Par bernard.kuchukian le 28/12/17

On sait enfin ou on  doit savoir que depuis quelques mois, la validité des déclarations  correspondantes  est subordonnée à  l’indication immédiate et précise des chefs critiqués dans la décision dont appel.

Pratiquement, le R.P.V.A. a été mis au point, on peut et ou doit faire cette indication dans la case « finale » de la déclaration d’appel.

J’ai vérifié, elle est de taille suffisante pour exprimer le résumé des demandes en cause d’appel.

Je viens même de vérifier autre chose : l’accusé de réception de la déclaration d’appel par le greffe est parfait, en ce qu’il reproduit intégralement le détail de l’appel en question.

La seule difficulté est ici, encore que ça n’en soit pas une.

C’est celle,  pour l’auteur de la déclaration en ligne par le R.P.V.A., avant même de remplir les cases de l’écran,  de savoir sur quels chefs du jugement  porte justement son  appel.

A lui de se relire, de relire le dispositif de la décision attaquée et de résumer simplement,  mais avec précision les postes sur lesquels portera sa critique.

Cette réforme finira comme l’obligation qui nous a été imposée un beau jour de lister et numéroter nos pièces dans les actes de procédure.

C’est-à-dire qu’on se dira que finalement, c’était une bonne chose de nous imposer de la rigueur. Et aussi de la concision.

Bon, si les juges d’appel étaient  ensuite aussi rigoureux, ce serait bien aussi mais c’est une autre affaire.

Par bernard.kuchukian le 25/12/17

Une grotesque  et finalement  dérisoire histoire de plaque professionnelle d’avocat  est à la base de ce billet.

C’est en effet du  Chochemerle en Lorraine, puisque ça concerne le barreau de Thionville,  qui a ignoré que désormais l’avocat peut faire et fait de la publicité par affiches et encarts publicitaires dans les journaux,  comme il est dit depuis longtemps dans la directive européenne services, qu’il a fallu que nous fassions rappeler par le Conseil d'Etat, moi sur le démarchage,  mon ami  Philippe KRIKORIAN sur la publicité. Mais apparemment, les résistances à base d’ignorance hautaine et condescendante sont toujours supérieures dans notre profession.

Ici, on en  a été en  à se passionner pour le contenu de la plaque professionnelle d’un confrère luxembourgeois Jean-Philippe LAHORGUE, qui dispose un bureau secondaire  en cette sympathique commune de Thionville.

Pas si sympathique que cela  au demeurant puisque son barreau  s’est offusqué de ce que le confrère mentionnât sur cette plaque qu’il intervenait  en France et au Luxembourg. Tu parles d’une offense.

Alors, le bâtonnier local a  déposé une requête (non contradictoire bien sur) entre les mains du président du tribunal, lequel  a rendu une ordonnance sur cette requête, le confrère intéressé n’ayant  pas été appelé. On a autorisé en conséquence les confrères fâchés à procéder au démontage de la plaque, avec s’il vous plait au besoin, ça ne s’invente pas, le concours de la force publique et « de tout professionnel qui lui sera utile de s’adjoindre ».

On imagine  sans doute un spécialiste du tournevis.

Le confrère luxembourgeois n’est pas content, on le comprend, va en référé rétractation, perdu, fait appel, perdu aussi  devant la Cour d’appel de Metz.

Et puis, têtu, il a bien raison, car la matière n’était pas de la compétence de l’ordonnance sur requête, sans contradictoire,   il va en cassation.

Et la Cour de cassation casse  bien sur (1ère chambre, 6 décembre 2017 N° 16-18.187). 

Et de  nous dire que la prétendue atteinte à l’ordre public (qui serait donc concerné par la plaque litigieuse de l’avocat, diantre) n’est pas une circonstance susceptible de justifier une dérogation au principe de la contradiction, ainsi de se dispenser le barreau local d’avoir demandé contradictoirement au juge la mesure de démontage.

Ainsi donc, les parties sont –elles renvoyées un peu plus loin, à la Cour d’appel de Nancy, ce qui se comprend d’autant mieux que celle de Metz vit en toute hypothèse ses derniers mois.

Quelque part, la Cour de cassation sanctionne aussi le manque de courage des contestataires de la plaque. 

A propos de laquelle on a peu d’informations pratiques.

