Par bernard.kuchukian le 13/03/19

 

Pour le futur président,

L’Algérie exige un certificat de nationalité algérienne d’origine. La France n’exige pas un tel certificat de nationalité française d’origine.

L’Algérie exige la déclaration qu’on n’a jamais possédé une autre nationalité que l’algérienne.

Il faut aussi un certificat de nationalité algérienne d’origine ( ?) du père et de la mère du candidat.

Pour etre président algérien, il faut déclarer etre de confession musulmane.

Si le candidat est marié, il faut produire le certificat de nationalité algérienne du conjoint.

Il faut aussi un certificat médical  de médecins assermentés – au juste quel serment ? Cette condition  est savoureuse quand on connait l’état de santé du président sortant.

Il faut avoir résidé en Algérie pendant 10 ans au moins sans interruption.

Etre en règle avec le service militaire pour ceux nés après 1949.

Il faut une déclaration préalable et publique de son patrimoine mobilier et immobilier en Algérie et à l’extérieur.

Et une attestation de participation à la guerre d’Algérie coté algérien pour les candidats nés avant 1942.

Et puis des déclarations diverses et variées de pacifisme, de réconciliation, de rejet de la violence, de respect des droits de l’homme, le refus de toute pratique féodale (elle est superbe celle-ci) ou népotive (elle est sublime celle-ci), d’attachement à la démocratie, etc.

 

MAIS CE N’ESTPAS TOUT.

Il faut aussi produire 600 signatures individuelles de membres d’assemblées populaires (les conseils municipaux), et/ou de parlementaires  réparties sur 25 départements (wilayas). On a copié les 500 signatures françaises.

Sinon, c’est l’apothéose, on peut remplacer ces 600 signatures –là  par la production (du calme) de  60.000 signatures  individuelles d’électeurs, sur 25 wilayas, avec au moins 1.500 signatures par wilaya (département). Les 60.000 signatures sont portées sur des imprimés individuels et légalisées par un officier public.

Courage.

Par bernard.kuchukian le 12/03/19

Voici  les quelques articles essentiels sur le sujet dans le Code électoral algérien  du 28 aout 2016.

 

Courage.  Début de citation.

 

 

Article 139.

 

La demande de candidature comporte les nom,

prénom(s), émargement, profession et adresse de

l.intéressé.

La demande est accompagnée d’un dossier comportant

les pièces suivantes :

1- Une copie intégrale de l’acte de naissance de

l.intéressé ;

2- Un certificat de nationalité algérienne d’origine de

l.intéressé ;

3- Une déclaration sur l’honneur attestant que

l.intéressé possède uniquement la nationalité algérienne

d’origine et qu’il n’a jamais possédé une autre

nationalité ;

4- Une déclaration sur l’honneur attestant que

l.intéressé est de confession musulmane ;

5- Un extrait du casier judiciaire n° 3 de l’intéressé ;

6- Une photographie récente de l’intéressé ;

7- Un certificat de nationalité algérienne d’origine du

conjoint de l’intéressé ;

8- Un certificat médical délivré à l’intéressé par des

médecins assermentés ;

9- Une déclaration sur l’honneur attestant que le

conjoint jouit uniquement de la nationalité algérienne ;

10- Un certificat de nationalité algérienne d’origine du

père de l.intéressé ;

11- Un certificat de nationalité algérienne d’origine de

la mère de l’intéressé ;

12- Une copie de la carte d’électeur de l.intéressé ;

13- Une déclaration sur l’honneur attestant la résidence

exclusive, en Algérie, pendant dix (10) ans, au moins,

sans interruption, précédant immédiatement le dépôt de

candidature de l.intéressé ;

14- Une attestation d’accomplissement ou de dispense

du service national pour les candidats nés après 1949 ;

15- Les signatures prévues à l’article 142 de la présente

loi organique ;

16- Une déclaration publique sur le patrimoine mobilier

et immobilier de l.intéressé à l.intérieur et à l.extérieur du

pays ;

17- Une attestation de participation à la Révolution du

1er novembre 1954 pour les candidats nés avant le 1er

juillet 1942 ;

18- Une attestation de non implication des parents du

candidat, né après le 1er juillet 1942, dans des actes

hostiles à la Révolution du 1er novembre 1954 ;

19- Un engagement écrit et signé par le candidat portant

sur :

. la non utilisation des composantes fondamentales de

l’identité nationale dans sa triple dimension islamique,

arabe et amazighe, à des fins partisanes ;

