Par bernard.kuchukian le 24/06/14

 

 

On se perd en conjectures.

 

Pour embrasser cette profession, il faut justifier d'un certain niveau, voire d'un niveau certain de formation intellectuelle et technique.

 

Mais,  par la faveur de la loi et du décret, la profession est  également  habitée par des émigrés latéraux. Ils pénètrent dans le cénacle par la porte secondaire, dispensés de justifier du niveau de connaissances légalement requis.

 

Aussi avons-nous eu l'insigne honneur de voir arriver  dans nos rangs des confrères, ayant pour tout bagage universitaire: le certificat d'études primaires élémentaires!

 

C'est pourrait-on dire la bigarrure intellectuelle de la profession.

 

Celle-ci est libre.

 

Du moins la naïveté de ses membres le croit-elle.

 

O cruelle méprise! Libre par déclaration de la loi, l'avocat est caporalisé au mépris de tous les principes de droit excipés, pour la défense de ses propres clients.

 

Le statut d'avocat est une « capitis diminutio », comme eussent dit des jurisconsultes à Rome.

 

Il n'est pas certain que nos lointains ancêtres du temps de Cicéron eussent accepté notre statut infra-canin! Il a fallu plus six siècles pour que vît le jour le « corpus togatorum », préfiguration de l'ordre des avocats.

 

L'accoucheur de cette funeste institution est au VIème siècle l'empereur JUSTIN 1er, qui voulait connaître le nombre des avocats exerçant auprès de chaque tribunal de l'empire.

 

Plus habile que ne sera son imitateur du XIXème siècle (NAPOLEON 1er, c’est moi qui ajoute) il s'était bien gardé d'exposer la raison réelle de la venue à l'existence du « Corporis togatorum ».

 

A l'avocat médiocre,  pour vivre il lui suffit d'avoir le sens de la mangeoire, faire des salamalecs aux « kakistocrates » de son ordre.

 

Et il vit en père peinard.

 

Ainsi, par exemple, de temps à autre il fait grève, comme le lui demandent certains de ses pairs, en n’ayant pas conscience qu’il travaille surement contre ses intérêts.

 

Pour celui qui est plus doué que la moyenne, son existence est en elle-même  un problème pour la « kakistocratie », car elle lui réfléchit,  tel un miroir,  l'image de sa propre médiocrité.

 

Or les médiocres ne peuvent pas d'eux-mêmes devenir brillants, alors ils cherchent à briser le miroir.

 

Etre doué dans ce microcosme est très onéreux psychologiquement et matériellement, aussi vous harcèle-t-on de poursuites disciplinaires.

 

Vous passez alors un temps considérable à faire fonctionner vos neurones pour défendre vos libertés et dignité.

 

Ce temps précieux et votre compétence sont distraits de votre activité professionnelle.

 

In fine tout se passe comme si vous étiez un médiocre parmi d'autres, quant à l'efficience partielle de votre activité professionnelle.

 

Extérieurement il y a équivalence des résultats.

 

Voilà pourquoi la profession est riche en médiocrité et fort pauvre en qualité.

 

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Pierre DOYEN le vrai auteur de ce billet  ajoute que « kakistocrate » est le  néologisme qu’il a créé, formé à partir de « kakos » signifiant mauvais et « cratos » pouvoir. Le « kakistocrate » est l'antonyme de l’aristocrate.

 

L'aristocratie est ainsi  le gouvernement des meilleurs, en contrepoint la « kakistocratie » est le gouvernement des pires.

 

Alors me voilà à commenter maintenant et ici mon commentateur génial.

 

Pas commenter, en fait lui  ajouter une petite chose.

 

Il arrive que les élus soient si contents d’eux-mêmes qu’ils éditent alors,  aux frais de leurs médiocres électeurs,  de belles brochures sur papier glacé, dans lesquelles ils ne manquent pas de se congratuler largement et librement.

« Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné."

Se susurreraient ils s’ils avaient de la culture classique.

