Par bernard.kuchukian le 07/08/13

Tout le Landerneau judiciaire pénal en est abasourdi ; il n'est qu'à voir en plein été le nombre des billets sur le sujet, j'en ai compté trois sur la blogosphère. Maintenant que Le Canard enchainé a soulevé le lièvre (1) , on en est baba.

La presse fait remarquer, c'est désagréable, que la première décision de la Cour de cassation concerne un franco-arménien, voleur avec arme, condamné par une cour d'assises en contumace à perpète pour un vol à main armé. Il y a son nom dans Le Monde, Gilbert MINASSIAN.

Le Monde écrirait-il que le condamné est un Algérien, Mohamed QUELQUE CHOSE ? Non.

Même la Cour de cassation implique l'Arménie, la république, en la citant dans son arrêt.

Pour la seconde décision, même situation, Cour d'assises au Rhône, sauf qu'on n'a aucune indication sur l'origine du condamné pour des faits très graves également à perpète et en contumace.

C'est quoi l'histoire : nos deux condamnés ont été patients, et ont attendu tranquillement, le premier peut être en Arménie, le second on ne nous dit pas où, mais j'ai ma petite idée, oui, quand on ne dit pas c'est que c'est sans doute en (stop), donc nos deux condamnés ont attendu plus de 20 ans. En faisait le dos rond.

Et leurs avocats, ils sont très forts ces avocats, à tout hasard ça va être leur faute (2), ont découvert que le droit français avait une faille monumentale : l'absence de définition légale jusqu'en 2012 (et par hasard) des faits interruptifs de la prescription sur condamnations pénales.

Le plus cocasse (si on peut dire) de l'histoire, c'est que celui dont on a livré le nom de famille à la presse, est désormais blanchi. D'ici à ce qu'il fasse un procès au Monde qui a révélé son identité, que prudemment ne donne pas l'arret de cassation en ligne sur Legifrance.

Finalement, il y a deux façons de voir les choses.

L'une d'elles, j'ai prouvé personnellement, est de dire : «En procédure, ils sont forts ces Arméniens ». Je retiendrai celle-ci. Mais, avec des tas de sous entendus.

Ah oui encore une chose: en l'état, Charkles DEBBASCH peut dire merci à Gilbert MINASSIAN, et rentrer traNquilement à AIX,pouvant ainsi quitter son LOME au TOGO.

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(1) Il faudrait voir ce qu'on peut faire du coté de mon ami La FoNTAINE

(2) Je ne suis malheureusement pas l'un d'eux, mais si jamais le confrère est Arménien de nom de famille, bonjour les dégâts.

Par bernard.kuchukian le 31/07/13

On les ignore. Ils n'intéressent personne. Le moindre descendant d'immigré y est exalté. Pas ceux-là.

Lorsque chef de l'Eglise apostolique arménien, KAREKIN II est venu à Marseille, pour réunir la communauté, toutes confesserions réunies, remercier la France et la ville d'avoir accueilli les siens, le sénateur -maire était représenté par un adjoint. Qu'on ne me dise pas que ce n'est pas vrai. J'y étais. Il est vrai que le pape KAREKIN II tenait un discours en arménien, mais à la gloire de la France voire de la ville.

Voulez vous un seul autre exemple ?

Vous savez que notre ville est cette année capitale européenne de la culture. Superbe bêtise.

Bon, on aurait pu faire au moins dans un essai de grand. On apprendra prochainement qu'on aura fait dans la constitution de partie civile, parce qu'il parait que les architectes ... Passons.

Voyons, qui a pensé une seconde à dire combien la communauté arménienne s'était intégrée à la ville. Sans avoir à la placer en situation d'état de siège. Vous suivez ?

On aurait pu savoir qu'il existe à Lisbonne la Fondation Calouste Gulbenkian, riche de la fortune du plus célèbre de tous les Arméniens, Monsieur 5 %.

Qui aide aussi les Arméniens. Et leur réputation.

Vous voulez de la culture ? Bien sur il n'était pas question d'importer son superbe musée à Marseille.

Mais nos élus municipaux auraient pu savoir qu'il existe un orchestre de qualité internationale celui de la Fondation Calouste Gulbenkian.

On aurait pu le faire venir pour valoriser aussi la communauté. On a donc simplement raté le concert d'il y a quelques jours, sous la direction de Daniel BARENBOIM. Par exemple.

Et qu'on ne me dise pas que la Fondation ne paie pas. C'est bien elle qui avait adressé le chèque final il y a bien longtemps pour financer la cathédrale du Prado...

