Par bernard.kuchukian le 07/02/18

 

Et voici que la juridiction consulaire parisienne  s’emballe et condamne l’éditeur du journal économique CHALLENGE      pour avoir informé un peu partout, car c’est désormais le secret de Polichinelle, qu’une grande enseigne  nationale de la distribution du meuble et de l’électroménager  fait l’objet d’une procédure de mandat ad hoc. Il parait qu’elle est  en difficulté, ce qui n’a malheureusement rien d’exceptionnel par les temps qui courent.

On peut tous le déplorer. Personnellement, je signale au passage que  j’en suis client pour lui avoir acheté  avant toute cette affaire à ses propres marques trois téléviseurs, à des prix imbattables et qui fonctionnent à merveille.

Revenons au sujet. C’est l’art. L. 611-15 du Code de commerce :

« Toute personne qui est appelée à la procédure de conciliation ou à un mandat ad hoc ou qui, par ses fonctions, en a connaissance est tenue à la confidentialité. »

Il parait que,  parce qu’elle a écrit dans son édition papier et/ou sur Internet voici quelques mois – la planète entière est désormais au courant – que cette grande enseigne propriété d’un groupe africain du sud connait des difficultés de gestion, le saint secret des affaires a été violé, et que, sous astreinte S.V.P., la presse doit se taire.

Je ne connais pas le détail du dossier, mais avec les journalistes qui lèvent le lièvre, y compris ceux de MEDIAPART, je proteste.

MEDIAPART fait d’ailleurs mieux que tout le monde : il publie en ligne  la décision  en référé  qui mentionne CONFORAMA  et qui condamne son confrère. Il a raison

Quatre  choses au moins  sont stupéfiantes ici :

  1. Que le juge des référés du Tribunal de commerce de Paris quand il a rendu sa décision du 22 janvier 2018  qui par principe est publique, motivation comprise, qui n’est donc pas secrète, fasse état lui-même de la procédure ad hoc de CONFORAMA
  2. Qu’on applique l’art. L.611-15 à la presse, alors que  littéralement le texte ne vise que la personne appelée à la procédure de conciliation, tandis qu’on doute que le journal en question y ait été appelé. La grande chaine en question ne vend pas des journaux.

 

  1. Que sous cette réserve, personne n’ait songé à poser une question prioritaire de constitutionnalité sur le texte en question. Enfin, où est passée la liberté, tandis que la disposition en cause crée des décisions de justice confidentielles, ce qui est contraire à tous les principes possibles et imaginables. Stop au secret.

 

  1. Qu’on ne se soit pas placé sous le régime de la loi de 1881 avec la référence à la diffamation et à l’exception de vérité, alors que si on a bien compris, ce qu’a écrit CHALLENGE est vrai.

 

Par bernard.kuchukian le 27/01/18

Nous sommes  certainement en train de vivre une très heureuse  révolution juridique de première importance,  due notamment à la chambre criminelle de la Cour de cassation, en grande partie sur impulsion de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est,    en matière de liberté d’expression, une espèce de contre révolution après des années, pardon des décennies,  de pensée unique obligatoire.

La dégradation de la situation ambiante y est pour quelque chose : trop c’est trop.

Au passage, le traitement de   la cause arménienne y est certainement pour quelque chose.

Résumons. Il y a deux ans maintenant, saisie par un néo-nazi,  qui était  fier de l’être, la chambre criminelle se posait,  justement,  la question de savoir s’il était conforme au principe constitutionnel d’égalité  de réprimer la contestation de la Shoah, mais de ne pas le faire des  autres génocides,  dont – c’est dans le dossier de renvoi  de la Q.P.C. correspondante– celui des Arméniens.

Le Conseil constitutionnel était donc saisi du sujet. Philippe KRIKORIAN et moi y étions allés sur nos deux interventions qu’il avait expressément acceptées. C’était pour la défense celle de la mémoire des victimes, puisque nous plaidions pour des membres de leurs familles.

Nous  avions suggéré qu’il fallait modifier la loi, et étendre la protection de la mémoire de la Shoah à celle de tous les autres génocides,  dont l’arménien.

 Après avoir reconnu,  au passage remarqué,  sans la moindre  ambigüité,  une nouvelle fois,  le génocide  de 1915, validant ainsi en quelque sorte la loi  française déclarative correspondante, et avoir rejeté  sèchement  l’intervention d’un comité fantoche pour la défense de l’histoire turque,  niant tout simplement le même génocide arménien,  le Conseil constitutionnel a cependant  rejeté notre prétention.