Par bernard.kuchukian le 22/06/14

 

 

Notre confrère parisien Etienne TARRIDE qui a sans aucun doute lu mon billet relatif     à l’incitation fautive à la grève du moins si on fait appliquer par les conseils des ordres  l’art. 17 de la loi de 1971 quant à la ponctualité des avocats aux audiences,       me communique un  potentiel éditorial futur, que je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne ici.                                

 

 

BULLETIN DU BARREAU DE PARIS

                                                                  Numéro Spécial

 

                                                            Le 20 Septembre 2018

              

                                        EDITORIAL DE MONSIEUR LE BATONNIER

 

 

        Mes Chers Confrères

 

            Lors de sa dernière réunion, le Conseil de l’Ordre a pris une décision importante dont je tiens à vous faire part personnellement.

     Comme vous le savez, l’article 17- 4° de la Loi 71-1130 du 31 Décembre 1971 précise :

                      « Le conseil de l’Ordre a pour attribution de veiller à ce que les avocats soient exacts aux audiences »

              Il est apparu nécessaire au Conseil de l’Ordre que des dispositions nouvelles soient prises pour que cet objectif fixé par la loi soit respecté, après que Monsieur le Garde des Sceaux ait, sur rapport de Monsieur le Procureur général, émis des réserves sur le comportement d’avocats qui ne se présentent aux audiences que plusieurs minutes après l’appel des causes. Monsieur le directeur adjoint du cabinet du Garde des Sceaux a bien voulu indiquer au Bâtonnier doyen que toutes les conséquences pourraient être tirées de récidives dans cette atteinte aux principes essentiels et notamment celui de diligence prévu par l’article 1-3 du RIN, alors que les notaires, les commissaires priseurs et les gardiens de square sont toujours d’une grande exactitude lors des rendez vous et des prises de fonction.

              Le Conseil  m’a par conséquent expressément demandé d’user des prérogatives que me confère l’article 187 du décret 91 1197 du 27  Novembre 1991 qui me permet d’ouvrir à ma propre initiative toute enquête déontologique que je juge nécessaire.

               J’ai donc mandaté deux salariés de l’Ordre, MM. Tif et Tondu, professionnels formés par vingt ans d’expérience au sein d’une agence spécialisée et agissant sous l’autorité ordinale, afin qu’ils vérifient au cours de visites inopinées les agendas professionnels et  privés des avocats désignés ainsi qu’il sera dit ci-dessous.

               Ces contrôles auront pour objet de vérifier que les avocats contrôlés n’ont prévu ni rendez vous tardif dans la matinée, ni déjeuner professionnel ou privé, ni visite à quiconque de nature à les amener à être inexact à l’audience.

               Si tout se déroule selon les règles arrêtées, ces contrôles portant sur les six mois à venir ne devraient pas durer plus de trois heures.

               J’ai le plaisir  d’indiquer aux confrères qui craindraient une quelconque intrusion dans leur vie privée ou une violation de leur secret professionnel que les contrôles expérimentaux qui se sont déjà déroulés ont donné toute satisfaction. Ils ont le plus souvent suscité les remerciements des avocats contrôlés auxquels  des indications utiles ont pu être données quant à la tenue de leurs agendas.     

               Les avocats contrôlés seront désignés, à raison de cent chaque année, par  un mage extralucide qui accepte par pure passion d’assister l’Ordre dans cette lourde tâche, le Sar Rabindranath Castelain.

              Je reste, quoi qu’il arrive, votre bien paternel,

 

                                                                             Jules Papounet Goulbu

                                                                             Bâtonnier de l’Ordre

 

Par bernard.kuchukian le 22/06/14

 

C’est un document  d’une centaine de pages, de fin septembre 2013, rendu public nettement plus tard, qui traite de l’essai de maitrise des dépenses de procédure et tout spécialement d’honoraires d’avocat par le ministère de l’intérieur.

Le voici.