. la préservation et la promotion de l’identité nationale

dans sa triple dimension islamique, arabe et amazighe ;

. le respect et la concrétisation des principes du 1er

novembre 1954 ;

. le respect de la Constitution et des lois en vigueur et

l’engagement de s’y conformer ;

. la consécration des principes de pacifisme et de la

réconciliation nationale ;

. le rejet de la violence comme moyen d’expression

et/ou d’action politique et d.accès et/ou de maintien au

pouvoir, et sa dénonciation ;

. le respect des libertés individuelles et collectives et

le respect des droits de l’homme ;

. le refus de toute pratique féodale, régionaliste et

népotique ;

. la consolidation de l’unité nationale ;

. la préservation de la souveraineté nationale ;

. l’attachement à la démocratie dans le respect des

valeurs nationales ;

. l’ adhésion au pluralisme politique ;

. le respect de l’alternance démocratique au pouvoir

par la voie du libre choix du peuple algérien ;

. la préservation de l.intégrité du territoire national ;

. le respect des principes de la République.

Le contenu de cet engagement écrit doit être reflété

dans le programme du candidat prévu à l’article 176 de la

présente loi organique.

 

Art. 140. . La déclaration de candidature est déposée,

au plus tard, dans les quarante-cinq (45) jours qui suivent

la publication du décret présidentiel portant convocation

du corps électoral.

 

Art. 141. . Le Conseil constitutionnel statue sur la

validité des candidatures à la Présidence de la République

par décision, dans un délai de dix (10) jours francs, à

compter de la date de dépôt de la déclaration de

candidature.

 

La décision du Conseil constitutionnel est

immédiatement notifiée à l.intéressé.

 

La décision est publiée au Journal officiel de la

République algérienne démocratique et populaire.

Ce n’est pas tout.

 

Voyez l’art. 142.

 

Art. 142. . Outre les conditions fixées par l’article 87

de la Constitution et les dispositions de la présente loi

organique, le candidat doit présenter :

 

. soit une liste comportant au moins six cents (600)

signatures individuelles de membres élus d’assemblées

populaires communales, de wilayas ou parlementaires et

réparties, au moins, à travers vingt-cinq (25) wilayas.

 

. soit une liste comportant soixante mille (60.000)

signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur

une liste électorale. Ces signatures doivent être recueillies

à travers, au moins, vingt-cinq (25) wilayas. Le nombre

minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas

ne saurait être inférieur à mille cinq cents (1.500).

 

Les signatures sont portées sur un imprimé individuel et

légalisées auprès d’un officier public. Lesdits imprimés

sont déposés en même temps que l’ensemble du dossier de

candidature, objet de l’article 139 de la présente loi

organique, auprès du Conseil constitutionnel.

 

Fin de citation.

Il est évident que ce machin là n’a été prévu que pour faciliter un  candidat unique sur modèle unique.

Pour faire bonne mesure, on a vaguement copié la constitution française, sauf que les 500 signatures sont ici 600.  Tandis que preuve de fausse démocratie, on peut les remplacer par 60.000 signatures individuelles.

J’ignore quels sont les moyens techniques au Conseil constitutionnel algérien, installé à El Biar (un des quartiers chics d’Alger). Ce machin est en tout cas totalement irréel.

Par bernard.kuchukian le 10/03/19

Il faut absolument lire dans « Le Monde » de ce dimanche-lundi 10-11/3/2019 le long billet de Kamel DAOUD,  « Le catalogue de nos humiliations ». En voici un extrait seulement. C’est admirable de vérité.

Le rite de la photo.

Au catalogue des reproches, on peut ajouter des objets qui définissent l’Algérie d’aujourd’hui, sous le règne de l’immobilité : au début de l’été 2018, 700 kg de cocaïne sont découverts sur le port d’Oran, dans un conteneur. L’affaire est un scandale d’Etat et éclabousse jusqu’au patron de la police, ses proches, son chauffeur et un importateur de viande.

Le scandale se double d’un autre : le « Boucher », comme l’appellent les Algériens, avait enregistré des centaines d’heures de vidéo de clients corrompus pour un passe-droit, une autorisation d’urbanisme, un verdict de procès. Il s’agit de très hauts fonctionnaires d’Etat, de magistrats, de préfets, de ministres, de fils d’apparatchiks, de directeurs centraux… On découvre la réalité de ce régime, ses tarifs, sa décadence accélérée.