Au seul motif suivant : la liberté d’expression doit être très large,  à  une exception près,  dès lors qu’elle peut faire craindre pour l’ordre public, tandis que  les crimes nazis ont été ainsi définitivement jugés à Nuremberg. On faisait aussi  du droit pénal : on n’a pas le droit de nier une décision de justice de condamnation.  Et le Conseil  constitutionnel de rappeler qu’en France, il y a eu des attentats anti-juifs, donc danger,  tandis que – il ne l’a pas dit- on n’a jamais mis de bombe dans une église arménienne. Dont acte.

Quelque part, le Conseil constitutionnel suivait le raisonnement de la  Cour européenne des droits de l’homme,  sanctionnant plus tôt  la Suisse, dont un tribunal avait condamné un journaliste turc,  contestataire du génocide arménien,  en expliquant plus ou moins que cette question ne mettait pas en cause l’ordre public helvète.

Puis sont venues en rafales en France  les affaires MORICE, et tout dernièrement – on n’a toujours pas les copies complètes en mains – les deux cassations, ce sont des cassations, dans les affaires de Christine BOUTIN et surtout,  voici quelques jours  de notre ami  Eric ZEMMOUR.

Le point commun est qu’ils avaient été condamnés tous les deux en première instance, par la célèbre 17ème chambre correctionnelle et ensuite par la Cour d’appel  de PARIS, la première pour avoir écrit que l’homexualité est une abomination, et le second  parce que,  dans  un entretien donné à quotidien italien,  il  affirmait: « Il y a des millions de personnes qui vivent en France sans vouloir vivre à la française. Les musulmans ont leur propre Code civil : le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés d’en partir. »  Le cœur de la polémique résidait dans l’emploi du mot « déportation » qu’Eric ZEMMOUR n’a jamais prononcé.

L’appel à la haine avait été pourtant  été  reconnu dans les deux cas.

La Cour de cassation  a cassé dans les deux cas.

Et ZEMMOUR  - bravo l’ami – de conclure aujourd’hui. On peut dire ce qu’on veut, j’ajoute moi, on peut dire ce qu’on veut sur un sujet de société.

Il n’est pas interdit  finalement, c’est au contraire utile,  de rappeler ici que la présidente du Front national,   qui se défendait elle-même, a, elle, été relaxée  en 2015 par le Tribunal correctionnel de Lyon dans l'affaire des prières de rue musulmanes. Elle  les  avait assimilées à une occupation  dans un propos qu’elle avait tenu. Le tribunal avait même  suivi le parquet car  la présidente du Front national n'avait fait qu'«exercer sa liberté d'expression» en évoquant des faits «imputables non à l’ensemble de la communauté musulmane mais à une minorité».

Par bernard.kuchukian le 14/01/18

Alors voilà, GALLIMARD  ne rééditera pas les trois pamphlets,  plus antijuifs que les autres, « Bagatelle pour un massacre », « L’Ecole des cadavres » et « Les beaux draps ». Techniquement, rien à redire, puisque l’auteur lui-même, qui avait tant souhaité » La Pléiade », qu’il a finalement eue,  avait cependant  toujours refusé leur réédition.

Philippe BILGER  vient d’écrire qu’il souhaite la publication sans censure. Il écrit aussi  que CELINE est partout, tout entier dans l’indigne, comme dans l’unique.

Nous avons un point commun avec BILGER, c’est notre date de naissance : tous les deux un 31 aout 1947. Nous sommes nés tous les deux dans deux mondes différents, mais après la guerre.

Sur cette affaire, mon point de vue est différent du sien. C’est l’indifférence.  

C’est l’indifférence,  parce que ces trois petits livres sont banalement consultables en ligne sur Internet en format pdf. Sans censure. Et même gratuitement.

Leur impact pratique est tout au plus susceptible de toucher de rares esprits dérangés dans la France d’aujourd’hui, j’en connais un ou deux au barreau. Mais après tout, la folie  est libre dans notre pays. Et personne ne se recommandera jamais de CELINE pour quelque action que ce soit.

C’est alors qu’on pourrait retourner au génial CELINE, plus personne ne saura écrire comme lui,  ce qu’il écrivait  dans  « Les beaux draps » (page 5), c’est vrai qu’il parlait des Français de l’époque au moins :

« Si c’était par la force des mots, on serait surement Rois du Monde. Personne  pourrait nous surpasser, question de gueule et d’assurance. Champions du monde en forfanterie, ahuris de publicité, de fatuité stupéfiante, Hercules aux jactances » .

