que le barreau n’existe pas, plus exactement qu’il ne peut parler que par son bâtonnier. Les autres, notamment ceux du conseil de l’ordre, taisez –vous. 

Et le juge  d’écarter des débats les conclusions du barreau de Marseille.

Ah oui, vous  verrez aussi que la nouvelle maladie de mon barreau est de réclamer des condamnations à l’art. 700 à hauteur de 3.000 €.

Pas de chance pour eux, une fois encore ça n’a pas marché.

Normal, ils n’existent pas.

Par bernard.kuchukian le 26/07/15

 

Samedi 25  juillet, me voici à nouveau devant le Conseil régional de discipline des avocats, le C .R.D. du ressort de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE.

Cette fois ci,  pour défendre un confrère initialement poursuivi pour avoir perçu trop d’honoraires  en huit années (alors qu’il dispose de conventions signées et payées APRES services faits), et aussi pour avoir, écrit au bâtonnier que le président de la Cour européenne de justice, celle de LUXEMBOURG, a outrepassé ses prérogatives en se plaignant de lui à l’occasion d’un recours contentieux pour la défense de la cause arménienne.

Bizarrement d’ailleurs, la deuxième poursuite a été abandonnée : c’est vrai que c’est désordre de poursuivre au disciplinaire un défenseur de la cause arménienne, surtout contre un juge européen qui est placé désormais sur siège éjectable, en raison d’accusations graves  de prévarications et de favoritisme par les autres juges européens (merci de lire Libération).  Et qui pourtant s’était plaint de ce qu’un avocat français défendit directement la cause arménienne devant la Cour.

Bref, nous venions uniquement pour les honoraires. L’accusation arménienne paraissant avoir disparu (pour moi, j’écrirai plus tard, attendez un peu).

Le C.R.D. précité siège le samedi matin, tant pis que pour le Shabbat des juifs pratiquants,  dans les locaux de la Maison de l’avocat à AIX EN PROVENCE.

C’est rue Rifle-Rafle.

Une telle adresse ne s’invente pas.

C’est tout un programme, du temps où la prison centrale de la ville était… de l’autre côté de la rue (j’ai connu).

Pour arriver là, il faut traverser le grand marché du samedi matin, d’abord les fruits et légumes, ensuite dans la rue Rifle-Rafle,  les marchands de caleçons, de culottes et de chemises à fleurs et à raies.

Tu parles d’une solennité.

Sur l’audience elle-même, j’aurai l’occasion de m’exprimer plus tard.

Là, on fera de la procédure civile, dont un membre dudit C.R.D., un confrère de TOULON, arrivé en retard, m’a dit alors  qu’on attendait le délibéré,  qui allait simplement décider du renvoi,  que j’y ai la réputation d’y être une terreur.

Merci du compliment. Il a même ajouté. « Ouf, je suis en retard, et content, vous ne me récuserez donc pas ».

Le bâtonnier m’avait  avoué  auparavant qu’il venait pour la première fois devant le C.R.D., ce à quoi je lui ai répondu que,  moi  c’était ma 3ème  avec trois bâtonniers différents (et je ne compte pas par dizaines les incidents à la Cour d’appel à quelques dizaines de mètres de là). C’est bien cela, je cultive la différence.

S’étant cependant aperçu qu’il y avait  deux ou trois gros problèmes préalables de procédure, vus dans une ordonnance de référé de la première présidente de la Cour d’appel,  rendue à la demande de mon client (et avec mon aide  seulement de principe, car le client est aussi bon,  sinon meilleur que moi), le (3ème) bâtonnier  a battu en retraite et                 a sagement demandé le renvoi.  

C’est bizarre  cependant, un bâtonnier qui vous fait assigner devant le C.R.D. voici une douzaine de jours, et qui s’aperçoit ensuite de problèmes procéduraux antérieurs, au point de demander le renvoi. Il me semble que lorsqu’il engage une procédure, le demandeur doit être prêt, non ?

Quoi qu’il en soit, en l’absence de greffier, car les C.R.D. sont des juridictions sans greffe, mon client  avait fait commettre le président de la chambre départementale des huissiers de justice qui est venu dresser son constat. C’est désormais un habitué des lieux, au point d’avoir dans la salle d’audience son fauteuil préféré, au fond, à gauche.

