Par bernard.kuchukian le 23/12/18

N’importe quoi terrorise désormais l’administration communale marseillaise.

Du coup, on contrôle tout ce qui est immeuble communal. Y compris ceux qui pourraient éventuellement,  peut etre,  possiblement, éventuellement,  etc.

Tel est le cas du 24 rue Montgrand, du coup la rue a été barrée.

Dire que j’y passe plusieurs fois par jour, ignorant le danger extrême que je courrais.

En fait, il s’avère qu’une pierre risquait de tomber d’un balcon au 1er. Risque, éventuellement. Peut etre.

Ce qu’on ne dit pas dans la presse,  attention à ce qu’on fait, c’est qu’à cette adresse, la ville donne en location un local,  qui abrite une synagogue,  appelée Beth Shalom.

Imaginez en effet  une fraction de seconde qu’une pierre tombe sur la tête  d’un fidèle !

Par bernard.kuchukian le 22/12/18

C’est pour le moins gênant de lire dans « Le Monde » du 21 décembre 2018 une demie page consacrée à la crise politique inédite,   résumée par un sénateur du parti local au pouvoir, « avec huit morts et trois immeubles à terre, on ne peut pas dire ce n’est pas nous ».

C’est qui nous ?

On sait désormais que trois grands élus du même parti dit républicain au pouvoir local ont du démissionner après la révélation de ce qu’ils possédaient des appartements dans des immeubles réellement pourris,  frappés d’arrêtés de péril.

On espère tout au plus  qu’ils  ne continuaient pas à percevoir des loyers financés par la caisse d’allocations familiales, autrement dit par nos impôts.

 On ne nous dit pas.

Parmi deux, deux confrères du barreau de Marseille. Un troisième confrère,  réputé  dans l’adversité amateur de chocolat, mais apparemment  pas directement dans ce mauvais coup là,  de nous expliquer que le maire est éprouvé. Belle formule. Tant il est vrai que tous les intéressés du haut en bas sont tous des donneurs de leçons de morale vertueuse surtout à l’égard de certains,  suivez mon regard, et ça a marché jusqu’ici. De la morale professionnelle et politique.

La panique est générale au point de lire dans « La Provence » de ce matin  qui commence de tourner sa veste, que dans la crainte ambiante,  on aurait même  décidé de l’expulsion de braves gens de leur appartement, considéré comme dangereux, sur la base d’un rapport d’expertise, dont l’auteur reconnait qu’il a mélangé des photos.

Ah les experts !

Tandis que les policiers chargés de remettre à la porte les propriétaires qui ont réintégré leur bien ont  du alerter une administration complètement perdue, en attirant l’attention sur l’incongruité de la situation.

Par bernard.kuchukian le 03/12/18

Je ne vais pas tout vous raconter de ma vie,  et pourquoi je suis resté au chaud chez moi hier dimanche.

Je m’attendais  ce matin en circulant à moto ( une vieille Honda Transalp, increvable) à travers La Canebière  voir les dévastations suggérées par la presse. Las, j’ai été déçu, mais il est vrai que je ne suis pas passé par la partie basse de La Canebière,  ni par le Vieux Port, toutes zones anti circulation automobile, et  strictement réservées aux casseurs.

Tiens au juste, ils s’appellent comment les casseurs, noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses. J’imagine que le prénom le plus commun commence par M. et se termine par D.

Mais chut, je n’ai pas le droit de le dire, les policiers non plus. C’est bien dommage. Le marché noir des téléphones cellulaires, cours Belsunce et dans les cités aux noms africains du nord des quartiers nord,  va exploser en tout cas,  c’est sur.

Je suis donc allé plaider ce matin un dossier de distribution de prix,  ensuite d’une saisie immobilière, sur un sujet intéressant, pas de jurisprudence convaincante quant aux  conséquences,   sanctions ou pas du non respect des 15 jours en application de l’art. 20 du décret d’application de la loi sur la copropriété,  ensuite d’une adjudication sur saisie immobilière,  avec à la clé la responsabilité de l’huissier rédacteur de l’acte d’opposition.  Ca, c’est du droit,  et du lourd, puisque  de la matière des suretés et privilèges (j’adore, il partait que je suis bon, mais on ne le dit pas assez).  J’insiste parce qu’il parait que mon blog n’est pas  assez juridique. Les cons.