On sait tout au plus qu’elle était jaune, et suprême délicatesse, vissée  dans la rue du Luxembourg (alors que le confrère en question a justement un cabinet au grand duché).

 

Par bernard.kuchukian le 16/12/17

Oh, je puis en parler très librement.

Car je suis non seulement client du CREDIT MUTUEL (au passage, je rappelle que le président de la République,  Monsieur     MACRON l’est aussi, puisqu’ il y a un contrat d’assurance vie, ça a été révélé officiellement à sa pris de fonctions), mais aussi,  j’en ai été un temps l’avocat. Sans jamais avoir bien compris pourquoi je ne l’étais plus, à une époque où une guerre de territoires faisait rage entre ceux contrôlés par STRASBOURG (dont MARSEILLE) et ceux contrôlés par la Bretagne (qui lorgnait ici et y avait mis pied). Dans ce genre d’affaire, ça tombe où ça peut.

Sauf que le territoire des Bretons recule.

Il faut expliquer que le CREDIT MUTUEL, c’est de la banque mutualiste coopérative.

Avec  un organe central du réseau appelé la CONFEDERATION NATIONALE DU CREDIT MUTUEL. Le groupe des coopérateurs bancaires bretons s’est organisé en sous groupe  en CREDIT MUTUEL ARKEA, prétendant ne plus être sous le contrôle prudentiel de l’organe central du réseau, situé à STRASBOURG qui commande notamment aux réserves.

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE s’en est légitiment inquiétée pour imposer à ARKEA de respecter les règles de rigueur imposées par la CONFEDERATION NATIONALE. Bien.

Ca, c’est la bataille bancaire proprement dite, qui concerne aussi les clients et sociétaires du CREDIT MUTUEL. Tiens, au passage, je vais me rappeler au bon souvenir de la nouvelle direction marseillaise.

Mon sujet est désormais ici : une décision d’avant-hier du TRIBUNAL DE L’UNION EUROPEENNE (Strasbourg) vient nous rappeler ce qui suit.

La BANQUE CENTRALE EUROPEENNE est une des institutions de l’Union européenne. Du coup, rappel.

Le recours en annulation vise à faire annuler des actes des institutions de l’Union contraire au droit de l’Union. Sous certaines conditions, les Etats membres, les institutions européennes et les particuliers peuvent saisir la Cour de justice ou le Tribunal d’un recours en annulation. Si le recours est fondé, l’acte est annulé. L’institution concernée doit remédier à un éventuel vide juridique créé par l’annulation de l’acte.

Pratiquement, si les Bretons avaient gagné leur recours, il aurait fallu trouver une autre solution prudentielle pour les clients du CREDIT MUTUEL DE BRETAGNE ARKEA (dont je ne suis surtout pas ou plus client).

Par bernard.kuchukian le 24/11/17

Notre confrère CASTON met en ligne,  sous le commentaire « Rejet par la Cour de cassation d’un droit dur protocolaire », l’arrêt rendu  dans le n° de pourvoi 16-24.234,  le 19 octobre écoulé.

A première vue, le titre fait penser au droit souple si cher au Conseil d’Etat, c’est très ancien puisque ça a commencé avec l’arrêt COUITEAS. C’est dans la même famille. En mieux.

Ici la situation se résume simplement.

Un appel est interjeté par le R.P.V.A. apparemment à l’intérieur du délai réglementaire. Il  est aussitôt  refusé,  parce que non conforme à une convention de communication électronique ne résultant pas de la loi.

Informé de ce refus, l’expéditeur  confirme son appel,  sous pli recommandé un peu plus tard, mais – c’est là qu’est la grande originalité de l’affaire – seulement après l’expiration du délai normal.

La Cour d’appel dit évidemment  l’appel irrecevable. La Cour de cassation la casse.

L’originalité de l’affaire est que la cassation est obtenue tandis  que la confirmation de l’appel n’est pourtant faite après l’expiration du délai.  La Cour de cassation  ne s’en explique par véritablement, mais on comprend qu’elle retient, agacée par la situation,  le critère  de l’intention : l’appelant avait c’est sur l’intention de son appel dans le délai.

Comment interpréter cette décision,  alors qu’en sens strictement contraire, les derniers décrets du ministère URVOAS (le garde des sceaux qui a vidé ses tiroirs  de malfaisante procédure,   juste avant de partir s’occuper de problèmes personnels qui lui tombent désormais sur la tète – bien fait -), on a compliqué désormais  à souhait la déclaration d’appel.