On y écrit des choses pas très mignonnes sur les pratiques de notre profession, avec l’accord de certains fonctionnaires.

C’est comme à Marseille dans le dossier des honoraires des marchés d’H.L.M. (toujours à l’instruction.

Combines et compagnie.

Certains sont beaucoup plus forts que d’autres, quoi.

Par bernard.kuchukian le 21/06/14

 

Voici l’intéressante question qu’on doit se poser après avoir lu le point quatre de la liste des taches que donne l’art. 17   de la loi du 31 décembre 1971 sur la profession d’avocat aux membres des conseils des ordres :

« Veiller à ce que les avocats soient exacts aux audiences et se comportent en loyaux auxiliaires de justice. »

Que voyons-nous ?

Au prétexte de défense de la profession,  à travers le bénéfice de l’aide juridictionnelle,  qui n’en n’intéresse en réalité qu’une partie, les moins aisés à ce qu’on nous dit, mais encore faut-il que ce soit vrai, et au demeurant ce serait encore indifférent,

On incite tous les avocats à se mettre en grève et donc à ne plus aller aux audiences.

Mais que font donc les parquets ?

Car en vertu de l’art. 19 de cette même loi, les délibérations des conseils des ordres étrangères à leurs attributions sont annulées par la cour d’appel sur réquisitions du procureur général.

Et il  parait évident que l’incitation à la grève,  donc à la désertion des audiences,  est contraire aux attributions des conseillers.

Non, quelque chose ne va pas.

Je rappelle aussi que le droit de déferrement à la cour d’appel existe aussi en vertu du même art. 19,  c’est son deuxième alinéa, au bénéfice de tout avocat intéressé, se considérant lésé dans intérêts professionnels.

Que se passe-t-il alors  si l’avocat est lésé parce que la grève a fait reporter son affaire et qu’il a subi un préjudice financier ?

Ma question n’a rien  de théorique ni de farfelu, et avocat au barreau de Marseille, je suis admirablement placé pour en parler.

Ici, les ventes aux enchères à la barre du Tribunal ont lieu de tout temps le jeudi matin.

Ce moment avait été bien choisi jadis à l’époque des avoués de première instance, car il permettait et il permet toujours   de donner un jour de plus au délai de surenchère, passant pratiquement de trois à quatre jours (jusqu’au lundi soir suivant, à l’heure de la fermeture du greffe).

Or, systématiquement ou presque, les appels à la grève des avocats, presque toujours pour la défense de l’aide juridictionnelle [dont la plupart des confrères se contrefoutent] se font pour le jeudi. On aime bien ce jour peut être parce qu’on peut ensuite se donner une prolongation le vendredi (et après il y a le weekend).

Quid alors des frais de procédure importants, huissier mais surtout publicité légale et affichage exposés, qui seraient perdus  en cas d’annulation de l’audience de vente du jeudi, et restés à la charge du client  l’avocat poursuivant [qui se contrefont lui aussi de l’aide juridictionnelle] ? Car toutes ces formalités seraient alors à refaire et ces frais à exposer à nouveau. Il n’y aurait aucune raison de les imposer à l’acheteur et  il serait scandaleux de les mettre à la charge du malheureux débiteur saisi.

Heureusement, souvent après des passes d’armes épiques, mais en vertu de la pragmatique,  les audiences ont été maintenues jusqu’ici les jeudis matins, jours de grève.

Sinon, moi j’en connais qui seraient prêts à rechercher la responsabilité civile professionnelle du barreau en raison de l’incitation à la grève au bénéfice des uns, créatrice de préjudice financier spécial à l’égard des autres.

Par bernard.kuchukian le 20/06/14

 

Pas plus tard qu’hier, j’essayais de reprendre une analyse sérieuse de la question de l’aide juridictionnelle.