Alors....

Par bernard.kuchukian le 30/07/13

Alors que je voyagerai prochainement là où eut lieu la guerre du corps expéditionnaire d'Orient de FRANCHET D'ESPEREY et de SARRAIL (vous savez bien, le grand monument à leur gloire sur la corniche de Marseille), je repense au génocide arménien.

Ce n'est certes pas sur les mêmes lieux, mais il y a un rapport historique.

Je me souviens en effet de mon mariage en 1975. J'avais alors rencontré un oncle de mon épouse. Un monsieur qui n'était plus tout jeune.

Antonin CHATAIN qu'il s'appelait. Solide gaillard de paysan Bourbonnais, né à la fin du 19ème siècle ou en 1900. A RANDAN, tout à coté de VICHY.

Son adolescence avait été la grande guerre, et il voulait devenir gendarme. Il m'avait d'ailleurs expliqué qu'en ce temps là, pour devenir gendarme, il fallait acheter son cheval.

Mais avant d'être gendarme, il avait été enfant de troupe, engagé, à la fin de la grande guerre. Il était alors parti depuis MARSEIILLE rejoindre les troupes d'Orient. Mais lui était passé en Syrie.

Il m'avait dit ceci :

« Bernard, ne m'expliquez pas le génocide arménien, moi je l'ai vu de mes yeux, vu. J'ai vu en Syrie ces malheureux rescapés, et en quel état physique et moral ils étaient, ceux qui avaient pu survivre, eux, après avoir traversé à pied l'est et le sud de la Turquie. Nous ne savions rien de leur histoire, nous ignorions même jusqu'alors qui étaient ces Arméniens, ces chrétiens et leurs malheurs.

Tout ce que nous avions ordre de faire et nous l'avons fait était de les aider. Dans leur détresse immense, nous étions leurs sauveteurs. »

Peut être était-il dans ces troupes qui sauvèrent dans le sandjak d'ALEXANDRETTE, ces Arméniens survivants des massacres et des exterminations qui, en haut d'une colline, entourées d'Ottomans, face à la mer, attendaient que le bateau d'un Etat chrétien passe et les sauve.

L'histoire apprend qu'un guetteur reconnut au large le pavillon tricolore d'un bateau de guerre français.

La communauté prit alors tout ce qu'elle trouvait de bleu, de blanc et de rouge, pour l'exposer à flan de colline et attirer l'attention.

L'histoire est magnifique, car la manoeuvre fut reconnue sur le navire de guerre, et les Français vinrent sauver ces malheureux.

Par bernard.kuchukian le 27/07/13

Quelque chose qui ne soit pas une loi de principe, sans sanction ni conséquence, comme c'est le cas actuellement.

Du genre, bon a a tué quelques Arméniens, c'est une vieille histoire, on le reconnait (et on passe à autre chose, du genre: "vous avez vu ce drame à la télé ?"

Philippe KRIKORIAN qui se bat comme un lion dans cette affaire fait le siège de toutes les juridictions de France, pour que le droit ne soit pas une vaine notion, du moins pour certaines victimes (c'est vrai que les Français ont leurs préférés). La prochaine étape est celle de la Cour d'appel d'AIX EN PROVENCE. Voyez c'est assez bien résumé ce qu'en dit GUILLEDOUX dans la Provence de ce matin.

Rendez-vous en septembre.

P.S. J'imagine les réflexions du genre, on n'est pas à EREVAN... Crétins goitreux.

Par bernard.kuchukian le 22/07/13

Règulièrement on cite, mais seulement, quand ça arrange, Adolf HITLER l'antéchrist.

On connait tous son mot, répondant à un de ses proches, horrifié de son projet d'extermination des juifs et soutenant que le monde entier allait immédiatement protester : il parait que sa réponse fut « on a bien exterminé les Arméniens, et personne dans le monde n'a protesté ».

Voici, aucun rapport entre Arméniens et roms, voici que le député maire de CHOLET, Monsieur Gilles BOURDOULEIX, dans le temps grand défenseur des avoués d'appel comme rapporteur général, lors de la réforme parlementaire, viendrait de déclarer qu'HITLER aurait mal fait en n'exterminant pas tous les roms.

Sur le même registre, que de fois n'ai-je entendu dire, en parlant des Arméniens que les Turcs n'avaient pas bien fait leur travail, en ne les ayant pas tous exterminés. Et qu'il en restait donc quelques uns. A nous emmerder.