Bref, après ensuite un  passage à  l’hôpital de  La Timone,  de contrôle du traitement de la récidive de mon  cancer du rein, admirablement soignée, la sécurité sociale parait bien investir notre argent dans le Sutent,  et ça s’est rudement bien arrangé (merci  encore une fois aux patriciens EXCEPTIONNELS de l’Assistance publique Hôpitaux de Marseille, agrégés et non agrégés, vous êtes des cracs), je me suis dirigé vers midi et demie vers mon bureau. C’est tout près du Palais de justice.  

Je devais plaider en début d’après-midi un dossier quelconque (je ne suis pas un grand avocat, et les clients ont peur d’un avocat qui parle haut et fort – c’est étrange, non -). Je suis donc passé devant la préfecture. A ma gauche, des C.R.S. tranquilles, à ma droite,  des gilets rouges, ceux des dockers  du port de Marseille,  qui allaient manifester. Manifestation professionnelle, tout est organisé, huilée, ça baigne. Pas question surtout  de casser leurs Mercédès,  B.M.W.,  Audi et Porsche.  Et puis quoi encore ?  Je vous assure.

 Avançant en moto, sans la moindre difficulté, me voici dans la rue Armény (comme on m’a dit un jour en Turquie, pas de racisme, donc j’ai un nom anatolien, pas arménien, ceux-là, ils nous emmerdent à la fin).

Passage devant l’entrée arrière du consul général des Etats-Unis, gardé par un placide g.man, barbu, toujours le même,  couvert d’appareils en tout genre,  plus tranquille que lui,  tu meurs.

Fin du premier épisode.  Ca change vers 13 H.

Par bernard.kuchukian le 21/11/18

 

Il parait qu’on a décidé que demain ce serait « justice morte », soit une nouvelle grève inutile. Bien sur, moi je ne fais pas cette grève là. Car au lieu de « justice morte »,  on ferait bien de penser « avocats morts ».

Alors je dis aux membres du conseil de l’ordre qui ont décidé cette connerie de plus : « allez compter les vagues à l’Estaque ».

Le dictionnaire du marseillais de l’Académie de Marseille donne l’expression comme familière, équivalente de « va siffler sur la colline ». Pour les plus cultivés d’entre eux (il doit bien y en avoir un ou deux), ils pourront toujours penser au temps ou Paul CEZANNE peignait l’Estaque.

Par bernard.kuchukian le 18/11/18

 

Et de trois, du moins officiellement, voici qu’un autre vice-président du Conseil régional à Marseille,  vient de démissionner.  Lui aussi est avocat. Et propriétaire d’un logement  insalubre évacué,  mais voici quelques mois.

Je commence mieux à comprendre l’aide que le conseil de l’ordre veut accorder aux victimes des insalubrités.

Quelle ambiance, mais alors quelle ambiance. Copains et coquins.  Bien pensants.

Pauvre type, moi,  qui  ne suis ni élu ni propriétaire de logement insalubre.

Par bernard.kuchukian le 18/11/18

 

Dans sa vie quotidienne à Marseille de Louis XIV à Louis Philippe,  parue chez Hachette  en 1973,  le professeur Philippe TAVENIER  disait que dans les lettres patentes du roi Soleil  adressées aux élus marseillais,  ordonnant l’accroissement de la ville, ont écrivait ceci :

« (La ville) se trouve si peuplée et ses maisons sont si serrées qu’il en résulte des incommodités de toute sorte : insuffisante de magasins pour l’entrepôt des marchandises, manque de logements pour les étrangers, encombrement des rues, dangers d’épidémie. »

Plusieurs hypothèses depuis lors.

  • On n’a pas lu Louis XIV
  • Trop d’étrangers
  • Sans argent pour payer les logements
  • Personne ne veut payer pour eux
  • Parce qu’il n’en n’a pas assez pour lui notamment.

J’arrête parce que de touche en touche, je vais finir par parler des gilets jaunes.

Par bernard.kuchukian le 16/11/18

Le PROVENCAL rapporte qu’Arlette Fructus  - tout comme Xavier Cachard (LR) - a été suspendue de sa délégation et de ses responsabilités à la Région par son président, Renaud Muselier. Et ce dans le cadre de l'effondrement des immeubles survenus le lundi 5 novembre, rue d'Aubagne à Marseille. L'élue centriste étant en charge du Logement à la Ville, la Métropole et la Région.

Dans un communiqué, elle s'en est violemment prise à Renaud Muselier : "Que celui qui a été Ministre de la République se targuant de sa proximité avec le Président de la République et qui avait donc tous les moyens d’obtenir pour Marseille les fonds dont elle avait besoin pour lutter contre l’Habitat indigne...Que ce grand responsable politique cherche en moi un fusible ! C’est écœurant et nauséabond !"