Au même moment, le lugubre premier ministre Monsieur VALLS (pourquoi ne sourit-il jamais ?) annonçait pratiquement que l’Etat allait faire le cadeau  nouveau à destination des intermittents du spectacle  de 22 millions d’euros pris dans la poche du contribuable présent et futur, futur surtout par le remboursement de la dette.

Solennellement, il nous a annoncé,   dans un discours,  à ce sujet que la culture, c’était fondamental. Ah bon …

Il a du ainsi faire plaisir à sa compagne, violoniste de talent à ce qu’il parait,  et à tous ceux à la tête de l’Etat et  dans ce gouvernement et d’autres,  qui vivent avec des artistes. Riches artistes intermittents de talent ou de gloire.

La profession d’avocat  elle n’a pas de chance ou est mal organisée, puisque,  sans aucun doute, elle ne compte dans le gouvernement actuel aucun ministre ou compagnon de ministre dont l’activité serait dans l’aide juridictionnelle.

Voilà, vous avez ainsi  tout compris.

Face aux intermittents du spectacle,  les vrais artistes, nous autres avocats restons des pitres,  sous un pauvre chapiteau.

Mais, ceci, je vous le dis tout le temps. Ce n’est pas nouveau.

Prêcher dans le désert est une activité comme une autre. La mienne.

Par bernard.kuchukian le 19/06/14

 

L’aide juridictionnelle, on devait s’en foutre, puisque quels qu’ils soient, les pouvoirs publics successifs font la  même chose. Rien.

Ceux du moment sont même pire que les autres, puisqu’ils doivent maintenant faire des économies, encore des économies.

Que les plus démunis, les étrangers en situation irrégulière  dont on n’a rien à faire, et les autres  plus généralement de tout nature se débrouillent comme ils veulent.

Ou alors, plutôt, qu’ils se battent eux, et pas les avocats, pour bénéficier de leur travail avec le paiement par  l’Etat. Pas avec l’aumône de l’Etat.

A ce sujet, vous voyez les médecins se battre pour défendre la sécurité sociale qui les paie ? Non.

Vous voyez les bénéficiaires de la scandaleuse  C.M.U. défiler dans les rues  pour quelle soit maintenue ou développée ? Non.

Et bien pour l’aide juridictionnelle, ce doit être pareil.

Que ceux qui la revendiquent se débrouillent et qu’au lieu de venir pleurnicher chez des avocats  trop souvent des avocates transformés  sur ce coup en assistantes sociales, qu’ils les valorisent au contraire,  en exigeant qu’ils soient bien payés pour bien les défendre.

Pour cela, qu’ils aillent voir non pas leurs avocats et leurs syndicats gauchistes  gestionnaires de misère collective professionnelle, mais tous les élus du peuple, députés et sénateurs.

Que le débat soit public, et pas réservé aux rédacteurs des dossiers d’A.J.

Par bernard.kuchukian le 18/06/14

 

Il y a actuellement le congrès national des notaires à MARSEILLE.

Pour aller au cabinet, je  suis ce matin dans le métro ligne n° 1 de   notre ville.

La R.T.M. qui exploite le métro y  diffuse des régulièrement messages annonçant le congrès,  et que pour s’y rendre, il faut aller au  Parc Chanot, de telle manière.

Je suppose qu’on ne vise pas la clientèle des notaires, qui ont les moyens de s’offrir un taxi.

Non, on fait de la pub indirecte et gratuite pour un événement national censé être flatteur pour la ville.

Au moins, question communication, ils sont forts ces notaires.

Par bernard.kuchukian le 16/06/14

 

Dans l’ordre alphabétique  et avant les textes qui suivent, selon les circonstances du moment.

Attend…

Condamne…

Décide…

Déplore…

Exige…

Invite…

Prend acte…

Rappelle…

Rejette…

Salue…

Se félicite…

Oh, c’est sur, j’en ai surement oublié un tas d’autres.

Remarquez, ça n’a aucune importance. C’est que la motion n’est lue que par ses rédacteurs.

Tandis que  les destinataires du message s’en foutent complètement.