Sont-ce comme disait dans le temps, avant d'être dans le déclin physique complet actuel, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, le président algérien, lorsqu'il était ministre des affaires étrangères : sont-ce « des paroles verbales ? ».

On dirait que non.

Encore un petit mot : imaginons une fraction de seconde que Jean-Marie LE PEN ait dit le quart de cela. Il aurait été au moins pendu sur le champ, non ?

Par bernard.kuchukian le 30/06/13

Non, ce billet n'a rien à voir avec la rencontre de coupe d'Europe de football d'il y a deux ans, Andorre(0) Arménie (3)

Non, un travail en cours sur la récusation des juges non professionnels me rappelle la décision capitale rendue en la matière par la Cour européenne des droits de l'homme le 29 mai 2012, (001-111192) voici une année à peine, décision que j'avais commentée sur mon blog.

C'est l'affaire S.A.U.R., principauté d'ANDORRE.

Une importante société française, la S.A.U.R., Caisse des dépôts + Etat français, construit une station d'épuration en principauté.

Puis, l'Etat andorran débiteur lui fait localement un vilain procès en soutenant qu'elle a fait tout faux. Elle perd tout.

La S.A.U.R. que je connais un tout petit peu pour avoir occupé avec succès pour elle ici à MARSEILLE, voici quelques années, est techniquement une entreprise des plus sérieuses. Elle ne comprend pas.

Habituée aux mauvaises habitudes françaises, elle n'a pas pris la précaution d'enquêter auparavant sur la composition de la juridiction andorrane, ce qui lui aurait peut être permis de découvrir ce qu'elle apprendra plus tard, une fois la vilaine décision rendue contre elle.

Elle découvre alors que le magistrat rapporteur de la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'ANDORRE qui l'a jugée, est tout simplement l'administrateur d'un cabinet d'avocats en Espagne dont le gouvernement andorran... est le client.

Recours à la Cour européenne de STRASBOURG, qui lui donne raison.

Qui déclare ainsi que la récusation est possible même une fois la décision rendue par constatation du manque d'impartialité, ce qui met au passage à néant l'obligation du droit français de soulever la récusation avant l'audience, violation de l'art. 6-1, dommages-intérêts et invitation faite à l'Etat andorran de s'acquitter de l'obligation juridique de réparer sa faute.

Je n'ai pas pu avoir les détails en principauté, par la discrétion compréhensible de la brillante consoeur andorrane qui a obtenu cette remarquable décision, quand je l'avais consultée au téléphone.

Je sais simplement que cette affaire a fait très grand bruit localement. Je promets d'essayer d'en savoir davantage si je me promène dans le coin. Peut-être vous dirais-je.

En bon pied noir que je suis, j'ai la mannie de lire et analyser les noms de famille. Qui c'est celui-là ?

A ce propos, la lecture des décisions européennes est un véritable régal, à STRASBOURG évidemment mieux encore qu'à LUXEMBOURG, où c'est déjà pas mal. Il y a tant d'Etats membres. Une analyse première sommaire donne que le président était ici roumain, avec un autre juge à nom je ne sais pas letton ou hollandais, un juge à nom français, un autre à nom espagnol, un autre à nom à consonance russe, un autre à consonance grecque.

Le dernier, qui est en réalité le premier dans la liste des juges donnée à la décision, c'est Alvida GYULUMYAN. Une Arménienne, sans doute d'Arménie, puisque ce petit Etat sympathique et ami est aussi membre du Conseil de l'Europe.

Le président de la République arménienne, Edouard NALBANDIAN, préside d'ailleurs actuellement et jusqu'en novembre prochain le comité des ministres dudit Conseil.

Alors je relis le dispositif de la décision précitée, et m'aperçois aussi qu'elle a été rendue à l'unanimité des juges.

Et je me dis finalement qu'il n'y a donc pas que les Arméniens à être des emmerdeurs du droit.

Salut ici à quelques faux amis. Et aux vrais aussi.

Par bernard.kuchukian le 20/06/13

Voici que Madame LE PEN va perdre son immunité parlementaire européenne pour avoir déclaré :

« Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça (elle parlait sans doute des prières de rue des musulmans) c'est une occupation du territoire ».

C'est toujours la même histoire avec toujours les mêmes raisonnements. Toujours un sens unique.

Vous aurez remarqué que le propos précité n'attaque personne en particulier, sauf une pratique physique, apparemment évidente dans certaines rues.