Sur ce, question Juifs, on a connu au moins un Ariel SHARON, général de cavalerie de son état,  qui,  dans l’au-delà,  s’il existe et s’il y  a l’occasion de rencontrer CELINE, peut lui dire « connard,  tu n’y connais vraiment rien ».

Par bernard.kuchukian le 13/01/18

L’ineffable Jacques LANG vient de jouer les matamores en déclarant publiquement quelque part en France que le président américain, Donald TRUMP, est un président de merde.

Bof. Le TRUMP n’en n’a rien à foutre de Jacques LANG et des autres au demeurant. Et il a bien raison.

Au demeurant, LANG ne risque surtout  rien du tout, car en droit français, le délit spécifique d’offense au chef de l’Etat,  qu’il soit français ou étranger,  n’existe plus du tout, en dernière analyse ensuite de l’affaire       EON.  L’un et l’autre rayés de la loi de 1881 sur la presse.

Tiens, si on en revenait  alors à la Q.P.C. KUCHUKIAN – KRIKORIAN revendiquant l’inconstitutionnalité de l’injure. Vous verrez, on y parviendra.

Et on en reviendra notamment à ce que disait MELENCHON,  il y a quelques années sur le sujet,  pour écarter toute pénalité du propos, sauf s’il comporte un volet de violence.

Exactement soit écrit au passage, comme on croit le savoir dans la décision de relaxe de Madame BOUTIN, qu’on aimerait bien avoir enfin en copie complète.  Mais pourquoi donc  la cachent-ils ?

Par bernard.kuchukian le 13/01/18

 

Cette formule,  dont je ne suis pas l’auteur,  est admirable.

Elle devrait compléter l’art . 11 de la déclaration des droits.

Par bernard.kuchukian le 10/01/18

 

Voici qu’on nous rapporte les problèmes internes du grand orient de France,  qui est surtout un  grand donneur de ses  leçons de morale à lui.

L’ami  François KOCH, que je soupçonne d’être franc maçon,  mais sans l’avouer, je ne lui en veux pas, je l’aime bien,  est un grand connaisseur du monde maçon.

Il  vient de nous écrire  que l’instance disciplinaire  de la susdite association de la loi de 1901,         dont le titre officiel est si ronflant que je n’ose pas  le reproduire ici pour lui éviter le ridicule, avait sanctionné ce qu’ils appellent un frère, parce qu’il avait vendu à la presse des photos du massacre du Bataclan, et que la juridiction correctionnelle  de droit commun, si j’ose écrire, l’avait elle-même sanctionné pour cela.

Sale temps pour le grand orient, voici que mon Denis TROSSERO d’ancien neveu (là, Denis, je t’aime)  écrit hier dans la Provence un légitime règlement de compte local au sein de la même association parce que l’un d’eux ou mêmes plusieurs se sont fait verser de grosses prestations sociales indument.

Le grand ménage…

Alors, je repense à ma petite personne (petite intellectuellement, bien sur), moi à qui on a interdit de défendre,  rue Cadet à PARIS  devant la  susdite instance disciplinaire, l’an dernier, ce qu’ils appellent un frère,  parce que ledit frère était candidat aux élections législatives sous la bannière du Rassemblement Bleu Marine.

Je suis avocat au barreau de MARSEILLE depuis décembre 1969.  A ce titre, j’avais non seulement le droit, mais encore le devoir de défendre ce client.

Le  responsable (il parait que c’était un grand chef …)  du grand orient qui  était  venu me trouver à la porte  que me barraient ses sbires peut être armés, je n’en sais rien après tout,  m’avait déclaré que je ne pouvais entrer,  parce que j’étais profane.

C’est constaté par huissier de justice et au demeurant non contesté, on m’a interdit d’entrer dans le bâtiment où siégeait l’instance disciplinaire en question.

Je suis resté dans la rue,  où il faisait grand froid,  tout était grand dans cette affaire.

Seul avec le client, et mes témoins, dont deux députés. Le Parisien libéré a même fait non seulement l’article sur nous  mais encore la photo de famille.

Etait-ce une injure ?

Je ne crois pas. Paul ROBERT  dit que le profane est étranger à la religion.  Ou encore substantif, personne qui n’est pas initié à une religion.

