Par bernard.kuchukian le 05/09/13

Ca y est se disent mes amis, KUCHUKIAN est devenu fou.

Ou il a viré de bord. Il est d'accord avec Monsieur Jean-Claude GAUDIN, le maire de Marseille qu'il critique si souvent.

GAUDIN vient en effet de déclarer que le gouvernement méprise Marseille.

C'est GAUDIN qui a raison. Et ce n'est pas changer d'avis que de constater une réalité : « il y a du sel dans l'eau de mer, qui que soit celui qui le déclare, » suivant la formule célèbre de Jean-Marie LE PEN.

Où rien ne va plus, c'est lorsque je dis que finalement, le gouvernement a raison de mépriser notre ville.

Après tout, quand on voit la bande de branquignols dans la famille dite républicaine, qui la gouvernent ou pensent la gouverner prochainement, on est en droit de passer à autre chose.

Par bernard.kuchukian le 01/09/13

Cher procureur,

C'est seulement le jeudi 5 septembre à 17 heures (1) qu'on vous installera officiellement, alors que vous êtes déjà arrivé depuis quelque temps.

Vous allez sans doute nous livrer le discours traditionnel, auquel plus personne ne croit, et j'espère surtout pas vous.

Vous serez en effet incapable, comme vos prédécesseurs, d'arrêter la criminalité locale marseillaise et la décadence de cette ville.

Si vous en aviez l'ambition, ce dont je doute, vous n'en n'auriez pas les moyens.

Nous aurons donc droit à des propos déterminés, creux, officiels, je l'espère surtout pas pompeux, car alors vous seriez ridicule : un magistrat de votre trempe ne peut pas l'être.

Dans la salle, je vous promets d'essayer de venir juste pour vérifier.

Voyons maintenant votre comité d'accueil.

Dans la nuit du 31 aout au 1er septembre, cette nuit donc, trois hommes âgés d'une vingtaine d'années ont été blessés par balle dans le centre-ville de Marseille (il parait que c'est exactement place de l'Opéra) lors d'une fusillade à la Kalachnikov et au pistolet 9 mm. Deux sont blessés légèrement et un troisième plus sérieusement, touché à la cuisse, au bras et l'épaule.

Selon les enquêteurs, à la suite d'une altercation entre deux bandes - vous avez bien lu, Monsieur le procureur , il y a des bandes donc nécessairement organisées en centre ville de notre cité- dans une boîte de nuit, des jeunes sont allés chercher des armes et sont revenus deux heures plus tard.

Question de terminologie d'abord. Des policiers amis de haut niveau m'ont expliqué que les instructions de police sont d'écrire « les jeunes » au lieu de Nord-Africains.

Bref, les jeunes ont alors arrosé cette nuit les lieux de tirs de Kalachnikov et de 9 mm.

Au total, 34 douilles, dont 22 de Kalachnikov, ont été relevées sur les lieux par les techniciens de la police scientifique et technique, selon des sources proches de l'enquête. Deux des blessés se sont réfugiés à l'hôtel de police du centre-ville, sur la Canebière.

Les marins-pompiers ont été alertés aux environs de 7 heures pour cette fusillade survenue à la sortie d'un établissement de nuit. L'enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire. Les images des caméras de vidéosurveillance étaient en cours d'examen dimanche matin.

Je crois l'information partiellement inexacte.

Parce que moi, qui n'habite pas le centre ville, mais le si bourgeois et tranquille coin entre Saint-Barnabé et Saint-Julien, j'ai parfaitement entendu (j'ai été réveillé), il devait être deux ou trois heures du matin, me semble-t-il un premier coup de feu, suivi trois ou quatre rafales. Kalachnikov nous dit-on. Le son monte donc à 4 km, à vol d'oiseau de la place de l'Opéra où les douilles ont été relevées.

TRENTE QUATRE DOUILLES, Monsieur le procureur. TRENTE QUATRE.

La place de la Bourse est à 100 m de mon cabinet, la rue Lulli prenant en en T derrière le bâtiment de l'Opéra vers la rue Grignan. Celle-ci à 100 m avec le Tribunal correctionnel et de parquet. Peut être même votre résidence de fonction, si vous occupez, je ne sais pas, le dernier étage du bâtiment du Tribunal de commerce.

Il parait que les pompiers ne sont arrivés qu'à 7 heures. C'est bizarre, car moi j'ai entendu les déflagrations beaucoup plus tôt. Peut être que policiers, pompiers et parquetier de service dormaient alors. Et ont eu le sommeil moins léger que le mien de quasi vieillard. On verra.

Pour reprendre la terminologie à la mode, il faudra donc punir.