On l’a tellement compliquée,  avec sanction d’irrecevabilité,  sans réfléchir aux moyens pratiques  de cette rigueur, au point que c’est le Conseil national des barreaux qui a du se fendre d’un guide rédactionnel  bidouillé modèle,  pour joindre aux déclarations d’appel, en mentionnant un par un  les postes de la critique.

En attendant qu’on nous demande, vous le verrez bientôt, de conclure dès l’appel   en judiciaire exactement comme en droit administratif.

Il serait peut être temps d’arrêter de jouer au plus malin,  j’allais écrire un mot mois distingué, en trois lettres  et plus conforme à la situation, et d’exprimer des positions claires en droit positif, pour éviter à la Cour de cassation de détordre des textes conçus mal foutus  par des tordus.

Par bernard.kuchukian le 20/11/17

 

Va faire couler encore un peu d’encre. 

Après mon commentaire d’hier 19 novembre, il a été mis en ligne ce jour à la fois par CASTON et GIROUD. 

Sans commentaire.

Mais pourquoi a-t-on  donc peur de commenter ???

On doit d’autant moins le faire que la décision en question s’inscrit dans un droit fil de la cohérence du raisonnement de la Cour de cassation.

Rappelez-vous,  voici quelques mois, la discussion à propos de la fausse exigence de l’avocat du ressort de la cour d’appel pour occuper en matière d’appel de décisions des conseils de prudhommes. 

L’avis qui avait été rendu,  conforme à ce que j’avais soutenu à peu de temps de là, a même été complété dans un arrêt de la Cour d’appel de Nîmes que je crois bien avoir mis en ligne aussi, que j’avais obtenu d’un conseiller de la mise en état.

Qui s’était incliné devant l’avis de la Cour de cassation,  parvenu pendant son délibéré. Il  en avait sagement  tiré les conséquences pratiques, à savoir quoi faire alors que l’avocat hors du ressort n’avait pas accès à la cour d’appel  correspondante, en l’absence de connexion par le R.P.V.A. (au passage, je constate que la situation ne s’est pas améliorée).

Il avait jugé qu’en ce cas, l’avocat placé devant une impossibilité matérielle (moi en l’occurrence, barreau de Marseille, cour d’appel d’Aix en Provence) n’ayant pas accès à l’informatique  de la chambre sociale de la Cour d’appel de Nîmes par le R.P.V.A. avait utilisé à bon droit la seule voie d’échappement pratique.

La lettre recommandée A.R. pour l’appel puis pour les conclusions,  dans les délais

Par bernard.kuchukian le 19/11/17

Le contentieux ici rapporté  traite de la longueur jugée excessive,  en tout cas non compatible avec les quatre mégaoctets  actuels, du filtre du R.P.V.A. pour les envois des avocats aux greffes des juridictions judiciaires.

Par un arrêt du  16 novembre 2017 (16-24.864) la deuxième chambre de la  Cour de cassation, a cassé  un arrêt de  la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE et renvoyé à celle de LYON (horreur : ils seront rejugés par les descendants de Monsieur BRUN)

Je cite.

« « Pour constater la caducité de la déclaration d’appel formée par MM. X..., l’arrêt, après avoir rappelé les termes de l’article 930-1 susvisé, retient que les appelants exposent que la remise de leurs conclusions par la voie électronique s’est avérée impossible en raison de leur taille, supérieure à la limite de quatre mégaoctets imposée par le système, que, cependant, il ne s’agit pas d’une cause étrangère au sens de l’article 930-1, imprévisible et irrésistible, dès lors que cet obstacle pouvait être surmonté en scindant l’envoi en plusieurs messages successifs ayant le même objet, modalité compatible avec le respect des dispositions de l’article 954 du code de procédure civile, qu’il convient dans ces conditions de constater que les conclusions sur support papier remises au greffe par les appelants les 7 août 2014, 23 octobre 2014 et 26 janvier 2016 sont irrecevables et d’en conclure, d’une part, qu’à défaut de conclusions valablement déposées par voie électronique dans les trois mois de la déclaration d’appel du 16 mai 2014, celle-ci est caduque, d’autre part, que sont irrecevables tant les conclusions contenant appel incident de M. Y... et la Mutuelle des architectes français, que celles de la société MAAF assurances ;