Bon, on verra plus tard.

Sortis de cette audience plus tôt que prévu, j’ai constaté qu’au moins un des juges avocats en avait profité pour faire son marché alimentaire car il avait ses paquets dans les mains.  Je suppose que les sept ou huit autres qu’on avait déplacés quelquefois de loin auraient préféré rester au bord de leurs piscines, et certains sur leurs bateaux.

Je souhaite qu’ils aient pu se consoler autrement.

Par exemple, comme moi. Il y avait du soleil, et du  coup, ayant oublié mon panama à la maison, j’en ai profité pour m’acheter  chez un forain un chapeau de paille en solde. 

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser alors à Eugène LABICHE et à son théâtre de l’idiot, avec » Le chapeau de paille d’Italie ». Et de considérer l’ensemble absurde de cette matinée perdue.

A bientôt.

Par bernard.kuchukian le 22/07/15

 

Je découvre par DALLOZ,  un arrêt n° 14/12332 du  2 juillet courant,  de la 1ère chambre de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE, qui confirme une ordonnance de référé civile.

Les hasards font que je connais personnellement l’affaire, puisque j’avais été consulté par le client  à l’époque mais que nous n’avions pas pu nous mettre d’accord sur les conditions de mon intervention.

L’histoire que résume l’arrêt  précité est simple.

Un quidam le client  je crois me souvenir qu’il était cadre ou assimilé fait l’objet d’un licenciement économique par une grande enseigne de distribution, dont on taira le nom. C’est un petit oiseau.

Il n’est pas le seul à être ainsi licencié, d’autres le sont avec lui dans les mêmes circonstances.

Ils vont tous  au prudhomme, ils perdent. Tous sauf le client font appel.

Le client  demande en effet  de faire appel à son avocat, lequel pourtant informé en temps utile, laisse passer les délais et fait appel,  mais c’est trop tard.

En appel des autres, tous gagnent, et obtiennent  la nullité des licenciements économiques  avec des indemnités.

Le client le sait, bien sûr, car tout le monde se connait.

Alors il va devant le juge des référés pour lui demander non seulement d’apprécier la faute évidente de l’avocat avec  l’indemnisation correspondante ce qui s’appelle la perte de chance. Alors le juge des référés de comparer les chiffres et d’accorder provisionnellement  45.000 € au client.

Il y a appel et notre assureur de R.C.P., COVEA RISKS, voici son nom,  reconnait,  c’est admirable,  la faute du confrère,  mais n’offre que 25.000 €. Pas assez dit la Cour d’appel qui fustige, confirme l’ordonnance de référé et ajoute de l’art. 700.

Bref, notre assureur de R.C.P. va donc payer par nos cotisations et à la place de l’employeur qui se porte bien merci.

Comme c’est mignon.

Ah oui, une question encore.

Ce confrère qui a commis cette faute si grossière que l’assureur est bien obligé de le reconnaitre sera-t-il sanctionné par le Conseil régional de discipline ?

Je pose la question pour la forme.

Parce que je sais qui il est, avec qui il est associé, et que le bâtonnier ne fera rien.

Remarquez, je ne lui en fais pas le reproche. Au bâtonnier. 

Non, je lui reproche par contre de poursuivre le confrère qui a été payé une fois services rendus, suivant conventions d’honoraires acceptées, au prétexte qu’il aurait été trop cher, tandis qu’il n’y a pas eu de sinistre ni de déclaration de sinistre.

Deux poids, deux mesures.

Voila,  voila.

Voilà qui me rappelle une affaire d’il y a quelques bonnes années déjà.

J’avais un bien  vilain dossier, sauf que j’avais découvert une clause de délai d’action contre mon client locataire de matériel de travaux publics. Il se trouve que l’action aurait du être engagée avant le 31 décembre de telle année (puisque le sinistre entrainant une réclamation de 100.000 € contre mon client, non assuré le malheureux,  avait eu lieu un 31 décembre et que la prescription était d’une année).

