Par bernard.kuchukian le 16/01/12

Les sondages que je fais çà et là pour savoir si mes confrères ayant acquis la fonction d'avoués se constituent aux lieux et places de ceux-ci n'indiquent pas un fol enthousiasme. A moins qu'ils ne révèlent une trouille de première.

Ce n'est pas bien. Il y a 40 ans, nous étions nettement plus offensifs pour nous constituer aux lieu et place des avoués de première instance.

Quant à moi, vous vous doutez que je me constitue tant que je le puis.

Et si on avait la communication nomade et sans le boitier Navista, meme interposé, quel régal ce serait.

Tiens, si je priais tous les soirs pour que la Grace divine tombe sur le président CHARRIERE BOURNAZEL et atteigne le lobe de son cerveau qui décidera que tous les avocats de France auront le meme contact avec e-barreau: le système nomade sans Navista du barreau de Paris, ou encore le meme sytème version marseillaise tuée dans l'oeuf.

Par bernard.kuchukian le 13/01/12

Il y a des coïncidences pénibles. Je n'ai pas plus tot mis en ligne le commentaire économique désastreux du président sortant du Tribunal de commerce de Marseille (il n'a plus rien à perdre ou à gagner, son mandat est terminé: donc personne n'est plus honnête que lui), bref je n'ai pas fini de citer Monsieur VIANO que je reçois les voeux en ligne du délégué spécial pour la préparation de l'année 2013 à Marseille (tiens, on ne dit plus Marseille capitale européenne de la culture).

Je n'ose pas citer son nom, car j'aime bien le personnage. Mais bon Dieu quelles conneries doit on écrire quand on est homme politique !

Dans le contexte général que le monde entier sait, aggravé encore chez nous, voici qu'on se vante pour 2012 de la création d'un musée national des civilisations, d'un hangar (là, je ne comprends pas, il existait déjà), d'un autre musée maritime, d'une exposition de peinture dans un bâtiment appelé "palais", d'une friche pseudo-culturelle dans une ancienne manufacture de tabacs, d'un autre musée (décidément) des arts décoratifs, au château -enfin si on veut- Borély, de la création d'un théâtre dans une ancienne minoterie, de la rénovation de la façade de l'opéra, et de la création d'un centre culture dans l'ile du Frioul.

Il parait qu'on investira encore 600.000.000 € dans ces machins là.

Et on termine solennel, "plus que jamais Marseille doit appréhender les enjeux à l'échelle métropolitaine"

C'est avec des crétins de cette taille coûteuse que pour une fois qu'on déprécie la valeur de la ville, et à son modeste niveau le système JKM en sait quelque chose.

L'expéditeur du message n'a cependant pas annoncé que le barreau de Marseille allait organiser une exposition de robes d'avocats au musée (encore un musée) de la Mode.

Encore heureux.

Moi, je prégère les usines aux musées...

Par bernard.kuchukian le 13/01/12

Et sur un dossier nouveau. Enfin, nouveau, qui risque de redevenir nouveau dans les mois à venir si on passe au rose avec Monsieur MONTEBOURG. Le LE PEN des socialistes.

Hier était la rentrée solennelle du Tribunal de commerce de MARSEILLE, avec un changement de président. Et la grand-messe traditionnelle. Ce n'est pas rien notre Tribunal de commerce. Suivant les archives, c'est historiquement le premier ou le deuxième dans l'histoire de France. Fin du XVème.

Ce fut jadis un très grand tribunal. Notamment au temps si heureux des colonies et du grand trafic maritime correspondant avec l'Afrique et l'Asie.

Il n'est plus que ce qu'il est.

Non pas par sa faute, mais par les circonstances.

MARSEILLE est-elle encore un port de mer ?

Les statistiques égrenées par le président sortant Denis VIANO (ancien important concessionnaire de RENAULT) pour autant qu'on les ait écoutées et comprises avaient de quoi faire frémir. Le contentieux se réduit de plusieurs points chaque année. Un peu comme dans le théâtre d'Eugène IONESCO, le Roi se meurt (1)

S'il se réduit, ce n'est pas parce que les gens n'ont plus de contentieux, c'est parce que la matière économique a déserté la ville. VIANO dit qu'elle est allée ailleurs à l'ouest dans le département. C'est vrai en grande partie. Mais ce n'est pas tout. La France en général, la province en particulier, se vide de leur son économie - pardon s'est vidée - avec le mondialisme et l'unité européenne, et les déplacements des centres de gravité. Du coup, le président sortant de soutenir qu'il y a trop de juges au Tribunal, et il a raison le malheureux, deux jugements par magistrat consulaire et par mois en moyenne, à moins qu'il ne faille supprimer les autres tribunaux du département pour rapatrier sur MARSEILLE.

Le procureur de la République, présent à l'audience, l'excellent Jacques DALLEST, a fait comme s'il n'avait pas entendu. Il était gêné. On l'aurait été à moins.

On a même parlé du sacerdoce de la fonction consulaire, puisque ces juges-là ne sont pas payés. Ce sont les seuls à ne l'être pas, ce qui arrange bien l'Etat.