Mais qui ? Les truands, surement.

Mais aussi les policiers que ne dirige pas le préfet de police, et le procureur de la République qui n'est pas capable de. Tous sont parfaitement dépassés par les événements.

Pourtant, messieurs, là on ne joue plus. Parce que 34 douilles et du 9 mm, ça fait des dégâts.

Et ça peut faire des dégâts collatéraux.

Peut-être réagirez-vous alors sérieusement lorsqu'on viendra fusiller la nuit puis le jour sous vos fenêtres ? Tiens, dans le tribunal peut être.

Dites, avez-vous un instant pensé aux balles perdues ?

Que ferez-vous, que direz-vous lorsqu'il y aura des balles perdues ?

J'écris cela, alors que la soirée passée, heureusement avant cet horaire là, il passait dans les rues du paisible 12ème arrondissement de Marseille mes enfants et mon petit fils rentrant chez eux, après être venus diner à la maison pour célébrer mon 66ème anniversaire. Désolé, mais comme tout citoyen payant (et moi lourdement) l'impôt, j'ai le droit à la tranquillité et à la sécurité et à ne pas être terrorisé à l'idée de la balle perdue.

Avez-vous bien compris.

C'est à MARSEILLE qu'il faut mettre de l'ordre. Au passage, à DAMAS, on s'en fout.

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(1) Cinq, comme cinco de la tarde, pas bon ça : voyez donc «GARCIA LORCA »

Par bernard.kuchukian le 21/08/13

Voici donc une sorte d'aile gauche du Front national qui va bientôt arriver et peut être aussi à Marseille.

Une fois encore, c'était un peu pareil avec Nicolas SARKOZY, le propos n'émane pas d'un Français « de souche » à 100 %, c'est-à-dire de quelqu'un dont tous les ancêtres, sur 150 ans par exemple, sont nés en France.

Attention, ces Français là (dont je suis en partie) représentent aujourd'hui au moins 40 % si ce n'est 50 % de la population française, compte tenu de l'impact de l'arrivée massive des Italiens dans les années 20-30. Je renvoie à ce sujet au travail d'Alfred SAUVY.

Son propos sur les flux migratoires et le regroupement familial est le bon sens même et la copie presque conforme de ce que disent ceux qu'on voue sans arrêt aux gémonies. Une seule différence : VALLS veut prendre du temps. Il a tort et ferait bien de se souvenir que nos amis Espagnols(1) et le ministre est né Espagnol, ont déjà compris. Il faut dire aussi qu'historiquement, ils ont bien connu la question pendant quelques siècles, non ?

Car, et on a beau tourner et virer, on revient toujours au point de départ : vous prendrez des Italiens, des Espagnols, des Polonais, des Arméniens ou des Grecs, et un Hongrois (2) vous les mettrez en France pendant une génération au moins, vous en ferez de parfaits Français, totalement intégrés à la société, avec la volonté de s'y assimiler et de la développer, de la valoriser.

Vous prendrez les autres, ceux d'Afrique comme il a dit le ministre, vous aurez des problèmes et n'y parviendrez pas. Désolé, les faits sont têtus.

(1) Dont le roi est tout de même descendant direct de LOUIS XIV

(2) J'aime bien les Hongrois. J'ai une arrière arrière aïeule hongroise.

Par bernard.kuchukian le 13/08/13

Est une migraine que ravivent le vent et l'exode. L'exode. L'exil et le labeur.

Mais aussi le formica du rêve étroit. »

TAHAR BEN JELLOUN.

Par bernard.kuchukian le 10/08/13

"Grand port, Marseille a une grande plaie. C'est régulier ? Le rêve de tout malfaiteur international est de devenir patron de bar à Marseille. Il faut voir ceux qui sont en place. C'est un inoubliable spectacle : leurs mains, leur tète, leur vox, leurs gestes, leur femme.

Ah ! bistrots sympathiques et sans malice des incalculables comptoirs de France, vous avez là de jolis confrères !

Ils sont enfermés derrière leur zinc comme dans le box d'une cour d'assises. Seuls les gendarmes manquent."

J'arrête.

Encore Albert LONDRES, 1927, « Marseille Porte du sud ».

Par bernard.kuchukian le 10/08/13

C'est un port, l'un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. A tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l'un des grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s'appelle le port de Marseille.

Il a plus de cinq kilomètres de long. Il n'en finit pas. Peut-être bien a -t-il six, ou même sept kilomètres. Mole A, mole B, mole C. Il va presque jusqu'au milieu de l'alphabet, le port de Marseille... C'est le marché offert par la France aux vendeurs du vaste monde (...) Port de Marseille : cour d'honneur d'un imaginaire palais du commerce universel.