Avant d'ajouter : "Pour ma part, je suis là où ma mission m’appelle aujourd’hui, auprès de ceux qu’il faut reloger et protéger. Dans cette épreuve que Marseille traverse, nul besoin de donneurs de leçons qui veulent se servir de ce drame comme d’un coup politique. Ce dont Marseille a besoin, en urgence, aujourd’hui, ce sont des moyens, de l’action et le soutien de toutes les collectivités."

Mon commentaire. hou la la…

Par bernard.kuchukian le 11/11/18

 

Je veux apporter ici une contribution à l’enquête pénale,  ensuite de l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, et ce n’est pas terminé. C’est à Marseille une très vieille histoire.

Dans l’ouvrage collectif sur celle  de la ville,  paru voici quelques années chez PRIVAT, parmi ses auteurs le professeur Pierre GUIRAL,  aujourd’hui décédé,  que j’ai un peu connu,  on explique qu’au XVIIème siècle, les rues  sont encore  étroites et tortueuses, en pente irrégulière, les ouvertures des constructions petites,  pour protéger l’intérieur des variations de température, le tout  n’a                aucune recherche architecturale. Il n’y a jamais de cours internes. On n’a pas beaucoup d’autres détails.

Ce qu’on sait mieux,  c’est l’arrivée de LOUIS XIV, les rapports de la ville, qui avait été la dernière cité à manifester quelque sursaut d’indépendance,  placés sous le signe de l’orage, après écrasement de ses troupes, le traité des Pyrénées signé (en ce temps, Marseille avait  regardé en vain vers l’Espagne).

Le monarque pénétra brusquement dans la ville, par une brèche qu’il avait fait ouvrir dans les remparts, imposa au port ses deux forts de surveillance qui y sont toujours (Saint-Jean et Saint-Nicolas), et installât  son arsenal des galères.

Il essaya aussi d’imposer son plan monumental, dont l’esprit général seul subsiste encore. En raison du vent, l’axe de la ville devait etre en larges avenues,  appelées cours,  du nord au sud, tandis que les habitations devaient etre dans les rues plus petites,  perpendiculaires,  orientées est-ouest, pour casser le vent.

Il installa d’ailleurs son gouverneur de Provence, le comte de GRIGNAN (dont l’épouse était la fille de Madame de SéVIGNé), justement dans l’une de ces rues, aujourd’hui la rue Grignan, volontairement loin de l’hôtel de ville, plus petit au demeurant. Dont il se méfiant des occupants.

Car LOUIS XIV n’aimait pas  du tout les dirigeants de la ville, dont il avait  imposé le changement de statut en le rendant plus contraignant à l’égard de sa couronne.

Le plan d’agrandissement fut d’ailleurs imposé, sans aucune consultation ; il prévoyait la  percée fondamentale, prenant de ce qui est aujourd’hui  la porte d’Aix,  jadis porte royale, vers le sud.

Un cours large devait etre établi par la destruction des taudis de part et d’autre.

Même LOUIS XIV  ne put parvenir à vaincre  la ladrerie minable  des  riches élus municipaux, grands bourgeois. Ceux-là même qui se faisaient transporter en chaise à porteur,  aux frais de la collectivité  pour aller juger au tribunal de commerce.

Il parait qu’il avait eu des mots très vifs contre eux. Les prédécesseurs lointains de Monsieur GAUDIN et de son équipe.

Qu’est devenu le grand cours du roi ?  Les immeubles de la rue d’Aix ne furent pas détruits, ils se sont pourris peu à peu, sauf quelques travaux de rénovation bricolée au cours des dernières années (je signale au passage, à l’angle de la rue Nationale, de la rue d’Aix et du cours Belsunce,  une façade en ruine de  style gourbi,  qui a du etre de toute beauté au XVIIème).

Ce qui est aujourd’hui le cours Belsunce fut bien élargi, en conservant des immeubles quelconques, de part et d’autre, un coté détruit par bombardements au cours de la dernière guerre mondiale, et remplacés par des tours hideuses d’H.L.M. 

De l’autre coté de La Canebière un cours Saint-Louis,  enfin conforme par les constructions au souhait du monarque,  sauf qu’il n’est bien  large que sur quelques centaines de mètres. Enfin ce qui est aujourd’hui la rue de Rome  jusqu’à la préfecture construite    sous  NAPOLEON III, sans autre circulation qu’un tramway.