A certains moments. Et alors qu'il manque de mosquées en France. Dès lors qu'il existe une communauté islamique, je suis certainement le seul réactionnaire de ce pays qui souhaite que le culte s'exerce dans des mosquées à construire et non dans les rues. Aux frais des musulmans (comme les églises arméniennes construites après 1920 aux frais de la communauté).Comme toutes les autres religions.

Imaginons maintenant que quelques crétins viennent à nier maintenant l'existence de la Shoah. Fusillés sur le champ.

Que d'autres aussi viennent et ils ne manquent pas à nier aussi le génocide des Arméniens entre allez 1890 et 1922 (il n'y avait plus personne à tuer après cette année là).

1.500.000 de personnes assassinés, et je ne compte pas les 700.000 (on ne sait pas bien au juste) Assyro Chaldéens.

On vous dira qu'historiquement, c'est concevable, que la liberté, ceci, que la liberté cela.

Bref, circulez, j'ai autre chose à faire.

La géométrie de ce qu'on appelle la haine raciale est ici variable.

Et en plus, les Turcs sont bien musulmans, non ?

Par bernard.kuchukian le 12/06/13

Voici que C.C.B. se déchaine dans un éditorial véhiculé sur mon adresse de courrier électronique contre le gouvernement turc lequel s'attaque à des gentils avocats.

Voici qu'il faudrait d'après lui que le Conseil de l'Europe et la Cour européenne des droits de l'homme (la Turquie y est) chasse immédiatement les Turcs.

S'ils reconnaissent aussi le double génocide, ces 45 confrères turcs ici en cause ont ma sympathie.

Mais pas C.C.B. : dites président, le gouvernement turc en est à nier le génocide de 1.500.000 d'Arméniens (il y avait des avocats là dedans) plus 700.000 Assyro-Chaldéens (il y en avait aussi).

Quand on a vos grands principes, on ne choisit pas la catégorie des victimes, suivant les nécessités du moment. C'est tout ou rien. C'est sur que les morts des années 1915 - 1922 ne donnent pas lieu à des voyages à Istanbul. Avec le monument à la gloire de TALAT Pacha .

Allez salut : non, je vous ai donné rendez-vous le 4 octobre prochain à 9 H. Vous allez savoir pourquoi demain matin.

Par bernard.kuchukian le 09/06/13

On a tellement voulu l'oublier, qu'il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de se procurer le texte français du volumineux traité de SEVRES, signé le 10 aout 1920, comme l'un des traités d'ile de France, en annexe de celui de VERSAILLES. On le doit ici au Conseil national arménien, ainsi que le texte de l'arbitrage du président WILSON qui a suivi.

Je rappelle ou j'apprends qu'en droit international public, en droit des gens, un arbitrage a la valeur de traité. La référence doctrinale générale citée est généralement celle de l'arbitrage du roi d'ITALIE entre la FRANCE et le MEXIQUE sur la propriété de l'îlot de CLIPPERTON, dans le Pacifique.

Woodrow WILSON, 28ème président des Etats-Unis d'Amérique est aussi l'auteur de cette célèbre formule :

« Il existe quelque part un pouvoir si bien organisé, si subtil, si vigilant et si subversif que ceux qui le condamnent feraient bien de ne pas élever la voix quand ils le condamnent. »

Quant au reste, lisez. Trébizonde, Racine, Bajazet, Soliman.

Par bernard.kuchukian le 09/06/13

Texte commun des gouvernements français, britannique et russe.

« Déclaration de la Triple Entente tenant pour responsable le gouvernement turc des massacres commis par la Turquie en Arménie, en date du 24 mai 1915.

24 mai 1915.-- Depuis un mois environ, la population kurde et turque de l'Arménie procède, de connivence et souvent avec l'aide des autorités ottomanes, à des massacres des Arméniens. De tels massacres ont eu lieu vers la mi-avril (nouveau style), à Erzeroum, Dertchun, Eguine, Akn, Bitlis, Mouch, Sassoun, Zeitoun et dans toute la Cilicie ; les habitants d'une centaine de villages aux environs de Van ont été tous assassinés ; dans la même ville, le quartier arménien, est assiégé par les Kurdes. En même temps, à Constantinople, le gouvernement ottoman sévit contre la population arménienne inoffensive. - En présence de ces nouveaux crimes de la Turquie contre l'humanité et la civilisation, les gouvernements alliés font savoir publiquement à la Sublime-Porte qu'ils tiendront personnellement responsables desdits crimes tous les membres du gouvernement ottoman ainsi que ceux de ses agents qui se trouveraient impliqués dans de pareils massacres. »