« « En statuant ainsi, alors qu’aucune disposition n’impose aux parties de limiter la taille de leurs envois à la juridiction ou de transmettre un acte de procédure en plusieurs envois scindés, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

 

« « Dans la procédure avec représentation obligatoire devant la cour d’appel, les actes de procédure sont remis à la juridiction par voie électronique ; que l’irrecevabilité sanctionnant cette obligation est écartée lorsqu’un acte ne peut être transmis par voie électronique pour une cause étrangère à celui qui l’accomplit ; que l’acte est en ce cas remis au greffe sur support papier. » »

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Mon analyse est  celle d’un avocat qui prétend connaitre la procédure et qui s’est d’ailleurs battu  au surplus pour l’instauration du numérique.

Dans l’indifférence générale voire l’hostilité complète de ses confrères, y compris localement,  j’avais attiré l’attention sur les insuffisances quantitatives du système R.P.V.A. en miroir du R.P.V.J.

Prévu trop petit, pas assez de mémoire. Stockage impossible.

Plus tard, Conseil d’Etat et tribunaux administratifs, forts des critiques précitées, sont passés à Télérecours, au surplus gratuit, avec des possibilités de transfert et de stockage considérablement plus importantes.

Apparemment, ils parviennent à travailler sur écrans, à moins, c’est un secret, que les greffes administratifs disposent de fonds pour imprimer les documents reçus sur la toile. On ne sait pas.

Je ne parle pas  ici non du Conseil constitutionnel ni de la Cour de justice de l’Union européenne qui n’ont pas ces problèmes de taille et de papier (mais qui ont peut être des budgets).

J’avais aussi rencontré,  à BOLOGNE,  à son institut d’études informatiques judiciaires,  le professeur Marco VELICOGNA, grand spécialiste de la question,  qui l’avait vue au niveau européen, lequel m’avait signalé aussi l’obstacle des mémoires des machines, au fur et à mesure du succès du numérique.

Ce qui est sur, c’est que  les juges judiciaires  ne veulent pas travailler sur écrans, - je suis honnête, je les comprends, mais moi parce que je suis vieux- et ils font tout pour qu’on leur donne des copies en support papier.

Ils seront donc  ravis ici.

Et les greffiers du judiciaire aussi, car je rappelle inlassablement que,  sur la base d’une circulaire  de la chancellerie vieille d’une bonne dizaine d’années, ils sont mieux notés à l’avancement  s’ils font des économies … de papier et d’encre.

Cela dit, la solution a été trouvée bien avant nous,  au moins au Texas, 2ème Etat américain (20.000.000 d’habitants et une douzaine de cours d’appel).

Lors  d’un passage à AUSTIN (la capitale de l’Etat), j’avais rencontré  William HOWTHORN, le greffier en chef de leur cour suprême,  qui  m’avait expliqué leur solution.

Chaque partie y a droit gratuitement à tant d’octets,  au delà, il fallait payer, à la fois pour dissuader d’être trop long et aussi pour financer les extensions de mémoires sur les ordinateurs.

Par bernard.kuchukian le 12/11/17

Tous les étudiants en droit se rappellent, sans doute,  de ces cours où on  leur apprenait la rigueur des règles des finances publiques,  avec la distinction entre l’ordonnateur et le comptable, ces derniers étant responsables sur leurs biens propres,  des actes publics qu’ils prennent, avec l’impérative vérification rigoureuse des justificatifs autorisant les versements, on en passe et des meilleurs. Patati patata.

Voici qu’on dispose désormais de la décision de la Cour des comptes,  rendue anonymement (le nom du comptable n’y est pas indiqué) dans le courant d’octobre dernier, qui sanctionne le comptable public ayant payé,   ensuite de la célèbre et couteuse sentence arbitrale annulée par la suite, deux chèques,  le premier  de 152, et le second de  116 millions d’euros,  au profit de Bernard TAPIE.

Que les choses soient bien claires.

On n’a retenu la responsabilité dudit comptable que parce qu’au moment du paiement, il n’avait pas toutes les pièces pour justifier la régularité d’un paiement,  qui ne s’est révélé lui-même fautif que plus tard, avec la rétractation de la sentence arbitrale l’ayant ordonné.