A l’activité et aux  commerces  désertés, sauf le moche y compris nord africain. Derrière cette longue rue là, vous avez compris, accessible par des diagonales, qui vont à la rue d’Aubagne, il y a  toujours les bâtisses pourries,  du type haut Moyen âge,  qui correspondaient aux banlieues d’étrangers du temps, hors la muraille (l’actuel cours Lieutaud).

Le temps n’a rien arrangé à la chose, puisque la ville s’est développée ailleurs, surtout grâce à la conquête de l’Algérie française (ce que Marseillais et Français ont oublié, trop facilement), la ville devenant  alors un grand port colonial, et le baron HAUSSMANN,  appelé au secours faisant détruire d’autres taudis,  sur le parcours qui va à la Joliette (aujourd’hui la rue de la République  appelée tout d’abord rue Impériale).

Puis en développements divers et variés, de noyaux villageois avec quelquefois de belles bastides,  toujours aux noms de paroisses.

MARSEILLE est certainement la seule ville au monde à avoir autant de saints dans ses quartiers.

Leur citation,   sans compter tout ce qui est religieux,  affecté à des congrégations ou couvents,  prendrait ici  cinq ou six lignes,   à raison de trois ou quatre par ligne.

Dès qu’ils ont eu trois sous par leur travail et leur talent,  sans jamais ni aide ni assistance  aucune, quand les Arméniens sont arrivés, ils se sont installés sur les  hauts de la ville.

Sur   les quelques  terrains dont les bourgeois ne voulaient pas, parce que la terre n’y était pas bonne, ils ont construit de petites  maisons, puis de beaucoup plus belles.

C’était  entre Saint-Barnabé, et Saint-Julien. Ca s’appelle aussi Beaumont, et j’y habite. C’est le cœur du poumon vert de la ville, le 12ème arrondissement.

Finalement,  revenons au grand siècle.

Sans doute écœuré, LOUIS XIV renonça  à imposer son génie et il parait que COLBERT accepta de signer pour lui avec les échevins une paix de reconstruction.

L’un et l’autre ne savaient pas qu’ils passaient trois cents ans plus tard le fardeau à d’autres, mais ils n’imaginaient pas non plus les immigrés d’Afrique du nord et d’Afrique tout court.

Par bernard.kuchukian le 08/11/18

 

C’est trop facile à la fin,  et à chaque mois qu’il arrive malheur par l’impéritie des gouvernants,  quels qu’ils soient d’affirmer,  la main sur le cœur,  que l’heure n’est pas à la polémique.

Oui, monsieur le maire, l’heure est non seulement à la polémique tandis  qu’elle ne s’adresse pas qu’à vous, qui n’êtes finalement qu’un pion dans cette affaire,  comme vous le dites vous-mêmes en mettant en cause l’Etat.

C’est quoi la polémique, la vraie, qui donne six morts malheureuses ce soir, en attendant la suite,  c’est qu’on  a installé ici en France dans des taudis dont personne ne veut des migrants dont on ne veut pas et dont on n’a pas besoin, parce que certains font de la morale de bazar sur le dos des autres.  Qui ne comprendraient pas qu’on donne à ces nouveaux arrivés  rejetés majoritairement et démocratiquement, dont  n’a pas besoin, et qui ne s’assimileront pas, par la religion, la culture, l’éthique, le degré de civilisation, à la société française pourtant déjà bien mélangée.

Voila la triste vérité, ici à Marseille, ailleurs dans des banlieues jusqu’au moment où ça craquera.

En attendant, ce soir, j’ai pu passer en moto (on les permet un peu) sur un bout du cours Lieutaud à deux pas de la rue d’Aubagne. J’ai été frappé par la couleur des véhicules publics qui bloquent toute autre circulation. Tous en rouge, celui des marins pompiers qui ont arrêté leurs recherches ce soir,  car ils n’ont pas envie de mettre leurs vies en danger et ils ont bien raison, n’en déplaise à leur vice amiral de commandant qui est par ailleurs venu nous raconter quelques jolies conneries ambiantes, tendances du jour,  l’autre jour à la maison de l’avocat de Marseille.

Je me disais en passant pourvu que bientôt, le cours ne soit pas empli de véhicules publics couleur kaki.

Si vous voyez ce que je veux dire.

Par bernard.kuchukian le 07/11/18

Oui, si on arrêtait de déconner,  comme on le fait actuellement avec les effondrements des immeubles pourris de la rue d’Aubagne à Marseille.