Si j'avais pu intervenir au discours, j'aurais également signalé que des avocats ne sont pas payés non plus de leurs honoraires d'au moins un mandataire judiciaire, payé lui.

Je connais superbement la question au point d'avoir porté personnellement le débat devant un tribunal pour faire reconnaitre contre de l'Agent judiciaire du Trésor public la responsabilité de l'Etat dans ce dysfonctionnement du service public de la justice des procédures collectives. A suivre (d'autres vont s'ajouter).

Et puis nous avons eu le nouveau président, Georges RICHELME. Important cadre d'EUROCOPTER. La seule entreprise industrielle de la région. Le premier fabricant mondial d'hélicoptères. Cependant une quasi-entreprise d'Etat. Cette situation est très révélatrice par les temps qui courent.Souhaitons un grand succès au nouveau venu. Mais je crains fort qu'il ne puisse rien sur l'essentiel : le déclin économique dont le corollaire est en la matière la désaffection des délégués consulaires pour désigner leurs juges dont, du coup, la légitimité risque d'être remise en question bientôt. Il n'y a pas que les tenants de MONTEBOURG à le penser. On doit savoir qu'aux Etats-Unis, qui ne sont pas spécialement la patrie du socialisme économique, la matière complète des procédures collectives est tenue par des tribunaux professionnels de faillite avec même des cours d'appel spécialisées.

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(1) Je signale qu'en rentrant de Roumanie, après la guerre, IONESCO avait vécu quelques mois à MARSEILLE avec des petits boulots. Puis, il s'était installé à PARIS, et son premier travail y avait été dé corriger en langue française correcte les articles à paraitre au Jurisclasseur et à la Semaine juridique.

Par bernard.kuchukian le 27/03/10

Quatrième fable du livre III.

Non, les avocats Monsieur de LA FONTAINE, ne sont pas (?) ou ne doivent pas etre des grenouilles, meme si on leur conseille de conserver ce qu'elles ont.

Les Grenouilles, se lassant

De l'état Démocratique,

Par leurs clameurs firent tant

Que Jupin les soumit au pouvoir Monarchique.

Il leur tomba du Ciel un Roi tout pacifique :

Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant

Que la gent marécageuse,

Gent fort sotte et fort peureuse,

S'alla cacher sous les eaux,

Dans les joncs, dans les roseaux,

Dans les trous du marécage,

Sans oser de longtemps regarder au visage

Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau;

Or c'était un Soliveau,

De qui la gravité fit peur à la première

Qui de le voir s'aventurant

Osa bien quitter sa tanière.

Elle approcha, mais en tremblant.

Une autre la suivit, une autre en fit autant,

Il en vint une fourmilière;

Et leur troupe à la fin se rendit familière

Jusqu'à sauter sur l'épaule du Roi.

Le bon Sire le souffre, et se tient toujours coi.

Jupin en a bientôt la cervelle rompue.

Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue.

Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,

Qui les croque, qui les tue,

Qui les gobe à son plaisir,

Et Grenouilles de se plaindre;

Et Jupin de leur dire : Eh quoi! votre désir

A ses lois croit-il nous astreindre?

Vous avez dû premièrement

Garder votre Gouvernement;

Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire

Que votre premier roi fût débonnaire et doux :

De celui-ci contentez-vous,

De peur d'en rencontrer un pire.

Par bernard.kuchukian le 23/01/10

A la vérité, j'ai bien peur que, précédés par la réputation généralement peu flatteuse, sinon de rigolos, qui est malheureusement, celle de MARSEILLE et de ses habitants, les efforts professionnels exceptionnels de courage et qualité que nous avons faits jusqu'ici au barreau, spécialement en matière d'informatique soient mal accueillis par d'autres barreaux, censés plus distingués. Les cons.

« Comment, être avec ces gens là, vous n'y pensez pas ? Nous suivront les strictes indications du Conseil naationaal des baarreaux, lui qui respecte la loi, puisque c'est lui qui l'édicte ».

Chose que ne faisons nous métèques variés en tout genre que nous sommes dans cette ville, dont on dit, en riant, que c'est la première ville algérienne entre PARIS et ALGER.

On dirait que nos détracteurs sont les descendants de ceux qui suivaient le gâteux maréchal Pétain en 1940, dans sa légalité, contre le scélérat général de Gaulle, lui dans sa légitimité.

Ils oublient tous que, par un pied de nez révélateur de l'histoire de France, notre hymne national à tous est « La Marseillaise », parce que ce sont les fédérés de MARSEILLE, participants à l'insurrection des Tuileries de 10 aout 1792 qui l'ont pratiquement chanté les premiers.

L'hebdomadaire « Minute » (je délire, je cite n'importe quoi aux yeux de ces détracteurs) rapporte un discours de Philippe Séguin, le 5 mai 1992 à l'assemblée nationale.

Correct, Séguin. Tout le monde est d'accord. Je me suis rattrapé.

Figurez vous que ce défunt grand serviteur de l'Etat, qui fut avant moi élève de sciences po à Aix-en-Provence, parlait alors du sentiment national français. On dirait aujourd'hui de l'identité nationale.