Tout démontre que la partie adverse, le bailleur du matériel, plus exactement son assureur de dommages,  avait donné instructions d’engager l’action à la veille des vacances de fin d’année et qu’alors l’avocat était au ski.

Le confrère avait eu beau faire assigner à son retour de vacances. C’était trop tard.  Mon client s'en était sorti avec les honneurs, couvert par la prescription jugée en première instance puis en appel.

Je sais qu’il m’en veut encore, puisque devenu dans l’intervalle membre du conseil de l’ordre, on l’avait  chargé de la commission des assurances. Oui, oui.

Alors, de rage (ou de règlement de compte, allez savoir)  s’emparant d’un autre jugement relatif à la recherche de ma R.C.P. il avait déclaré un sinistre pour une faite que j’aurais commise.

Las, le bougre n’avait pas bien lu le jugement du moins jusqu’au dispositif. Parce que non seulement ma R.C.P. n’avait pas été retenue, l’adversaire avait été débouté, et on m’avait même accordé 2.000 €    au titre de l’art. 700.

J’en suis donc resté à ce jour à zéro sinistre.

Par bernard.kuchukian le 15/07/15

 

Le « Canard enchainé » du jour raconte une histoire savoureuse.

Notre excellent confrère Jean-Pierre VERSINI-CAMPINCHI,  qui n’a à l’équivalent apparent qu’un nœud papillon à arborer, avait constitutionnellement fait  au mois de janvier dernier une adresse au barreau de Paris auquel il appartient. C’est qu’il s’est toujours refusé à être honoré, et qu’il a  vilipendé ses éminents confrères.

Le conseil de l’ordre de Paris n’est pas celui de Marseille.

Je veux dire par là que si j’avais fait pareil que VERSINI-CAMPINCHI, le conseil de l’ordre de Marseille aurait exigé du bâtonnier du moment qu’on me poursuive devant le Conseil régional de discipline pour … je ne sais pas quoi.

Mais non, à Paris, vous voyez bien, ils sont intelligents.

Enfin, un peu, puisqu’ils ont mis le projet aux voix, mais l’ont finalement rejeté.

CAMPINCHI soutient avec juste raison que le port des breloques sur la robe d’avocat relève d’une forme de déloyauté, du genre « on est tous égaux, mais moi je le suis plus que toi ».

Las, le 7 juillet, le conseil parisien a refusé : 7 pour, 7 abstentions, et 19 contre.

Il y a donc à Paris au moins 19 dossiers virtuels (et vertueux) en projet  entre La légion d’honneur et le Mérite.

Je me dis que mon ami Gilbert COLLARD,  auteur d’une proposition de loi sur la suppression des décorations aux magistrats en activité a encore du chemin à faire.

J’espère bien le faire avec lui.

Par bernard.kuchukian le 09/07/15

 

 

Je lis ceci sur tel blog ami, en difficulté. 

« » Je suis un peu surpris que la blogosphère avocats soit aujourd’hui majoritairement composée de confrères insensibles aux problèmes de leurs condisciples malades et en grande difficulté financière liée à leur grave maladie, hormis bien sûr les plus talentueux blogueurs,  en l’espèce le Bâtonnier Patrice GIROUD  de Grenoble également membre de HUB AVOCAT, notre confrère Gérard GUILLOT de Paris et notre confrère,  l’impertinent et indispensable poil à gratter de la profession, l’excellent Bernard KUCHUKIAN de Marseille. » »

Je suis flatté que  ce propos soit tenu sur moi, un peu honteux qu’il le soit dans ces circonstance, alors que de là où je suis, je ne puisse rien faire du tout pour aider ce confrère dont j’ai découvert au surplus avec plaisir  et fierté qu’il était compatriote.

Je ne change pas,  j’ai toujours écrit ici qu’il était si talentueux et que son blog était sans doute le mieux fait techniquement de tous.

Je constate que cette excellence ne lui a pas servi.

Il  se rassurera surtout pas lorsqu’il saura que même l’excellence qu’il me confère ne m’aide pas.

En plus de 40 ans d’exercice, mon barreau m’a toujours craché dessus.  Je me suis consolé en constatant qu’il avait fait de même pour les deux plus grands d’entre nous, Paul LOMBARD et Gilbert COLLARD.