Cette situation est connue de tout le monde depuis des dizaines d’années, j’en sais quelque chose moi qui ne suis marseillais pourtant  que depuis 1962.

Il y a toute la rue d’Aubagne, plusieurs  rues adjacentes, en contrebas le Domaine Ventre, aujourd’hui complètement bouclé et pourri.  Là, vous êtes en Afrique noire  profonde.

C’est à deux pas de belles artères comme le cours Lieutaud,  et dans une moindre mesure la rue de Rome,  où passe notre si joli  tramway.  

Qui fut dans le temps l’axe fondamental du plan monumental nord sud, aujourd’hui de la porte d’Aix, à l’obélisque du boulevard Michelet,  que voulait imposer LOUIS XIV à la ville de Marseille, et que ses échevins,  radins,  n’ont pratiquement pas adopté intégralement. Il parait que le monarque avait  écrit des choses furieuses contre eux. Et à l’époque, il n’y avait sur place ni Noirs, ni Arabes.

Quant il m’arrive,  en raison d’embouteillages,  en moto ou en auto,  de prendre la traverse de la rue de la Palud, je croise la rue d’Aubagne,  j’écrase quelquefois des rats. 

Adjacente à la rue d’Aubagne, là à coté des immeubles effondrés,   commence  en effet la rue Grignan, avec   quelques centaines de mètres plus loin. On passe alors aux boutiques de luxe, VUITTON, ROLEX, HERMES, CARTIER,  le musée CANTINI, jadis hôtel particulier du gouverneur de Provence (Monsieur de GRIGNAN),  dont l’épouse était la fille  de Madame de SéVIGNé,  qu’elle venait visiter régulièrement   à Marseille,   la Banque Martin Maurel devenue Banque Rothschild,  et même la maison de l’avocat.  Très modestement, mon cabinet. Installé dans un immeuble de la même rue, en face de la banque précité, reconstruit en 1950,               après destruction d’un bordel,  pendant la 2ème guerre mondiale, une bombe, dont le propriétaire vient d’etre obligé par la municipalité de ravaler,   inutilement pour la énième fois,  une façade  qui n’en n’avait pas besoin le moins du monde.

Au bout de la rue Grignan : le palais de justice.

Mais il n’y a pas que  sur la butée aujourd’hui dévastée,  où vous êtes en terre africaine noire compte tenu de la couleur de la plupart des habitants.

Traversez la Canebière un peu plus bas,  sur un autre versant, vous passez dans le vieux quartier arabe de la ville. Tiens la rue Nationale, clairsemée  de places constituées des destructions d’anciens bâtiments pourris ou délabrés,  comme l’a été le Crédit municipal de Marseille,  l’ancien mont de piété installé jadis dans un bâtiment,  qui avait  du etre beau mais  il y a 250 ans, et qui partait en ruines.  Là aussi où était un commissariat de police,  qui a fui  devinez pourquoi sur La Canebière,  dans le site d’un ancien Grand Hôtel de Noailles.

Tout ce coin là, en arrière des plus grandes artères où la municipalité fait ravaler les façades sans se préoccuper de ce qui est derrière est pourri.

Ravaler la façade, voici ce qu’on fait et continue de faire.

Tout le monde le sait parfaitement et tous ceux qui sont au pouvoir, ils ne sont pas mes amis,  de parfaits hypocrites.

Car c’est le logement de migrants ou d’immigrés. Dont on ne veut pas parce qu’on n’en n’a pas besoin.   Mais ça, c’est mal, il ne faut pas le dire.  

Au lieu de les accueillir à bras ouverts pour les loger dans des taudis, on ferait bien d’avoir le courage de leur dire non, vous n’êtes pas les bienvenus. Au mieux on finance alors  des bailleurs,  souvent nord africains,  qui profitent des leurs, grâce aux aides de la Caisse d’allocations familiales. Il faut faire social voyez-vous.

On va pleurer cinq minutes sur le sort des malheureux qui sont décédés et on va passer à autre chose, car on n’a  ni les moyens ni la volonté d’etre l’accueil de la misère universelle. La sensiblerie n’a rien à voir ici.

Il n’y a pas que les immeubles pourris du centre ville de Marseille : il y a tout à revoir parce que la France,   et Marseille encore moins,  n’ont  pas les moyens de traiter toute la misère du monde.  

Là et là seulement est la question.

Au moment d’enterrer ces morts  aussi, il faut le dire à tous y compris les moralistes à la con, journalistes en tète, tous confondus dans leur stupidité bienséante,  qui donnent des leçons derrière les volets de leurs beaux appartements.