Non, c’était une rigolade  la plus absolue, car le grand orient de France est hostile à toute religion.

Si j’ai bien compris, au point d’en être une autre. Alors oui, c’était bien le cas, je n’étais pas initié à cette religion là. Evident.

Je pense à l’instant à Madame BOUTIN que je ne connais pas et envers qui je n’ai aucun sentiment quelconque.   Sauf désormais de la sympathie. Et puis, c’est une consœur.

Sauf qu’en ayant déclaré que l’homosexualité est une abomination, elle a fait comme le grand orient de France, elle qui n’est pas homosexuelle à ce qu’on sait, considérant qu’elle était, CE QUI EST SON DROIT ABSOLU,  y compris en le disant, hostile à l’homosexualité.

C.Q.F.D.

Puisque l’expression est libre, moi qui le sais bien, tandis qu’on nous a expliqué     au Conseil constitutionnel,  quand j’écris nous, c’est la chambre criminelle de la Cour de cassation comprise, qui avait transmis une Q.P.C. à ce sujet,  que sans se contredire, on peut contester jusqu’à le nier le (banal) génocide arménien de 1915,  pourtant reconnu par la loi française, mais qu’on n’a pas le droit de contester l’(abominable) Shoah.

 

Par bernard.kuchukian le 10/01/18

 

On n’a pas encore la copie complète de l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation rendu hier. On sait ce qu’en rapporte la presse, qui l’a peut être eu en mains. Voici déjà le commentaire raisonné du Parisien libéré ce matin. Qui lui-même cite Libération.

Après deux ans de bataille judiciaire, la Cour de cassation a annulé ce mardi la condamnation pour incitation à la haine de l'ancienne ministre du Logement, Christine Boutin, selon Libération.

Dans un entretien au magazine Charles paru en avril 2014 sous le titre «Je suis une pécheresse», la pasionaria de la droite conservatrice et catholique affirmait : «L'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné».

En décembre 2015, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée pour provocation à la haine ou à la violence contre les homosexuels et 5000 euros d'amende. Une condamnation confirmée en appel le 2 novembre 2016. Elle avait également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts aux associations Mousse, Le Refuge et Inter-LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans) qui s'étaient constitué parties civiles.

«Pas d’appel à la haine», selon les juges

L'ex-présidente du Parti chrétien démocrate avait formé un pourvoi en cassation. Dans l’arrêt consulté mardi par le quotidien, les juges estiment que «le propos incriminé, s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence à l’égard des personnes homosexuelles», et par conséquent que, «la cour d’appel a méconnu le sens et la portée du texte susvisé et du principe ci-dessus énoncé» en condamnant Christine Boutin.

« Je suis heureuse d'être blanchie par cet arrêt de la plus haute cour française», a réagi Christine Boutin. «Je suis surtout satisfaite de constater que la Cour de cassation a confirmé que la liberté d'expression et la liberté de conscience existaient toujours dans notre pays», a-t-elle ajouté.

Le terme «abomination» est récurrent dans l'Ancien testament. Le Lévitique qualifie comme telles les relations sexuelles entre hommes. « Mon opinion s'inscrit dans la tradition chrétienne», avait justifié l'ancienne députée des Yvelines, tout en précisant qu'elle avait regretté ses propos par la suite.

Fin de citation

La suite. Il parait qu’un  avocat – qui ?-  prétend qu’elle aurait pu être condamnée pour injure.

«Je suis très déçu de cette décision car elle affirme qu'on peut libérer une parole homophobe très présente en France», a réagi dans Libération Me Etienne Deshoulières, avocat de l'association LGBT Mousse.

«Si les associations LGBT avaient agi sur le fondement de l'injure et non de l'incitation à la haine, Christine Boutin aurait été condamnée. C'est prescrit. Mais si demain quelqu'un redit cela, les associations auront entendu l'enseignement de la Cour de cassation et poursuivront pour injure», a-t-il estimé par ailleurs.

Stop Homophobie regrette que «la Cour de cassation n’ait pas suivi les décisions» de la cour d’appel.