Tous les vieux noms connus des hauts barons de la mer sont affichés là, aux frontons de ces moles, comme une courtoise invitation au voyage. La Paquet, la Transat, La Cyprien Fabre, les Chargeurs réunis, les Transports, les Messageries maritimes à la tête de licorne. La Peninsular. La Nippon Yusen Kansha. Où voulez-vous aller ? Au Maroc, en Algérie, en Tunisie ? Au Sénégal, en, Egypte ? Au Congo, à Madagascar ? En Syrie, à Constantinople ? Au Tonkin ? Aux Indes ? En Australie ? En Chine ? En Amérique du sud ?

Faites votre choix. Ici, on embraque pour toutes les mers, pour la Rouge, et la Noire, pour tous les détroits, tous les canaux, tous les golfes. On vous en montrera des pays ! On vous en fera connaitre des choses insoupçonnées ! Pas un coin, si bien endormi qu'il fut, que nous n'ayons delà réveillé autour du monde. On part pour tous les océans, l'Atlantique, l'Indien, le Pacifique.

C'est moi Marseille.

Ecoutez, c'est moi le port de Marseille, qui vous parle. Je suis le plus merveilleux kaléidoscope des côtes. (...)

J'arrête là, on va croire que je délire.

Je viens de citer les premières phrases du célèbre Albert LONDRES, 1927 : Marseille Porte du sud (Editions Jeanne Laffitte, reprint, 1980).

Par bernard.kuchukian le 01/08/13

Mon premier billet était écrit ce matin, et j'ignorais alors qu'il aurait par pure coïncidence un écho ce soir dans l'édition en ligne du Monde publiée sur le Web vers 15 H, donc l'édition datée de demain. C'est écrit par un journaliste du nom de CARPENTIER, et ça parle de la faillite de DETROIT dont j'ai parlé moi-même voici peu ici.

Je cite en partie.

[Nous sommes souvent plus prompts à en

refuser l'hypothèse qu'à en accepter la crainte,

mais ce qui se passe à DETROIT fait peser une

interrogation sur le modèle de société que

nous avons suivi. Ici où tout commence, tout

s'arrête.

(...)

[D'un symbole, l'autre. « Les civilisations

meurent par suicide «, écrira l'historien britannique Arnold TOYNBEE. « Non par meurtre.»

Pensez aussi à cela lorsque opérant une étonnante amnésie dans le raisonnement, au nom de grands principes de générosité, de partage, d'humanité, et autres bêtises de ce genre, après avoir foutu toute une société en l'air en prônant des cadeaux à la terre entière, surtout celle qui cherche à venir s'installer chez vous, à votre place, en volant et pillant s'il le faut, vous commencez à vous apercevoir que vous vous êtes lourdement trompés.

Alors, car vous restez devant l'Eternel, avant tout des moralistes et des donneurs de leçons, surtout aux autres, de grands principes que surtout vous ne vous appliquez pas, vous conseillez aux victimes de vos exactions intellectuelles de se démerder par elles mêmes.

Pour l'instant, on a commencé par Marseille, parce que par exemple, il a fallu protéger récemment Versailles et sa région. Mais, n'ayez aucune crainte, ou plutôt si, ayez crainte, il y en aura d'autres. Malheureusement.

Par bernard.kuchukian le 01/08/13

Laurent EPAILLY, cher Laurent, commente au pied d'un de mes billets à sa (juste) façon le désaccord du moment entre le ministre de l'intérieur et les élus, actuels et futurs de la ville de MARSEILLE quant au classement sécuritaire qu'exige la situation de celle-ci.

Il dit que tout le monde a besoin de police partout en France (il pourrait écrire ailleurs aussi) et que par conséquent, si on en donne plus à MARSEILLE, c'est du moins ailleurs. Le raisonnement ne tient pas à 100 %, car les situations sont différentes et la notion de solidarité dans la sécurité disparait.

A 100 % mais théoriquement seulement parce que pratiquement, on vérifie ici la thèse qui est malheureusement la mienne depuis longtemps, je ne l'ai pas inventée et régulièrement je la rappelle ici.

Sétois de naissance (puis Montpelliérain) Paul VALERY, voilà quoi ravira Laurent, VALERY habita même à MARSEILLE un temps, en face de l'abbaye Saint-Victor, face au Vieux -Port, la plus belle vue de la ville, le coin déjà remarqué en son temps par Madame de SEVIGNE. VALERY l'a écrit « nous autres civilisations savons que celles-ci sont mortelles ».