Bon, ceci dit et pour le non respect de la forme sur 268.000.000  €, le comptable public a écopé de deux amendes,  formant un total de 1.668  €.

La vie d’un comptable public est donc peut être moins périlleuse qu’on  nous le dit.

Qu’on nous le dit spécialement dans les procédures d’exécution,   où tout ce qui est public tarde à payer les condamnations, au point qu’il faut si souvent saisir le préfet, et alerter la juridiction administrative qui a rendu la décision non exécutée.

C’est vrai aussi qu’en remuant ciel et terre, ça finit par marcher.

Par bernard.kuchukian le 11/11/17

 

Dans un arrêt du 9 novembre 2017, la 8ème chambre C de la Cour d’appel d’AIX EN PROVENCE statue sur deux sujets alors complémentaires qui seront traités en deux billets différents.

Le premier concerne l’opposition à une décision rendue par défaut.

La question se posait de savoir si un arrêt antérieur,  dit comme ayant été rendu par défaut dans son dispositif,  l’était bien,  alors que la partie contre laquelle il avait été rendu  n’avait pas été touchée à sa personne même par tel acte d’huissier de justice, alors cependant que la signification correspondante avait été faite à son domicile, tandis aussi que l’acte avait été reçu par sa mère qui avait bien déclaré que le domicile de son fils, la partie concernée,  était chez elle.

La Cour répond que oui, il y avait bien matière à opposition.

Plus intéressante est la suite.

 Le débiteur soutenait,  en complément,  que d’ailleurs, son domicile n’était pas chez sa mère, mais ailleurs. Il proposait ainsi plusieurs autres adresses, et la Cour d’examiner  dans le détail les actes dressés au départ de chacune d’elles.

Pour parvenir à la conclusion que le domicile du débiteur était bien chez sa mère. 

Ainsi donc,   l’obligation de signifier l’acte à  la personne même de la partie  en droit de former opposition contre une décision, est-elle absolue.

 

Par bernard.kuchukian le 10/09/17

Questions de procédure civile, de droit processuel plus exactement, que je vais faire poser par le Grand barreau de France à la commission européenne, en alertant parallèlement le parlement européen de Strasbourg

Qui concernent  les modalités de représentation  en matière civile ordinaire devant les juridictions des parties à un procès dans les Etats membres de l’Union. Autrement exprimé, d’accès à la justice.

Avant toute chose : la réponse aux questions ici posées n’est surtout pas sur le site Internet « European justice » construit par la commission. Ce dernier souffre de plusieurs défauts.

  • Il n’y a pas toujours de traduction en français.
  • C’est apparemment le plus souvent la reproduction de communiqués des Etats membres, qui traitent la question à leur façon, sans essayer de suivre une rigueur avec fil directeur.
  • C’est également le plus souvent le rappel de points de droit.
  • Or, le sujet ici traité qui est pourtant essentiel, c’est celui de l’accès à la justice, n’est pas traité.

 

Trois préalables indispensables à la compréhension de la question posée.

1ère précision. On appelle ici matière civile ordinaire le droit commun du contentieux, par exemple état des personnes (divorce, succession),  droit de la construction, et de la responsabilité civile, droit des contrats,  réalisation forcée de biens immobiliers par voie de justice,  le cas échéant droit commercial, droit du travail ou droit social,  lorsqu’il n’existe pas dans l’Etat concerné de juridiction spécialisée. Ordinaire par opposition au contentieux  toujours civil mais censé moins important traité par des juridictions d’exception dans des matières  censées plus simples à traiter en droit.

2ème précision. La question concernera les juridictions également ordinaires, savoir les tribunaux de première instance et ceux d’appel.  Elle ne concerne pas les juridictions supérieures, de cassation ou de révision, pour lesquelles un mécanisme spécial peut être conçu. Une autre question est d’ailleurs posée à part.

3èmement. Deux notions doivent être distinguées. La première est celle de l’obligation éventuelle du justiciable d’être représenté par un avocat,  par ce qu’on appelle la constitution de celui-ci, avec son corollaire : peut-il se défendre seul, sans avocat.

La seconde, appelée « postulation » en France est le cumul de la constitution d’avocat avec celle de faire obligatoirement choix d’un avocat local, établi dans une organisation instaurée en ce qu’on peut appeler ordre, association, barreau, etc ., attachée au tribunal civil de référence.