Mon commentaire : pour l’injure, c’est nettement plus compliqué que cela …

Car, Paul ROBERT en mains, l’abomination,  c’est l’horreur inspirée par ce qui est impie (« cette ville profane est en abomination à notre saint prophète », MONTHERLANT), figuré, le comble d’un mal. (dans la Bible, « le sacrilège s’ajoutant à la dévastation »)

 

Par bernard.kuchukian le 15/12/17

Voici le 14ème considérant de la décision rendue il y a une heure à peine par le Conseil constitutionnel, donc ce jour 15 décembre 2017, en réponse à une Q.P.C.           transmise par la chambre criminelle de la Cour de cassation,   qui l’invitait à s’exprimer sur la constitutionnalité de telle disposition du Code pénal réprimant la consultation de sites terroristes sur Internet.

 

Je cite.

 

""Les dispositions contestées n’imposent pas que l’auteur de la consultation habituelle des services de communication au public en ligne concernés  ait la volonté de commetre des actes de terrorisme.

 

""Si le législateur a ajouté à la consultation comme élément constitutif de l’infraction, la manifestation de l’adhésion à l’idéologie exprimée sur ces services, cette consultatiion et cette manifestation ne sont pas susceptible d’établir,  à elles seules, l’existence d’une volonté de commetre des actes terroristes.""

 

La disposition correspondante du Code pénal est déclarée inconstitutionnelle. C'est que:

 

""L’art. 11 de la déclaration des droits  sur la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux, sauf à répondre de l’abus de cette liberté.""

Par bernard.kuchukian le 10/12/17

Il parait que la famille du chanteur, informée du souhait de Marine LE PEN d’assister à ses obsèques, l’a refusé.

On doit alors  s’interroger sur l’interdiction de la venue de certaines personnes pendant des obsèques religieuses. Alors qu’une messe doit être célébrée.

Retransmises en direct sur plus d’une demi-douzaine de chaines de télévision, rien ne nous aura  été épargné, les  obsèques du chanteur ont  été en effet célébrées dans un lieu public, propriété de l’Etat français, mis à la disposition de l’église de Rome, tandis que rien ni personne ne peut interdire l’assistance à la messe, alors surtout que,  sauf erreur de ma part, Madame LE PEN est baptisée dans la religion catholique et romaine.

Très franchement, les obsèques de Johnny HALLIDAY, je m’en fous et du personnage aussi. Quant à la famille, je ne vous dis pas. 

Sauf peut être celle de sa première épouse, Sylvie VARTAN  (c’est une VARTANIAN) qui est Arménienne par son père,  catholique romaine par lui peut être et surement par sa mère d’origine hongroise.

Par contre, je ne conçois pas que quiconque puisse prétendre interdire sans protestation, prêtre en tète, et à défaut voici déjà la mienne, l’accès d’un chrétien dans une église, tandis aussi qu’on doit y dire une messe.

Peu importe si celle-ci est dite à l’occasion d’obsèques, tandis que le défunt ou sa famille auraient prétendu ou prétendraient interdire l’accès du lieu du culte à certains.

C’est qu’ils ne sont pas propriétaires de ce qui est, comme ici une église,  parait-il la maison de Dieu, vous savez celui d’amour et de miséricorde.

Pas plus eux que le prêtre, qui n’a que l’usufruit de cette maison, et ne pourrait dire sa messe que pour certains et pas d’autres.

La situation aurait sans doute été différente si les obsèques avaient été célébrées dans une chapelle privée, je n’en sais rien.

Dans le temps, si j’avais pu assister aux obsèques de mon arrière grand père Paul KUCHUKIAN, dans la chapelle privée de son domaine de Karabounar en terre ottomane, peut être.

D’autre part, si hier, il n’y avait pas eu de messe, je ne sais pas.

Cela dit, Madame LE PEN a fait comme elle a voulu, c’est son affaire, mais pas celui des chrétiens en général,  qui ne sont pas la propriété de l’église ou de la famille de Johnny HALLIDAY.

 

Là, texte de droit positif à l’appui,  les cimetières et les crématoriums sont des lieux publics. À ce titre, aucune interdiction ne peut être légalement autorisée sans l’assentiment du maire. Des cas d’exclusion existent comme un comportement présentant une source de trouble à l’ordre public : violence, cris, insultes, état d’ivresse, etc. Mais personne ne peut véritablement empêcher quelqu’un de venir se recueillir sur une tombe ou dans un funérarium.
Art. L. 2213-7 du Code général des collectivités territoriales : 
« Dans le cadre des pouvoirs de police qui lui sont conférés, le maire peut être amené à prendre des dispositions concernant les convois funéraires (itinéraire, horaires…) dans le souci d’assurer ou de rétablir la sûreté, la tranquillité et la salubrité publiques ou la décence des funérailles. Ce pouvoir s’exerce, comme pour les inhumations et les exhumations, sans établir de distinction ou de prescriptions particulières à raison des croyances ou du culte de la personne décédée ou des circonstances ayant entraîné sa mort. »

 

 

A SAINT BARTHELEMY, chez des people qui ne paient pas d’impôts, de leur vivant comme après leur mort, le défunt devrait être tranquille pour un temps.