Cette conscience parait avoir été celle des penseurs du début du 20ème siècle, reprise dans la thèse de TOYNBEE sur le déclin de l'occident (OXFORD, années 20), accéléré par la barbarie suicidaire de la Grande guerre, et son impact colonial, puis dans les cours d'histoire du droit que j'ai suivis avant 1968.

Nous marchons sans doute tranquillement et sans que la plupart d'entre nous le sachent ou veuillent le savoir vers le Haut Moyen âge, avec la constitution futures d'entités locales, qui le pouvoir central si éloigné dira : « débrouillez-vous ».

Ce n'est plus CHARLEMAGNE, et AIX LA CHAPELLE, mais l'Europe et BRUXELLES. A deux pas.

La notion de nation qui finalement n'est guère qu'une invention révolutionnaire se délite tranquillement. Si on peut dire. Et au partage de l‘empire de CHARLEMAGNE, on va couper en trois puis recouper ensuite : en ce temps, car ensuite de cette découpe, ceux qui vivent là où vit Laurent n'étaient plus du même pays que ceux qui vivaient là où je vis.

Cette histoire de moyens de police doit donc nous obliger à remonter la réflexion à la notion de nation. Telle qu'on l'entend désormais.

C'est du mauvais Charles DE GAULLE, je sais bien, bradant l'empire colonial et spécialement l'Algérie, pour un repli sur l'hexagone à protéger des Arabes (ses propos avec Jacques SOUSTELLE rapportés par Alain PEYREFFITE). Je ne pense pas que le général ait suivi la réflexion de TOCQUEVILLE sur le destin européen de la France le jour où par extraordinaire elle aurait perdu l'Algérie. Etait-il finalement prémonitoire ?

Réfléchissez à tout cela.

Par bernard.kuchukian le 31/07/13

On a du flinguer quelqu'un ce matin ou cette nuit.

Je pointerai demain avec mes amis Corses du restaurant MAULIO : Marseille a dépassé la Corse pour les assassinats depuis le 1er janvier.

Voici que le ministre de l'intérieur ne veut pas classer la ville entière en zone de sécurité prioritaire.

Encore un à croire au Père Noel.

Il est tout de même extraordinaire de constater que le maire en poste, Jean-Claude GAUDIN, qui n'est pas de gauche, le président socialiste de la Communauté urbaine, Eugène CASELLI (que je salue au passage) sont d'un avis contraire. Je n'ai pas l'information pour notre ami RAVIER et le Front national. Je ne l'imagine pas d'un avis contraire.

Bref, il y un consensus local de droite à gauche pour constater une réalité dramatique. Mais le ministre, non... Tout va bien.

Par bernard.kuchukian le 31/07/13

On les ignore. Ils n'intéressent personne. Le moindre descendant d'immigré y est exalté. Pas ceux-là.

Lorsque chef de l'Eglise apostolique arménien, KAREKIN II est venu à Marseille, pour réunir la communauté, toutes confesserions réunies, remercier la France et la ville d'avoir accueilli les siens, le sénateur -maire était représenté par un adjoint. Qu'on ne me dise pas que ce n'est pas vrai. J'y étais. Il est vrai que le pape KAREKIN II tenait un discours en arménien, mais à la gloire de la France voire de la ville.

Voulez vous un seul autre exemple ?

Vous savez que notre ville est cette année capitale européenne de la culture. Superbe bêtise.

Bon, on aurait pu faire au moins dans un essai de grand. On apprendra prochainement qu'on aura fait dans la constitution de partie civile, parce qu'il parait que les architectes ... Passons.

Voyons, qui a pensé une seconde à dire combien la communauté arménienne s'était intégrée à la ville. Sans avoir à la placer en situation d'état de siège. Vous suivez ?

On aurait pu savoir qu'il existe à Lisbonne la Fondation Calouste Gulbenkian, riche de la fortune du plus célèbre de tous les Arméniens, Monsieur 5 %.

Qui aide aussi les Arméniens. Et leur réputation.

Vous voulez de la culture ? Bien sur il n'était pas question d'importer son superbe musée à Marseille.

Mais nos élus municipaux auraient pu savoir qu'il existe un orchestre de qualité internationale celui de la Fondation Calouste Gulbenkian.

On aurait pu le faire venir pour valoriser aussi la communauté. On a donc simplement raté le concert d'il y a quelques jours, sous la direction de Daniel BARENBOIM. Par exemple.

Et qu'on ne me dise pas que la Fondation ne paie pas. C'est bien elle qui avait adressé le chèque final il y a bien longtemps pour financer la cathédrale du Prado...

Alors....