D’autres objets « signent » ce règne féroce : les communiqués contradictoires de la présidence à propos des listes des nouveaux gouvernements, les lettres de Bouteflika à la paternité douteuse, les nominations de ministres qui durent dix minutes, comme celle d’un ministre du tourisme nommé et remercié, deux fois, en moins d’une heure. Signes d’un éclatement de l’autorité, d’une usurpation du mandat, preuves d’un usage de faux au plus haut sommet du pays. On peut citer les images d’un président au si lent trépas diffusées cycliquement pour prouver qu’il y a une vie dans le palais et, dernièrement, surtout, le fameux « cadre ».

C’est peut-être ce que l’histoire gardera de ce règne : le rite de la photo de Bouteflika, un cadre présenté aux Algériens pour qu’ils l’embrassent et l’élisent.

Ce « cadre », portrait muet et « photoshopé » jusqu’à l’outrance, est promené lors des défilés nationaux. On a vu le gouvernement et la hiérarchie du pays se lever pour le saluer aux fêtes de l’indépendance, on a vu le ministre de l’intérieur le décorer, on a vu des foules se pousser du coude autour pour se reprendre en photo avec… la photo, on a vu des tribus offrir un cheval au « cadre ». On a vu de jeunes blogueurs condamnés à de la prison pour avoir moqué ce portrait. Cette religion du « cadre » a été l’ultime mépris, l’insulte suprême, le crachat absolu.

Les nouvelles générations le ressentent comme l’humiliation de trop. C’est donc le portrait le plus coûteux de l’histoire algérienne : il nous a coûté des décennies d’immobilité et de rapine, il va nous coûter une révolution lourde, dangereuse, belle et longue. « Si on doit être gouverné par un cadre, autant que cela soit Mona Lisa », brandissaient des jeunes lors des marches flamboyantes du 1er mars. Humour, blessure, fierté, danger, révolte, colère et inquiétude. C’est tout cela mon pays aujourd’hui.

Le destin de Bouteflika sera celui des décolonisateurs en chef (et de leurs courtiers), qui ne savent pas mourir, partir dignement, accepter le temps. Il aurait pu sortir par la grande porte et préserver la mémoire de sa personne et l’avenir des enfants de l’Algérie. Il ne l’a pas fait.

Par bernard.kuchukian le 17/11/17

 

Au moment où le Point de cette semaine décrit une Algérie d’apocalypse, la presse locale à travers un quotidien de langue française édité près de Dely-Ibrahim (quelques kilomètres au sud d’Alger), tellement courageux, sous le titre Liberté,  est la tribune d’un dessinateur d’une cinquantaine d’années, dont la tête est mise à prise par les islamistes, au crayon largement équivalent à ceux qu’on peut connaitre ici en France. Il s'appelle DILEM.

Voyez donc par exemple  comment il annonce la prochaine visite de M. MACRON.

Par bernard.kuchukian le 13/11/17

Et c’est inquiétant ici pour la France à 800 km d’ALGER.

Miné par la baisse bien établie désormais du cours du pétrole avec le corolaire du gaz en totale contradiction avec les prévisions sur optimistes du budget algérien, et le financement de l’économie locale uniquement par une manne pétrolière et gazière  qui n’est plus, le dinar algérien s’effondre actuellement sur les marchés. 

Tous, dollar ou euro.

On était encore récemment à  115 puis 130 dinars pour un euro, on passe à plus de 200 dinars, cours officieux tout simplement en ligne sur Internet et de source algérienne…

Car à ce que nous dit, le marché noir est tout à fait public, et a même son siège à ALGER, square Port Saïd (pardon, de mon temps on disait Bresson, devant l’opéra).

Et on parle désormais d’un cours de 300 dinars l’euro.

Tout cela est de plus en plus inquiétant pour la France.

Et ce n’est pas la sage décision (enfin…) de PEUGEOT d’implanter une usine de montage à ORAN qui va changer quoi que ce soit.

Non plus que le curieux silence de la presse française,  qui fait le black out sur l’incendie du navire roulier marchand amiral algérien, le Taryk in Ziad, bien connu des Marseillais puisqu’on le voit régulièrement à quai de la Joliette.

Ca     s’est passé avant-hier entre MARSEILLE et ALGER.

Dégâts considérables, dus parait-il comme c’est étrange à un incendie dans une voiture en garage avec escale forcée aux Baléares et évacuation des passagers transférés sur un autre bateau. L’ennui est que statistiquement, les incendies sont fréquents sur les bateaux algériens.  D’ici à évoquer des actes terroristes. Bizarre non ?