Encore qu’il se trouvera des tours opérators pour y organiser des voyages, vous verrez. Sans compter que sans Johnny HALLIDAY       ou avec, l’ile minuscule est superbe et qu’elle pourra donner des idées d’évasion fiscale légale.

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P.S. Moi,  dont on sait ce que je pense de l’islam en Europe, suis un grand amateur et visiteur de mosquées. Mon expérience hanafite turque est que jamais une mosquée ne m’y a été interdite, y compris pendant le culte. Idem en Iran chiite.

Bien sur, j’ai respecté l’usage des chaussures, et ne pas troubler le culte. En ce cas, j’ai souvenir d’avoir été invité  à m’asseoir un peu à l’écart.

Je me souviens même à SHIRAZ,  donc en Iran, avoir assisté au culte solennel annuel de la grande mosquée de Shah-e-Charaq, celle aux miroirs. Dans une des salles de prières, on m’avait tout au plus invité à m’asseoir dans  un fauteuil pour suivre la cérémonie, et aussi servi  gâteaux et jus d’orange. J’ajoute que le mufti,  informé de ma visite et de celle de mon épouse (qui avait assisté elle au culte dans le bâtiment des femmes, après s’être couvert la tète) nous avait demandés si nous acceptions son invitation à le rencontrer.

Ce qui fut fait, bien sur,  et là encore nous eûmes droit aux gâteaux et boissons, avec mais sans plus  un serment à la gloire d’Allah.

Pour être complet, j’ajoute que personne non plus ne m’a interdit l’accès à la mosquée d’Al-Aqsa de JERUSALEM, et jamais non plus à la moindre synagogue, kipa sur la tète (j’en possède quelques unes), en quelque circonstance que ce fut.

Par bernard.kuchukian le 12/10/17

 

Les lecteurs méridionaux du Canard enchainé, abonnés compris,  dont je suis, n’ont pas reçu le numéro de la semaine dernière de leur hebdomadaire.

C’est qu’il n’a pas été imprimé, pour cause de grève.

Il faut expliquer que pour des raisons techniques,  commerciales, et  financières aussi le transport-  les journaux parisiens sont imprimés dans des grandes imprimeries régionales, peu nombreuses, dont le travail en offset est ainsi amorti.

Il faut expliquer aussi que compte tenu des couts d’impression, certains journaux régionaux n’ont plus les moyens de se payer une imprimerie. Alors, ils font également appel à des imprimeurs régionaux.

Sur le papier, c’est l’idéal.

La réalité est plus triste pour la presse en général. A savoir que les couts d’impression étant ce qu’ils sont, les faibles tirages pour des petits journaux ne permettent plus aux imprimeurs de garder leur rentabilité.

On est en plein dans la crise de la presse écrite.

Alors que s’est-il passé avec Le Canard enchainé ?

Comme d’autres journaux parisiens, il est localement imprimé à Vitrolles par une société, régionale, filiale de l’important groupe familial dracénois d’imprimerie RICCOBONO.

Je les connais bien les RICCOBONO, j’ai même  été leur avocat du temps du grand père et des parents. Au juste, pourquoi ne le suis-je plus ?

 Ils sont capables de tout imprimer y compris en région parisienne le Figaro Magazine et les autres magazines hebdomadaires attachés à certains quotidiens.

Mais le temps n’est plus  aux cadeaux désormais impossibles. Les machines coutent cher et leur exploitation est devenue financièrement dangereuse. 

Alors l’imprimerie régionale est aujourd’hui en redressement judiciaire. Elle qui compte parmi ses clients des journaux riches comme Le Canard enchainé, mais aussi des pauvres communistes comme La Marseillaise, dont la collection des faillites n’en finit plus. Plus personne ne lit ce machin là qu’on s’entête à imprimer, sans payer l’imprimeur.

Voilà pourquoi les syndicalistes du livre ont pris en otage les lecteurs du Canard parce que les RICCOBONO ne veulent plus de La Marseillaise  et ils ont bien raison. Attention l’extension des incendies.