 

Sur ce :

Introduction, qui interpelle sur le sujet.

Contrairement à la France, la postulation, qui réserve la représentation en justice devant certains tribunaux aux avocats inscrits dans le ressort de ces tribunaux, a été supprimée en Allemagne depuis quelques années. Les avocats peuvent alors représenter leurs clients sur l’ensemble du territoire, sans être obligés d’avoir recours à un confrère «local».

En France, la loi a prévu un système hybride bricolé. La postulation, qui réserve la représentation en justice devant certains tribunaux aux avocats inscrits dans le ressort de ces tribunaux, a également été supprimée depuis quelques années,  non pas dans toute la  France, mais seulement au niveau territorial de chacune de la trentaine des cours d’appel du pays.

En encore, une exclusion à cette libéralisation de la représentation en justice a été prévue en certaines matières (partages, réalisation de biens immobiliers à la barre sur décisions de justice) dans lesquelles la postulation locale classique a été maintenant avec l’obligation de faire appel à un avocat local dépendant d’une organisation rattachée audit tribunal appelé en France barreau.

Quatre questions alors, dans les différents Etats de l’Union européenne, en matière civile ordinaire définie comme ci-dessus, le terme « avocat » ici employé correspondant à celui déjà bien défini dans les directives européennes en pareille matière  :

  1. Existe-il une obligation d’être représenté par un avocat, devant la juridiction saisie ?

 

  1. L’avocat doit il alors obligatoirement appartenir à une organisation locale rattachée administrativement au tribunal de référence, regroupant les avocats locaux ?

 

  1. L’avocat peut-il appartenir à plusieurs organisations locales de la nature dite à la 2ème question ?

 

  1.  Des limites matérielles suivant les domaines de la loi existent-elles dans l’hypothèse de la liberté du choix de l’avocat,  sans obligation de faire appel à un avocat appartenant à une organisation locale rattachée administrativement au tribunal de référence, regroupant les avocats locaux ?

 

 

Par bernard.kuchukian le 04/09/17

Le ministère a attendu le 31 aout 2017, soit la date de mon anniversaire, pour publier à son bulletin une circulaire relative aux modifications apportées en matière de procédure d’appel civil.  Elle est annexée.

Franchement,  il n’y a là  rien de spectaculaire, sauf peut être, mais on n’ose pas le dire, un souci de rationalisation évident.

Qu’on trouve par exemple dans l’augmentation du délai de deux mois à trois pour les conclusions de l’intimé, par alignement général des délais.

On sent bien qu’on veut plus de rigueur dans la présentation de l’appel, sauf qu’on ne va pas jusqu’au bout et c’est bien dommage.

Bien sur, on suggère de bien distinguer l’incident du fond. C’est la moindre des choses.  Mais, voici d’autres idées.

Avant tout développement dans le texte des conclusions d’appel,

  • On  devrait imposer    un résumé de droit ou de fait.
  • De la même façon, et en matière de construction, c’est une évidence impérative, on devrait imposer la présentation d’un plan structuré avec numération des pages au delà par exemple de cinq pages.

Dans sa présentation  de la circulaire, le Conseil national des barreaux est beaucoup trop timide, qui constate que le R.P.V.A. est quelquefois dépassé par les légitimes exigences nouvelles. C’est parfaitement exact, sauf que le R.P.V.A. n’est que le miroir du R.P.V.J.  et que nous n’avons pas la possibilité de le modifier,  sauf en bidouillant, du genre de cette note à annexer si l’appel n’est pas total, en alors en précisant ce dont on fait appel.

Comme il serait plus simple de corriger le R.P.V.A. actuel directement.

Si les grands barreaux et celui de Marseille est en dessous de tout, car il est alerté depuis des années sur le sujet, avaient constitué des commissions de procédure, on n’en serait pas là.

Je ne compte plus le nombre de démarches que j’ai faites en ce sens auprès des bâtonniers successifs, tandis que toute idée venant de moi  est par principe et définition  rejetée par les membres de tous les conseils des ordres, dont l’ego surdimensionné dans la bêtise ne conçoit pas un instant qu’on puisse en savoir plus qu’eux. Et ça ne va pas s’arranger.