Il parait, selon lui que c'est en 1585, qu'on a crié pour la première fois à MARSEILLE, alors rattachée à la couronne de France depuis exactement 104 ans, « vive la République », synonyme de « l'Etat » donc pour le roi, et contre la Ligue qui pactisait à PARIS avec les Espagnols pour faire tomber HENRI III.

Vous savez ce monarque qui vécut en femme et gouverna en homme.

Les Marseillais de ce temps étaient traités en France avec considération, puisque le père de cet HENRI III, soit HENRI II, était même venu se marier à MARSEILLE en 1533 avec Catherine de MEDICIS, venue elle deFLORENCE, le mariage béni par le pape CLEMENT VII en personne, venu lui de ROME.

Pour ceux qui connaissent la ville, le mariage a été célébré à quelques dizaines du quai de Rive neuve sur le Vieux-port, où est aujourd'hui la rue neuve Sainte... Catherine. Qui avait été ouverte pour la noce.

Par bernard.kuchukian le 20/01/10

J'ai toujours entendu soutenir que le premier tribunal de commerce était né à Marseille.

Cà doit être vrai, d'une part, parce que presque tout le monde s'en fiche, et deuxièmement parce que, dans ce même monde entier, réduit en fait à l'hexagone, personne n'a jamais prétendu que c'était une galéjade, bien que la date exacte de la naissance soit approximative. En tout cas, elle est bien antérieure à la naissance même de Marcel PAGNOL. J'ai vérifié. Voilà pour la galéjade. Pardon Marcel. Je ne la referai plus

Essayer d'être certain de quelque chose absolu est ici difficile.

Officiellement, par une plaque en marbre vieille de 60 ans à peine, dans les locaux du Tribunal de commerce de MARSEILLE, il parait que sa fondation est de 1455, par un certain Pierre de MEVOUILLON, viguier de la ville.

Une autre source, trouvée dans un discours de rentrée de la conférence du stage de 1883 dont l'auteur est un avocat du nom de THIERRY, donne une ordonnance de 1406.

J'ai une troisième date, 1474, dans une histoire de la ville. Reprise aussi par notre confrère de 1883.

Peu importe finalement. Le bon roi RENE, oui, celui qui a sa statue à AIX EN PROVENCE, dont le royaume partait en petits morceaux, qui a peut etre inspiré beaucoup plus tard Eugène IONESCO, dans sa pièce « Le roi se meurt », a tout légué à sa mort à LOUIS XI. Grand avaleur de terres pour les accrocher au royaume de France. Et le tout est devenu français par rattachement au royaume en 1481. On souhaite que çà dure.

En 1481, le Tribunal de commerce existait, seul en France de cette nature. Mais l'idée de juridiction commerciale spécialisée, suivra ailleurs et plus tard. Déjà PARIS sous CHARLES IX en 1563.

En ce temps là, et même auparavant, c'est pourquoi on en avait besoin, MARSEILLE était un grand port de commerce. J'ai bien écrit : en ce temps là.

Il y avait des bateaux nombreux dans le port, qui étaient allés à la croisade, qui faisaient du commerce avec Jacques COeUR. J'en passe d'autres.

En ce temps là, les syndicats n'existaient pas, et le port existait lui. J'arrête, je dérive. En attendant la prochaine catastrophe qui va tomber sur le port bientôt.

Alors, j'en suis réduit aux petites histoires.

Les juges non professionnels, élus, qu'on appelait des consuls (d'où, ce qui est resté, juridiction consulaire) devaient avoir leurs petits caractères (je n'ai pas écrit, mauvais).

Il parait que sous le même CHARLES IX, ils obtinrent de ce roi un édit en 1565, qui proscrivant du prétoire les procureurs. L'édit ajoutait en termes naïvement sévères pour nos confrères du temps jadis, que : Les parties comparaitront « sans mystères d'avocats ».

La dispense de comparution personnelle était d'ailleurs uniquement en cas d'absence ou de maladie avec procuration à un voisin ou un parent.

Bref, nous étions loin de plaire (déjà ?) à l'époque.

Preuves de la considération dont ils bénéficiaient, sous LOUIS XV, on donnera aux juges consulaires une indemnité pour s'acheter une belle robe, dont on ne sait plus si elle était écarlate ou de damas violet avec un bonnet et des rabats.

La cerise sur le gâteau, c'est tout de même en 1779, quoi 10 ans à peine avant la Révolution.

Les échevins de MARSEILLE (le conseil municipal) avaient alors pris la décision d'accorder aux consuls, donc aux juges consulaires, une chaise à porteur pour les six mois de la mauvaise saison.

Traduit en français, en temps actuels, et rapporté à tous les tribunaux de commerce de France également à celui de Navarre, à Pau, que je ne veux surtout pas oublier, ceci voudrait dire que chaque juge consulaire d'aujourd'hui aurait gratuitement par la municipalité de la ville de situation de son Tribunal de commerce à disposition quelque chose comme un véhicule 4 X 4, six mois par ans. Oui, 4 X 4, parce que les porteurs, c'était du tout terrain.

Je sens que je vais susciter des vocations et que les candidatures à l'élection des juges consulaires vont exploser.