Sauf que Dieu m’a donné force et santé (y compris avec mon cancer du rein, l’an dernier : je signale au passage que la Faculté  la seule la vraie, celle de médecine, vient de me décerner une poursuite d’activité pour un an au moins,  j’ai de la chance, R.A.S., T.V.B.)- Tant pis pour le conseil de l’ordre qui m’aurait bien vu ad patres.

Je suis là, et bien là. Et je demeure, car financièrement, j’ai heureusement  la chance d’être solide. Les KUCHUKIAN sont des gens sérieux.

Mais la question n’est pas de moi : elle est de savoir ce que peut ou doit faire la profession dans des situations du genre qu’a décrite notre confrère ?

Tant que nous étions peu nombreux, c’était possible. On a du cependant rarement faire quelque chose. Maintenant que la recherche est celle de l’infini d’avocats au barreau  pour avoir autant d’électeurs au conseil de l’ordre, je crains que ce soit matériellement impossible. Encore que. Si on veut on peut. Alors, il va faire quoi le barreau local (Val de Marne sauf erreur) ?

Je vais maintenant vous dire deux histoires aussi vraies que belles.

La  première est peut être bling bling. On m’en excusera.

Elle concerne la principauté de Monaco au temps de RAINIER III. On m’a expliqué à l’époque ce qui y arrivait si jamais un commerçant monégasque n’avait d’autre issue que de déposer son bilan.

Le prince souverain s’y opposait avec obstination.

Alors, il parait  que ce GRIMALDI exigeait d’avoir sous les yeux le dossier du commerçant, et qu’il convoquait devant lui la profession locale toute entière  et lui donnait l’ordre suivant. Je ne veux pas de la faillite de votre collègue. Débrouillez-vous, trouvez lui du boulot à prendre sur vous, et qu’il redevienne in bonis. Et on s’exécutait.

La seconde est plus émouvante, car elle concerne le barreau. Elle va toucher notre confrère en difficulté. Il en sera ému, malheureusement pour autant son affaire ne sera pas résolue.

Mais je la dis tout de même, telle qu’elle m’a été racontée fin 1969 au cours de ma visite protocolaire  à Pierre GOUESSE, qui était alors avocat maritimiste à MARSEILLE, lequel me l’a redite voici quelques mois, lorsque j’ai eu le plaisir de le revoir,  à la retraite,  et de l’inviter à déjeuner, un jour  que je voyais passer depuis la terrasse d’un restaurant.

GOUESSE est à la fois Breton, et pied-noir.

C’est en cette qualité qu’il me parlait, parce que je lui avais dit que je suis pied-noir, et que nous étions fin 1969, à sept ans après la fin du drame algérien, et de l'abomination de la réception honteuse des pieds noirs, spécialement à MARSEILLE. Il avait connu cela, et même sans doute au barreau local. Celui de MARSEILLE, je veux dire.

Il m’avait aussi  expliqué avoir connu au barreau d’ALGER,  où il était un confrère plus jeune, d’origine bretonne comme lui. Lointaine. Lui, ce  rapatrié-là ne savait pas où aller.

Sachant que son grand père je crois,  était breton de Bretagne, il avait eu l’idée d’aller là-bas, dans la ville de ce parent décédé.

Il y avait un petit barreau. Alors, il s’était présenté au bâtonnier local.

Nous  étions en 1962 (et quand on connait l’ambiance de mépris et de haine latente de l’époque contre les pieds noirs, ce bâtonnier-là mérite le paradis).

Alors ce bâtonnier-là lui avait dit, inscrivez-vous ici. On va vous trouver un local et on vous fera des facilités.

Oui, mais lui avait dit le confrère algérois, ici je ne connais personne. Comment ferais-je pour survivre le temps d’être connu ?

Alors, le bâtonnier avait écrit une circulaire à tous les confrères, expliquant la situation, en leur demandant de se défaire  chacun d’une affaire pour la confier au nouvel arrivant.

Ce qui avait été   fait. Des années plus tard, l’Algérois était devenu le bâtonnier local.